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Société

Équipements de protection individuels : Un pas de plus vers la levée de l'interdiction du surf ?


Une expérimentation menée par le Centre Sécurité Requin en Nouvelle-Calédonie tend à démontrer l'effet répulsif des équipements de protection individuels sur les requins-bouledogue. Une protection toutefois limitée, qui doit être couplée avec d'autres dispositifs pour espérer, à terme, une reprise du surf dans des conditions plus sereines.

Par - Publié le Mardi 7 Juillet 2020 à 17:25 | Lu 3656 fois

Équipements de protection individuels : Un pas de plus vers la levée de l'interdiction du surf ?
Les équipements de protection individuels sont-ils efficaces pour réduire le risque d’une attaque de requin ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les membres du Centre Sécurité Requin (CSR), dont une équipe est partie réaliser une expérimentation en Nouvelle-Calédonie en septembre dernier. 

Les résultats préliminaires ont été présentés ce mardi lors d'une conférence de presse donnée en présence du sous-préfet, Olivier Tainturier. "[Ils] sont très prometteurs et ouvrent de belles perspectives", commente, optimiste, le représentant de l'État. "On espère grâce à ça le retour du surf à La Réunion".
 
Cette expérimentation menée sur des requins-bouledogue dans leur habitat naturel par un organisme indépendant "est une première mondiale", se félicitent les membres du CSR. Elle a été réalisée sur 18 jours successifs dans le port de Nouville, où la présence de ce type de squales est régulière (plus de 30 ont été repérés par les caméras). Avant ce test (mené en collaboration avec la Nouvelle-Calédonie et l'Australie), des études avaient déjà été réalisées par une équipe australienne sur le grand requin blanc.

Un effet de dissuasion mesuré
 
Les modèles de protection présents sur le marché se répartissent en deux catégories : ceuqui se fixent à la planche, et ceux qui s’accrochent à la cheville. Le principe est le même : repousser l’animal à l’aide d’impulsions électriques. "Les prix varient entre 500 et 600 euros",  souligne Christophe Mulquin, chargé de mission au CSR

Pourtant, d'après les résultats de l'expérimentation, tous ne se valent pas. La hiérarchie entre les modèles, déjà mise en avant par les études passées, se confirme. "Le shark Shield est le plus efficace", constate Mickaël Hoarau, directeur des opérations - ce modèle ne serait pourtant pas le plus utilisé sur notre île, les surfeurs locaux lui préférant le "no-shark" ou le "Rpela".
 
Le "Shark Shield" (système à fixer sur la planche) atteint en effet les 44,6% de succès (on parle de succès lorsque l’animal ne touche ni la planche ni l’appât positionné pour l’expérimentation, pendant 15 minutes). Viennent ensuite le "Mini surf" (24,7%) et le "Rpela" (19,4%). Le "No shark" (bracelet à accrocher à la cheville) enregistre quant à lui seulement 10,7% de succès, suivi du "E-shark Force", 4,1%.

Autre marqueur d'efficacité relevé : un nombre de passages et de réactions plus important qu'en présence d'une planche non-équipée, ce qui démontrerait la gêne subie par l'animal. À noter tout de même, l'effet de répulsion n'irait que jusqu'à 0,5 mètre voire 1 mètre de distance de la source. 
 
Loin du risque zéro

En résumé, l’effet de dissuasion reste limité, vu l'important taux d'échec, mais bel et bien présent. D’autant plus que l’étude a été menée dans un endroit où les requins, nombreux, ont été appâtés avec une sardine, mais aussi par des stimuli olfactifs et acoustiques. 

Problème : l’expérimentation a aussi permis de mettre en évidence un phénomène d’"habituation". En effet, sur les tests réalisés avec le "Shark Field", le taux de succès chute brutalement à partir du 9ème jour, passant de 67% pour la première période à 3% seulement pour la seconde. Un important taux d'échec "lié à seulement trois ou quatre individus, qui semblent dominants et ont évincé les autres", est-il noté. De gros spécimens qui ont finalement choisi de manger la sardine quitte à prendre un coup de jus.

Ainsi, le dispositif utilisé seul est loin de permettre la pratique sereine du surf. "Aucun des appareils testés ne permet de garantir un risque nul", résume Mickaël Hoarau. Ils sont un moyen de protection supplémentaire."Les actions de pêche conservent tout leur sens", estime d’ailleurs le sous-préfet pour qui les EPI  (équipements de protection individuels) sont la "dernière barrière". De bonnes conditions météo restent quoi qu’il en soit primordiales, et l’entretien du matériel de protection doit être minutieux, car la rouille pourrait le rendre totalement inutile. C'est donc un travail de sensibilisation que les acteurs entendent mener en parallèle. 
 
Bientôt une ZONEX à Saint-Leu

Pour aller plus loin, une expérimentation en pleine mer se tiendra dans les prochains mois, à Saint-Leu. Les protocoles sont encore en cours de rédaction. Il s’agira d’une ZONEX (zone expérimentale) avec des dispositifs nautiques, permettant la pratique du surf sans pour autant lever l’arrêté préfectoral d’interdiction, en vigueur depuis 2013.

"L'idée est de faire évoluer la ZONEX avec des outils de réduction de moins en moins contraignants financièrement", note Willy Cail, le directeur du centre. Le recours à un site internet permettant d'évaluer l'état du spot à l'aide d'une flamme colorée est avancé."À terme, en couplant les dispositifs et en respectant les conditions minimales de sécurité, l'idée est de permettre la pratique du surf libre", annonce le sous-préfet, pour qui les garanties seront un jour suffisantes pour lever l'arrêté d'interdiction. 

"Les EPI sont amenés à évoluer" fait en outre remarquer le représentant de l'État, qui espère d'ailleurs voir émerger une fabrication locale d'équipements de protection individuels. Histoire que La Réunion dispose d'"EPI péi".



Marine Abat
Journaliste - En charge du secteur Ouest - Fortement attachée aux valeurs du développement durable... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par paulux le 07/07/2020 22:20

Combien y a t il de "surfeurs" à la réunion? ...

2.Posté par Mamanresponsable le 07/07/2020 23:27

Donc si j’ai bien compris, il s’agit d’un gadget dont l’efficacité est loin d’être garantie, et qui en plus coûte cher, ce qui en fait une protection antidémocratique! Lever l’interdiction dans ces conditions serait de la folie, aussi bien sur le plan de la sécurité que sur le plan social.
Tout cela pour ne pas mettre en place les systèmes qui fonctionnent déjà très bien ailleurs, à savoir des drumlines couplées à des filets. Que d’argent et de temps perdu alors que la solution est si simple!

3.Posté par SITARANE le 08/07/2020 07:41

En effet, la solution est si simple, interdire cette activité et retour à Anglet ou Bidart...................ou ailleurs...........Je n'ai pas envie de payer pour une minorité, il y a d'autres priorités en ce moment............

4.Posté par Mamanresponsable le 08/07/2020 11:22

@sitarane: je plaide justement pour que des solutions soient trouvées pour la majorité, y compris les baigneurs. Avez-vous vous déjà mis les pieds à l’étang salé, ou boucan, ou roches noires.... avant la crise requin? On y trouvait énormément de baigneurs, plus des surfeurs. La solution drumlines + filets permet un retour à l’eau DE TOUS, et pas seulement d’une minorité.

5.Posté par grand gozier le 08/07/2020 12:16

il faut interdire cette activité un point c'est tout.

6.Posté par Punisher974 le 08/07/2020 12:48

Moi je propose la purge des océans de tous les méchants requins afin de bien flinguer les écosystèmes (si ce n'est pas déjà fait), pour faire plaisir à nos petites têtes blondes et autres enfants gâtés ! Je me demande bien qui est le plus nuisible dans cette histoire ?!

7.Posté par vanessa le 08/07/2020 14:48

Ahah interdire, quelle belle solution!!! Par contre regarder ce qui se fait et qui marche ailleurs, trop compliqué sans doute! Donc achevons de tuer le lagon dans lequel toute la Réunion se retrouve, c'est parfait pour protéger notre écosystème. Bref.....

8.Posté par l'idiote le 08/07/2020 15:50

600 euros, c 'est le prix de 2 pneu pour les fan de tuning
d'une paire de talon aiguille pour un fan de femme
d 'une teinture pour la tete a madame
d'un bon gueuleton
d'un turbo pour une 308 pourri
de 4 jantes avec les alloc de la rentrée
de 10 comprimés de viagra
c 'est l'abonnement d'une salle de sport pour un an


mais la c 'est 600 euros pour des sportifs qui dépensent leur pognon comme ils le veulent

9.Posté par Bin bin le 09/07/2020 05:28

Bonjour "l'idiote"
600 euros ~~ 1/2 SALAIRE MINIMUM
BON COURAGE AUX PETITES MAINS

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