Justice

Entre correction et bastonnade sévère : La dérive d’une pauvre femme égarée

Vendredi 2 Mars 2018 - 08:41

Entre correction et bastonnade sévère : La dérive d’une pauvre femme égarée
Elle les a "corrigés". Sévèrement. Très sévèrement . Beaucoup trop sévèrement même, et en continu. Pourtant, ils étaient là à l’audience correctionnelle de ce matin à Saint-Pierre, pour soutenir cette mère féroce mais qu’ils aiment, cela était nettement perceptible ; et chez laquelle ils sont retournés vivre. Moins traumatisés peut-être qu’il n’a été souligné à l’audience. La gamine de 13 ans est même la première de sa classe.

Mais cela ne justifie rien, absolument  rien bien sûr. Car en fait de corrections, il s’agit plutôt de bastonnades, de coups et blessures volontaires. Avec tout ce qui tombait sous la main de la mère.

Tout ce qui lui tombe sous la main

T.C., 33 ans, petite, boulotte, est paumée, ne paraît pas si méchante, et se morfond devant ce qu’elle a osé faire : frapper ses enfants jusqu’à plus soif. Ses enfants : un garçon et une fille, 14 et 12 ans au moment des faits, l’an dernier à Saint-Leu. Lui parce qu’il a osé toucher à son portable ; elle "akoz elle i vole tout l’ temps".

"Elle vole quoi ?" s’enquiert la présidente Peinaud.

"Elle i vole bande bonbons mi achète. In tas d’bonbons la menthe po la grippe èk mal de gorge". Tout ça ? Non : elle a abîmé la voiture… "et chaque fois, l’école i téléphone po dir elle i tient pas elle bien".

Cela justifie-t-il que les enfants aient ainsi été roués de coups à un point qu’on en reste époustouflés ? Car la maman n’y est pas allée avec le dos de la cuillère, qu’on en juge un peu : coups de tringle à rideaux en bois ; "tirage" par les cheveux ; coups de pieds ; coups de poings ; gifles en veux tu-en voilà ; coups de câble électrique, un câble arraché au sèche-cheveux pour l’occasion ; coups de télécommande de la télé ; coups de bois ; coups de ceinture (ce qui fera évoquer la ceinture Kaporal de la récente affaire Othello ; tentatives d’étranglement… Enfin, tout ce qui lui tombe sous la main est bon pour lui permettre d’évacuer sa rage.

Même un chien !

Aux coups, soigneusement comptabilisés par le médecin (ils ont des traces partout), il faut ajouter les insultes, encore plus graves si possible : "Espèce de putain !… Lui, il peut crever… Ma fé saigne à ou… Ma tué à ou !…"

Son CV judiciaire est éloquent ; elle a été condamnée plusieurs fois pour violences volontaires et, une fois, pour s’être livrée à des sévices graves et volontaires, sur… un chien.

Des explications ? Ils seraient capricieux. "Et pu, mi peux pleurer devant zot, zot i continuent".

"Cela justifie-t-il que vous ayez serré votre fille à la gorge ? Que vous l’ayez traînée dans la maison en la tirant par les cheveux ?"

Un peu d’éclaircie dans ce ténébreux dossier vient donner quelques explications sur l’attitude révoltante de cette maman. Outre les deux petits martyrs, elle a eu quatre autres enfants de deux pères différents, des enfants qu’elle a toujours élevés seule, ne bénéficiant d’aucune aide de la part de quelle membre que ce soit de sa famille. Et encore moins des pères de ses enfants.
Il n’y a que son nouveau compagnon qui la soutienne.

Entourée par ses 2 petites victimes

Il faut lui reconnaître que lorsqu’elle s’est rendue compte que, cette fois, elle allait encore plus loin que d’habitude (car ça dure depuis un certain temps), c’est elle qui a alerté les gendarmes et le  père des enfants.

Car elle sait qu’elle a tort. Mais ses nombreux appels au secours, notamment en direction de l’Assistance sociale, sont restés lettres mortes. À se demander si les "numéros verts" affichés partout ne sont pas plus un alibi politico-administratif qu’une réalité. Si vous avez la réponse, je prends.

Ni la partie civile (Me Farid Issé, incisif comme toujours), ni l’accusation, ne sont acharnés sur cette femme manifestement à côté de ses pompes. Me Ferrante, défenderesse, a remis (un peu) les choses dans leur contexte en insistant sur la vie maritale conflictuelle et totalement aberrante qui est celle de cette femme depuis toujours. Sans chercher à l’excuser non plus.

T.C. a été condamnée à 1 an avec sursis et mise à l’épreuve, additionné d’une obligation de soins psychiatriques et de 2 fois 500 euros à chacune des petites victimes.

Elle est ressortie du Palais de Justice serrée de près par son nouveau compagnon et, surtout, ses deux enfants, lesquels avaient décidé en toute connaissance de cause, rappelons-le, de revenir auprès de cette mère qu’ils aiment. On a appris que la gamine est la 1ère de sa classe, ce qui est peut-être de bon augure.

C’est tout le bien que je leur souhaite.

 
Jules Bénard
Jules Bénard
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1.Posté par cmoin le 02/03/2018 09:19

Mai n'importe quoi cette justice qui ne protège pas les enfants,au contraire les mets en danger en les laissant avec cette "femme"!Aucune condamnation,rien!Faut attendre un mort peut être?

2.Posté par Zorro le 02/03/2018 09:44 (depuis mobile)

Non aux violences faites aux femmes!
Oh pardon!
Non aux violences faites par les femmes!

3.Posté par noe le 02/03/2018 09:53

ça suffit les corrections brutales !

4.Posté par margouillat974 le 02/03/2018 21:43

et jusqu'où tomberons nous? Entre une fessée et ce genre de "punition" : mais qui sont ces " adultes"?
Entre violences à répétition et correction qui peut situer la marge? Les enfants de cette femme reproduiront le même exemple d'éducation qu'ils ont reçu. Et puisqu'ils l'acceptent avec amour, ils iront peut-être plus loin, mèèlant leur amour pour la mère et la justification de la souffrance.

5.Posté par Abominations le 03/03/2018 01:15

Contes de la monstruosité ordinaire .

6.Posté par tad974 le 03/03/2018 07:55

Monsieur Bénard,

votre texte, contrairement aux enfants de ce tragique et grave fait divers, méritait une "correction sévère".
Malheureusement, votre bonté (foncièrement contre les sévices de toutes sortes) vous a poussé à l'en épargner.

Cordialement

7.Posté par éloise eloi le 03/03/2018 08:58

Ces enfants qui n'ont connu que la violence avec une mère complètement timbrée deviendront violents quand ils seront adultes.

Cette femme n'a aucune retenue dans ses "rages" et, un jour, elle ria trop loin !

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