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Société

Faut-il déboulonner les statues de La Réunion? Prosper Eve donne son avis


Par Nicolas Payet - Publié le Samedi 20 Juin 2020 à 14:53 | Lu 5649 fois

A propos de Mahé, 

L’Histoire sert à présenter des événements passés à des époques précises, à transmettre aux nouvelles générations ce qui a été conservé comme mémoire de ces événements passés. Le propre des événements historiques est d’être des expériences que l’historien doit réactualiser ou revivre en pensée en passant par l’interprétation de documents. Le travail de l’historien consiste selon la belle expression de Humboldt à « rendre visible » un passé en donnant une unité rétrospective à ce qui n’a jamais existé que sous forme d’une irréductible diversité de vécus bien souvent confus de surcroît.  Comme le propre de sa construction, c’est d’être en quête d’un sens qui ne saurait être saisi immédiatement, son travail est une interprétation des traces laissées par le passé.  Leur connaissance est utile pour que les sociétés au fil du temps avancent et se détournent  des erreurs commises dans le passé, car la culture historique est au service de la vie. Il a été souvent répété qu’un peuple doit connaître son histoire pour pouvoir penser sereinement son avenir et bâtir une société toujours juste, plus fraternelle, plus solidaire et plus harmonieuse.  Autrement dit, l’historien établit un pont entre le passé et le présent. 

L’historien présente les événements passés, il les sort du néant, de l’oubli, mais il n’est pas un juge, car l’histoire n’est pas un tribunal, l’histoire est une école de tolérance et non une école de distributions de bons points, de règlements de comptes. L’historien est de son temps, il est pétri des idées de son temps. Dès lors, il doit éviter l’écueil de l’anachronisme en faisant l’effort de se replacer constamment dans le contexte de l’époque de son sujet d’étude. Son action consiste toujours à reconstituer un puzzle, tout en sachant qu’il ne peut être qu’incomplet et  imparfait, tout simplement parce qu’il ne peut jamais disposer de toutes les sources nécessaires pour présenter la réalité dans sa globalité. L’historien est tributaire et dépendant de ses sources, il ne peut strictement rien écrire sans elles. 

Compte tenu du manque flagrant de sources, toutes les sociétés ont le devoir de conserver précieusement les traces – qu’elles soient manuscrites, iconographiques, numismatiques, orales … - qui permettent à l’historien de mener sa tâche à son terme. Comme il fournit à ses contemporains des informations sur le passé,  il remplit envers eux un devoir de mémoire.  S’il a pu être dit pour les sociétés où l’oralité occupe une place majeure, qu’un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui disparaît,  la perte de tous les autres types de sources, dans toutes les sociétés, complique la tâche de l’historien. Elle lui est fatale, car elle ne lui permet pas d’éclaircir certains questionnements. Il est impérieux de conserver les sources pour que les faits passés puissent être réactualisés le mieux possible par l’historien. Tout bien patrimonial – peinture, sculpture, architecture - qui représente une source, peut aider  l’historien dans sa tâche. 

L’être humain étant imparfait, il est vain de rechercher des êtres parfaits dans les sociétés à toutes les époques historiques : antique, médiévale, moderne ou contemporaine. De tous temps, et dans toutes les sociétés, certains ont mené  un combat pour éviter de commettre des excès, mais d’autres les ont commis en étant convaincus que leur manière de penser et d’agir étaient justes parce qu’ils étaient en adéquation avec les canons de leur temps.    

L’évocation d’une question historique devient problématique, lorsque la trace a été sciemment éliminée.  L’histoire est. Et elle est,  ce qu’elle est. Les événements historiques sont têtus, ils sont là, ils ont existé, par conséquent,  tous méritent d’être étudiés. Les nier c’est freiner les évolutions et se condamner à perpétuer des erreurs. Il ne peut exister de sujet tabou. Les faits les plus abominables comme les faits les plus glorieux doivent trouver leur historien. Les crimes, les vols, les guerres, les découvertes scientifiques, les créations artistiques sont des sujets dignes d’intérêt. Il en est de même des saints, des victimes, des héros et des malfrats, des bourreaux, des traîtres comme Figaro, des intellectuels, des scientifiques et des prolétaires. Mais pour pouvoir les aborder, l’historien doit disposer de traces. Le rôle de l’historien par son analyse et sa critique est de présenter tout événement avec la même rigueur, en utilisant toutes les sources, sans en cacher ou en éliminer certaines, sans les saucissonner  pour justifier une conclusion établie avant le début de ses travaux. 

La Réunion ayant été colonisée définitivement à partir du XVIIème siècle,  son histoire est jeune. Force est de constater qu’elle a gardé peu de traces de l’époque de l’esclavage, notamment les instruments de tortures - chaînes, colliers, menottes, bloc. Si elle se retrouve dans cette situation, sans ces traces, c’est bien parce qu’elles ont été sciemment éliminées, dans le but d’accréditer la thèse de la douceur de l’esclavage sous les cieux réunionnais. Ceux qui ont commis ces forfaits ne peuvent être classés dans la catégorie des défenseurs de  la cause de l’histoire. La Réunion ne peut s’offrir le luxe de détruire aujourd’hui les traces qui permettent de parler de ceux qui ont cautionné l’esclavage, système inique d’exploitation de l’être humain par l’être humain, qui ont débordé d’imagination pour persécuter et châtier les esclaves qui se sont mis en marronnage pour recouvrer leur liberté, pour faire respecter leur dignité d’être humain, et qui n’ont guère milité pour son abolition. En ce début du XXIème siècle, La Réunion ne doit pas se distinguer par le massacre de biens patrimoniaux, pour faire table rase du passé, et pour faire croire que l’histoire de l’île a été un long fleuve tranquille, que tout s’est passé comme dans le meilleur des mondes.  Ceux qui ailleurs considèrent que cette politique est salutaire ont le droit de raisonner ainsi et d’agir en conséquence. Il faut rappeler que certains n’ont pas attendu 2020 pour contester la présence de Colbert dans les grands édifices nationaux en France hexagonale. Il s’agit d’un vieux combat qui trouve son point d’orgue en cette année 2020. Cependant, La Réunion doit suivre les leçons de ses aînés, qui ont accepté de supporter l’histoire même la plus insupportable, car l’histoire est l’histoire, elle ne peut se grandir en suivant les autres en simple mouton de Panurge en ne tenant aucun compte de son identité remarquable. Elle ne doit jamais oublier que le 20 décembre 1848, l’île n’a pas été mise à feu et à sang, par ceux qui ont subi le système le plus abject de son histoire.  Au contraire, elle doit apprendre son histoire pour faire corps avec elle, s’accepter telle qu’elle est, sans ajouter des enluminures ou des fioritures. 
 
Le débat actuel sur la présence de sa statue sur le Barachois est-il sain ? La réponse est oui. Pourquoi ? Parce qu’il permet de comprendre que l’histoire est une affaire d’interprétation. 
 
Au XIXème siècle, un débat a été mené sur l’œuvre de ce Mahé de Labourdonnais et les participants en ont conclu qu’il était de leur devoir  de perpétuer la mémoire de ce grand marin, qui avait une certaine idée de la grandeur de la France et qui a prêté son concours pour que la France puisse rivaliser avec les puissances de l’époque  (Angleterre, Provinces-Unies, Portugal, Espagne), notamment dans la zone de l’océan Indien, et construire la France ultramarine. Et depuis une vingtaine d’années, des voix s’élèvent pour contester en bloc cette  figure de l’Histoire, ils revendiquent un droit d’inventaire, ils dénoncent un mensonge. 
 
Qui pourrait le glorifier dans cette zone géographique ? Les Mauriciens, à coup sûr, puisqu’il a doté leur pays d’un vrai port, le Port-Louis. Mais ce qu’il a été capable de faire à Maurice, il s’est gardé de le faire à La Réunion. A ses yeux, La Réunion ne méritait pas plus qu’un pont-volant qui s’est envolé avec les vents cycloniques et les derniers vestiges ont subi ensuite l’usure du temps. 
A La Réunion, les Dionysiens peuvent le glorifier puisqu’il a été à l’origine du déclassement de Saint-Paul et de l’élévation de Saint-Denis au rang de capitale. 
 
Mais qu’a-t-il fait pour La Réunion ? Pas grand-chose. Certes, il a imposé la culture du manioc pour que les esclaves ne connaissent pas la famine ou la disette. Mais, il s’est surtout illustré en recrutant des esclaves pour participer aux guerres menées pour assurer la présence française en Inde   et en amplifiant la chasse aux esclaves marrons. Sur ce dernier plan, le tableau n’est guère élogieux. 
Ce débat autour de ce personnage apporte la preuve que l’histoire ne doit jamais être présentée de manière binaire, mais dans toute sa complexité. Le devoir de chaque être humain est d’accepter l’histoire dans sa complexité. 
 
C’est pourquoi certains proposent qu’à côté de chaque monument contesté une plaque explicative faisant ressortir les ambiguïtés de l’œuvre du personnage soit apposée. 
 
Sur cette place du Barachois un autre personnage pose problème. Lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1945, Sarda Garriga, envoyé par les républicains en 1848 comme commissaire de la république pour appliquer le décret d’abolition de l’esclavage, a été porté aux nues, il a bénéficié d’une place. Ce travail de glorification est continué aujourd’hui par une association qui est à l’origine d’une stèle et d’un buste. En s’appuyant sur le point de vue des colons de l’époque, ces sarda-garriphiles soutiennent que ce surhomme a le grand mérite d’avoir réalisé sa tâche sans provoquer une mise à feu et à sang de la colonie. C’est là leur interprétation des faits. Mais ce qui est souvent dit des descendants d’esclaves aujourd’hui prouve qu’une autre interprétation est possible. 
Ils sont accusés  de ne pas avoir réussi à percer,  c’est-à-dire qu’ils n’ont pas réussi à faire de leurs fils des grands commerçants, des avocats, des médecins, des recteurs, des directeurs de sécurité sociale.  Pourquoi ? Parce que de 1848 jusqu’au milieu des années 1960, aucune politique n’a été mise en œuvre pour qu’ils puissent s’affirmer et s’épanouir au sein de cette société. Lorsqu’au lendemain de l’abolition de l’esclavage, des prêtres démocrates ont réclamé le partage des terres non encore distribuées en leur faveur, à savoir les terres des deux Plaines, ils ont été expulsés de la colonie par Sarda Garriga.  
 
Dans cette île, on se paie le luxe de glorifier les criminels La Buse et Sitarane. Ils font la gloire de romanciers, d’auteurs de BD et de  documentaires. 
 
Alors en ce début du XXIème siècle, qu’y a-t-il de bien à faire ? 
 
C’est de ne pas rester les bras croisés et le sourire aux lèvres,  lorsqu’un descendant d’esclaves est humilié, jeté en pâture dans cette société et verse des larmes amères, alors qu’il ne cherche que le respect des règles de droit. 
 
C’est de ne pas rester les bras croisés et le sourire aux lèvres,  lorsqu’un bien patrimonial appartenant à une esclave est volé pour être attribué au pirate criminel, La Buse.
 
C’est de ne pas rester les bras croisés et le sourire aux lèvres, lorsque pour atteindre soi disant un Blanc, tous les textes législatifs sont exploités  pour nuire aux intérêts d’un descendant d’esclave. C’est de ne jamais approuver tous ceux qui cautionnent une telle forfaiture. 
 
Bref, il faut agir pour que tout ce qui n’a pas été entrepris entre 1848 et 1965 en faveur des affranchis et de leurs descendants qui ont tant aimé cette île et qui ont donné leur vie pour cette île, le soit maintenant. C’est la tâche la plus palpitante. 

Prosper Eve, Professeur d’Histoire Moderne, Président de l’AHIOI




1.Posté par jf le 20/06/2020 15:45

Existe t-il un personnage de notre histoire qui n'a rien à se reprocher... Notre histoire est notre histoire, il suffit d'enseigner aux hommes la réalité de celle-ci...

2.Posté par Clown le 20/06/2020 15:53

En signe de solidarité je propose aussi qu'on déboulonne le 5 du mois des blancs et les quelques millions donnaient en perf chaque année soyons courageux et fort face à l'oppresseur

3.Posté par Grangaga le 20/06/2020 16:27

La....Rivir' d'Aborr', dann' "mové tan", la ral' mon park' kabri. La tyié toutt' mé...."bikètt'".
Déboulonn' a mwin so nom là ossi, mo Frwa.
Mwin néna in klé... d'douz' la kaz'.
Ma prètt' a zot' an ka d'bézwin

4.Posté par klod le 20/06/2020 17:05

bel article de M. Eve , merci.

5.Posté par zanatany le 20/06/2020 17:36

Merci.
il y a eu tellement d'esclavage de l'antiquité au 18e siècle…
Egyptiens
Nubiens
Carthagiens
Romains,
Arabes avec les Abyssins
Esclaves éthiopiens, berbères…

Il n'y a pas que le code noir mais avant il y a eu des recherches pour le régimes des esclaves comme la loi Dupin ou Mackau pour trouver un compromis sur leur éducation, nourriture, jours fériés, habillements, instruction catholique…
il ne faut pas effacer ces documents si précieux pour la mémoire de l'île comme vous dite déjà trop effacée !
Gardez ce qui pourra servir dans une, voire deux générations comme la Shoa par exemple.

6.Posté par Kaskavel le 20/06/2020 18:20

Ce qui est certain c'est que si on commence on n' a pas fini car tous les personnages historiques statufiés ont quelque chose à se reprocher ici et ailleurs ! il faut accepter notre histoire avec ses bons et mauvais côté, par contre il faut bien l'expliquer et peut être rétablir un certain équilibre notamment sur quelques personnages esclaves qui mériteraient aussi leur statue ...

7.Posté par Tuituit le 20/06/2020 18:50

Oui, l'Histoire est distillée par les vainqueurs. Et les vainqueurs sont toujours des esclavagistes, des colonialistes, ceux qui détiennent et utilisent sans vergogne les armes. Mais aujourd'hui, les "sans grades" se réveillent et revendiquent la vraie Histoire.

8.Posté par klod le 20/06/2020 19:17

la réalité historique factuelle est possible à enseigner , certains historiens s'y attellent , merci à eux, mais demande un travail non ethnocentré mais global ,

ce que demande le citoyen libre c'est une Histoire globael avec les conséquences qu'elle a eu par ceux qui l'ont subi et non une histoire à la gloire hypocrite de telle ou telle péi …………….
la vérité historique quoi et non une vérité ethnocentrée !
ca avance , merci à ceux qui y participent !

9.Posté par klod le 20/06/2020 19:33

comme dit un intervenant sur ce site : ""c' est aussi faire oublier la sanction morale qui accompagne la partie enlevée de l' Histoire. "


effectivement et c'est peu de le dire face à une vision ethnocentré de l'histoire ……….. à chacun son karma , mais le monde avance et en bien finalement .

ce qui se passe aujourd'hui, mondialement , pour reconsidérer l'histoire , malgré des débordements, certes, est SALVATEUR , OUI , A UNE HISTOIRE GLOBALE et non à une histoire nationalisée ou ethnocentrée ,

pour la vérité historique , cela avance , BIEN .
chacun , d'où qu'il vienne , demande une histoire globale . et c'est bien .

le respect de chaque souffle de vie doit nous imprégner et non pas que le respect "des siens" , vaste chantier , mais ti pa , ti pa , nana qui y travaille pour un monde meilleur , et je ne doute pas , qu'à force , l''humanité y gagnera ; et je ne suis pas le seul à y croire malgré certains . yes I .


pour une histoire globale .

10.Posté par parlamer le 20/06/2020 19:40

bel article de propagande progressiste.....^^

11.Posté par Malouin le 20/06/2020 19:44

N'en déplaise.. Mahe fut grand.

12.Posté par JORI le 20/06/2020 20:02

" lorsqu’un descendant d’esclaves est humilié, jeté en pâture dans cette société et verse des larmes amères", qui peut prétendre être descendant d'esclave aujourd'hui?. 5 générations de ma famille sont enterrées sur cette île, des métissages ont eu lieu, dois je me considérer comme un descendant d'esclave?.
"Bref, il faut agir pour que tout ce qui n’a pas été entrepris entre 1848 et 1965 en faveur des affranchis et de leurs descendants.....", sauf erreurs de ma part, tous ceux qui sont à la tête de nos exécutifs prouvent que c'est plus qu'en cours de réalisation.
Quelque part votre cursus, le prouve aussi. Sauf si vous n'êtes pas originaire de notre belle île!!.

13.Posté par klod le 20/06/2020 20:08

un exemple de l'ambiguité des statuts : oui une statue sert à "glorifier" un tel ou un tel ............…

mais depuis 1995 , un superbe bouquin sur le " francois de mahy" : " la double appartenance " chez "grand océan " de Joelle Hedo-vivier ...............…. de 1995 !

pour ceux qui s'intéresse à l'histoire , depuis longtemps ,certains historiens font la part des choses , mais effectivement ces statues de "hommes controversés" , A JUSTE TITRE , selon moi, mériteraient des plaques explicatives sur la part sombre de certains , tout comme le jules ferry et pire , le christophe colomb : les 1ers à découvrir l'amérique , ce sont les NATIFS amérindiens et non le colomb ………….. mais bon , ………...

et n'allez pas dire que 'à l'époque , l'esclavage et le colonialisme" étaient évident, la diatribe des "natios" et d'autres ……………. ………….

: NON , à chaque époque et dés le 14, ème siècle certains ont dit NON , à chaque époque , depuis la nuit des temps des "homo sapiens" ont été humaniste …………. et oui , peu nombreux , mais oui .

bref , des statuts déboulonnés , c'est bien , l'histoire qui respecte chacun avance ! ET OUI !


kan mwin lété " jeune " mi té y reve :
- d'une langue créole ( en kwz ou sans , là n'est pas le problème ), mais d'une LANGUE créole respectée , c'est , plus ou mwin le cas
- d'in ti fanion réunionnais ( pour les marins : voir la différence entre fanion , et drapeau ……….) comme le corse ou le breton : lé gaillard , nou nana le Mahavely ; sof koman !
- mi té y réve , d'une histoire ou na pwin , par exemple ,que le galliéni que lé glorifié ,mais aussi le résistant malgache à la colonisation
- que ANSHAING ou Cimendéf té y existe enkor


et oui , dés "marmailles , mi té y écoute " le prof d'histoire" et de "français" et my té y dit : et le monde créole et le monde colonisé , na pwin pou di ??????????????



astér le créole ou Kréol ( la pas grave !!!) ou lé la ,

le mahavély lé la ,


et , mwin lé kontan , et mwin noré pas pensé que "cala arriverait de mon petit vivant" : les statuts et "représentation" des deux trois certains que la pa fé que "le bien" , lé remi en cause …………………… ET c'EST BIEN pour une histoire de chacun , et non que de quelques uns .


ben foutor , mi peu mor , tout mon bande reve la réalisé par le fait !

14.Posté par Domino le 20/06/2020 20:41

Bel article, ne donnons pas raison a l'ignorance.

15.Posté par Pierre Balcon le 20/06/2020 21:12

KLOD

On ne comprend pas bien le fond de votre pensée .
Qu'entendez vous par histoire "globale" ?

Je me méfie des termes creux comme global ou durable , qui ne renvoient qu'à des instances indéfinies parce qu'indéfinissables dans un univers en expansion constante !

Vous inscrivez vous dans la logique de l'Ecole des Annales fondée en 1929 par Lucien Febvre et Marc Bloch ?

Ces deux historiens défendent un nouveau projet historique qui va bouleverser la discipline.

Leurs recherches rompent avec l’histoire traditionnelle.

Alors que cette dernière s’intéressait aux guerres, aux batailles, aux grands hommes et à la glorification de la nation, les penseurs des Annales veulent étudier l’histoire des sociétés.

Désormais, les questions économiques, démographiques et sociales sont au cœur des recherches historiographiques.

Les historiens étudient la manière dont les individus vivaient, travaillaient et mouraient à leur époque. Mais aussi les croyances, les représentations et les mœurs (1).

Mais ce projet d’une histoire sociale sollicite aussi l’apport des autres sciences sociales , avec en tant que de besoin des approches dites différentielles. ( comparer ce qui se passait en France au aux 18 ème et 19 ème avec ce qui se vivait à La Réunion aux mêmes époques est éclairant )

Les deux historiens vont donc chercher à réaliser une « histoire globale », couvrant tous les aspects – sociologiques, économiques et démographiques – d’une même époque.

C’est ce projet qui va donner son orientation aux penseurs des Annales.

(1) L’étude des mentalités, développée par Marc Bloch dans Les Rois thaumaturges (1924), va ainsi prendre une ampleur sans précédent

16.Posté par Pierre Balcon le 20/06/2020 21:21

On ne comprend pas bien le fond de votre pensée .
Qu'entendez vous par histoire "globale" ?

Je me méfie des termes creux comme global ou durable , qui ne renvoient qu'à des instances indéfinies parce qu'indéfinissables dans un univers en expansion constante !

Vous inscrivez vous dans la logique de l'Ecole des Annales fondée en 1929 par Lucien Febvre et Marc Bloch ?

Ces deux historiens défendent un nouveau projet historique qui va bouleverser la discipline.

Leurs recherches rompent avec l’histoire traditionnelle.

Alors que cette dernière s’intéressait aux guerres, aux batailles, aux grands hommes et à la glorification de la nation, les penseurs des Annales veulent étudier l’histoire des sociétés.

Désormais, les questions économiques, démographiques et sociales sont au cœur des recherches historiographiques.

Les historiens étudient la manière dont les individus vivaient, travaillaient et mouraient à leur époque. Mais aussi les croyances, les représentations et les mœurs (1).

Mais ce projet d’une histoire sociale sollicite aussi l’apport des autres sciences sociales , avec en tant que de besoin des approches dites différentielles. ( comparer ce qui se passait en France au aux 18 ème et 19 ème avec ce qui se vivait à La Réunion aux mêmes époques est éclairant )

Les deux historiens vont donc chercher à réaliser une « histoire globale », couvrant tous les aspects – sociologiques, économiques et démographiques – d’une même époque.

C’est ce projet qui va donner son orientation aux penseurs des Annales.

(1) L’étude des mentalités, développée par Marc Bloch dans Les Rois thaumaturges (1924), va ainsi prendre une ampleur sans précédent

17.Posté par Simonzèf le 20/06/2020 21:24

Monsieur eve, Mahé de La bourdonnais à fait de l île de France un grand port commercial, de bourbon il en a fait un grenier et pas que la culture du manioc pour les esclaves ! Vous êtes à déboulonner de votre statut de professeur d "histoire" et surtout président d une pseudo association de frustrés et complexés !

18.Posté par Lulu le 20/06/2020 21:31

Qu'est ce qu'on s'en branle, on est en 2020 avec ses problèmes arrêtez de regarder derrière, votre devoir de mémoire n'est qu'une utopie d'intellectuels en mal de reconnaissance et le refus de certains d'avancer dans sa vie. ON s'en fout du passé il est ce qu'il est le plus dur est à venir c'est aussi clair.

19.Posté par Philippe BESSIERE le 20/06/2020 21:37

L’histoire ? Attention danger !
On lit Prosper Eve avec toujours beaucoup de plaisir d’y trouver une réelle sensibilité au passé, un vrai souci du détail et une grande exigence. On y reconnaît la recherche factuelle et la science du détail chères à Humboldt. Mais à chaque fois, on reste sur sa faim. Et l’appétit pour l’histoire, révélé par l’actualité de ce mois de juin 2020, ne sera sûrement pas rassasié. Car si l’enquête ne souffre d’aucune critique, l’interprétation est bien trop timide faute d’une posture claire.
Que doit faire l’historien de toutes ces connaissances qu’il a accumulé, une fois qu’il a « rendu visible l’histoire » et établi un « pont entre passé et présent » ? Doit-il se contenter de jouer les arbitres ? Par exemple de dire de Mahé : Bon pour les Français, mauvais pour les Africains, un partout la balle au centre ?
Nous défendons l’idée que les historiens doivent aider à l’émergence d’une conscience historique. Nous pouvons changer l’interprétation de l’histoire et l’usage que l’on en fait. Mais les dominés ont le droit d’interroger la dominance et de remettre en cause, s’ils le veulent, ceux qui prétendent qu’ils ont accepté leur sort. Ce n’est pas une mode qui vient de l’extérieur, c’est un droit universel.
« L’histoire insupportable » est « supportée » jusqu’au moment où elle explose de façons toujours très inattendues. Profitons de l’occasion qui s’offre à nous. N’effaçons pas l’histoire. Mettons Mahé au musée et libérons la place du gouvernement. N’ayons plus peur de l’histoire !
Philippe BESSIERE

20.Posté par klod le 20/06/2020 22:23

fatigué des natios et autres tenants de l'oas et de la colo française ……………………..

oui , la colonisation a été faire par la force par les armées coloniales , oui , personne n'a demandé " venez nous coloniser" …………..

oui, christophe dit colomb ( et oui : colon ………… !) n'a pas découvert l'amérique ; puisque découvert par les NATIFS .


à partir de là, les citoyens du MONDE demandent que l'histoire nous soient racontées globalement , et non nationalement ; pas d'histoire hiérarchique , mais de l'histoire globale


cela avance ti pa , ti pa , n'en déplaisent aux "natios" de tout bord .

merci pour nos enfants du MONDE , et non pas pour nos enfants de tel ou tel péi. ; cela avance , n'en déplaisent aux plus nationalistes délétères d'entre nous .

21.Posté par A mon avis le 20/06/2020 22:27

Faut-il déboulonner les statues de (sic) La Réunion ?

Où la Réunion est-elle statufiée ?
De quoi est-elle accusée, qui justifierait de la déboulonner ?

22.Posté par klod le 20/06/2020 22:40

allez une dernière pour les comiques niant qu'il ne faut pas RECONSIDERER l'histoire en respectant CHACUN :

- " A people without the knowledge of their past history, origin and culture is like a tree without roots" : Marcus Garvey

- "étudiez le passé si vous voulez forger l'avenir" : Confucius


oui aux "statuts " mais avec des plaques explicatives , sinon : déboulonnage !

non mais ………………., respect de chaque Etre humain , c'est le minimum , NON ?

pour une histoire respectant "chaque souffle de vie" , en 58 589 de l'an di grace ? on s'en approche , vu la réaction ACTUELLE de certains résistants aux biens pensants depuis si longtemps , malgré des débordements .

merci à ceux qui Militent pour une histoire globale et non ethnocentrée ou "nationaliste ", un devoir citoyen .

le monde avance après le covid , finalement .

23.Posté par klod le 20/06/2020 22:53

une dernière REFERENCE sur la nécessité de RECONSIDERER l'histoire :

"You teach the youth about Christopher Columbus
And you said he was a very great man
You teach the youth about Marco Polo
And you said he was a very great man
You teach the youth about the pirate Hawkins
And you said he was a very great man
You teach the youth about the pirate Morgan
And you said he was a very great man

So You can't blame the youth of today
You can't fool the youth
You can't blame the youth
You can't fool the youth
" : BOB MARLEY , blessed .

nombres de citoyen du monde ]bdemandent que l'histoire soit apprise en fonction , pas seulement , de ceux qui l'ont faites par la force , la plupart du temps , mais aussi par CEUX qui l'ont subi : l'histoire réelle en fait .


mardi aux jeunes d'aujourd'hui de vouloir apprendre l'histoire avec un grand H et non l'histoire ethnocentrée.

24.Posté par la fête.... le 20/06/2020 23:03

Après la fête des mères après la fête des pères je propose la fête de la connerie comme ça on pourra déboulonner tous les cons de la terre...
Franchement après la crise sanitaire du covid... on a pas autre chose à penser que cela !...

25.Posté par parlamer le 21/06/2020 06:12

les islamistes détruisent des statues...

.ce sont souvent les dogmatiques qui attaquent les représentations de concepts ou de personnes.....

car ils sont pauvres en arguments et en idées

pour faire évoluer la société et le monde qui les entourent.....

26.Posté par Dignité le 21/06/2020 07:08

Des propos de Mr EVE faut-il comprendre que Adolf HITLER peut aussi avoir sa statue parce que, aussi abominable soit-il, il fait partie de l'histoire d'un pays dont il a conduit les destinées pendant plusieurs années?
Le peuple veut que l'on statufie des héros. Mais même les héros ont une face sombre que leurs exploits ont effacée et qui , sous la lumière, les discréditent aux yeux de certains.
Voltaire, le grand Voltaire, est au Panthéon alors qu'il a été un fervent partisan de l'esclavage. Faut-il le dégager du Panthéon?
Je crois que l'on n'a pas à juger le passé. Il est ce qu'il est et nous sommes tous le produit ou la résultante du passé.
Donc, les statues restent où elles sont parce qu'elles ont été édifiées pour rappeler que l'individu concerné avait fait dans sa vie quelque chose de bien pour l'humanité qui mérite d'être soulignée et ce, même si cet individu était un ignoble salaud dans sa vie privée.

27.Posté par Chavria le 21/06/2020 08:42

Ce monde est consternant avec son flot des questions aussi inutiles que révélatrices des agitations futiles de sa « pensée » !!!! L’Histoire dans tous ses aspects est la nôtre ! Il n’y a rien à déboulonner sinon qu’à nous débarrasser des chaines « modernes » qui nous lient désormais !

28.Posté par Yabeleso le 21/06/2020 08:44

Excellent débat!
Histoire globale ou géo-histoire dont le défenseur français est C.Grataloup qui a donné des conférences il y a 2 ans chez nous! Le problème c'est que les concepts valables à un moment de l'histoire ne l'est pas au siècle suivant et encore moins dans la pays voisin!
Ainsi le professeur cité ci-dessus confondait l'idée de Nation de conception allemande et française complément différente l'une de l'autre. Que dire alors de l'esclavage autorisé dans la bible (Ephesiens chap 5 et 6)!? si on ne replace pas dans le contexte!

29.Posté par Pierre Balcon le 21/06/2020 09:11

à Klod qui part encore en vrille !

L'histoire de l'humanité ( ce que Klod appelle l'histoire " globale" , peut être ) est au fond une histoire de migrations incessantes , comme les épidémies .

Un historien a pu dire que l'histoire pourrait se résumer à la chronologie des moyens de transports

Les principaux marqueurs de cette transhumance perpétuelle ( pacifique ou agressive ) sont les gènes et les langues .

D'où vient le peuplement initiale de Madagascar !

30.Posté par klod le 21/06/2020 09:18

un exemple d'histoire globale: parler de l'Algérie sans omettre des ferhet abbas par exemple .

31.Posté par Annick le 21/06/2020 07:34

Les juifs sont encore en 2020 indemnisé par plusieurs gouvernement , des milliards d'euros tout les ans pour les réparations de la Shoah .
Et l'esclavage i faut pas parlé c'est le passé ? Créole , ti maleuil dan Zié ôté.

32.Posté par Mehdi le 21/06/2020 10:41

Parlez de l'esclavage ainsi, maintient le caf locale dans un état d'humiliation comme à cette triste époque. On en rajoute avec la fête caf soit disant fête de tous les réunionnais (la bonne blague).

Parlez de l'esclavage à tous bout de champs c'est oublier qu'on est en 2020, que l'histoire c'est du passé et ne pas se complaire dans des états qui relève du passé. cela induit des complexes d'infériorité ravageurs qui maintiennent les concernés dans leur états lointain et visiblement cela arrange certains.

33.Posté par Le vengeur manqué le 21/06/2020 10:41

oui déboulonnons les statues, oui pilonnons les ouvres littéraires, oui effaçons toutes les traces pouvant rappeler le passé colonial et esclavagiste.....
Et demain des révisionnistes et négationnistes viendront nous dire que tout cela n'a jamais existé.

34.Posté par kersauson de (P.) le 21/06/2020 10:55

qui est il pour donner son avis ???
descend il d Adam ou de Eve ?
mes ancetres ont , avaant tout, developpé l'Isle Bourbon ...

35.Posté par hardcore le 21/06/2020 11:03

On deboulonne Pétain, cela n empêche pas de enseigner quel politique il a été. Ne devrions nous pas reconsidérer les programmes scolaires d histoire ( et déboulonner Mahé)

36.Posté par Bulle le 21/06/2020 11:14

« un devoir de mémoire » peut passer pour un triomphe de l’histoire, souvent sollicités, les historiens en retirent probablement un sentiment flatteur d’une plus grande utilité sociale, d’une importance et d’un prestige accrus ? La demande de mémoire comporte toujours une dimension affective, le passé étant une épreuve, un drame, une tragédie. Mais quand la pression des morts écrase les vivants, à terme où voulons nous parvenir ? Que veut on conquérir ou gagner ?

Juxtaposer des faits remémorés ne constitue pas plus l’histoire qu’une collection de timbres poste la géographie !

L’affirmation identitaire qui vise l’évènement fondateur d’un groupe exclut ceux aussi qu’il ne concerne pas directement et du coup on obtient le repli du groupe sur lui même en interdisant aux autres la possibilité d’entrer dans cette mémoire genre « tu n’es pas ceci ou cela donc tu ne peux pas comprendre ! »

Cette tendance est dangereuse, cultiver le souvenir d’identités qui nous séparent n’a jamais fait le travail pour humaniser l’humanité en chacun et en tous.

Alors arrêtons de penser que l’on peut arrêter, retourner le temps... je pense qu’il y a suffisamment à faire pour le futur.

37.Posté par kraz le 21/06/2020 11:18

Ca y est, il y a une quantité incroyable d'historiens ici apparemment. Tout comme de juges, de scientifiques, de philosophes, psychologues. Toujours aussi drôle de voir les commentaires. Là-dessus internet aura marquer son histoire, on retiendra que tout le monde sait tout sur tout et mieux que son voisin évidemment.

38.Posté par Le Jacobin le 21/06/2020 11:47

(L’historien est de son temps, il est pétri des idées de son temps. Dès lors, il doit éviter l’écueil de l’anachronisme en faisant l’effort de se replacer constamment dans le contexte de l’époque de son sujet d’étude.)

GRAND MERCI POUR VOTRE ECLAIRAGE LUMINEUX.
REVENEZ PLUS SOUVENT, NOUS AVONS BESOINS DE VOS ANALYSES.

39.Posté par MT CRISTO le 21/06/2020 12:16

Des pseudos intellectuels qui veulent se faire mousser avec l'Histoire. Ils divisent au lieu de rassembler.

40.Posté par klod le 21/06/2020 12:49

oui M. Balcon, j'adore partir en vrille : di sak na pou di .

bonne fête des pères !

41.Posté par Pénitot le 21/06/2020 16:27

Ceux qui ont récemment rénové le musée de Villèle, ne se sont pas privés de déboulonner et de faire disparaître les fers dans lesquels les esclaves de la famille Desbassins étaient enchaînés. Honte à eux. Qu’en pense Prospér Ève ?

42.Posté par Rouloulou le 22/06/2020 13:37

Klod, tu nous les ethnocentres ô combien!
Votre manie à Françoise Vergès et à toi de vouloir déboulonner tout ce qui dépasse.😁
En passant, il faudra aussi penser à raser le Colisée à Rome, théâtre de crimes atroces dans la rhum en tique, Versailles symbole de la mégalomanie de Louis 14 et tous les lieux de sinistre mémoire tels les vestiges mayas, grands assassins de l'humanité précolombienne.

43.Posté par LUCAS Jules le 22/06/2020 18:03

Bonjour
Je souhaiterai réagir aux propos tenus par M. Eve PROSPER sur SARDA GARRIGA et les membres de l’Association « LES AMIS REUNIONNAIS DE SARDA GARRIGA ».
Moi Jules LUCAS, Président de cette association présente dans son arbre généalogique des ancêtres indiens, STANISLAS, esclave d’un gros blanc de la côte SUD, DESFORGES BOUCHER, décédé en 1851, libéré de ses chaines par SARDA, de même que sa fille CENSEE également esclave affranchie, qui a donné 9 enfants à Eugène LUCAS. C’est ce couple mixte qui a formé l’ossature de la famille LUCAS dans cette Ile libérée de l’esclavage par SARDA GARRIGA.
Le traitement infligé à ce libérateur de près de 63 000 esclaves, sans heurt, sans un coup de fusil tiré, sans sang versé est injuste et indigne de nos édiles, gouvernants, et certains historiens autoproclamés.
Le combat pour faire connaitre SARDA, sa vie, son œuvre, sa courte carrière administrative au service d’une France ingrate, au moment où, aux Antilles on déboulonne et abat la statue de SCHOELCHER, père des décrets d'abolition de l'esclavage du 27 Avril 1848, est déclaré, juste par les membres de l’association aussi descendants d’esclaves, pour certains.
Je vous mets ci-dessous les aberrations, mensonges, fake news cultivés depuis 170 ans à son encontre. Il est temps d'arrêter la repentance du 20 décembre autour de la statue, au barachois, de deux esclaves révoltés de Saint-Leu certes et je loue leur combat, mais condamnés pour crime également.
Cette inversion des valeurs est néfaste pour la Nation, la République et ses principes.
Merci de prendre en compte cette réaction en réponse au contenu de l’article de Monsieur PROSPER Eve.
Il est un proverbe qui dit :
« CELUI QUI OUBLIE SON HISTOIRE EST CONDAMNE A LA REVIVRE »

Les événements du 13 Juin, la dégradation de la statue de DE GAULLE, de CHURCHILL, de GANDHI etc., le déboulonnage de la statue de De Gaulle à Evreux en 2019, en métropole sont révélateurs de l’ignorance de notre histoire par bon nombre d’entre nous.
Jules LUCAS

SARDA GARRIGA ET LE RESSENTI DES REUNIONNAIS SUR SES ACTIONS DANS L’ILE, à destination de Monsieur PROSPER
En cette fin d’année 2020 et dans le cadre des 170 ans de l’abolition de l’esclavage dans l’Ile, laissez- moi vous parler des :
4 aberrations, mensonges ou fake news savamment entretenus par certains de nos historiens et certains édiles locaux qui ont contribué à noircir la mémoire de SARDA dans la conscience des réunionnais.



Sur Le panneau posé en Février 2019, à l’endroit où SARDA avait débarqué, en face de la Préfecture nous pouvons lire deux rumeurs, mensonges dites » fake News » :

1° Il A POUR MISSION DE CREER UN ETABLISSEMENT BANCAIRE AVEC UNE PARTIE DE L’ARGENT DE L’INDEMNISATION
-
2° POUR NE PAS METTRE EN PERIL L’ECONOMIE DE L’ILE, L’ABOLITION N’INTERVIENDRA QUE LE 20 DECEMBRE, APRES LA FIN DE LA CAMPAGNE SUCRIERE

A propos de l’établissement bancaire, s’il est vrai qu’une loi du 30 Avril 1849 du gouvernement provisoire préconisait la fondation d’une banque coloniale de prêt et d’escompte. Avec l’élection de Louis Napoléon, à la Présidence de la République, ce vœu pieux n’avait pas été suivi d’effet.
La Banque de la Réunion tient son 1 er conseil d’Administration le 17 Mai 1853.
Or Le 6 Avril 1853 SARDA arrivait à Brest, destitué de son poste de gouverneur et de chef de service pénitentiaire de la Guyane, par Napoléon III et réduit au chômage.
De quelle banque parle- t- on ?

A propos de la fin de la fin de la campagne sucrière pour décider l’abolition de l’esclavage.

L’article 1er du décret précise ( Voir DECRET CI-DESSOUS)
L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. À partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront interdits.
Le décret promulgué le 19 Octobre ne pouvait rentrer en application définitive que 2 mois après sa promulgation, (19 Octobre, 19 Novembre 1 mois s’écoule 19 novembre, 19 décembre 1848, 2 mois s’écoulent). L’abolition ne pouvait intervenir que le 20 décembre.

DEUX AUTRES ABERRATIONS SONT INSCRITES DANS L’ADN DES REUNIONNAIS :

3° SARDA est resté plusieurs mois en mer avant de descendre à terre à cause de la coupe des cannes.
Sur ce point, SARDA est arrivé le vendredi 13 Octobre et il est descendu du bateau le samedi 14 Octobre. Quand était-il resté en Mer ?

4 ° C’est grâce à SARDA que les colons avaient reçu une coquette somme d’argent pour la perte de leurs esclaves.

L’article 5 du décret d’abolition précise :

L'Assemblée Nationale règlera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons

C’est le gouvernement de la II eme république qui avait décidé d’indemniser les colons contre l’avis de Victor SCHOELCHER qui préconisait l’expulsion des blancs, le partage des terres et l’indemnisation des esclaves. Trahi, SCHOELCHER avait démissionné de son poste de sous-secrétaire d’ETAT à la marine et aux colonies.

Sarda n’était qu’un messager, un émissaire du gouvernement, à mission à durée déterminée. C’était un exécutant des ordres du gouvernement. Il avait pour mission d’appliquer 13 décrets dont celui de l’abolition de l’esclavage. Les indemnisations votées en 1849, étaient arrivées qu’en 1851 et SARDA était destitué de toute fonction et missions et se trouvait au chômage prolongé et sans argent en métropole.


SA FIN DE VIE


Deux missions antinomiques,

- COMMISSAIRE GENERAL DE LA REPUBLIQUE, GOUVERNEUR DE L’ILE, LIBERATEUR de 63 000 ESCLAVES A LA REUNON 1848/ 1850, 18 MOIS DE GOUVERNANCE.
- COMMISSAIRE GENERAL, GOUVERNEUR DE LA GUYANE ET GEOLIER DE CONDAMNES POLITIQUES ET DE FORCATS ENVOYES AU BAGNE 1852/1853, 8 MOIS, de gouvernance au total SARDA a assuré 26 mois de gouvernance et a enterré toute possibilité d’une carrière administrative au service d’une France ingrate.



Destitué de ses fonctions en Guyane, arrivée à Brest le 6 avril 1853, à l’âge de 45 ans, SARDA, à nouveau au chômage, présente une santé ébranlée et plus aucun espoir cette fois de retrouver des fonctions officielles. C’est dans un état de découragement total que le trouvent alors Zélée qui l’avait guéri du paludisme en Guyane et sa fille Lise dans le petit meublé parisien loué par SARDA. En 1855, c’est déjà le dénuement. Une misère que SARDA cache à tous.
A la Réunion on a appris que le sauveur de la colonie est sans ressource. Le gouverneur Hubert DELISLE, le notable RONTAUNAY et la presse réunionnaise se mobilisent.
Une souscription permet de réunir 30 000 F une somme énorme pour l’époque.
Le Conseil Général de l’Ile va lui voter en 1858 une rente viagère de 3 600 francs par an. La certitude pour lui d’être à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours.
Il achètera avec cette collecte de 30 000 F, en 1863, la propriété d’Heudreville à MESNIL SUR L’ESTREE DANS L’EURE, datant du XIII eme siècle dont le sol renferme une source d’eau minérale qu’il veut exploiter. Ce bien, il le mettra au nom de Zélée. Il ne souhaitait pas voir sa femme, Adèle JUTEAU toujours vivante, à laquelle il verse une pension annuelle de 600 F, revendiquer ce patrimoine
Piètre administrateur de son propre bien, poussé par des financiers sans scrupules, il va se couvrir de dettes pour essayer de le faire mieux fructifier. Une partie du domaine est vendue en mars 1877. Le 7 Septembre 1877, rentrant d’une partie de chasse il trouvera Zélée en pleurs, après avoir signé l’acte de vente du prieuré d’Heudreville. SARDA entre alors dans une terrible colère, avant de s’écrouler. Il mourra le lendemain 8 septembre 1877 à midi, à l’âge de 69 ans.


Pour conclure SARDA ET LE VIVRE ENSEMBLE REUNIONNAIS ;

Dire en 1848, aux blancs, hommes et femmes de couleur et esclaves : « Vous êtes libres. Tous égaux devant la loi, vous n’avez autour de vous que des frères… », relève d’une gageure. Ce sont ces mots forts emprunts d’une certaine forme, d’empathie et d’humanisme qui lui avaient permis de proclamer le 20 Décembre 1848, l’abolition de l’esclavage dans l’Ile, sans heurt, sans un coup de feu, sans une goutte de sang versé, contrairement à ce qui s’était passé en Martinique où l’abolition a été instaurée après deux jours d’insurrection (21 et 22 mai 1948) qui avait fait 57 morts et plus de 50 blessés blancs et esclaves compris.

On parle souvent du vivre ensemble réunionnais à savoir : L’acceptation de l’autre quelles que soient sa provenance, couleur, culture, confession, traditions etc …., Ce vivre ensemble tire aussi sa source dans le règlement sans coup de feu, ni de sang versé de ce contentieux coloniale et esclavagiste, par SARDA GARRIGA. Le contraire ferait qu’actuellement, nous serions encore, en train de nous étriper par vengeance, haine, rancune, règlement de compte entre descendants des anciens possédants d’esclaves d’un côté et descendants d’esclaves de l’autre. L’école de la république a contribué à consolider les liens.

Aucun hommage officiel n’est rendu à l’Ile de la Réunion, à ce libérateur de 62151 esclaves sans heurt, sans un coup de fusil, ni de sang versé.
La mémoire est sélective et ne retient que les effets coupables, souvent inventés de toutes pièces, par intérêt et ce, en tout temps, n’est-ce pas ?
Par ailleurs nous constatons que la France persiste à sacrifier sur l’autel de l’indifférence, de l’ingratitude, du silence, de l’oubli ses enfants qui l’ont en tout temps, servie loyalement et marqué favorablement son histoire. Nous continuerons le combat pour que les choses changent.
Jules LUCAS
Président de l’association « des Amis Réunionnais de SARDA GARRIGA »


Décret du 27 avril 1848

Décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, 27 avril 1848
« Ministère de la Marine et des Colonies - Direction des Colonies
République Française
Liberté - Égalité - Fraternité
Au nom du Peuple Français
Le Gouvernement provisoire,
Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ;
Qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; Qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : « Liberté - Égalité – Fraternité » ;
Considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l'abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres ;
Décrète :
Article Ier
L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. À partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront interdits.
Article 2
Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé.
Article 3
Les gouverneurs ou Commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'île de La Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français de la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et Dépendances et en Algérie.
Article 4
Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure administrative.
Article 5
L'Assemblée Nationale règlera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons.
Article 6
Les colonies purifiées de la servitude et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée Nationale.
Article 7
Le principe ‘que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche’ est appliqué aux colonies et possessions de la République.
Article 8
À l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînerait la perte de la qualité de citoyen français. Néanmoins, les Français qui se trouveront atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étranger, par héritage, don ou mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai à partir du jour où leur possession aura commencé.
Article 9
Le Ministre de la Marine et des Colonies et le Ministre de la Guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, en conseil de gouvernement, le 27 avril I848.
Signé:
Les membres du Gouvernement provisoire : DUPONT (de l’Eure), LAMARTINE, CRÉMIEUX, GARNIER-PAGÈS, A. MARRAST, Louis BLANC, ALBERT, FLOCON, LEDRU-ROLLIN, ARAGO, MARIE.
Le Secrétaire général du Gouvernement provisoire : PAGNERRE »12.


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