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Société

Faut-il déboulonner la statue de Mahé Labourdonnais ? Le débat relancé


Le décès d'un Américain noir, tué par un policier blanc, a suscité une vive émotion. Les manifestations contre le racisme se sont depuis succédées. De quoi relancer le débat sur le déboulonnage de statues à l'effigie d'esclavagistes.

Par Aurélie Hoarau - Publié le Jeudi 11 Juin 2020 à 16:50 | Lu 5315 fois

La question est récurrente. Doit-on laisser des statues à l'effigie d'esclavagistes trôner dans nos villes ? Alors que le monde entier a été secoué par le décès d'un américain noir, tué par un policier blanc, les problématiques raciales sont au cœur de l'actualité, et le débat est relancé.

À La Réunion, la statue de Mahé Labourdonnais, Gouverneur général des Mascareignes qui a contribué à la traite et à l'esclavage, notamment par la chasse aux marrons et le commerce d'esclaves, est pointée du doigt.

Sur les réseaux sociaux, les avis sont partagés. Pour certains, la statue est une insulte à un peuple qui a souffert, et n'a pas sa place. "Les oppresseurs n'ont pas à être glorifiés", écrit par exemple un internaute sous une publication dédiée au sujet, tandis qu'un autre propose de les remplacer par des statues d'esclaves ayant lutté.

Pour d'autres, il s'agit d'un élément historique qui mérite d'être conservé, ne serait-ce que pour la mémoire collective. "S'ils disparaissent très peu de gens se souviendront que nous sommes un peuple qui a souffert de l'esclavage", peut-on lire sous la même publication. Un autre internaute estime que cela reviendrait à "maquiller l'histoire".

Pour mémoire, la statue de Mahé Labourdonnais a déjà été bâillonnée, en 2011, mais aussi habillée d'un panneau "Je suis raciste", en 2015. Il y a deux ans, une pétition en ligne pour la faire retirer avait été lancée, recueillant 1 380 signatures. Le débat n'a pas fini de faire rage.

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63.Posté par Jean Le Monstre le 16/06/2020 18:04

13.Posté par Fidol Castre le 11/06/2020 18:52

"Mais les racistes sont la plupart du temps chez ceux qui se proclament anti-racistes, ceux qui utilisent "telle ou telle communauté comme matériel électoral (gauche française, démocrates américains...)"

Il me semble que vous avez une vue de la gauche française et américaine un peu simpliste. Vous ne seriez pas raciste ?

62.Posté par komssameme le 16/06/2020 16:41

Afrique, Inde et d'ailleurs qui ça té y capture et té vend' zot' propres frères d'après l'histoire aux marchands d'esclave ? On parle du racisme envers les noirs et le sens contraire malheureusement ça existe. Oté la France, au nom de Liberté Egalité Fraternité, accueille-t-elle la racaille sur son territoire ? On fait d'un individu délinquant condamné un icône mondial-international et des manifestations injustifiées....

61.Posté par Jean Le Monstre le 14/06/2020 13:21

58.Posté par Le Jacobin le 13/06/2020 09:09

Pourquoi les "historiens réunionnais" ? Ils sont plus savants que les autres ?
Ils n'ont pas plus de compétence que les autres.

L'esclavage a été une "coutume" de tous les pays et non pas seulement des pays blancs, l'esclavage a été le supplice de tous les pays et non pas seulement des pays noirs.

60.Posté par Mehdi le 14/06/2020 03:44

La racaille manifeste et l'État laisse faire. Vivement le grand changement et la mise au pas de toute cette racaille délinquante.

59.Posté par Einaudi le 13/06/2020 13:14

Cette statue n'a pas sa place mit en hauteur boulonné. Sa place est dans un musée.
Nous ne voulons pas refaire l'histoire mais honorer ceux qui ont combattus avec honneur pour la. Liberté de tout un peuple
Comment nos politiques ont ils osé ériger cette statue sans demander l'Avis de la population.
Aujourd'hui cette situation fait débat les gens se divisent suivant l'opinion de chacun alors qu'on oublié les actes abominables de cet homme
Oseriez vous mettre à l'honneur Hitler en Pologne ???
Rangeons cette statue dans un musée en y racontant la véritable histoire dans toute son intégralité.
Nos politiques doivent faire ce geste car c'est un symbole que les réunionnais demandent depuis longtemps !
Cette place est la. Place du peuple d'une France prônant la. Liberté l'égalité et la Fraternité en y statuant une personne ayant combattu pour elle pour ce que nous avons aujourd'hui

58.Posté par Le Jacobin le 13/06/2020 09:09

La parole est aux historiens Réunionnais.

57.Posté par Jean Le Monstre le 13/06/2020 09:06

«Il faut avoir du courage, recontextualiser et dire la vérité en face. Les premiers à le pratiquer, c’était les Africains entre eux sans parler évidemment de la traite orientale. La France et l’Angleterre sont les premières nations au monde à avoir aboli l’esclavage, voilà ce que devraient dire nos gouvernants et le Président de la République au lieu de jeter de l’huile sur le feu. Cela va être la porte ouverte à une fracturation de la société. Tout cela est basé sur une grande ignorance et il n’y aura plus de vivre-ensemble possible.»
(Dimitri Casali historien et essayste dans Sputnik)

56.Posté par Jean Le Monstre le 13/06/2020 08:42


«Nous avons affaire à ce que les Grecs appelaient la barbarie, des barbares, c’est-à-dire ceux qui sont privés de la langue, de la culture, et sont finalement privés de leur identité réelle. Ça me stupéfie et en même temps, j’ai pitié d’eux, ça m’attriste.»
René Chiche, professeur de philosophie, qui s’insurge des récentes dégradations infligées à certaines statues en Occident.(Sputnik)

55.Posté par parlamer le 13/06/2020 08:23

" La destruction des statues, preuve du fondamentalisme racialiste anti-Blanc.

Cela s’est vu de manière constante dans l’Histoire, tous les fondamentalismes ont commencé par détruire les statues pour faire table rase du passé.

Lorsqu’on détruit des statues d’hommes blancs, on consacre le fondamentalisme racial anti-Blanc. Il n’y a rien d’autre à dire et c’est ce à quoi nous assistons, aux États-Unis, en Belgique, en Grande- Bretagne, en France, aux Antilles.

Là encore, le gouvernement français se tait, consentant de fait à l’émergence d’un fondamentalisme anti-Blanc dans la société française."

perception de notre monde contemporain...

54.Posté par klod le 12/06/2020 18:21

"Making history , there is no mystery", special request to Linton Kwezy Johnson : un immigré jamaicain en angleterre , Writer song : paraboleur en créole ........................... lucide , à mon sens ;

"Discours sur le colonialisme" : Aimé Césaire ...à lire pour une histoire globale , pas par ceux qui l'ont fait , mais par ceux qui l'ont subi, et oui , "ils" existent !!!!!!!!!!!!!!!!!!


le seul bienfait que l'ont pourrait "léguer" à nos enfants , c'est une lecture de l'histoire dite "mondiale" , et non "nationaliste"

, une lecture de l'histoire lucide vu par ceux qui l'ont fait , la plupart du temps par la force, MAIS aussi par ceux qui l'ont subi



une lecture REELLE et lucide de l'histoire ! I Believe ……………….. et je sais que je ne suis pas le seul , et ce, "sans repentance", pour les plus conservateurs d'entre nous qui font ce que le monde est depuis si longtemps , hélas .

53.Posté par LesJugesQuittentLeNavire le 12/06/2020 17:06

ou en d'autres termes: Cachez ce sein que je ne saurais voir ... Ces statues ne représentent que ce que des idiots veulent bien les faire représenter ! Et il faudrait aussi renommer toutes les rues qui portent un nom à consonnance colionaliste ?? Dans une ile ayant un passé colonial très fort ? Très bien, eradiquez la culture, brulez les livres mentionnant le nom de Mahé Labourdonnais, renommez toutes les rues à son nom, fermez la licence de la discothèque le Mahé, et mettez en prison ceux qui portent le nom de MAHE, ou meme toutes les maéva tant qu'a faire, bah oui, ça me rappelle un peu la periode esclavagiste MAE-VA, tendancieux tout ça .... Bande de ploucs

52.Posté par Mwin la pa di le 12/06/2020 17:04

Il est facile de crier au racisme pour des individus qui ont vécu à une époque ou les européens et Arabes pensaient que l'homme noir était un être inférieur. C'est la même connerie que les catholiques véhiculaient en disant haut et fort que c'étaient les juifs qui avaient tué le christ . Faisant ainsi du racisme contre les juifs et qui a contribué à l'antisémitisme et qui a aboutit aux voyages organisés à Dachau... Aujourd'hui, avec tout ce que nous savons sur l'histoire de la Terre et de l'origine des plantes, des animaux dont l'homme il est impossible d'être raciste, nous sommes tous frères issu de la même descendance avec des variations (couleur de peau...) dues à la nécessité d'adaptation au milieux de vie. Il faut que dans nos écoles et dans la cité soit expliqué aux jeunes et aux moins jeunes qui nous sommes. Notre prochain défi : la survie des espèces et l'importance de l'écologie et non du pouvoir de l'argent. Quand nous allons étouffer avec des milliers d'euros ans la bouche, mais rien à se mettre sous la dent....

51.Posté par Kayam le 12/06/2020 16:32

@ ? 54

Merci de cet enrichissement.

50.Posté par Jean Le Monstre le 12/06/2020 15:22

Pendant que vous vous préoccupez de statues,
le pouvoir fait ce qu'il veut et il vous soumet d'avantage !
C'est ce que Pascal appelle le divertissement.

49.Posté par ? le 12/06/2020 14:28

Fatou Diome écrit comme elle parle, avec fougue et sensibilité. Que ce soit dans ses romans ou dans ses prises de paroles publiques, l’auteure franco-sénégalaise use avec habileté de cette langue piquante qui frôle parfois la satire. Dans son premier roman à succès, Le Ventre de l’Atlantique (éd. Anne Carrière, 2003), elle donne la parole à cette jeunesse sénégalaise piégée dans le désir d’Europe et ses mirages tragiques. Les œuvres de Fatou Diome offrent aussi une voix aux femmes, héroïnes du quotidien quand les maris migrent (Celles qui attendent, Flammarion, 2010) ou disparaissent tragiquement, comme dans son nouveau roman, Les Veilleurs de Sangomar (Albin Michel, 2019, 336 pages, 19,90 euros).

Installée à Strasbourg depuis vingt-cinq ans, Fatou Diome observe et critique sa société d’origine et son pays d’accueil. En vingt ans de carrière, elle a publié une dizaine de romans, de nouvelles et un essai remarqué en 2017, Marianne porte plainte ! (Flammarion), véritable pamphlet contre les discours identitaires, racistes, sexistes et islamophobes. Dans cet entretien, Fatou Diome s’exprime sans filtre sur son enfance aux marges, l’immigration, le féminisme, ou la pensée « décoloniale » qui a le don de l’irriter…

D’où vient votre nom, Diome ?
Fatou Diome Au Saloum, région située sur la côte sud du Sénégal, les Diome sont des Sérères-Niominkas, des Guelwaar. Il est dit que ce peuple était viscéralement attaché à sa liberté.

Pourtant, écrivez-vous dans Le Ventre de l’Atlantique, votre nom suscitait la gêne à Niodior, votre village natal…
Oui, car je suis née hors mariage d’un amour d’adolescents. A cette époque, j’étais la seule de l’île à porter ce nom car mon père est d’un autre village. Enfant, je ne comprenais pas pourquoi la simple prononciation de mon nom suscitait le mépris. J’ai compris plus tard que ce sentiment de gêne diffuse que je ressentais autour de moi venait du fait que j’étais supposée être « l’enfant du péché ».


Cette ostracisation était d’autant plus injuste que l’idée « d’enfant illégitime » n’existait pas chez les Sérères animistes jusqu’au milieu du XIXe siècle et la domination des religions monothéistes. Jusque-là, au contraire, avoir un enfant des fiancés avant le mariage était le meilleur moyen de s’assurer que le prétendant était fertile. C’était même une tradition dans l’aristocratie sérère notamment, où la lignée était matrilinéaire. « Domou djitlé », qui signifie « enfant illégitime », est une expression wolof, qui n’existe pas en sérère.

Comment, enfant, affrontiez-vous cette marginalisation ?
En renonçant à ceux qui me calomniaient. Cette indépendance m’est venue des conseils de mon grand-père maternel, un marin qui, dans l’Atlantique, devait sans cesse trouver des solutions. Je l’accompagnais souvent en mer. Quand le vent soufflait trop fort et que je pleurais, il me lançait : « Tu crois que tes pleurs vont nous ramener plus vite au village ? Allez, rame ! » C’est une leçon que j’ai retenue : les jérémiades ne sauvent de rien.

A quel moment vous êtes-vous réappropriée votre nom ?
A l’école. L’instituteur, qui était lui-même marginalisé car étranger, m’a expliqué le sens de « diome » : la dignité. C’était énorme ! La « bâtarde du village » était donc la seule à s’appeler « dignité » ! (Rires)

Et puis un jour, j’ai rencontré mon père. C’était un homme adorable, un sculptural champion de lutte ! Ma mère avait eu de la chance d’aimer cet athlète magnifique ! Porter son nom est une fierté. Je suis le fruit d’un amour absolu, un amour souverain qui n’a demandé nulle permission aux faux dévots.

Etre une enfant illégitime, c’était aussi risquer de ne pas survivre à la naissance…
Oui et je dois la vie sauve à ma grand-mère maternelle, qui m’a accueillie au monde, dans tous les sens du terme. C’est elle qui a fait la sage-femme. Elle aurait pu m’étouffer à la naissance comme le voulait la tradition, mais elle a décidé de me laisser vivre et de m’élever. Elle me disait souvent que je n’étais pas illégitime mais légitimement vivante, comme tout enfant.

Cette jeune grand-mère vous a allaitée. Quelle fut votre relation avec elle ?
Très forte. Elle était et restera ma mamie-maman. Jusqu’à sa mort, je l’appelais maman. Enfant, je dormais avec elle. Plus tard, j’insistais pour faire la sieste avec elle lors de mes visites. Comme un bébé, je gardais une main sur sa poitrine. Ma grand-mère, j’en suis convaincue, était la meilleure mère possible pour moi. Pardon pour l’autre dame…

Votre mère…
Oui. Avec elle, j’avais, étrangement, une relation de grande sœur. Et plus tard, je l’ai prise sous mon aile car j’étais plus combative et plus indépendante qu’elle. J’ai choisi ma vie, elle non. Et c’est pour cette raison que j’ai dit dans Le Ventre de l’Atlantique que « j’écris, pour dire et faire tout ce que ma mère n’a pas osé dire et faire ». Elle a par exemple subi la polygamie, une maladie que je n’attraperai jamais.

Qu’aviez-vous à dire quand vous avez commencé à écrire à 13 ans ?
Ecrire était une nécessité. Il me fallait comprendre pourquoi, par exemple, telle tante me câlinait devant mes grands-parents puis me traitait de « bâtarde » en leur absence. L’écriture s’est imposée à l’âge de 13 ans, lorsque j’ai quitté le village pour poursuivre mes études en ville. Pour combler ma solitude, je noircissais des cahiers. Une fois, j’ai même réécrit Une si longue lettre de Mariama Bâ [auteure sénégalaise, 1929-1981]. Dans ma version vitaminée, les femmes n’étaient plus victimes de leur sort, mais bien plus combatives. J’aime celles qui dansent avec leur destin, sans renoncer à lui imposer leur tempo.

Lire aussi L’indignation intacte de la romancière sénégalaise Aminata Sow Fall
Vous épousez ensuite un Alsacien et vous vous installez à Strasbourg. En France, vous découvrez une autre forme de violence, le racisme. Comment y avez-vous survécu ?
En m’appropriant ce que je suis. J’ai appris à aimer ma peau telle qu’elle est : la couleur de l’épiderme n’est ni une tare ni une compétence. Je sais qui je suis. Donc les attaques des idiots racistes ne me blessent plus.

Etre une auteure reconnue, cela protège-t-il du racisme ?
Reconnue ? Non, car la réussite aussi peut déchaîner la haine. On tente parfois de m’humilier. C’est, par exemple, ce policier des frontières suspicieux qui m’a fait rater mon vol car il trouvait douteux les nombreux tampons sur mon passeport, pourtant parfaitement en règle. Ou ce journaliste parisien qui m’a demandé si j’écrivais seule mes livres, d’une structure trop complexe selon lui pour une femme dont le français n’est pas la langue maternelle. Ou encore cette femme qui, dans un hôtel, m’a prié de lui apporter une plus grande serviette et un Perrier… Le délit de faciès reste la croix des personnes non caucasiennes.

La France que vous découvrez à votre arrivée est alors bien éloignée de celle de vos auteurs préférés, Yourcenar, Montesquieu, Voltaire…
Cette France brillante, je l’ai bien trouvée mais on n’arrête pas de la trahir ! Il faut toujours s’y référer, la rappeler aux mémoires courtes. Cette France, elle est bien là. Seulement, les sectaires font plus de bruit. Il est temps que les beaux esprits reprennent la main !

Qui la trahit, cette France ?
Ceux qui lui font raconter le contraire de ce qu’elle a voulu défendre. Pour bien aimer la France, il faut se rappeler qu’elle a fait l’esclavage et la colonisation, mais qu’elle a aussi été capable de faire la Révolution française, de mettre les droits de l’homme à l’honneur et de les disperser à travers le monde. Aimer la France, c’est lui rappeler son idéal humaniste. Quand elle n’agit pas pour les migrants et les exploite éhontément, je le dis. Quand des Africains se dédouanent sur elle et que des dirigeants pillent leur propre peuple, je le dis aussi. Mon cœur restera toujours attaché à la France, et ce même si cela m’est reproché par certains Africains revanchards.

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Vous vivez en France depuis 1994. Les statistiques officielles démontrent la persistance de discriminations en matière de logement ou de travail contre notamment des Français d’origine africaine dans les quartiers populaires. Que dites-vous à ces jeunes Noirs ?
Qu’ils prennent leur place ! Vous savez, au Sénégal, un jeune né en province aura moins de chance de réussir que celui issu d’une famille aisée de la capitale. La différence, c’est qu’en France, cette inégalité se trouve aggravée par la couleur. Ici, être noir est une épreuve et cela vous condamne à l’excellence. Alors, courage et persévérance, même en réclamant plus de justice.

Cette course à l’excellence peut être épuisante quand il faut en faire toujours plus…
Si c’est la seule solution pour s’en sortir, il faut le faire. Partout, la dignité a son prix. On se reposera plus tard, des millénaires de sommeil nous attendent.

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Vous avez suivi une formation en lettres et philosophie à l’université de Strasbourg avec un intérêt particulier pour le XVIIIe siècle. Que pensez-vous des critiques portées par le courant de pensée « décoloniale » à l’égard de certains philosophes des Lumières ?
Peut-on éradiquer l’apport des philosophes des Lumières dans l’histoire humaine ? Qui veut renoncer aujourd’hui à L’Esprit des lois de Montesquieu ? Personne. Les Lumières ont puisé dans la Renaissance, qui s’est elle-même nourrie des textes d’Averroès [philosophe du XIIe siècle], un Arabe, un Africain. C’est donc un faux débat ! Au XVIIIe siècle, la norme était plutôt raciste. Or Kant, Montesquieu ou Voltaire étaient ouverts sur le monde. Ils poussaient déjà l’utopie des droits de l’homme. On me cite souvent Le Nègre de Surinam pour démontrer un supposé racisme de Voltaire. Quel contresens ! Ce texte est une ironie caustique. Voltaire dit à ses concitoyens : « C’est au prix de l’exploitation du nègre que vous mangez du sucre ! »

Par ailleurs, chez tous les grands penseurs, il y a souvent des choses à jeter. Prenez l’exemple de Léopold Sédar Senghor. Sa plus grande erreur d’emphase et de poésie fut cette phrase : « L’émotion est nègre, la raison hellène. » Cheikh Anta Diop, bien qu’Africain, était un grand scientifique quand Einstein était doté d’une grande sensibilité. Cette citation est donc bête à mourir, mais devons-nous jeter pour autant Senghor aux orties ?


On constate tout de même une domination des penseurs occidentaux dans le champ de la philosophie par exemple…
Certaines choses sont universelles. Avec Le Vieil Homme et la mer, Hemingway m’a fait découvrir la condition humaine de mon grand-père pêcheur. Nous, Africains, ne perdons pas de temps à définir quel savoir vient de chez nous ou non. Pendant ce temps, les autres n’hésitent pas à prendre chez nous ce qui les intéresse pour le transformer. Regardez les toiles de Picasso, vous y remarquerez l’influence des masques africains…

Vous estimez donc que le mouvement de la décolonisation de la pensée et des savoirs, porté par un certain nombre d’intellectuels africains et de la diaspora, n’est pas une urgence ?
C’est une urgence pour ceux qui ne savent pas encore qu’ils sont libres. Je ne me considère pas colonisée, donc ce baratin ne m’intéresse pas. La rengaine sur la colonisation et l’esclavage est devenue un fonds de commerce. Par ailleurs, la décolonisation de la pensée a déjà été faite par des penseurs tels que Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor ou encore Frantz Fanon. Avançons, en traitant les urgences problématiques de notre époque.

A l’échelle de la longue histoire entre l’Afrique et l’Occident, ce travail de décolonisation de la pensée, débuté il y a quelques décennies, n’est peut-être pas achevé ?
Je pense, comme Senghor, que nous sommes à l’ère de la troisième voie. Nous, Africains, ne marchons pas seulement vers les Européens ; eux ne marchent pas que vers nous. Nous convergeons vers la même voie, la possible conciliation de nos mondes. La peur de vaciller au contact des autres ne peut vous atteindre quand vous êtes sûr de votre identité. Me concernant, ce troisième millénaire favorise la rencontre. Je sais qui je suis, je ne peux pas me perdre en Europe car, non seulement je récite mon arbre généalogique, mais je séjourne régulièrement dans mon village.

Après tous les efforts de Senghor, Césaire, Fanon, en sommes-nous encore à nous demander comment nous libérer de l’esclavage et de la colonisation ? Pendant ce temps, où nous stagnons, les Européens envoient [la sonde] Philæ dans l’espace… L’esclavage et la colonisation sont indéniablement des crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, il faut pacifier les mémoires, faire la paix avec nous-mêmes et les autres, en finir avec la littérature de la réactivité comme le dit si bien l’historienne Sophie Bessis.

Cette histoire dramatique, loin d’être un chapitre clos, continue pourtant de marquer le présent des Africains et les relations avec d’anciennes puissances coloniales…
Pour moi, il y a plus urgent. La priorité, c’est l’économie. Faisons en sorte que la libre circulation s’applique dans les deux sens. Aujourd’hui, depuis l’Europe, on peut aller dîner à Dakar sans visa. Le contraire est impossible, ou alors le visa vous coûtera le salaire local d’un ouvrier. Pourquoi attendre une forme de réparation de l’Europe, comme un câlin de sa mère ? Pourquoi se positionner toujours en fonction de l’Occident ? Il nous faut valoriser, consommer et, surtout, transformer nos produits sur place. C’est cela l’anticolonisation qui changera la vie des Africains et non pas la complainte rance autour de propos tenus par un De Gaulle ou un Sarkozy.

On sent que ce mouvement vous irrite…
Je trouve qu’il y a une forme d’arrogance dans cette injonction et cette façon de s’autoproclamer décolonisateur de la pensée des autres. C’est se proclamer gourou du « nègre » qui ne saurait pas où il va. Je choisis mes combats, l’époque de la thématique unique de la négritude est bien révolue.

Votre roman Le Ventre de l’Atlantique (2003) a été l’un des premiers à aborder le thème de la migration vers l’Europe. Que dites-vous à cette jeunesse qui continue de risquer sa vie pour rejoindre d’autres continents ?
Je lui dirai de rester et d’étudier car, en Europe aussi, des jeunes de leur âge vivotent avec des petits boulots. Quand je suis arrivée en France, j’ai fait des ménages pour m’en sortir, après mon divorce. J’ai persévéré malgré les humiliations quotidiennes et les moqueries au pays.

Si je suis écrivain, c’est parce que j’ai usé mes yeux et mes fesses à la bibliothèque. J’ai toujours écrit avec la même rigueur que lorsque je nettoyais les vitres. Aux jeunes, je dirai que l’école a changé ma vie, elle m’a rendue libre.

La tentation est grande de partir vu le manque d’infrastructures dans de nombreux pays africains. Comment rester quand le système éducatif est si défaillant ?
La responsabilité revient aux dirigeants. Ils doivent miser sur l’éducation et la formation pour garder les jeunes, leur donner un avenir. Il faudrait que les chefs d’Etat respectent plus leur peuple. Il n’y a qu’à voir le silence de l’Union africaine face au drame des migrants. Quand les dirigeants baissent la tête, le peuple rampe.

Quel regard portez-vous sur le durcissement de la politique migratoire européenne ? Dernier acte en date, le décret antimigrants adopté par l’Italie qui criminalise les sauvetages en mer…
L’Europe renforce sa forteresse. Mais qui ne surveillerait pas sa maison ? Les pays africains doivent sortir de leur inaction. Pourquoi n’y a-t-il pas, par exemple, de ministères de l’immigration dans nos pays ? C’est pourtant un problème majeur qui touche à l’économie, la diplomatie, la santé, la culture. Si l’Afrique ne gère pas la situation, d’autres la géreront contre elle. Elle ne peut plus se contenter de déplorer ce que l’Europe fait à ses enfants migrants.

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Vous avez écrit sur la condition féminine, le rapport au corps de la femme au Sénégal et la fétichisation dont vous avez été victime en France en tant que femme noire. Vous sentez-vous concernée par le mouvement #metoo ?
Je comprends ce combat, mais je considère qu’Internet n’est pas un tribunal. Les femmes doivent habiter leur corps et leur vie de manière plus souveraine dans l’espace social et public. Il faut apprendre aux jeunes filles à s’armer psychologiquement face aux violences, par exemple le harcèlement de rue. Il faut cesser de se penser fragile et porter plainte immédiatement en cas d’agression.

La lutte contre les violences faites aux femmes revient aussi aux hommes…
En apprenant aux femmes à habiter leur corps, à mettre des limites, on leur apprend aussi à éduquer des fils et des hommes au respect. Le féminisme, c’est aussi apprendre aux garçons qu’ils peuvent être fragiles, l’agressivité n’étant pas une preuve de virilité, bien au contraire. Me concernant, malgré la marginalisation à laquelle j’ai été confrontée, je ne me suis jamais vécue comme une femme fragile, ni otage de mon sexe, mes grands-parents m’ayant toujours traitée à égalité avec les garçons.

Vous sentez-vous plus proche du féminisme dit universaliste ou intersectionnel ?
Je me bats pour un humanisme intégral dont fait partie le féminisme. Mon féminisme défend les femmes où qu’elles soient. Ce qui me révolte, c’est le relativisme culturel. Il est dangereux d’accepter l’intolérable quand cela se passe ailleurs. Le cas d’une Japonaise victime de violences conjugales n’est pas différent de celui d’une habitante de Niodior ou des beaux quartiers parisiens brutalisée. Lutter pour les droits humains est plus sensé que d’essayer de trouver la nuance qui dissocie. Mais gare à la tentation d’imposer sa propre vision à toutes les femmes. L’essentiel, c’est de défendre la liberté de chacune.

48.Posté par ? le 12/06/2020 14:05

Les manifestations contre le racisme se multiplient dans de nombreuses villes d'Europe, dans le sillage du mouvement Black Lives Matter aux Etats-Unis. Les statues de colons et de dirigeants ou les plaques de certaines rues, symboles de l'oppression, sont prises pour cible. Invité mercredi d'Europe 1, l'historien Jean-Pierre Guéno y voit pour sa part "une négation de l'histoire".
INTERVIEW
Des statues du roi Léopold II en Belgique, d'autres de Winston Churchill ou encore d'Edward Colston au Royaume-Uni ont été déboulonnées ou vandalisées ces derniers jours. Un phénomène observé aussi aux Etats-Unis lors des manifestations contre le racisme qui se propagent depuis la mort de George Floyd, étouffé par un policier le 25 mai. Un phénomène "choquant" pour l'historien Jean-Pierre Guéno, invité d'Europe 1 mercredi.

Selon lui, le démontage de statues de figures liées au colonialisme ou à l'esclavagisme n'est pas la bonne solution pour sensibiliser à ces sujets. C'est même "une négation de l'histoire très maladroite". "On convoque l’histoire, on la manipule, on la trafique et on l’efface. Et ce n’est pas nous rendre service car l’histoire éclaire le présent et l’avenir."

>> Retrouvez toutes les émissions de Raphaëlle Duchemin en replay et en podcast ici

Pour Jean-Pierre Guéno, le risque est d'occulter l'histoire de ces personnages : "Edward Colston, c’est Docteur Jekill et Mister Hyde. On connait le négrier qui a fait fortune avec le transport de 80.000 esclaves en provenance d’Afrique. Mais c’est aussi un formidable mécène qui a été le bienfaiteur de la ville de Bristol", certes avec de l'argent "très sale". Même constat pour Winston Churchill, en première ligne face à l'invasion allemande durant la Seconde Guerre Mondiale mais qui "n'a pas été très net pendant les guerres coloniales".

"Jules Ferry a écrit des horreurs mais il ne faut surtout pas les effacer"
Jean-Pierre Guéno prend aussi l'exemple de Jules Ferry, instigateur de l'école obligatoire pour tous en France, mais aussi théoricien de la raciologie dans les années 1870. "Il a écrit des horreurs, mais il ne faut surtout pas l'effacer", soutient-il. "On en a fait des tonnes sur la décolonisation, reste à porter la mémoire de la colonisation, qui est quelque chose de terrible."

Jean-Pierre Guéno présente une alternative à ces actes de vandalisme contre les statues : "Il suffirait de les déplacer, de les mettre dans des musées. Mêmes celles de gens monstrueux comme Hitler ou Staline méritent d’être mises dans des musées. Il faut publier les ouvrages monstrueux d’Hitler comme Mein Kampf."

"Il vaut mieux crever les abcès"
Tout est finalement une question de contextualisation pour l'historien, qui explique que "si on sort les personnages de leur contexte on ne comprend plus rien et on mélange tout". Le travail de l'historien prend alors tout son sens en jouant son rôle de mémoire et de décryptage pour les prochaines générations. "ll vaut mieux crever les abcès. En France, nous ne sommes pas très doués pour cela. Il y a des points de l’histoire qui nous gêne. Le mot 'guerre' est toujours tabou à propos de l’Algérie par exemple. On parle encore d’une opération de pacification."

Europe 1

47.Posté par sèga maloya le 12/06/2020 11:59

Cette statue n'est que l'illustration visuelle de l'histoire et de la mémoire de cette époque esclavagiste. En fait, elle matérialise ce temps ou l'esclavage existait,elle fait également partie intégrante de l'évolution de l'histoire de la Réunion liée à celle de la France en tant que pays esclavagiste. En effet, la déboulonner serait un déni,et de faire abstraction sur un pan de l'histoire de ce jadis,colonie française.

46.Posté par KAFBLAN le 12/06/2020 11:44

Doit-on dans ce cas alors, faire également abattre les pyramides ?!?
Ou le Château de Chambord ??!! Et pourquoi pas Versailles ?!!?
Car évidemment les pharaons, ou autres rois de France, ou de Belgique, ont à loisir pratiqué l'esclavage, le viol, la torture, voire même ce que l'on nomme un pouvoir totalitaire.

Les Grecs n'avaient-ils pas des pratiques que l'on qualifierait aujourd'hui de pédophiles ?

Doit-on utiliser une autre langue que le français du coup ??


L'Histoire n'est pas escamotable.


...Je ne parviens pas à envisager l'immensité de la bêtise de ceux qui souhaitent ces déboulonnages...

Entre ignorance et ....fascisme ???!!?

45.Posté par komssameme le 12/06/2020 11:44

Mahé de Labourdonnais fait partie de l'histoire de La Réunion il a sa place sur un site dédié (pourquoi pas). Il faut arrêter de copier ce qui se passe dans le monde. Ici toutes les populations ont travaillé ensemble, notre métissage est exemplaire. Sûr qu'il faut mettre en valeur des personnalités ayant subi l'esclavage ou défendant les communautés. Zot lé bien couillon de renier zot zistoire té ! Travaillons ensemble pour des projets valorisants du thème de l'esclavage.

44.Posté par cheche le 12/06/2020 11:21

et on bien de deboulonner la statue de Victor Sholcher aux Antilles LUI le pere de la suppression de l'esclavagisme.On marche sur la tête,le révisionnisme par une bande d'intellos bobos du 16eme,enseignants,chercheurs d'opérette
..a de beaux jours devant lui...

43.Posté par Soldat_de_lhiiver le 12/06/2020 11:02

Pendant ce temps..."À Bordeaux, cinq rues portant des noms de négriers ont désormais des plaques explicatives."

"Pour ne pas oublier cette période de l’Histoire, la ville a réalisé un long travail de mémoire."


https://positivr.fr/bordeaux-installe-des-plaques-de-rue-pour-expliquer-le-passe-negrier-de-la-ville/?utm_source=actus_lilo

42.Posté par jimy le 12/06/2020 10:41

https://www.routard.com/photos/haiti/27769-statue_du_marron_inconnu.htm

41.Posté par JORI le 12/06/2020 09:59

Si on devait déboulonner cette statue, on devra aussi supprimer le 20 décembre car l'un ne va pas sans l'autre.

40.Posté par ? le 12/06/2020 09:51

Erreur qui consiste à ne pas remettre un événement à sa date ou dans son époque ; confusion entre des époques différentes.
Mœurs aujourd'hui périmées ; ce qui appartient à un autre âge : Le port du monocle est un anachronisme.



Comment écrire de l'histoire et concevoir le récit historique sans la notion d'anachronisme, ce « péché irrémissible » de l'historien condamné par Lucien Febvre : toujours dénoncé, il serait le concept-emblème par lequel l'histoire affirme sa spécificité et sa scientificité.


Si l’anachronisme suscite des prises de position contrastées chez les historiens contemporains, son étude dans les textes médiévaux traitant de l’Antiquité a donné lieu à des conclusions franchement contraires : les érudits ne s’accordent ni sur leur identification ni sur leur analyse. S’appuyant sur des histoires romaines rédigées en français dans la première moitié du xiiie siècle, cet article est avant tout méthodologique. Il voudrait prolonger les réflexions engagées par A. Petit en tirant parti de principes herméneutiques qui conduisent à reconsidérer les facteurs d’anachronisme et à prendre plus nettement en considération les contraintes linguistiques.


En nous appuyant sur des exemples empruntés à l’historiographie romaine rédigée en français dans la première moitié du xiiie siècle et à leurs lectures modernes, il s’agira de mesurer le défi herméneutique que représente l’analyse des anachronismes. C’est entre 1213 et 1219 que paraissent presque simultanément trois récits historiques consacrés à la Rome antique : l’Histoire ancienne jusqu’à César, les Faits des Romains et Li empereors de Rome de Calendre8. Ces trois textes, dont le dernier est en vers et les deux premiers en prose, constituent les premiers jalons de l’histoire romaine en français. La matière romaine n’apparaissait alors que marginalement dans le roman9 ou dans les récits hagiographiques retraçant les martyres des premiers chrétiens. Les historiens compilateurs du début du xiiie siècle eurent donc la redoutable tâche d’adapter l’histoire romaine à un public qui en ignorait tout ou presque. La critique les a longtemps stigmatisés à cause d’un recours systématique à l’anachronisme. Le présent article tentera de proposer quelques pistes pour une analyse rigoureuse des anachronismes dans ce corpus. Seuls seront considérés les anachronismes qui « médiévalisent » l’Antiquité. Ceux qui en bouleversent la chronologie événementielle interne ne seront pas pris en compte.

I. Anachronismes et interprétation
1. L’anachronisme généralisé
10 « Li premier ost[z] ou Cesar ala furent en la terre de Ayse, en cele partie qui est apelee Bythinia(...)
5Le travail de l’herméneutique se situe entre les deux pôles opposés de l’altérité et de la familiarité. Loin d’être un obstacle à l’interprétation, l’altérité déclenche l’acte interprétatif. Ainsi l’anachronisme dit de « civilisation » gomme la distance entre le fait historique et l’interprète en le rattachant au pôle de la familiarité : la traduction de praetor par prevost10 renvoie le lecteur médiéval à un référent bien conceptualisé, alors que l’emprunt preteur se situe du côté de l’altérité. Il serait intéressant de soumettre à cette grille herméneutique l’ensemble du lexique servant à référer à la Rome antique à un instant donné.

11 H.-G. Gadamer, Vérité et méthode : les grandes lignes de l’herméneutique philosophique, Paris, 1996 (...)
6Depuis le Discours sur la religion (1799) de Friedrich Schleiermacher, l’herméneutique n’a cessé de théoriser une altérité devenue ontologique, à la fois spatiale et temporelle. Privilégiant l’altérité temporelle à l’altérité ontologique, Hans-Georg Gadamer voit dans le fait que la parole prononcée par la tradition nous atteigne l’enjeu principal de l’interprétation, qui inclut toujours, pour le présent, la tâche de se réconcilier avec la tradition11. L’anachronisme s’impose alors comme procédé idéal pour assurer la réconciliation souhaitée.

12 Rappelons la célèbre formule : « L’historien ordinaire et médiocre, qui prétend que son attitude es (...)
7Ce discours rejoint celui des Leçons sur la philosophie de l’histoire de Hegel12, mais aussi des historiens « relativistes », qui considèrent comme essentielle l’activité du sujet dans le processus de connaissance historique. L’historien ne peut s’empêcher d’introduire dans son œuvre des contenus affectifs, intellectuels, idéologiques, si bien que l’anachronisme y est généralisé, car inéluctable.

8Il faut donc se convaincre que le jugement d’anachronisme porté sur les histoires romaines du xiiie siècle a toute chance d’être lui-même anachronique. Trop souvent, l’analyse de l’anachronisme repose sur le décalage chronologique supposé dans le traitement d’une période A pendant une période B. Cette relation binaire est insuffisante, car elle occulte une troisième période, celle de l’analyse. En effet, ces décalages sont jugés d’après ce que sait l’analyste (appartenant à la période C) de A. Le jugement de l’analyste présuppose qu’il ne commet pas d’anachronisme à l’égard de A ; or il est évident, malgré l’accroissement des connaissances sur la Rome antique, qu’aucun analyste de C n’échappera à l’anachronisme sur A, même au regard de certains de ses contemporains, spécialistes de A. Il suffit de demander à quelques personnes de relever dans un extrait de Tite-Live des mots de civilisation romaine pour voir combien le sentiment d’altérité temporelle avec l’Antiquité varie d’un individu à l’autre.

39.Posté par yabos le 12/06/2020 09:34

Moi, je propose plutôt de déboulonner la connerie humaine et aussi, et surtout, le racisme anti blanc. Cela devient lourd. N'oublions surtout pas que ce sont les roitelets africains qui livraient leurs frères aux marchands Arabes et Européens.

38.Posté par rene le 12/06/2020 09:10

ceux qui veulent supprimer cette statue veulent supprimer notre mémoire ,car l'Histoire ne s'est pas faite uniquement sur des sentiments bisounours , mais bien dans la douleur . ce sont ces personnes qui sont intolérantes et surtout racistes eux même .

37.Posté par Modeste le 12/06/2020 08:18

à Posté par Ouais... le 11/06/2020 18:12 tu nous gonfles sérieusement avec ton esclavage dont on s'en fout royalement mec , reste à terre si vi veut après viens pas pleurer ! les esclaves se sont battus pour la liberté que vous êtes même pas foutus de profiter band d'abrutis, juste la ramener tous les jours en bavant sur ceux qui sont passés à autre chose et QUI ONT RÉUSSI LEURS VIES!
maintenant si la population s'occupait à "avancer", se créer un avenir au lieu de ruminer sur des conneries???

36.Posté par zentac le 12/06/2020 08:15

c'est quand même très étrange qu'on aborde ce sujet?! je me pose la simple question est-ce pas un moyen de détourné notre attention comme cela est mené partout dans le monde? Est-ce que c'est pas un moyen de faire oublié le confinement avec ces conséquences désastreuse? LA MËME stratégie faire réagir sur les émotions "la peur, le manque..) afin d'être plongé dans l'illusion. La stratégie du choc grâce au covid, on vois bien la méthode faire" peur " pas de salut en dehors des gants et masque ou de vaccins. Comme ici cette stratégie de faire croire qu'il suffit de déboulonné alors que les vrai responsable?? L'état profond....

35.Posté par parlamer le 12/06/2020 07:51

Art 6/ Enjoignons à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu’ils soient,

d’observer les jours de dimanches et de fêtes, qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et tomaine.

Leur défendons de travailler ni de faire travailler leurs esclaves auxdits jours

depuis l’heure de minuit jusqu’à l’autre minuit à la culture de la terre,

à la manufacture des sucres et à tous autres ouvrages, à peine d’amende

et de punition arbitraire contre les maîtres

et confiscation tant des sucres que des esclaves

qui seront surpris par nos officiers dans le travail.



Le code noir , c'est les jours feriés pour tout le monde , sans exceptions

révolutionnaire à cette époque ^^....

quand vous travaillez un dimanche, pensez y

34.Posté par Heva974 le 12/06/2020 07:20

Bienvenue au retour de l'obscurantisme ! Cette époque est effrayante. L'histoire de l'humanité n'est pas linéaire. Elle est bien là difficulté,c'est que par manque d'instruction beaucoup ont oublié de resituer les hommes et leurs faits dans un contexte historique qui était le leur. La porte est ouverte aux plus grandes absurdités de ce monde. Effaçons l'histoire, brûlons des livres et remettons en place des règles d'évaluation de morpho ethnique. Je pense qu'on est bien là...j'entends tout bas le murmure de la haine.... allô radio milles collines.
A croire que les esprits sont devenus amnésiques.

33.Posté par Idee le 12/06/2020 06:49

Mouais...On ne peut pas s'insurger que c'est un symbole de notre histoire. Donc, pourquoi ne pas continuer à l'écrire...? Erigeons une autre statue à ses côtés, symbole d'évolution, de notre liberté gagnée. On n'efface pas l'histoire, on l'écrit

32.Posté par babarun ® le 12/06/2020 06:17

allez rode un vrai travail pou faire band la moucate......et montre zot zenfants ce qui faut faire pour etre des Hommes respectables....
Vraiment....faut vraiment zot na point rien a occuper !!!!!

31.Posté par une réunionnaise 97410 le 12/06/2020 01:59

beaucoup de foyers sont quand meme dans la mouvance "je n'ai jamais demandé tout çà, moi", faut pas déconner".Personnes ne mettent en doute le fait que le racisme, laviolence, la mauvaise foi existe, mais de là aller déboulonner des statues que je crois je ne fais meme pas attention quand je viens sur mon ile; ni à 20 ans, ni à 30 ans, ni à 40 ans encore moins.
c'est vrai que voir la façon que ce monsieur est mort dans notre télé comme on a vu, çà te retourne tout de la tete aux pieds, car c'est en temps de paix, pas à la guerre, rien, plus de 8mn, le type il attend que tu rend ton dernier soupir, et les autres ne lui donnent meme pas un coup de crosse,le bascule, rien pour lui dire arretes.j'ai vu le premier ministre canadien,à la télé, il etait vraiment ému, blème comme un linge, çà m'a touché et je me suis dis qu'il n'y a pas que nous qui sommes retournés par ces images dans notre télé.
mais de là, aller déboulounner une statue d'un autre siècle, il y a une ligne jaune à ne pas dépasser.
et nos enfants, le monde entier ont vu ce film d'horreur réel, vivant.On ne peut que s'émouvoir, malgré que "rien ne saurait t'émouvoir", car on ne comprend pas ce qui s'est passé.
on a tué un loup en pleine ville sur la cote d'azur, j'ai eu les larmes aux yeux avec les enfants voyant les images.
et puis il y a corona qui attaque dans le monde entier, sauf l'antarctique.

30.Posté par #lareunionnite le 12/06/2020 00:47

Surtout ne rien changer !!!
Ne surtout pas éclairer les jeunes sur qui etaient vraiment ces "heros" et leurs participations à ce détail de l'histoire qu'est l'esclavagisme avec la mort de ces milliers de personnes enlevées de leur monde pour servir de forces et dans des conditions innommables les intérêts des propriétaires terriens.
Surtout pas !!!

29.Posté par Jambalac le 12/06/2020 00:41

Pour finir en statue, il est certain que cet homme avait de la stature.

Faut déboulonner et mettre celle de MACRON 1er à la place avec un pigeon fauxcon local sur son épaule.

28.Posté par Hedo joelle le 11/06/2020 23:55

On pourrait aussi faire un procès aux Romains qui ont colonisé la Gaule ...

27.Posté par Zéphirin le 11/06/2020 22:48

Les racistes de demain s'appelleront eux-mêmes antiracistes. - Zéphirin.

“Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur.” - Winston Churchill.

26.Posté par cenkorli le 11/06/2020 20:21

Mon Dieu, faites que Mr Eiffel n était pas raciste.Les Romains étaient racistes, alors là il y a du taf.

25.Posté par Rabas le 11/06/2020 22:01

D'accord avec Fidol Castre.

Et on peut aussi peinturlurer le tableau de Louis 14 peint par Rigaud exposé au Louvre ou le Sacre de Napoléon peint par David (tous deux d'infâmes dictateurs bellicistes et impérialistes), brûler les livres de Céline (un antisémite !) et même les SAS et les Tintin et Milou (Tout aussi racistes), ou même la Bible et le Coran (Misogynes, apologistes de la violence, de la vengeance et racistes aussi en faisant de certains peuples des "peuples élus" !). Et même s'intéresser aux plaques de rues, notamment celles du Général De Gaulle (Qui a lui aussi sa part d'ombre avec le SAC notamment...). Interdire "La cage aux folles" (homophobe !). Les exemples sont à l'infini. Bref : la grande lessive opérée par l'élite des bonnes consciences unicolores (blanches ou noires) suivie par un troupeau bêlant de moutons de Panurge.

24.Posté par DIDIER NAZE le 11/06/2020 21:47

Mahé !!!😨😲 revient.....vite !!....et ramène. ...ce brave Mussard....😊☺😯😕😠😤.....

23.Posté par normal le 11/06/2020 20:58

foutez la paix à l'histoire de France et arrêtez de vouloir la réécrire.

22.Posté par Suppositoire le 11/06/2020 20:50

Et à Pau, une statue d'esclave noir a été aspergée de peinture blanche. Une inscription se trouvait également non loin : "white lives matter", une reprise du slogan "Black Lives Matter", utilisé contre le racisme...

Finalement, cette crise sanitaire n'aura servi à rien ! Le déconfinement terminé, la connerie repart de plus belle, et de part et d'autre...

21.Posté par RABATO MANGER COCHON le 11/06/2020 20:32

AU LIEU CHERCHER de déboulonner cette statue qui rappelle notre histoire, si zot n'a rien à faire comme disait les vieux "prends 2 ti bois et allez jouer dans une mer..de " ! au moins zot va récolte l' odeur!!!

20.Posté par RABATO MANGER COCHON le 11/06/2020 20:31

AU LIEU CHERCHER de déboulonner cette statue qui rappelle notre histoire, si zot n'a rien à faire comme disait les vieux "prends 2 ti bois et allez jouer dans une mer..de " ! au moins zot va récolte l' odeur!!!

19.Posté par La reunion le 11/06/2020 20:20

Le passé influence t'il notre avenir? Pour moi oui ,fo retenir l'histoire pour ne pas oublier et surtout ne pas commettre les mêmes erreurs .et on pourra pas refaire l'histoire alors pourquoi supprimé les édifices je ne vois pas l'intérêt ça fait partie de notre héritage y a du bon comme du mauvais il y a d'autres combat à mené

18.Posté par marcelL le 11/06/2020 20:03

n'importe quoi ! c'est un scandale ce révisionnisme soutenu en arrière plan par des politiques et certains journalistes bobo bientôt on va crucifier Napoléon, de Gaule ou Pasteur l'antiracisme a bon dos avec certains surfant sur une vague de militantisme de bon aloi et ce ne sont pas forcément des jeunes mais plutôt des bons vieux 68ars et leurs enfants enseignants pour certains ou ecolo

17.Posté par Tipoul le 11/06/2020 19:57

Qu'on envoie ces ZAIGRIS du bulbe à Mahé , capitale des Seychelles , pour qu'ils manifestent dans la ville qui doit son nom à Mahé de Labourdonais

16.Posté par cynical le 11/06/2020 19:32

Même si ça fait partie de l'histoire sombre, ça fait quand même partie de la mémoire. Donc je suis contre. Sinon quelle serait la prochaine étape? Brûler les livres? Censurer encore plus?

Afin de ne pas reproduire les erreurs du passé, connaître l'histoire est important.

15.Posté par Ali le Kafhir le 11/06/2020 19:05

si on commence comme çà le livre d'histoire européen fera que 3 pages

14.Posté par normal le 11/06/2020 19:04

il me semble que beaucoup de gens et de sociétés sont empêtrés dans des problèmes graves de trésorerie , de santé et autres et ne seront pas de quoi sera fait demain et vous nous pondez un article : de savoir s'il faut déboulonner des statues!! .... navrant

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