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Patrimoine

Elie, le Révolté


En 1810, l’Ile de la Réunion vient de perdre son nom de Bonaparte, elle est sous domination anglaise. La France et la majeure partie de l’Europe continentale sont dans les mains de Napoléon Bonaparte. Le gouverneur est Sir Farhquar qui ne reste que quatre mois dans l’île. Il rejoint l’île Maurice elle aussi Anglaise, et laisse les commandes au Général Keating. Ces nouveaux occupants sont, selon la formule consacrée, une main de fer dans un gant de velours.

Par Sabine Thirel - Publié le Samedi 12 Décembre 2009 à 08:01 | Lu 4780 fois

Document Pierre Alibert - Le grand livre de l'esclavage
Document Pierre Alibert - Le grand livre de l'esclavage
Chacun sait que l’Angleterre,  partie intégrante de la Grande Bretagne depuis 1801, est farouchement opposée à la « Traite des Noirs ». Aussi, les colons appréhendent ce changement. Ils craignent de ne pas  pouvoir remettre les champs en état après les grandes avalasses de 1806 et 1807 et des cyclones qui ont détruit toutes les plantations. La plupart d’entre eux est ruinée. C’est le premier groupe de Blancs pauvres qui se réfugient dans les Hauts refusant de travailler pour l’autres Blancs auprès des esclaves. Le café est en mauvaise posture.  Le pouvoir anglais s’intéresse à la canne à sucre  qui a fait ses preuves aux Antilles et dans les autres colonies.

Les Anglais sont pour l’abolition de l’esclavage et se montrent fervents défenseurs de la cause des esclaves. Ils croisent sur l’Océan Indien à la recherche et à la poursuite des négriers.  Ces courses poursuites produisent parfois l’effet inverse de ce que souhaitent les abolitionnistes. En effet,  sur les  navires pris en flagrant délit, pour ne pas payer de taxes, il n’est pas rare de voir les marins se débarrasser de la « marchandise ». Hommes, femmes et enfants  poings liés sont jetés à la mer.

Les esclaves voient en cette arrivée des Anglais, une possibilité de libération et espèrent un changement immédiat de leur situation. Cependant,  les colons  persuadent les Anglais à ne pas provoquer de grandes modifications  dans l’île.  Ainsi pour éviter le mécontentement des esclaves et la possibilité d’un mouvement de colère  de leurs parts, ils affranchissent un certain nombre d’entre eux. Ils sont assurés de maintenir le calme tant au niveau des esclaves que de leurs maîtres qui détiennent l’économie, d’autant que La Réunion est le grenier des Mascareignes. Saint-Leu abrite 90 % d’esclaves dans ses plantations.
Alors déçus, les esclaves réagissent. Quelques groupes s’organisent.

Dans la nuit du 4 novembre 1811, un certain Jean, commandeur créole de M. Maillot, rassemble dans la Ravine du Trou vers Saint-Leu, quelques meneurs destinés à encadrer les troupes. Bien plus que cent esclaves, deux cents d’après l’historien Prosper Eve, sont prêts à attaquer les habitations, pour gagner leur liberté. Figaro, esclave créole de la veuve Legrand dénonce le complot à Saint-Louis et précipite la date de l’attaque. Le 5 novembre, Jean et 50 autres esclaves sont arrêtés et transférés à Saint-Paul. Elie prend le relai, aidé de Gilles et Prudent. La révolte est en marche.
   
Dans la nuit du 8 au 9 novembre 1811, Elie et plusieurs autres fondent sur l’habitation de Célestin Hibon, ils ne trouvent pas. Ils tentent de rameuter les esclaves de cette habitation.  Ils raflent alors des outils et objets qui leurs serviront d’armes pour attaquer les autres domaines. Ils se dirigent alors vers celui de Jean Macé qu’ils abattent, pendant que sa famille s’enfuit. Les révoltés décidés de mettre fin une seule fois pour toute à l’esclavage, progressent encore vers les autres plantations, celle de Pierre Hibon est défendue par ses esclaves. Dans chaque habitation, ils essayent d’amener les esclaves à les rejoindre. Chez Pierre Hibon, ils s’arment une nouvelle fois. Armel Macé qui est abattu à son tour chez lui.

Paulin, a assisté impuissant à l’assassinat de son maître  Armel Macé. Il se rend à Saint-Leu pour prévenir  des évènements. Une petite milice de colons armés se forme  instantanément et se met à la poursuite des mutins. Ils installent un guet-apens et parviennent à arrêter les révoltés en tirant à vue. Une vingtaine d’entre eux est tuée. Certains seront pris et enfermés, et les autres encore sont pourchassés avant d’être emprisonnés à leur tour et d’être traduits en justice. Le procès se déroule dans la Cathédrale de Saint-Denis.  Le gouverneur Farhquar se déplace dans l’île. Trente condamnations à mort seront prononcées. Les condamnés seront exécutés  dans toutes les régions de l’île à titre d’exemple.


Sources :
Le grand livre de l'esclavage -Gérard Thélier  et Pierre Alibert Orphie éditions -2002
Le Mémorial de La Réunion - Australes Editions 1978/1980
Doc. Prosper Eve
L'Alliance imaginée : La révolte des esclaves et des petits créoles dans la mémoire réunionnaise - H.Gerbeau - IEP et CERSOI- Université d'Aix Marseille




1.Posté par boyer le 12/12/2009 08:16

En récompense, Figaro a ete affranchi récompensé par les anglais en 1811 puis par les Français en 1815 qui lui ont offert la 1ere concession de l'ilet à cordes.

2.Posté par mussard....chasseur de tueurs, pillards et autres violeurs q le 12/12/2009 10:27

dire que cette racaille voulait tuer ce pauvre Hibon...dont la gentillesse et la largesse d'affranchissement envers ses esclaves avait donné un proverbe pei: heureux comme un esclave à hibon !

Trop bon, trop con..M. Hibon ! heureusement notre seigneur vous a épargné, et la racaille fut sévèrement punie....pour le reste, je m'en suis occupé !

3.Posté par boyer le 12/12/2009 11:59

aujourd'hui les Figaros de 2009, se comptent par dizaines: on les trouvent à la Region au CG et dans les conseils municipaux

4.Posté par laluno le 12/12/2009 14:07

Ou il ne faut pas hésiter de goutter le bon vin, (qui rend fou) et les lentilles de l'Ilet à cordes..chez les petits viticulteurs biens sympats.....que je connais bien...

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