Courrier des lecteurs

Errance animale: "La politique de l'autruche"

Samedi 23 Décembre 2017 - 08:17

Errance animale: "La politique de l'autruche"

Les attaques de chiens « errants » contre les élevages et les personnes se multiplient et soudain les « Autorités » semblent découvrir un problème qui est sous leurs yeux de plus de 30 ans !

Déjà en 1998 une étude de l'AFIRAC ( Association française d'information et de recherche sur l'animal de compagnie) pointait du doigt la prolifération canine et féline provoquée par la reproduction incontrôlée et l'abandon des animaux à la Réunion,

Contrairement aux préconisations de l'étude qui étaient de développer massivement la stérilisation et l'identification des animaux les « Autorités » ont choisi de privilégier la capture et l'euthanasie par les fourrières en réduisant les campagnes de stérilisation à la portion congrue : 5 millions d'euros pour l'euthanasie contre 400 mille euros (10 fois moins) pour la stérilisation.

Le résultat, après 20 ans de laisser faire : des dizaines de milliers de chiens et de chats abandonnés, des attaques de troupeaux et, cette semaine, l'attaque d'une promeneuse.

La réaction des « Autorités » est remarquable : plutôt que s'interroger sur l'inefficacité de la politique suivie elles préfèrent surenchérir en réclamant la nomination d'un lieutenant de louveterie laissant croire à la population (en général) et aux éleveurs (en particulier) que des battues seraient organisées et qu'ainsi le problème.serait vite réglé.

Certains vont plus loin : le maire de Sainte Rose a décidé de poursuivre les coupables. Vous pensez sans doute qu'il va s'attaquer aux maîtres irresponsables qui n'identifient pas leur chien et le laissent divaguer ? A ceux qui n'ont pas fait stériliser leur chienne et abandonnent les chiots dans les ravines ? Aux élevages clandestins qui prospèrent sans contrôle ? Détrompez vous, Michel Vergoz déclare la guerre aux VRAIS coupables : les bénévoles qui nourrissent les animaux abandonnés !

Sans doute pense-t-il qu'en les affamant davantage il les rendra moins agressifs ? Sans doute ignore-t-il qu'en les nourrissant les bénévoles entretiennent la sociabilité du chien, le rendant ainsi moins agressif et plus facile à adopter quand il pourra être sorti de la rue.

Bien sur il serait préférable de les nourrir dans un refuge mais ce maire ignore sans doute qu'il n'y en a pas sur le territoire de la CIREST et que celui qui était prévu Plaine des Palmistes a été remplacé par …. un boulodrome ! Au concours du plus mauvais élève la CIREST est à égalité avec le TCO qui annonce la création d'un refuge depuis des années et dont la fourrière est dans un tel état de vétusté qu'elle est obligée de transférer des animaux à la CASUD !

Le maire de Sainte Rose prétend agir pour le développement du tourisme ! Croit-il vraiment qu'une île où on tire à vue sur les chiens deviendra plus attractive ?

Et pendant ce temps les services de l’État font diligence (mais pas trop vite).

Fin 2015 lors d'une réunion organisée par l'AMDR (Association des Maires de la Réunion où les élus brillaient par leur absence) les services de la préfecture (DAAF) demandaient aux associations de présenter un projet de lutte contre l'errance. Le CRAPA et les associations regroupées dans l'Alliance présentaient le projet « CLAAMEUR » (mai 2016) mais dans l'intervalle la Préfecture lançait une grande opération de communication. Annonçant que l'Etat débloquait un budget de 200 000 euros par an (pendant trois ans) qui allait permettre de porter de 4 000 à 6 000 (!) le nombre de stérilisations. Et décidait de consacrer 70 000 euros à une « grande étude » permettant de connaître précisément (?) le nombre d'animaux errants.

A croire que ces messieurs ne sortent jamais de leurs bureaux climatisés : il suffit de faire un tour sur le front de mer de Saint Paul ou du Port, d'aller sur la route des laves ou dans les hauts, toutes régions confondues pour mesurer l'ampleur du problème. Ou tout simplement d'interroger ceux qui sont en contact quotidien avec la réalité : fourrières, associations de protection animale, médiateurs des sociétés de HLM, facteurs, infirmiers et kiné à domicile etc Au lieu de cela nos bureaucrates consacrent 70 000 euros à un recensement qui sera confié, paraît-il, aux élèves d'un lycée agricole !

Si la lutte contre le chikungunya avait été menée de la même façon on en serait encore à compter les moustiques !

Cette étude annoncée à grand renfort de trompes début 2017 est menée sans qu'aucune association de PA y soit associée et dans la discrétion la plus totale au point qu'on ne sait même pas si elle a connu l'ombre d'un début de commencement.

Pendant ce temps on se borne à compter le nombre d'animaux tués et les promeneurs attaqués.

Alors que le projet CLAAMEUR, basé sur des équipes de médiateurs allant auprès de la population pouvait être démarré dès 2016 les « Autorités » ajoutent les années perdues aux années perdues.

Et ces mêmes « Autorités » se défaussent sur les associations qui se battent contre ce fléau en récupérant les animaux abandonnés qu'elles remettent en état (à leurs frais et sans aide) et expédient en métropole où ils seront adoptés. Mais malgré toutes les bonnes volontés le nombre d'animaux sortis de la rue restera limité (quelques milliers chaque année) et, pas plus que les dames patronnesses du 19° siècle ne pouvaient éradiquer la misère, les associations ne peuvent pas, à elles seules, régler le problème de l'errance animale.

Les « Autorités », les « Décideurs » doivent assumer leurs responsabilités, le problème de l'errance animale ne sera pas réglé par quelques coups de menton, de communication ou de fusil. Plus de 20 ans d'inaction ne se rattrapent pas en quelques jours.

Et une étude gadget ne suffira pas à tromper longtemps la population.

L’État et les élus doivent s'impliquer : éliminer les élevages clandestins, faire appliquer la loi en imposant l'identification des animaux et en empêchant la divagation, sanctionner les abandons, développer la stérilisation C'est à ces conditions que le problème des animaux errants sera réglé. Il faudra plusieurs années et une action de sensibilisation soutenue est un préalable. Pour cela le projet CLAAMEUR préconise de s'appuyer sur les associations, les médiateurs des communautés de communes, ceux des bailleurs sociaux, les CCAS.

On peut aussi s'appuyer sur l'IRTS qui dispose chaque année de dizaines de stagiaires qui seront mieux formés et plus efficaces que les élèves d'un lycée agricole.

Assez perdu de temps, il faut en finir avec les fausses solutions et les faux semblants.

Maurice Loger
Militant de la cause animale

N.P
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1.Posté par Polo le 23/12/2017 09:47

Pour bien faire et pour résumer c'est l'espéce humaine qu'il faudrait euthanasier plutôt que l'espéce animale.
Vous ne croyez pas que vous leur avait fait assez de mal comme ça, vous pensez pouvoir continuer à massacrer comme ça sans vergogne des millions d'animaux, vous êtes vils et s' en prendre à des animaux
quels qu'ils soient ne peut être du fait que du genre humain, pauvres bipèdes que vous êtes et vous vous dites
évolués vous êtes de la pire des espèces sur la terre et plus vite vous aurez disparus de la planète mieux ça vaudra la planète pourra se régénérer tranquillement et le règne animal pourra s' y développer en toute tranquillité en espérant que l'homme n'y revienne jamais et soit remplacé par des êtres vivant intélligents digne de ce nom.

2.Posté par Max Menage le 23/12/2017 10:45

Un peu de réflexion pour remplacer le "gros bon sens" qui tient lieu d"intelligence à certains.
Ca fait du bien. Merci !

3.Posté par FREDO974 le 23/12/2017 11:04

POLO POST 1

Va te faire soigner
Tu me sembles en grande souffrance

4.Posté par maloki le 23/12/2017 12:06

les politiques et les décideurs sont bien trop occupés à se battre pour leur postes et mandats que de leurs concitoyens qui les ont élus pour gérer ce genre de situation. Quand ils sont pas entrain de trinquer Paris entre deux batailles !!!

5.Posté par maloki le 23/12/2017 12:10

tant qu'il n'y aura pas de morts d'humain, les politiques feront comme avec les requins. Rien. Quelle image on renvoie aux touristes, lamentable. Quant à l'avis des réunionnais, ça fait longtemps qu'ils s'en tapent.

6.Posté par Samwinsa le 23/12/2017 12:50 (depuis mobile)

Kosa i lé? Néna zotruches i erre ici La Rényon?

7.Posté par margouillat974 le 23/12/2017 14:31

Fredo: l'inutile de service de z'infos 974

8.Posté par Paul Hoarau le 23/12/2017 14:46

A polo ! Que se passerait-il si les humains disparaissaient de la Terre ?
Je vous invite à regarder cette vidéo :https://www.youtube.com/watch?v=qTlklYYvRFk

9.Posté par Eh oui ! le 23/12/2017 18:55 (depuis mobile)

Hier sur la 4 voies étang salé un grave carambolage à failli être provoqué par un chien errant en plein milieu de la route. Je l''ai évité de peu en pilant et frôlant de peu la glissière mais la voiture derrière a explosé l''animal !

10.Posté par Ald'eau le 23/12/2017 19:23

- "les bénévoles qui nourrissent les animaux abandonnés ! ":
Illégal ! Article 120 du Règlement sanitaire départemental à la Réunion- Jets de nourriture aux animaux. Protection contre les animaux errants, sauvages ou redevenus tels: "Il est interdit de jeter ou déposer des graines ou nourriture en tous lieux publics pour y attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels, notamment les chats ou les pigeons ; la même interdiction est applicable aux voies privées, cours ou autres parties d'un immeuble lorsque cette pratique risque de constituer une gêne pour le voisinage ou d'attirer les rongeurs."

- "Sans doute ignore-t-il qu'en les nourrissant les bénévoles entretiennent la sociabilité ":
En les nourrissant vous avez contribué à leur prolifération !!! Vous confondez travail social avec des humains et anthropomorphisme sur des chiens...

-"une île où on tire à vue sur les chiens deviendra plus attractive ? ": Oui car il y en aura beaucoup moins et tout danger d'attaque sera enfin écarté.

-"l'IRTS qui dispose chaque année de dizaines de stagiaires qui seront mieux formés et plus efficaces que les "élèves d'un lycée agricole":
En quoi des étudiants assistants sociaux seraient plus qualifiés que des élèves formés à la réalité agricole et animale...Vous avez eu tort de les prendre d'aussi haut je crois...à plus forte raison lorsque ces "élèves d'un lycée agricole" relèvent de la compétence du Ministère de l'agriculture, lequel a autorité en matière de protection animale, contrairement aux étudiants assistants sociaux qui sont là pour les humains et qui devraient totalement s'y consacrer.

Votre message m'a semblé intéressant au début, malgré la forte attaque envers des élus et administratifs: Vous omettez de préciser que ce sont des associations de protection animale qui ont fait pression sur ces personnes et institutions, brandissant les menaces de plaintes en cas de mise en œuvre d'un plan de lutte contre ces animaux errants...

Mais en vous lisant, je me demande quel est le lien entre les étudiants de l'IRTS, les bénévoles qui nourrissent les animaux et les associations de protection animale ...

11.Posté par Max Menage le 23/12/2017 20:49

@Ald'eau Vous semblez dire que les bénévoles attirent les chiens errants en les nourrissant, il me semble pourtant que c'est plutôt ceux qui les ont abandonnés qui ont créé le problème. L'abandon et la maltraitance sont également punis par la loi, il me semble qu'avant de punir ceux qui les nourrissent il faudrait commencer par sanctionner ceux qui les abandonnent ! Même si vous prétendez "En les nourrissant vous avez contribué à leur prolifération !!!" ce qui me parait très discutable....
Pour ce qui est de l'attractivité touristique je serais d'accord avec vous si les battues souhaitées par certains étaient efficaces mais non seulement, en plus d'être cruelles et dangereuses (les chiens sont pour la plupart dans les zones habitées) ; elles seraient surtout inefficaces puisqu'elles ne feraient que prolonger la politique d'euthanasie en ajoutant quelques dizaines de cadavres aux 15 000 produits par le fourrières chaque année depuis 20 ans sans que la situation en soit améliorée.
Il me semble que vous répondez vous même à votre objection concernant le recours à des travailleurs sociaux plutôt qu'à des futurs techniciens agricoles quand vos reprochez à ML de confondre travail social avec les humains et travail sur les chiens. Il me semble précisément que ce que décrit ML est un travail social auprès des "propriétaires".

12.Posté par Ald'eau le 24/12/2017 00:39

@ 11.Posté par Max Menage le 23/12/2017 20:49:

- "c'est plutôt ceux qui les ont abandonnés qui ont créé le problème.":
C'est une des causes. La reproduction hors "captivité" en est une autre. Les deux nous posent problème.

- "Vous semblez dire que les bénévoles attirent les chiens errants en les nourrissant,":
C'est la règlementation qui l'énonce, pas moi et je suis d'accord car c'est vrai. Faute de nourriture, il n'y aurait pas de chien dans certains lieux publics (près des écoles, des lieux touristiques, des snack bars, etc.). Faute de nourriture, l'espèce se régule naturellement en se reproduisant moins.

- "avant de punir ceux qui les nourrissent il faudrait commencer par sanctionner ceux qui les abandonnent": La loi, pas nous, oblige la sanction de ceux qui les abandonnent et de ceux qui les nourrissent. La loi est impartiale.

- "Même si vous prétendez "En les nourrissant vous avez contribué à leur prolifération !!!" ce qui me parait très discutable.":
Consultez le lien suivant: [cours de niveau 4ème SVT]url:https://www.maxicours.com/se/fiche/0/1/23210.html/4e . Extraits:
- "plus il y a de nourriture, plus le nombre d’accouplements et de mise bas est élevé. "
- "plus la quantité de nourriture disponible est grande et plus le nombre de petits par portée est élevé."
- "La quantité de nourriture disponible dans le milieu de vie influe sur le déroulement de la reproduction des espèces animales et permet d’expliquer les variations du nombre d’individus d’une espèce dans un milieu."
Ce maire peut à juste titre incriminer ceux et celles qui nourrissent ces animaux errants, sans toutefois affirmer avec certitude que l'animal qui a agressé cette randonneuse était errant (qui le sait ?).

- "les chiens sont pour la plupart dans les zones habitées":
Les chiens sont pour la plupart: Partout ! Pour les zones plus denses en population, le travail des fourrières devra être accentué. Les chiens se sont également installés dans les espaces naturels sensibles, à proximité de l'homme: C'est dans ce second cas que la louveterie sera efficace, à proximité des éleveurs.
Par ailleurs, alléguer la crainte d'un tireur en ville reviendrait à interdire le port d'arme aux gendarmes et autres policiers...

- "elles ne feraient que prolonger la politique d'euthanasie en ajoutant quelques dizaines de cadavres aux 15 000 produits par le fourrières chaque année depuis 20 ans sans que la situation en soit améliorée":
Vous évoquez ici la relative inefficacité des associations de protection animale qui se sont fait une mission de placer ces animaux depuis 20 ans...J'insiste bien sur l'aspect relatif car la demande (adoptions) est inférieure à l'offre. L'administration doit par conséquent respecter les délais maximum imposés en matière de garde (régulation par la loi) et sans créer de refuge qui relève de l'initiative privée.

- "Il me semble que vous répondez vous même à votre objection concernant le recours à des travailleurs sociaux plutôt qu'à des futurs techniciens agricoles... Il me semble précisément que ce que décrit ML est un travail social auprès des "propriétaires":
Si nous lisons le même article, l'auteur n'évoque le lycée agricole qu'à deux reprises:
- "Au lieu de cela nos bureaucrates consacrent 70 000 euros à un recensement qui sera confié, paraît-il, aux élèves d'un lycée agricole ! "
- "On peut aussi s'appuyer sur l'IRTS qui dispose chaque année de dizaines de stagiaires qui seront mieux formés et plus efficaces que les élèves d'un lycée agricole. "
En rapprochant ces deux citations, j'en conclus que ce système "social-animal" se déclare plus compétent que ces ressortissants qualifiés de la Chambre, pour récupérer ces 70.000€ en réalisant ce recensement...C'est bien lui qui l'a écrit, n'est-ce-pas ! Encore une histoire de gros sous: 20 ans n'ont pas suffit ??

13.Posté par y.féry le 24/12/2017 12:08

12.Posté par Ald'eau le 24/12/2017 00:39

Très intéressant et instructif!

14.Posté par Maurice Loger le 24/12/2017 13:49

@Ald'eau (et @Max qui semble comprendre ce qu'il lit !)

Vous semblez méconnaître le fait qu'une grande partie des chiens dits "errants" (plus de la moitié) vivent dans les quartiers (étude AFIRAC). Ces chiens dits "communautaires" survivent en trouvant keur subsistance dans les poubelles où grâce à certains habitants qui ne sont pas des bénévoles de la PA mais souvent des membres de la famille qui à mis les chien à la rue. C'est essentiellement à partir de cette population que se développe la prolifération. C'est là qu'aurait du porter l'effort d'éducation (stérilisation, identification).

Vous refusez de reconnaître l'échec de la politique de capture et d'euthanasie en rejetant la faute sur les associations. C'est oublier que la lutte contre l'errance est de la responsabilité des pouvoirs publics et que les bénévoles n'y peuvent pas grand chose.
Vous parlez comme cet agent territorial à qui on faisait remarquer que quand une politique est inefficace il faut la changer avait répondu" Nous ne sommes pas là pour être efficaces, nous sommes là pour appliquer le code rural" !
Quand à l'accusation de vouloir récupérer 70 000 euros elle est doublement infondée :
1 Par le calendrier puisque CLAAMEUR a été rédigé début 2016 et remis en mai alors que l'attribution des 70 000 euros a eu lieu en 2017.
2. Par le fait que dans le projet CLAAMEUR il n'a jamais été question que ce travail soit pris en charge par une quelconque association. Le recours éventuel a l'IRTS (ou aux médiateurs des bailleurs sociaux et aux DCAS) n'est mentionné que pour souligner que la lutte contre l'errance est d'abord un projet social.

15.Posté par Ald'eau le 24/12/2017 16:58

@ 14.Posté par Maurice Loger le 24/12/2017 13:49 :

Attendons la suite des événements...

16.Posté par Maurice Loger le 24/12/2017 19:00

@Ald'eau

J'ai hâte !!!

17.Posté par Ald'eau le 25/12/2017 17:39

L'intervalle de cette période festive me permet de revenir brièvement sur quelques points.

@ 14.Maurice Loger le 24/12/2017 13:49 :

- Aurez-vous le courage de répondre à ces questions: Depuis combien de temps vos bénévoles nourrissent les animaux errants ? Combien le font sur toute l'ile ? Sur quels sites opèrent-ils ? Quelle est la quantité de nourriture distribuée chaque année ? Comment est financée cette nourriture ?

-"une grande partie des chiens dits "errants" (plus de la moitié) vivent dans les quartiers (étude AFIRAC)": Cette association ne me paraît pas objective, dans la mesure où le projet élaboré ne mentionne qu'une approche sociale des propriétaires (d'où le lien supposé avec l'irst) car il ne démontre pas avoir mesuré la population errante dans les espaces naturels et celle des écarts (plus végétalisés) de l'ile. Aucune statistique n'y chiffre, même forfaitairement, cette distinction.

-"C'est essentiellement à partir de cette population (chiens errants des quartiers) que se développe la prolifération.": Si l'estimation de l'Afirac ne fut menée qu'en ville et non sur l'ensemble du département, votre conclusion ne se limite qu'à ce qui fut constaté. Avez-vous souvent vu des chiots errants dans ces quartiers ? La page 15 du rapport que vous citez vous contredit: "Rappelons qu'en l'absence d'intervention (ndrl: sic !) ces animaux, nourris et en bonne santé, se reproduisent et contribuent à la prolifération. Cette situation est particulièrement visible dans les écarts mais s'observe également dans les centres urbains." . Nous savons désormais qu'il y a bien l'intervention de vos bénévoles pour nourrir ces animaux errants, puisque vous l'avez confirmé.

Je viens de consulter ce projet Claameur
- Page 1:"L’Île de La Réunion partage, avec d'autres DOM, le triste record du nombre de chiens errants."
Selon vos propres associations, le nombre de chiens errants s'élèverait ici à 150.000/200.000. En France métropolitaine, ce sont environ 100.000 chiens par an (chats non compris, sinon nous triplerions ce chiffre) qui sont abandonnés. Insularité oblige, il ne s'agit pas ici de rapporter ce chiffre à la population humaine mais bien de ne tenir compte que du nombre car ces animaux ne peuvent migrer vers un autre département. Quel est le chiffe des captures en Métropole ? Au delà de l'effet d 'annonce, l'argument est infondé.

- Page 9 du projet: "80% des animaux capturés en métropole sont restitués à leur propriétaire ou adoptés et «seulement» 20% sont euthanasiés": De source préfectorale, "50.000 chiens et chats euthanasiés en France (métropole) chaque année", soit un peu moins de la moitié du nombre des abandons constatés. Le chiffre de 80% de restitution est par conséquent surévalué et indiquerait que ces 80% d'animaux sont identifiables, ce qui semble irréaliste. Concernant l'adoption, savez-vous que les associations peuvent gracieusement récupérer ces animaux auprès des fourrières ? Si la nourriture distribuée aux animaux errants (multipliant leurs portées et le risque envers la faune et les habitants) était orientée vers ces animaux récupérés, combien de chiens et chats auriez-vous ainsi nourrir au sein des structures privées existantes ?

- Page 4 du rapport:"la lutte contre l'errance animale se résume essentiellement à la capture et l'euthanasie en fourrière....Chaque année douze à quinze mille euthanasies et environ dix mille morts accidentelles (essentiellement sur la route)": Je reprendrai la source préfectorale ci-dessus citée: Les chiffres du rapport de 2016 sont erronés. En comptant chiens et chats, la Préfecture indique 8943 euthanasies et 6147 animaux morts ramassés sur la voie publique en 2015, soit une baisse globale moyenne de 10% par rapport à l'année précédente. Le nombre de chiens et chats cédés à un refuge ne s'élève qu'à 1160 en 2015, soit une légère augmentation de 7% par rapport à l'année précédente. Le nombre de captures s'élève à 10.004 animaux en 2015, alors qu'en Métropole les services sont majoritairement mieux pourvus en personnels et moyens techniques.

- Toujours à la page 4 du rapport: "chaque euro investi dans la stérilisation permettrait d'économiser au moins 10 euros dépensés pour la capture et l’euthanasie !": Et pour les animaux que vous avez contribué à multiplier en les nourrissant, à combien estimez-vous les frais de traitement pour réparer les effets de votre comportement ?

- En reprenant le troisième paragraphe de votre courrier "développer massivement la stérilisation et l'identification", vous aurez la bonne foi de constater que la mesure 6.1.8 du contrat de plan Etat-Région met à disposition une enveloppe pluriannuelle de 700.000€ de crédits de l’État, dont 600.000€ pour les campagnes de stérilisation et 100.000€ pour l’étude et les campagnes d’information et de sensibilisation (source Préfecture).

-"Vous parlez comme cet agent territorial à qui on faisait remarquer que quand une politique est inefficace il faut la changer": J'écris surtout comme ayant à faire à des personnes structurées qui augmentent la population d'animaux errants en les nourrissant. Votre définition de l'efficacité d'une politique se limite à votre vision de la situation, laquelle semble faire fi du respect de certaines législations ou règlements.

-"dans le projet CLAAMEUR il n'a jamais été question que ce travail soit pris en charge par une quelconque association.": Ce projet n'évoque pas la nécessité de procéder à un éventuel recensement de la population d'animaux errants. C'est votre courrier seul , "Par le calendrier" comme vous l'avez souligné, qui indique que les personnes que vous citiez (associations de protection animale et les étudiants de l'irts) voudraient bien récupérer ces 70.000€ pour faire un travail pour lequel elles ne sont pas qualifiées...

- "la lutte contre l'errance est d'abord un projet social. ":
* nourrir des animaux errants: Source One Voice : "à l'origine de l'errance, à la base de la surpopulation féline, il y a le taux de reproduction: en sept ans, on estime qu'une chatte et sa progéniture peuvent donner naissance à plus de quatre-cent-mille petits… Alors bien sûr, il y a ceux qui sont jetés à la rue, mais aussi ceux qui y naissent." . La priorité ne consisterait-elle pas à cesser de faire proliférer ces animaux qui, à terme, agressent les passants en tentant de les tuer ? (Sainte Rose, le Port, Sainte Marie, etc)...
* Page 5 du rapport cité par vous: "nous demandons : l'interdiction de la vente d'animaux par des particuliers, un contrôle effectif du don d'animaux, une sanction exemplaire des responsables d'abandon et de maltraitance.".
Et si les personnes spécialisées dans le travail social se concentraient davantage sur les axes de leur mission (alphabétisation, insertion, sociabilisation, sdf, enfance et femmes en danger, soucis financiers du public cible), au lieu de tenter un lobbying via le secteur des animaux errants ?

18.Posté par Maurice Loger le 25/12/2017 22:28

@Ald'eau

Vous faite l'hypothèse que les chiens errants ou, plus souvent communautaires sont nourris essentiellement par les associations de protection animale, en réalité elles ne nourrissent que les chiens qu'elles essaient de sortir de la rue. C'est à dire un très petit nombre. La plupart se nourrissent dans les poubelles, les arrières cours de restaurants et dans le voisinage des endroits où ils ont été abandonnés.

D'une manière général votre volonté de faire porter la responsabilité de l'errance sur les associations manifeste l'incapacité des pouvoirs publics à regarder la réalité en face.

Vous citez des attaques de chiens "tueurs" sans préciser qu'à l'exception de celle de Sainte Rose ils ne sont pas le fait de chiens "errants" mais de chiens qui appartenaient à des propriétaires et ont échappé à leur surveillance. A Sainte Rose le chien n"était pas agressif, il a suivi les deux randonneuses qui ont plus tard partagé leur casse croûte avec lui. L'attaque s'est produite lorsque l'une d'elle a voulu le chasser en le menaçant de son bâton de marche. Je ne prends pas la défense du chien mais ça n'en fait pas un tueur.

S'agissant du recensement il ne faut pas s'étonner que le projet CLAAMEUR n'en parle pas : je considère qu'il est inutile et coûteux. Et qu'il constitue une perte de temps dommageable. Je ne propose pas de le confier à une quelconque association et encore moins à l'IRTS. En revanche je cite les CCAS comme appui de l'action auprès de la population et les stagiaires de l'IRTS comme un possible renfort.

Quand au mirifique projet de stérilisation qui permettra (peut-être) de procéder à la stérilisation de 600 animaux au lieu de 4000 actuellement je laisse chacun en juger mais pour ma part je le trouve ridiculement sous-dimensionné.

Par ailleurs l'absence de lute contre les élevages illégaux qui pourtant s'affichent ouvertement montrent que les pouvoirs publics regardent ailleurs. Sans parler de son inaction au sujet du traitement des animaux à la Réunion, il suffit d'avoir eu affaire aux services de la DAAF dans ce domaine pour savoir ce qu'il en est.

Enfin j'observe que vous êtes plus à l'aise dans la critique des propositions existantes que dans la défense de vos propres projets dont personne ne sait au juste en quoi ils consistent et même s'ils existent vraiment.

19.Posté par Ald'eau le 26/12/2017 01:01

18.Posté par Maurice Loger le 25/12/2017 22:28

- Je vous rappelle le premier point de mon précédent commentaire que vous n'aviez probablement pas vu: Aurez-vous le courage de répondre à ces questions: Depuis combien de temps vos bénévoles nourrissent les animaux errants ? Combien le font sur toute l'ile ? Sur quels sites opèrent-ils ? Quelle est la quantité de nourriture distribuée chaque année ? Comment est financée cette nourriture ?

- Si la nourriture distribuée aux animaux errants (multipliant leurs portées et le risque envers la faune et les habitants) était orientée vers les animaux éventuellement récupérés auprès des fourrières, combien de chiens et chats supplémentaires auriez-vous ainsi pu nourrir au sein des structures privées existantes ?

- "en réalité elles ne nourrissent que les chiens qu'elles essaient de sortir de la rue": Vous reconnaissez de nouveau que ces chiens sont nourris et errants, et qu'ainsi ils se multiplient.

-"regarder la réalité en face": Et avec les humains SDF, comment cela se passe ? Vos travailleurs sociaux sont-ils à ce point inoccupés pour souhaiter, en sus, s'occuper à titre principal de ce qui ne relève pas de leur compétence ?

- "Vous citez des attaques de chiens "tueurs" sans préciser qu'à l'exception de celle de Sainte Rose ils ne sont pas le fait de chiens "errants" : Puisque vous semblez être mieux informé que certaines victimes, je vous propose, ici même et pour chaque attaque, d'apporter la preuve formelle de cette allégation.

-" L'attaque s'est produite lorsque l'une d'elle a voulu le chasser en le menaçant de son bâton de marche. Je ne prends pas la défense du chien mais ça n'en fait pas un tueur.": Selon vous, à partir de combien de points de sutures ou de quels types de graves blessures, un chien peut-il être qualifié de tueur ? Oui, regardons la réalité en face...

- "Je ne propose pas de le confier à une quelconque association et encore moins à l'IRTS.":
Je cite votre propre courrier:
- "Au lieu de cela nos bureaucrates consacrent 70 000 euros à un recensement qui sera confié, paraît-il, aux élèves d'un lycée agricole ! " + "On peut aussi s'appuyer sur l'IRTS qui dispose chaque année de dizaines de stagiaires qui seront mieux formés et plus efficaces que les élèves d'un lycée agricole. "
Vous n'évoquez maintenant les CCAS (proches des municipalités, que vous critiquez) qu'après coup...
Vous ne démontrez pas en quoi un élève de l'irts serait mieux formé pour procéder à un dénombrement dont vous niez l'utilité (alors que même un enfant vous dirait qu'il faut savoir à quoi s'attendre si on veut envisager le moyen de riposter).

- "j'observe que vous êtes plus à l'aise dans la critique des propositions existantes que dans la défense de vos propres projets dont personne ne sait au juste en quoi ils consistent et même s'ils existent vraiment. ":
Votre observation a cruellement manqué de pertinence... Je vous propose, hors opportunisme au sens politique, de relire mon avis sur la question au travers des différents commentaires que j'ai posté sur ce site, lorsque des animaux furent maltraités ou que des attaques de chiens ont eu lieu...Il faut suivre Zinfos pour se faire une certaine idée (et non "une idée certaine") de ses contributeurs...
Je partage par ailleurs les trois propositions de la page 5 du rapport cité par vous, avec une modération: "l'interdiction de la vente d'animaux par des particuliers, un contrôle effectif du don d'animaux, une sanction exemplaire des responsables d'abandon et de maltraitance.". J'apporterai donc un bémol au sujet de la vente: cette population doit être contrôlée (vérification périodique d'éventuelles naissances, marquage obligatoire mais pas le puçage qui est amovible), l'éventuelle autorisation de détention interprétée de façon stricte et elle doit systématiquement être suivie par une cellule administrative et technique positionnée à l'échelle départementale (laquelle pourrait coordonner l'action des fourrières, de la louveterie, en lien avec les refuges pour les placements, le choix de l'Autorité restant à définir en fonction des missions dévolues).
J'y ajoute ce que j'écrivais dans le précédent post : que les personnes spécialisées dans le travail social se concentrent davantage sur les axes de leur mission (alphabétisation, insertion, sociabilisation, sdf, enfance et femmes en danger, soucis financiers du public cible), au lieu de tenter un lobbying via le secteur des animaux errants.

20.Posté par Maurice Loger le 26/12/2017 13:09

@Ald'eau

Ne parlez pas de MES bénévoles puisque je n'appartiens à aucune association. 17 ans c'est plus que suffisant et surtout largement assez pour me rendre compte que les pouvoirs publics et les élus se désintéressaient de la question en faisant porter toute la charge sur des associations qui n'en peuvent mais. Quitte à les rendre responsables de tous les maux pour mieux s'en laver les mains. Si vous voulez de réponses allez leur poser la question. Ce que je sais c'est que les associations le font dans la rue par faute de refuge, que les animaux qu'elles prennent en charge sont identifiés à leur nom et stérilisées car l'objectif est de les envoyer à l'adoption en métropole.
L'autre solution est le recours aux familles d'accueils, j'ai actuellement chez moi trois chiennes dépendant de deux associations différentes. C'est à cela que se limite maintenant mon activité bénévole

De même, s'agissant de l'IRTS il n'est aucunement question de leur confier le dénombrement des chiens errants pour deux raisons, la première est que je considère ce dénombrement comme inutile puisqu'il suffit d'interroger les acteurs de terrain (fourrières, associations, médiateurs des sociétés de HLM et élus de secteurs) pour en avoir une idée suffisante, la seconde parce que ce dénombrement est exagérément coûteux et qu'il a déjà fait perdre plus d'un an et demi alors qu'il n'a même pas commencé.

En réalité cette idée m'a été soufflée par des élus que j'ai rencontré sachant, par ailleurs, que l'IRTS avait des difficultés pour trouver des stages. Leur rôle ne serait pas de compter des animaux mais d'appuyer les équipes intervenant sur le terrain. Je n'ai par ailleurs aucune accointance avec l'IRTS qui n'est même pas informée de cette proposition !

Vous semblez soutenir l'idée de sanctionner les élevages illégaux, la maltraitance et les abandons, parlez en autour de vous et dites moi ce qui a été fait dans ce domaine qui dépend exclusivement de l'Etat.

Bon maintenant le WE de Noël est passé il est temps de vous remettre au boulot.
Bon courage

21.Posté par Ald'eau le 26/12/2017 14:44

@ 20.Maurice Loger le 26/12/2017 13:09

Vous aviez souhaité porter sur la place publique un certain nombre de questions et de propositions. Nous en avons discuté et les éléments nouveaux sont désormais à la disposition des institutionnels qui auront ainsi une vue plus complète de la situation.

Merci pour cet échange.

22.Posté par Maurice Loger le 26/12/2017 17:54

Je suis heureux qu'un dossier transmis aux "institutionnels" en mai 2016 leur parvienne par voie de presse en décembre 2017.

Mieux vaut tard....

Cet échange aura peut être été utile (?)

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année.

23.Posté par Ald'eau le 26/12/2017 19:16

@ 22.Posté par Maurice Loger le 26/12/2017 17:54 : "Je suis heureux qu'un dossier transmis aux "institutionnels" en mai 2016 leur parvienne par voie de presse en décembre 2017.":

Que nenni ! Je me cite: "Nous en avons discuté et les éléments nouveaux sont désormais à la disposition des institutionnels". Ne m'interrogez pas davantage car je quitte cette discussion.

Votre courtoisie fut plaisante. Permettez-moi, à mon tour, de vous souhaiter de bonnes fêtes.

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