Société

Enfants de la Creuse : "Ce rapport est une nouvelle étape vers la reconnaissance de votre propre histoire"

Mardi 10 Avril 2018 - 13:17

C’est aujourd’hui que la commission nationale de recherche et d’information historique sur la transplantation d’enfants de La Réunion en France hexagonale (1962-1984) remet son rapport au gouvernement. Cette commission avait été installée le 18 février 2016 par la ministre des Outre-Mer de l’époque, George Pau-Langevin.

Cette commission avait eu pour mission de rendre un rapport sur le déplacement vers la France hexagonale d’enfants et d’adolescents réunionnais dans le but de repeupler les départements en cours de désertification. Entre 1962 et 1984, quelques 2000 enfants réunionnais ont été transplantés en France. 

La commission est présidée par le sociologue et maître de conférences Philippe Vitale, et composée de personnalités qualifiées comme Wilfrid Bertile, agrégé de géographie à la retraite, Gilles Gauvin, docteur en histoire et professeur d’histoire-géographie, Prosper Eve, historien, et Michel Vernerey, inspecteur général des affaires sociales honoraire.

"Cette affaire révèle une période où l'on considérait l'enfant comme 'une chose, un objet de droit'. Aujourd'hui le regard sur l'enfant a changé. Le déracinement, au-delà de la question des kilomètres ou du changement de culture, n’est jamais anodin. Sortir un enfant de sa cellule familiale est toujours une épreuve", vient de déclarer la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. 

"L'enfant comme 'une chose'"

"Quelques 2000 enfants réunionnais relevant de l’aide sociale à l’enfance ont été, selon le terme retenu par la Commission, « transplantés » en France hexagonale entre 1962 et 1984. Cette transplantation a causé, nous le savons, des traumatismes profonds. Des ex-mineurs ont alerté les médias et porté l’affaire devant la justice. Puis ils ont alerté les politiques. Vous connaissez la suite : l’Assemblée nationale a voté, sur proposition d’Ericka Bareigts alors députée, une résolution mémorielle en 2014 reconnaissant que l’Etat a manqué à sa « responsabilité morale » à l’encontre de ces mineurs. En novembre dernier, le Président de la République adressait une lettre aux présidents des associations dans laquelle il déclarait : « cette politique était une faute car elle a aggravé dans bien des cas la détresse des enfants qu’elle souhaitait aider", est-elle venue rappeler tout l'historique de ce travail mené depuis deux ans. 

"Ce rapport est une nouvelle étape vers la reconnaissance de votre propre histoire, et au-delà, de celle de tous les enfants déracinés de France", a également reconnu la ministre, après la remise officielle du rapport des mains du président de la commission.

Par ailleurs, notons que le gouvernement vient aussi de proposer, en ligne, un formulaire sur le site du ministère, pour ceux qui souhaitent savoir s’ils appartiennent à la liste des mineurs concernés et ainsi faciliter leurs démarches et recherches.


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1.Posté par po lis le 10/04/2018 15:36

Arretez donc vos idioties! Mais vous n'avez donc rien d'autres à faire??? Une bande d'incapables qui n"avez jamais rien fait de bon pour la Réunion , vous essayez de survivre en remuant le passé !! Vous voulez réécrire l'histoire en oubliant que rien n'était facile à cette époque ...Vous manquez totalement de crédibilité ... Bougez vous pour donner du boulot aux jeunes et cessez vos jérémiades ..HYPOCRITES!!

2.Posté par citoyen le 10/04/2018 16:43

la bande de grands kaumiks spécialistes devraient dans la foulée entrer dans le dossier des enfants déracinés comores transférés à mayote et à la Reunion, exemple une grand mère et 10 enfants, pour mettre à jour cette forfaiture et ces crimes de grande envergure, car demain on condamnera l'illustre bertil et ses frères consorts communistes de crimes contre l'humanité. A remarquer que si on adopte le système socialiste de staline , c'était de la vénération suprême les déportations des indigents. Au fait c'est quoi les rémunérations de cette équipe ?????

3.Posté par ORNERO le 10/04/2018 16:59

Et alors ça va changer quoi sur le fond , rien du tout.
Ou peut être si obtenir des indemnités comme d'habitude tout
est bon à prendre c'est mieux que rien.
C'est gosses ont certainement eu une meilleure vie en métropole que si
ils étaient restés sur leur ile pour quel avenir.....
Ils n'ont qu'à retourner sur leur ile une fois à la retraite payée par la France...

4.Posté par Tikigrotèt le 10/04/2018 18:22

Pour ces petits créoles, l'exil n'était pas doré...Le BUMIDOM et Debré ont continué le travail des négriers d'avant 1848....

5.Posté par Simandèf le 10/04/2018 18:59

Il faudrait commencer à penser a indemniser les enfants réunionnais arrachés puis déportés vers la France au nom du repeuplement de village suite à leur désertification...

6.Posté par tarama le 10/04/2018 19:06

A REMETTRE DANS LE CONTEXTE DE CES ANNEES........pauvreté, accord des parents...et certains témoignages qui reconnaissent que s'ils n'étaient partis ils n'auraient pas la situation actuelle (école, emploi..)
il faut arrêter de se baver sur les circonstances de l'époque pour se faire valoir puisque la plupart de ceux qui défrayent ce sujet..sont aux oubliettes !!!

7.Posté par Marc le 10/04/2018 19:07

3. Je ne comprends pas pourquoi vous intervenez pour dire ça. Il y a un rapport. Lisez le.

Non pas qu'il vous contredise, mais vous n'écrirez pas en vous basant sur des préjugés.

8.Posté par bebert le 10/04/2018 20:08

Zot y fatigue de moun avec zot enfant la creuse, zot y croit na seulement la Réunion zenfant té placé , bon peu zenfants té placé aussi en France !!!!!

9.Posté par pas facile de comprendre la justice le 10/04/2018 20:25

les gens lé té manipulé dans ce temps la, et l'avait un préfet té i appelle perrault de pradier ,les communistes té i connait a lu bien.

10.Posté par klod le 10/04/2018 20:34

sur le fond / l'état a séparé des familles sous couvert du "grand "debré" .............. séparer des familles sous couvert de pauvreté et "d'accord" de celle -ci : toute une époque de la RUN ............


"créole un jour , créole toujours " comme disait le "grand debré", tous comme l'ordonnance scélérate ............. .............. certains continuent d'applaudir depuis 70 ans , pardon de 40 ans, debré ne s'est pas réfugiés depuis 70 ans sous " les tropiques framçaises de l'OI " suite à ses déboires électoraux nationaux, j'EXAGERE ................ la run accueille bien ses "patrons" , bien gentille cette ile , "mi aime zot toute" , un tit "paradis" sous le soleil .



à chacun ses idéaux .

11.Posté par Marie le 10/04/2018 21:13 (depuis mobile)

Aux décérébrés
Ces enfants là, ont été retiré à leurs familles,par, subterfuges ; de la part des services sociaux de l époque. Certes les familles étaient pauvres,....Y a t il , pas eu là, et pour aller très vite ENLÈVEMENT d ENFANTS

12.Posté par alouchy le 10/04/2018 22:12

De tout cela jamais une pensée pour quelques famille creusoises qui ont tant apporter aux jeunes réunionnais

13.Posté par Gérard Jeanneau le 11/04/2018 08:03

C'est une histoire bien arrangée au pays du rhum arrangé. Nos éminents universitaires n'ont qu'une chose dans la tête : salir de leur mieux Debré. N'attendez pas de savoir quelle était la situation économique de La Réunion quand l'île est devenue un département et non plus une colonie. Combien d'hôpitaux, de centres pour enfants abandonnés, quelle était l'état des routes ? Nos bons universitaires ne vont pas nous éclairer sur tout cela. Et c'est pourtant à cause de la grande misère de l'île qu'on a envoyé en Creuse des enfants réunionnais.

Et ne comptez pas sur nos bons universitaires pour comparer le sort des orphelins de la Métropole avec celui des Réunionnais à cette même époque. Arrangeons l'histoire de notre mieux ! J'attends de lire leur petit conte fantastique. J'apporterai ma pierre à leur étude !

Gérard Jeanneau, fils d'agriculteurs.

RAPPEL :

A propos des "Tristes tropiques de La Creuse"

J'ai lu et relu ce petit ouvrage rédigé par trois universitaires, Gilles Ascaride, Corine Spagnoli et Philippe Vitale. Il vaut son pesant d'or : l'histoire est bien arrangée comme l'est le bon rhum arrangé de mon tropique adoré, et adoré même s'il a tendance à rendre capricieux de gros zozos. Un petit ouvrage, le fruit d'une jolie recherche financée, entre autres, par la Région, sous la houlette du PCR, par le conseil du Département, sous la houlette socialiste. Et voilà qui a donné lieu à l'érection d'une stèle à l’aéroport de Gillot (La Réunion). On n'arrête pas si vite la fabrique de l'histoire.

"Avec la sérénité qui sied à un travail universitaire et scientifique, Gilles Ascaride, Corine Spagnoli et Philippe Vitale nous livrent une grille de lecture parfaitement convaincante", voilà ce qu'on peut lire en préface, à la page 12. Cessons d'agiter l'encensoir ! Une fois n'est pas coutume, prenons plutôt le goupillon !

Personnellement, je ne suis pas parfaitement convaincu comme l'est l'auteur de cette préface toute parfumée d'encens. La grille de lecture me paraît bien étroite, incomplète, politiquement bien orientée : à vrai dire, il faut tout de même bien servir ses maîtres ! Servilité oblige ! Et comme on ne pouvait que s'y attendre, on traîne presque à toutes les pages le spectre de Michel Debré, une sorte de grand-père Kal, qui est l'auteur de cette vaste « déportation ». Quand on se met sous le patronage des "Tristes Tropiques" du grand maître Lévy-Straus, on devrait faire le parcours qu'il n'eût pas manqué de faire s'il avait eu à traiter le sujet, à savoir, s'asseoir chez le paysan creusois, visiter sa ferme et même faire une petite marienne dans sa grange, interroger les gens d'alentour, par exemple. Bref ! tout ce que n'a pas fait le trio universitaire, rudement rivé à ses dossiers, avec aux pieds de jolis souliers au lieu des sabots qu'aurait chaussés Lévy-Straus. Pas une photo de cette époque. Rien, aucun nom de village. Le flou artistique tel qu'il convient de l'entretenir lorsqu'on écrit un conte fantastique. Chez les paysans qui avaient sous leur toit des enfants du capricieux tropique, rêver d'un "asseoir" sous un chêne comme on pouvait en avoir un sous un cocotier, c'est rigoureusement inimaginable. L'erreur des jeunes avancés en âge et donc aptes alors à travailler dans une ferme - à cette époque, c'était à partir de 14 ans - c'est d'avoir cru courir vers un eldorado ! Le paysan est certes rude avec son franc parler habituel, mais il a souvent un cœur tendre dès lors qu'on sait tout à la fois s'intéresser à son ouvrage et le considérer comme sien.

Mais il faut le reconnaître : passer brutalement de la douce oisiveté tropicale aux travaux des champs, c'est chose impossible, c'est l'échec assuré. Les jeunes victimes de ce rude changement ont des circonstances atténuantes. C'est une sorte d'hydrocution qu'ils ont subie et dont on ne se remet pas sans de graves séquelles. L'échec des jeunes déportés creusois a toute son explication là, et uniquement là. Le remède eût été de ménager un temps d'apprentissage : rester en maison d'accueil et, avec un moniteur agricole, travailler un petit jardin à proximité, y soigner quelques animaux; et quand l'enthousiasme se fait jour, on est prêt alors à bondir chez l'agriculteur. Une période transitoire s'imposait. Mais pleurer sur ses racines premières n'incite pas le jeune à devenir adulte; sans les renier, il faut en cultiver d'autres qui préparent à la vie en société ! Notre mirifique trio universitaire gémit pendant de longues pages sur cette mémoire volée, sur l'oisiveté dont il faut pourtant se dépouiller à tout prix pour réussir dans la vie ! Il ne s'agit pas d'oublier son enfance, mais de fortifier ses frêles racines en se débarrassant de ce qui peut maintenir dans l'infantilisme. Au cours de la lecture du premier chapitre, je croyais entendre les pleureuses romaines qu'ont entendues maintes fois les élégiaques Tibulle, Properce, Ovide et Catulle !

Une grille de lecture incomplète, étriquée ! Comblons donc cette gravissime et impardonnable lacune. Elargissons le champ d'investigation et voyons le sort des autres pupilles de l'État placés eux aussi dans les fermes des agriculteurs. Un exemple à proposer, le témoignage de mon bon copain, avec qui j'ai partagé le pain bien souvent à La Réunion - et c'est bien le sens étymologique du terme "copain". Oui, pupille de l'État, il a été placé dans une ferme, chez un paysan assez rude, mais qui l'était bien davantage avec ses propres enfants. Et il a logé dans une grange; il s'y sentait bien; il n'a jamais souffert du froid. Et faisant le bilan de son enfance, il m'a confié que, grâce au travail des champs, il a appris à aimer le travail; on a su lui mettre les pieds à l'étrier, qu'il n'a jamais lâché comme aurait fait un récalcitrant tropicalisé ! La seule ombre de son adolescence a été celle de son instituteur, alcoolisé du matin au soir, mais protégé par les autorités car il avait été rudement malmené par les Allemands. Malgré tout, mon copain a obtenu son CAP de coiffeur. J'ai eu plus de chance que lui : mon directeur d'école, le Frère Paul, de Saint-Amand-sur-Sèvre, restait de marbre devant l'envahisseur : il nous sécurisait et il n'avait passé aucun contrat avec une dive bouteille ! Un grand maître à qui je dois presque tout ! Comme mon copain, je garde de bons souvenirs de la grange où j'ai batifolé avec mes amis, où j'ai fait aussi de bonnes siestes. Une famille du nord, fuyant les bombes ennemies, a séjourné quelque temps dans la grange de mon père; et je crois avoir retenu qu'elle avait été ravie de l'accueil. Le trio universitaire précité ne sait sans doute pas que la grange n'a pas pour unique fonction celle d'engranger pour les animaux; elle était également havre de paix pour les humains : on pouvait y organiser une petite fête quand on devait accueillir beaucoup de monde et même y dresser la table lors d'une "batterie" ! Au besoin, elle devenait chambre d'accueil, car elle élargissait la demeure paysanne qui comportait généralement deux pièces principales, la cuisine-salle à manger et une grande chambre !

Le trio est chagriné par le rapport de l'IGAS, un rapport partisan selon lui. Grand Dieu ! C'est au chapitre IV de son ouvrage : "Au total sur la base de l'étude de nombreux documents et d'un échantillon de 145 dossiers ainsi que de témoignages, la mission n'est pas conduite à dresser un bilan négatif de la politique de "migration de pupilles". Et, fort de cette conclusion de l'IGAS, je reste persuadé que le terme partisan revient en plein visage du trio... comme un boomerang. Les pupilles des deux hémisphères, placés chez les agriculteurs, ont été probablement traités de la même façon; on a pu rencontrer à la rigueur un paysan plus bourru qu'un autre; tous les paysans hébergeurs devaient remplir le cahier des charges de l'État : nourrir, vêtir, soigner... Ce placement était une aubaine et pour l'État qui n'avait rien à payer et pour le paysan qui trouvait là une main d’œuvre intéressante; la seule dépense de l'hébergeur consistait à déclarer à qui de droit et à verser une cotisation pour la retraite du pupille. Une autre question a chagriné nos trois universitaires patentés : pourquoi La Creuse ? Question aussi byzantine que saugrenue.

En fait, c’est le directeur de la DDASS de cette époque, alors en vacances dans la Creuse, qui s’est aperçu de l’existence de foyers capables d’y accueillir nombre de ces pupilles réunionnais car ils étaient quasiment vides. Ce genre de structures faisait cruellement défaut à La Réunion. De retour à La Réunion, il a organisé cette migration. En une vingtaine d’années (1963-1982) ce sont, au total, 1 600 enfants, garçons et filles, qui ont été déplacés dans 64 départements français. Ce qui démontre bien que la théorie d’envoi d’enfants réunionnais pour repeupler les campagnes françaises n’est qu’une fumisterie. Il fallait bien trouver des départements d'accueil et on a pu résoudre ce problème par un réseau de relations. Inutile de s'appesantir davantage sur le réseau sauf si on cherche vraiment d'autres poux dans la tête du fameux grand-père Kal. On ne va pas débattre du sexe des anges encore une fois ! Le sort des pupilles reste le même où qu'ils soient placés. Le seul mérite de cette savante et spécieuse enquête qui a taraudé le trio, c'est d'avoir étoffé avec brio le petit ouvrage, sans quoi il eût été squelettique. On l'a déjà étoffé, il est vrai, et dans un vaste chapitre, en parlant des orphelins de divers pays, à la recherche d'éventuelles similitudes, mais sans jamais parler d'un seul pupille du coin, de mon bon copain, par exemple ! Les œillères, c'est terrible, on ne parvient pas à les enlever; et c'est fort difficile quand on focalise son attention sur le grand-père Kal !

Et Debré, qui a pris les rênes de La Réunion peu après les heures noires de la colonisation, a grossi le budget local pour combler le retard sidéral par rapport à ce qu'on avait en métropole : routes, centres de soin, écoles, collèges, lycées, presque tout était à faire ou à refaire. Il a paré à l'urgence et, pour les pupilles, il a appliqué la législation française : les placer chez les paysans métropolitains, comme ce fut le cas de mon copain et de tant d'autres de l'Hexagone. Et sous ce tropique, c'était à une époque où la démographie était galopante, où la misère noire touchait de nombreuses familles. Les vaillants aboyeurs qui aboient encore contre la politique migratoire de Debré oublient de présenter leur recette : que fallait-il donc faire ?

Enfin le trio universitaire a trouvé un appui de poids, l'historien Sudel Fuma qui, avec Antenne Réunion, a diffusé quelques vidéos, astucieusement bien montées. On sent là aussi planer le spectre de Debré. Dans l'une d'elles, on voit et on entend un ancien déplacé de La Creuse se plaindre d'avoir gardé les moutons gracieusement et de s'être senti obligé d'aller boire à l'abreuvoir. Pour un peu, il serait devenu mouton, confesse-t-il ! Je suis au regret de lui signaler que dans ma jeunesse j'ai gardé les vaches jusqu'à ma majorité comme mes camarades du coin : ce n'était pas une bien rude corvée. Je n'ai entendu aucune récrimination dans les prés voisins. Un jour même, je me suis assoupi et une vache est venue passer sa grosse langue baveuse sur mon petit livre, "La mare au diable". Vaguement sorti de mon engourdissement, j'allais prendre le bâton quand elle s'est esquivée à temps en me lançant un vilain regard torve. Depuis j'ai appris que lorsqu'on est chacun à sa tâche, les vaches sont bien gardées. Trêve de plaisanterie ! Je dois même avouer que j'ai révisé mes cours au milieu des vaches qui paissaient bien tranquillement et que, grâce à cette grande quiétude, j'ai obtenu ma propédeutique, le droit d'entrer à la Faculté ! Je devrais même remercier mes vaches !

Malgré mes coups de goupillon que je viens de distribuer ici et là, j'aime beaucoup la grande dame Université; on y apprend la rigueur; mais chez certains historiens et sociologues, cette précieuse qualité fait étrangement défaut; ceux-là sont emportés par la ferveur de leurs opinions politiques; entre eux, ils se serrent les coudes; ils s'auréolent mutuellement et à qui mieux mieux ; il suffit, en ce cas, de s'appuyer sur les travaux d'autrui avec moult citations et de faire de savantes digressions pour étoffer la matière. Bref ! faire plus savant qu'un savant. De telles divagations intellectuelles ne sont pas permises dans les matières scientifiques où l'objectivité est de règle; elles ne le sont pas non plus lorsqu'on doit traduire une page de Cicéron : il faut lui faire dire en français ce qu'il a exactement écrit en latin ! Rien d'autre ! Et je remercie dame Université de m'avoir formé en ce sens, même si je l'ai peu fréquentée à cause de ma santé chancelante qui m'a amené à être plus souvent présent dans les chambres des hôpitaux que sur les bancs d'une Faculté !

Toute dernière conclusion : je suis persuadé que les paysans creusois, dans leur grande majorité, ne méritaient pas qu'on leur infligeât la stèle de Gillot ! Et que de soins on prend à arranger l'histoire locale !

Gérard Jeanneau, ex-gardeur de vaches, à La Courtinière, à Saint-Amand-sur-Sèvre.

Gières, le 8 avril 2016.

14.Posté par Selles et rats le 11/04/2018 08:57 (depuis mobile)

Les debré-istes sont de sortie..

15.Posté par Infirmière à la retraite le 11/04/2018 10:12

Lamentable et coupable, cette amnésie de nos politiciens locaux qui veulent réécrire l'histoire de La Réunion sans vouloir se souvenir dans quel état déplorable se trouvait notre île dans les années 60.

Quelles étaient alors les conditions d'hygiène, de confort et d'éducation, de la majorité de nos concitoyens, surtout dans les familles nombreuses, les plus défavorisées ?

Les marmailles y vivaient pour la plupart dans une pénible promiscuité où l'alcoolisme des parents était considéré monnaie courante.

Les cas d'incestes nombreux mais cachés, parce qu'à l'époque non condamnés par notre société réunionnaise qui préférait fermer les yeux sur ce sujet tabou !

Les services sociaux et les politiciens de l'époque en charge de ce dossier délicat, ont fait ce qu'ils croyaient bien pour les enfants et leur avenir.

N'oublions pas que même si des abus ont pu être reconnu dans certaines familles accueillantes, l'immense majorité des enfants concernés a certainement pu bénéficier de meilleures conditions de vie pour se construire, que si ils étaient restés à La Réunion !!!

16.Posté par austrodoudou le 11/04/2018 11:18

Et c'est reparti pour un tour !!!!

17.Posté par bréde le 11/04/2018 12:43

Bravo M Jeanneau......Avec honnêteté et intelligence vous avez tout dit........Je suis né en 1960 à la Réunion et tout ce que vous dîtes est vrai!!! Mais la vérité n'a plus beaucoup de valeur de nos jours quand il s'agit de salir la mémoire d'un grand homme : M DEBRE.....MERCI A VOUS!!!

18.Posté par Marc le 11/04/2018 13:02

Sincèrement, je commence à vraiment m'agacer des gens qui défendent Debré comme par réflexe... Ont ils seulement lu les documents dont il est question?

- la résolution de 2014 n'accuse pas Debré. Elle dit qu'il a été accusé par l'opposition politique d'être derrière l'affaire mais à aucun moment elle n'appuie cette affirmation et ça doit être mentionné une fois en tout et pour tout
- le rapport de cette commission dédouane quasiment entièrement Debré. Il y est expliqué que, si Debré a soutenu cette politique, il n'en était pas à l'origine et n'a certainement pas couvert les débordements. En revanche, il y est mentionné qu'il réagissait épidermiquement à toute remise en cause de cette politique, dont il n'a vraisemblablement pas saisi tous les effets (mais il avait bien d'autres sujets à traiter).

Quant à l'affaire en elle-même, là encore, les rapports sont assez clairs. Personne, hormis quelques uns des "Enfants" qui dans leurs fantasmes pensent qu'ils auraient pu devenir médecins ou ingénieurs en restant à La Réunion, ne doute que la situation professionnelle et matérielle des personnes concernées est somme toute meilleure que s'ils étaient restés à La Réunion. Ce qui est reproché c'est une organisation administrative défaillante, un défaut d'information des familles voire peut-être dans certains cas des tromperies. Le rapport rendu hier l'explique, d'ailleurs, d'une façon toute simple: les assistantes sociales pouvaient exagérer voire mentir pour convaincre les parents, par exemple en leur promettant que l'enfant deviendrait médecin, car elles pensaient sincèrement qu'il vivrait mieux ailleurs. Le problème c'est que c'est au parent de décider, elles ne doivent qu'éclairer sincèrement leurs choix. La question n'est donc pas, et n'a jamais été, la qualité de vie de ces personnes. Ce qui est en question c'est la violation des principes de l'Etat, même pétrie de bonnes intentions paternalistes. C'est, au fond, la même question que les générations perdues australiennes.

19.Posté par austrodoudou le 11/04/2018 13:27

post 18: Bien dit, il faut remettre les choses à leur juste place et aussi arrêter de parler de " déportation", "vol d'enfants", "enlèvement" et autres exagérations de langage en ne montrant que la partie que l'on veut mettre en exergue au détriment de la réalité factuelle historique

20.Posté par Marc le 11/04/2018 17:23

19. Le problème de cette affaire c'est qu'entre les défenseurs acharnés et aveugles de Debré et les contempteurs de cette politique dont l'objectivité est passée à la trappe (soit en raison de leurs douleurs personnelles soit en raison de propagande politique), plus personne ne s'écoute et on en arrive à dire des absurdités.

Cette politique était elle normale dans le contexte de l'époque? Oui, durant l'essentiel de la période de sa mise en oeuvre, elle correspondait aux pratiques habituelles des services et à l'état des connaissances de l'époque.

Cette politique était elle raciste? Pas en tant que tel, même si de nombreux aspects choquent nos sensibilités contemporaines (l'usage de la couleur de peau sur des papiers officiels, l'emploi du terme de "convois", ...). En revanche, elle s'est faite sur les préjugés paternalistes de l'époque et ça n'a pas été sans conséquence sur la façon dont, notamment, le consentement était recueilli. Ce qui, à toute époque, est à minima moralement condamnable, sans verser pour autant dans l'anachronisme.

Le consentement a t'il été correctement recueilli par les services sociaux? Vraisemblablement pas pour deux raisons: d'une part, une forme de préjugé paternaliste envers les familles pauvres de l'île, avec des services persuadés de savoir ce qui est le mieux pour les enfants. D'autre part, une vraie difficulté pédagogique avec des familles n'ayant pas le niveau d'instruction nécessaire pour réellement comprendre de quoi on leur parle (une des anecdotes racontées dans le rapport est particulièrement parlante sur ce sujet, avec une soeur aînée s'étant déclarée tutrice des enfants envoyés au BUMIDOM alors même que 1°) légalement, le préfet était leur tuteur depuis qu'ils étaient passés à la DASS, 2°) ces enfants étant majeurs n'avaient plus de tuteur légal et 3°) elle ne leur avait pas écrit depuis des années au point qu'ils avaient mutuellement perdu leurs coordonnées)

Ces enfants ont ils été maltraités? Pas tous mais oui. Mais malheureusement cela était fréquent pour les enfants adoptés à l'époque: ce n'est pas une situation qui leur est spécifique.

Ces enfants ont ils eu des trajectoires de vie leur donnant de meilleures conditions de vie matérielles que s'ils étaient restés à La Réunion? Sans le moindre doute, mais ça n'excuse en rien les autres déficiences de cette politique. Avec la même logique, on prendrait tous les enfants de familles modestes de la région parisienne pour les faire adopter par des familles plus aisées.

Michel Debré a t'il soutenu cette politique dans des perspectives coloniales? Non, vraisemblablement pas. D'abord, chronologiquement, cette politique a prédaté son influence réunionnaise. En plus, la théorie de l'ancrage voulu par Debré de La Réunion dans la France ne fonctionne pas: il aurait fallu qu'elle reste en vigueur bien plus longtemps qu'elle ne l'a fait avant de pouvoir produire ce type d'effet. Plus probablement, il y croyait sincèrement et l'a donc soutenue. Le seul vrai reproche qu'on puisse lui faire est d'être resté sourd aux critiques, y compris venant de l'administration.

L'Etat a t'il commis des crimes dans la mise en oeuvre de cette politique? Non, en réalité il y a beaucoup de confusion sur les qualifications pénales invoquées par les uns et les autres dans cette affaire. Par exemple, le terme de "déportation" s'appuie sur une note interne du ministère des familles dans son dialogue avec Debré et un préfet de l'époque. Sauf qu'en réalité, ils ne l'entendaient pas dans le sens du crime contre l'humanité: les rédacteurs et destinataires de la note étaient des psychiatres, profession qui depuis des années avant ces faits utilisait les déportations pour parler de l'ensemble des cas où un enfant est envoyé pour être adopté dans un nouveau milieu.

L'Etat est il pour autant blanchi dans cette affaire? Non, parce qu'à tout le moins il a été d'une grossière négligence dans la mise en oeuvre de cette politique et bien des aspects administratifs en ont été définis en dépit du bon sens (comme par exemple, l'orientation des élèves déterminée non en fonction de leurs besoins mais de ceux de certains acteurs territoriaux).

En somme, cette affaire n'est pas le scandale absolu et infâme dont parlent certains. Pour autant, l'Etat a clairement manqué à ses devoirs et il est important qu'il le reconnaisse. Cela pourrait faire l'objet d'une étude de cas intéressante dans une école de la haute fonction publique sur les raisons du dérapage d'une politique publique.

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