Société

En "changement d’air": Sans argent, ni playstation ni internet…Nos formidables vacances d’autrefois

Samedi 31 Décembre 2016 - 12:28

Photo FB La Réunion lontan
Photo FB La Réunion lontan
La cloche libératrice du 24 faisait s’égailler les nuées de moineaux hilares dans les chemins aux cris répétés de "Vive vacances ! ".  Le dirlo Frantz Fontaine pouvait bien s’égosiller :" Marmailles, assez crier !" en couvrant le bruit des bus, on gueulait à qui mieux-mieux.

Pour la plupart de nos petits potes des cases-en-paille, les vacances n’existaient que par le fait qu’il n’y avait pas école. Quelques rares chanceux bénéficiaient des premières colonies de vacances instituées par la commune de Saint-Louis.
 
"La fête aux cousins"

Michel, Alain et moi avions la chance d’avoir une grand-mère, "Mamie" Tante Francia, à Cilaos. On y allait en 203 sinon en car courant d’air Patel. Le plaisir commençait quand le véhicule plongeait vers le fond de la rivière Saint-Etienne.

Le repas du 1er janvier se tenait chez Mamie, nous l’attendions avec une impatience émerveillée. D’abord avec l’arrivée de nos oncles André et Lucien, avec tante Céline et Karly ; et tous nos cousins-cousines, Jeanine, Colette (l’amoureuse d’Alain), Jean, aujourd’hui peintre au talent aussi original que lui-même, Philippe, Jean-Marie, Mino… Vous imaginez les 400 coups…

Outre les cadeaux traditionnels, il y avait les quelques petits billets CFA que nous réservaient Grand-Mère "Mère Fine", notre arrière-grand-mère, et Tite-Mère, sa sœur. Elles les avaient mis au chaud dans des armoires fleurant bon les pochettes en paille vétiver.
 
 

"Agapes monstrueuses"

Le grand événement était déjà le repas du 1er d’l’An, avec le ti-pâté-la-viande de chez Ti-Louis, caché sous la serviette. Puis le "grand" pâté créole de Grand-Mère, un vrai de vrai dont mon palais conserve le goût. Ceux des grandes surfaces n’en ont que le nom. Il y avait de la viande dedans, et pas qu’un peu.

Et puis… le cari coq, cari canard avec zharicots Marla, lentilles Cilaos et maïs-de-riz. On se gavait du mieux qu’on pouvait, en laissant une bonne place pour les gâteaux confectionnés par Grand-Mère et Ida. Et le demi-ti verre Marie-Brizard, faveur ultime. Après quoi, négligeant les recommandations à faire la sieste, nous retournions ravager le si beau jardin pour lequel Mamie, jalousement secondée par Ida, accumulait, année après année, les Prix des Jardins fleuris.

Là, je me rends compte que je cite Ida pour la 3è fois. Ida était au service de mes grands-parents depuis ses quatorze ans ; elle était vraiment de la famille : c’était elle qui nous dressait les cotes quand on déconnait. Ce qui arrivait encore assez souvent.
Elle a disparu dans les années 90, à Allauch (nord de Marseille) où un poivrot en bagnole n’a pas vu notre vieille Cafrine dans le passage clouté.
 
"Le plus grand terrain de jeux"

Cilaos, avec ses forêts, ses rivières, ses grands espaces vides, était un extraordinaire terrain de jeux. Le "bassin bleu", tiens, un de plus dans cette île qui en compte tant. On passait derrière le Grand-Hôtel, on gravissait les sentiers pentus de la forêt et on arrivait au-dessus de "la" cascade. Le bassin était là, 10 mètres sur 3, assez peu profond. Nous y barbotions des heures entières et rentrions chez Mamie brûlés comme des lézards marron.

Autre plaisir, les anciens Thermes où on allait en dévalant l’ancien chemin des Chaises-à-Porteurs, de préférence par les raccourcis casse-cou, dument chapitrés par Ida. "Bande marmaille là va fini par casse zot collet à force court comm cabris dan’ galets !"

En bas, on avait droit au bain dans de vieilles baignoires culottées par l’eau ferrugineuse au bon goût de sel ; pour les plus rétifs à l’obéissance, une douche écossaise administrée par la gardienne du temple avec une joie féroce.

En "changement d’air": Sans argent, ni playstation ni internet…Nos formidables vacances d’autrefois
Le but de nos expéditions quotidiennes était choisi sur coup de tête, après le bol de lait matinal. Nous investissions la forêt qui, alors, ressemblait encore à une sylve à l’ancienne. On poursuivait jusqu’à la Roche-Merveilleuse et du haut de ce monticule, nous efforcions de reconnaître les fourmis humaines s’agitant tout au loin en bas. Ce que l’on reconnaissait sans peine, c’était nos trois vieilles se chauffant sur le perron de "Désirée", la maison jaune, dans leurs fauteuils en osier. La tache noire à leurs pieds, c’était Punch, le ratier.
 
 "Le temps des secrets, le temps des amours…"
 
Nous profitions de ces excursions forestières pour nous gaver de graines de teck et de merveilleuses fraises des bois. Comme notre esprit diabolique n’était jamais en reste, nous abusions de la crédulité du plus jeune, Alain, en lui indiquant "les meilleures"… ces abominables "fraises-crapauds" sans rime ni raison. Il s’y est laissé prendre une fois, une seule, car il a oublié d’être con.

Le plus souvent toutefois, nos après-midi étaient réservés au "Tennis" sur lequel il n’y avait plus de court depuis longtemps. Un vaste espace  pelé-gazonné entouré d’épais fourrés de cyprès où, à l’adolescence, on se perdait en compagnie de l’élue de son cœur, Liliane, Jacqueline… le comble du bonheur étant la faveur de lui frôler les doigts en se disant qu’il faudrait le confesser au curé le samedi suivant.

La plus admirée, la plus conviée, la plus convoitée, s’appelait Julie. Déjà très mignonne. Personne ne lui a seulement effleuré les doigts, sinon, bien plus tard, un mécréant qui n’était même pas du coin. Un certain Malik. Le papa de Julie avait sa boutique rue du Père-Boiteau, "Chez Sidiot".

C’est en m’en rappelant, plus tard, que j’ai mieux mesuré toute la saveur du "Temps des amours". Si mes souvenirs d’enfance ne baignent pas dans le talent de Pagnol, ils n’en sont pas moins aussi vivaces aujourd’hui.
 
"Poule noire et lapin "

Le jeudi après-midi, nous avions droit au "cinéma père Berthou", les aventures de Sylvain et Sylvette, sur des slides positifs que le curé actionnait avec une religieuse bonne volonté en les commentant. Le dimanche après-midi, c’était le grand cinéma, celui du père Hauck, vicaire de la paroisse et réel seigneur et maître du cirque. Mais pour y avoir droit, Ida exigeait qu’on l’accompagnât d’abord aux Vêpres sinon zéro !

En "changement d’air": Sans argent, ni playstation ni internet…Nos formidables vacances d’autrefois
Je n’ai jamais su où ce père tonitruant se fournissait en film car ceux de Cilaos n’étaient programmés dans aucune autre salle de l’île. Des films de haute qualité. En prenant de l’âge, j’y ai vu "Le viager", ou encore "Les compagnons de la marguerite" de Mocky. Fallait l’faire !

La grande distraction de ces vacances était bien la fête des Pères, vaste kermesse organisée par les curés mais abondés par la population charitable. Caroussel, surprises et tir à la carabine. Michel et moi y avons décroché nos premières palmes, poule blanche pour moi, noire pour lui, lapin pour Alain, au grand dam des chasseurs âgés de 50 balais qui nous voyaient arriver sourcils froncés. Tonton André, ex-tireur d’élite au Vietnam, nous avait expliqué en missouk que "la 6m/m i tire in peu à gauche alors bouge un peu le canon su la droite". Pas tombé dans l’oreille de trois sourds !

"Piano et bonbons-Jésus"

Une ou deux fois par semaine, Mamie nous emmenait au couvent des Sœurs de Marie, tout près, prendre des leçons de piano dispensés par la Sœur Sainte-Ida. Euterpe s’en mord encore les doigts.

Ce qu’il y avait de plus palpitant chez les Sœurs, c’étaient les séances de fabrication d’hosties, les "bonbons Jésus", dont nous volions les miettes pas assez rondes pour mériter les gosiers des fidèles. Cela n’avait aucun goût mais c’était formidable de se gaver d’hosties… sans doute pour me faire pardonner du vin de messe que l’enfant de chœur que j’étais, piquait dans la sacristie du père Hauck. Du vin Isabelle fourni gratuitement par un vigneron du cirque en échange de quelque indulgence plénière.

"In’ ti rhum sucré"

Oui, nous n’étions pas de petits saints, même dans ce cirque vivant au rythme des chrétiennes cloches de Notre-Dame-des-Neiges… et du chien des De Palmas, énorme grand-danois qui se faisait un devoir de répondre à chaque son canonial : tout le cirque était sur pieds dès cinq heures.

Notre mère se mit un jour en tête de nous faire donner, à Michel et moi, des leçons de latin et anglais au Séminaire, par faveur spéciale des prêtres. Nous avons tant dégoûté les prof de nous rendre meilleurs que dès le second jour, ils nous firent comprendre qu’ils n’allaient pas cafter auprès de Mamie si nous ne venions plus foutre le bordel dans leurs classes. Braves bêtes !

Nos cerveaux démoniaques avaient trouvé un bon moyen de nous faire bien considérer de nos trois vieilles. Elles se délectaient d’un grand rhum sucré, un avant le repas de midi, l’autre juste après l’angélus vespéral. Michel et moi leur préparions leur breuvage avec une attention touchante, trois cuillères de sucre au lieu d’une et demie. Elles sifflaient leur tafia et nous le sucre bien rhumé. L’atavisme, ça ne se commande pas !

En "changement d’air": Sans argent, ni playstation ni internet…Nos formidables vacances d’autrefois
"Un éboulis dans le Bras-de-Cilaos"

Cela dira peut-être quelque chose à certains : c’est lors de vacances à Cilaos que nous avons découvert, avec le bonheur que vous imaginez, les aventures radiophoniques de Tintin et Milou. Ce fut un jour par hasard, en tripotant les boutons du gros poste à lampes. "Maurice Sarfati-Tintin et Jacques Hilling-le capitaine Haddock".

La chanson est encore gravée sous ma tignasse blanche : "Quand je vois Tintin/Milou n’est pas loin/ Car Milou le brave Milou/Suit Tintin partout".

D’autres souvenirs sont moins roses. Comme le jour où Alain et son pote Jean-François se retrouvèrent coincés sous un éboulis monstrueux du Bras-de-Cilaos. Ils ont eu de la chance… et nous de les avoir encore.

Et puis… ce jour où nous arrivâmes chez Mamie. Papa était là, très malade, engoncé dans une robe de chambre. C’était quelques jours avant le 3 décembre 1955…

Je vous embrasse tous et vous souhaite une heureuse année 2017. Je vous aime tous,

Julot.
 
Jules Bénard
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1.Posté par ZEMBLA le 31/12/2016 13:36

Mille merci mon cher Jules.
Pour 2017 je te demande de faire un livre retraçant cette mémoire de la Réunion qui ne doit pas se perdre
Bonne année et santé à tous les tiens Amitiés

2.Posté par noe le 31/12/2016 13:38

On peut dire tout ce qu'on veut mais on s'emmerdait à mort dans ces temps bibliques sauf quand il y avait une bonne guerre pour se mettre sous les dents !
De nos jours on a Facebook , les SMS , les voitures , les films et même les services malabars avec coupages de têtes de boucs !
On s'amusent avec le champagne et les filles !

3.Posté par golf51 le 31/12/2016 17:12

post2 mort de rire!!!!

4.Posté par kersauson de (p.) le 31/12/2016 14:16

ote ben.. tu nous gonfles..

5.Posté par NOM le 31/12/2016 17:24

Merci de me rappeler le bon souvenir d'Ida, notre voisine, dont papa à construit le "salon" pendant que je m"émerveillais devant le frigidaire à pétrole dans sa petite maison aux pièces en enfilade. Je ne sais pas si elle y a dormi d'ailleurs; quand on la voyait, c'était chez Madame Bébé.

6.Posté par Ouaky le 31/12/2016 17:41

Bravo pour cet excellent texte Jules Benard.
Et faisons le vœu que votre collaboration à ce site sera plus active en 2017.
Merci à Zinfos de vous accueillir.
Les accros aux commentaires pour le commentaire , qui ont sevi pour le texte précédent,espérons qu ils passeront leur chemin et trouveront un peu de poésie en 2017 . C est en tout cas ce que je leur souhaite, le monde ne se limitant pas à leurs obsessions.
Excellente année à tous.

7.Posté par L'Ardéchoise le 31/12/2016 17:42

Belle et bonne année 2017, Jules, avec encore plein de récits, de coups de gueule et d'états d'âmes qui font parfois, souvent même, le piment de nos journées Zinfos !
Au plaisir de te retrouver au fil des pages virtuelles.

8.Posté par Jules Bénard le 31/12/2016 18:15

à posté 4 NOM :

Elle y a peut-être dormi une fois ou deux quand mamie était au Tampon chez Lucien, ou en France.

Mais c'est assez peu probable car lorsque notre grand-mère voyageait, Ida était de la partie.

Je me souviens bien de sa petite maison que vous évoquez ; pour y avoir dormi avec mon épouse et des copains en vacances à Cilaos.

Bonne année 2017 à vous et ceux que vous aimez, JULOT.

9.Posté par biscotin le 31/12/2016 15:29

Quel talent ce Jules.
Je l'ai côtoyé au Lycée Leconte de lisle, dans les années 60.
On dirait du Pagnol,mes lectures préférées à l'époque.
Bonne année et continue tes rubriques dans Zinfos

10.Posté par Jules Bénard le 31/12/2016 22:06

à posté 1 ZEMBLA,

de la part de Buck John :

Ta suggestion m'a été faite nombre de fois ces jours-ci.

J'y songe sérieusement.

Je te remercie sincèrement d'apprécier mes souvenirs... qui semblent être aussi les tiens.

Bien cordialement à toi, Double-Rhum !

11.Posté par Jules Bénard le 31/12/2016 22:06

à posté 1 ZEMBLA,

de la part de Buck John :

Ta suggestion m'a été faite nombre de fois ces jours-ci.

J'y songe sérieusement.

Je te remercie sincèrement d'apprécier mes souvenirs... qui semblent être aussi les tiens.

Bien cordialement à toi, Double-Rhum !

12.Posté par Choupette le 31/12/2016 22:49

"Un certain Malik" ???!!!

Cherchez l'erreur.

13.Posté par 2017 le 31/12/2016 23:31

Merci pour ce texte magnifique .
Et vivement d autres textes de J Benard.
Excellente année à J Benard.
Excellente année à Zinfos

14.Posté par Bebetecoco le 01/01/2017 07:09 (depuis mobile)

La belle époque.Quel talent ce Mister Jules.Mais ça
Je le sais depuis très longtemps.Bonne Année 2017.

15.Posté par y.féry le 01/01/2017 07:11

Ah! la chanson de Tintin...! Pourtant j'écoutais régulièrement ce feuilleton, mais les paroles... oubliées. Comment fais-tu ... serait-ce " l'étiquette bleue" le secret de ta mémoire d'éléphant? (tu comprendras l'allusion)
Merci pour ce texte et que le souhait de "Zembla" se réalise sans trop tarder.
Bonne année!

16.Posté par Jules Bénard le 01/01/2017 09:17

à posté 13 "y.féry" :

J'ai des amis vraiment très fréquentables et ça aide bien à vivre !
L'étiquette "or" n'est pas mal non plus.

17.Posté par redbily le 01/01/2017 07:27

J'admire votre façon de décrire les choses. Bien que n'ayant pas connu cette époque, ça fait voyager dans le temps.
Vous avez un nouveau fan.
Le jour oû vous sortirez un livre souvenir, si ce n'est déjà fait, je serais acheteur.
Bonne année à tous.

18.Posté par zenesrebel le 01/01/2017 12:04 (depuis mobile)

Monsieur Bénard, merci de partager vos souvenirs d''enfance. Ça fait chaud au coeur pour nous qui sommes jeunes de pouvoir nous imaginer ce qu''était la vie d''antan. Certes pas toujours rose mais ô combien formatrice. Bonne et heureuse année 2017!

19.Posté par Rome .charette .... le 01/01/2017 13:00

@ 2.Posté par noe le 31/12/2016 13:38

Ou lé enfoutant NOE ce que Monsieur Jules Benard raconte c'est du vrai.
lé "comma" comme dirait ces jeunes perdus à cause des parents perdus qui font du mimétisme
Dommage que j'ai pas une belle plume comme Jules pour conter les premières soirées plage 1999 á 2001 devenus beuveries bagarres et l'as tu vu ....
Copier maintenant par la capitale caniards (quand est t il de la place Johan STupa ?)
Aujourd'hui les jeunes Y boir la rak ....sur la plage ...lendemain Y dort comme cochon la journée , Y connaît pu mémé ek pépé juste pour les taxer un monnaie pour tuner le loto à crédit ou pour le dernier téléphone
Alors que nous ce jour là freres sœurs ma tante tonton on convergeait vers leur Tite maison pour chercher la bénédiction et le cortège de morales qui etaient associées

POV société malade .....

20.Posté par pauly le 01/01/2017 13:56

merci de nous rappeler ces moments de notre enfance je me retrouve quelque part ! et quel bonheur de revoir la photo de Mme Justy Bénard qui fut une prof que j'adorais et qui m'a bcp aidée

21.Posté par Ti yab dé o le 01/01/2017 17:24

Bravo Jules,
Chapeau bas de faire revivre mes souvenirs d'époque. Jeune yab de 6 ans de la Rivière Saint-Louis, je revis ces époques alors que je fréquentais la colonie de vacances à Cilaos dans l'école primaire qui se trouvait à l'époque sur la colline à gauche face à Ilet à cordes. Le car courant d'air, les sorties la roche merveilleuse, bassin trou de pilon, les gouters ti pain de chez Tilouis avec deux carré chocolat, les séances de cinéma .Belle époque où nous nous contentions de peu.
Je me souviens aussi de mes passages chez la famille Cent Kilos, Siner, les turpin , le renouveau seul ébéniste tourneur sur bois du cirque et son adorable épouse(notre tante) .
Merci Jules de nous faire revivre ça.
Aujourd'hui les jeunes nous moquent heu pardon se moquent de nous, mais je peux t'assurer que j'étais mille fois plus heureux de jouer avec ma toupie souvent fabriqué par papa : un clou planté dans un bois taillé qu'on lançait avec du fil de maçon et quand on perdait les supplices que subissaient nos toupies. Aie aie aie.
Souvenir , encore avec notre charrette pays fabriquée d'une moque de sardine de l'époque de deux capsules comme roues et d'un Ti jacques qui faisait office de boeuf.
Et pour finir le plaisir de rencontrer un tonton quand on allait à l'école à pied si ou plait. Le plaisir de lui dire bonjour car souvent il nous payait une limonade et du pain avec paté de foie chez manuel Larel ou Ah fat.

22.Posté par jr BOYER le 01/01/2017 17:54

Comme cela a été dit au début de cette histoire, et je confirme, pour presque tous ceux que je connaissais, les vacances signifiaient que l'école était finie mais pas les travaux. Parfois je me demande si l'école n'était pas meilleure bien que je m'y emmerdais et qu'à cause de ma nullité je ne montais dans la classe supérieure que parce qu'il y avait des trous à boucher. Mais il y avait d'abord la cantine où j'avais bon appétit et que notre bon maire Badré ne nous faisait pas payer et qu'un jour je pourrai peut-être vous dire pourquoi et et comment elle fonctionnait. D'autre part, quand nous rentrions le soir à la maison le repos scolaire était terminé. C'était là que commençait le travail. Manger cabris, manger lapin, manger boeufs, surtout manger boeufs car maman avait horreur de les voir lire le journal et de les entendre gueuler leur faim, chercher quelques chicots de géranium secs ou autres bois pour la cuisine, charroyer l'eau pour les animaux à partir de la ravine en période de sécheresse, pour le ménage et surtout pour boire car là il fallait trouver une citerne publique qui contienne encore un peu pour remplir un arrosoir. Combien de fois, au moment du repas on se rendait compte qu'il n'y en avait pas et si c'était l'hiver, toi, enfant de 8/12ans en pleine obscurité affronter un chemin rempli de bébêtes longé de rares cases avec parfois des chiens pour faire le kilomètre qui séparait la fontaine de la maison.
J'arrête là la litanie, pour avoir le temps de vous dire que pendant les vacances il y avait en plus les travaux des champs qui remplissaient nos journées entières. Aussi, soixante ans après et comme ma chère maman ne peut plus hélas m'entendre et même si cela sonne faux, je veux crier VIVE LA RENTREE!!!! VIVE LA RENTREE!!! VIVE LA RENTREE!!!

23.Posté par jr le 01/01/2017 18:11

Cher julot
Pour moi aussi décembre 55 a été lugubre, très lugubre. Toi le 3, moi 5 jours après, le 8. Toi à 7 ans; moi à presque10.
Aussi, je me permets de t'écrire:
Amitiés et bonne année

24.Posté par zean le 01/01/2017 18:45

c'etait un autre temps mais la famille benard avait beaucoup de chance d'aller en changement d'air, ils etaient peu nombreux a l'epoque beaucoup restaient chez eux

25.Posté par St-André le 01/01/2017 21:46

c'était le bon temps où tous les Yabs se plaisaient à qualifier la religion tamoule de "religion bébète".

Et aujourd'hui beaucoup de descendants de ces Yabs envahissent les temples tamouls pour aller chercher la "grâce bondié".

C'est impressionnant, et amusant à la fois, de voir tous ces Yabs, Cafres, avec le poutou de SHIVA au milieu du front et le cordon rouge de l'hindouisme attaché au poignet, prendre d'assaut les boutiques indiennes de l'est en cette fin d'année pour acheter des offrandes pour les divinités hindous.

L'église i accorde pu coça ?

26.Posté par houpiart le 02/01/2017 04:58

merci pour ces bons et merveilleux souvenirs
pour moi et mes frères, c'était à hellbourg avec les cousins et cousines et nénenne Thérèse ma deuxième maman. nous avions les mêmes préoccupations et faisions les mêmes bêtises .
2 mois de vacances en janvier février c'était trop génial

27.Posté par tete pioche le 02/01/2017 08:40

koméla na pu valeurs
fo néna wifi, fo néna ci, fo néna ca
attend kan al guerre va péter
band la moucat

28.Posté par Maître CoNNar le 02/01/2017 10:36

@ 22.Posté par St-André le 01/01/2017 21:46

En effet aster on voit pi seulement des malbars ek gros 4 x 4 ou mercédes ek gros siffon rouze ek Zaune nana yab aussi ? mais nana aussi bonpé loto ek sapelé attaché au rétroviseur Hi hi hi

Comme pour
les robes de Belphegores dans la rue Maréchal Leclerc
Les vitres teintées
Sapelé ...
Siffon rouze ou Zaune

DEVRAIENT ÊTRE INTERDIT

comme dans les taxis de zillot qui en plis des Siffons agrémentent le voyage à 25 euros avec les avis DC de freedom ou dans certains car zaune en passant .

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