Justice

Florinne Dorimont, la "Madame Desbassayns" du Sud dans le box des accusés

Jeudi 2 Mars 2017 - 14:20

Ce matin s’est ouvert le procès de Florinne Dorimont, accusée d’avoir laissé mourir Soamina, une jeune femme qui habitait chez elle depuis un an.


Affalée sur la vitre du box des accusés, Florinne Dorimont est pour le moins détendue face aux questions de la cour. Elle déverse un flot de paroles continu, coupe la parole aux magistrats et n’hésite pas à ponctuer ses déclarations de commentaires du type "c’est bon, c’est fini ?" une fois les questions posées.
 
Soamina pesait 39 kg au moment de sa mort

La scène pourrait même paraître comique, si les clichés de la victime n’étaient pas aussi insoutenables. Soamina pesait 39 kg au moment de sa mort. Retrouvée en état de "famine" et dans un coma profond par les secours, elle ne survivra pas et décèdera quelques semaines plus tard.
 
Le 17 juin 2014, les secours sont appelés au domicile de Florinne Dorimont, situé chemin Irfa à Saint-Pierre. Dans cette "maison de l’horreur", ils découvrent Soamina, inanimée et entourée d’excréments d’animaux. Les enquêteurs décrivent un logement dans un état de crasse absolue.
 
D’abord incriminée pour violences volontaires, l’avocat de Florinne Dorimont, Maître Frédéric Hoarau a réussi à faire requalifier les faits en "délaissement de personne incapable de se protéger suivi de mort".
 
Une affaire sur fond de sorcellerie, d’emprise malveillante et de domination. "Est ce que Soamina avait la place pour exister à côté de vous?" s’interroge à juste titre le Président Michel Carrue, face au ton agressif et aux interventions intempestives de l’accusée.
 

Florinne Dorimont, la "Madame Desbassayns" du Sud dans le box des accusés
"Madame Desbassayns"
 
La "MadameDesbassayns" du Sud nie avoir privé de  nourriture sa victime. "Elle mangeait ce qu’elle voulait et  beaucoup, parfois trop" déclare-t-elle. Lors des premiers interrogatoires, l’accusée avait déclaré que Soamina "avait maigri en une seule nuit". Au final, elle reconnaît que la jeune femme "avait des problèmes" et qu’elle avait voulu l’emmener chez un médecin.

Florinne Dorimont, la "Madame Desbassayns" du Sud dans le box des accusés
Soamina, particulièrement influençable, était venue se réfugier chez Florinne Dorimont après avoir été rejetée par sa famille suite à une affaire d’inceste. Ensuite, comme le reconnaît le médecin légiste "on a du mal a comprendre le déroulement des faits". Soamina est recouverte de petites blessures et contusions, mais "rien de nature à entraîner un coma si sévère ou la mort". L’état de dénutrition s’est installé au fil des mois.
 
Privation venant de Florinne Dorimont ou anorexie mentale, la question est posée par la défense. "Quand j’ai appris sa mort, je ne voulais pas être responsable, même si je regrette de ne pas m’être occupée d’elle" a conclu Florinne Dorimont ce matin. Elle encourt vingt ans de réclusion criminelle.
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
Lu 8967 fois



1.Posté par yabos le 02/03/2017 18:49

Le rédacteur de cet article connait il l'histoire de la Réunion et notamment celle de la famille Desbayssins pour comparer cette personne à Mme Desbassyns??? Ombrile pour les intimes, on peut légitimement se poser la question. Le titre accrocheur me parait totalement décalé par rapport au fond du propos. Une affaire sordide se réclame d'une grande figure de la culture et de l'histoire Réunionnaise. Arrêtons de nous conduire en esclave et de renvoyer notre propre destin à une méchante aristocrate pour nous déculpabiliser. Nos complexes ne peuvent en aucun cas cacher nos carences personnelles .

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >