Océan Indien

Elections régionales à Rodrigues: Le parti autonomiste grand vainqueur

Lundi 6 Février 2012 - 18:31

Elections régionales à Rodrigues: Le parti autonomiste grand vainqueur
 
Dimanche 5 janvier, de 6h30 à 15h30, ils étaient 22.549 électeurs sur 27.776 recensés sur six arrondissements de l'île de Rodrigues à accomplir leur devoir citoyen dans le cadre des élections régionales 2012, ce qui équivaut à un taux de participation de 81,18%. Le peuple a choisi parmi 44 candidats pour les 18 sièges à pourvoir. 12 le seront au suffrage universel (deux députés par arrondissement) et six autres sièges seront alloués selon le système de répartition proportionnelle. Les bulletins ont été dépouillés ce matin et les résultats viennent de tomber...

C'est l'Organisation du Peuple Rodriguais (OPR) qui est le grand vainqueur de ces élections régionales en raflant huit sièges contre quatre pour son concurrent direct le Mouvement Rodriguais (MR), en attendant la désignation des élus de la liste proportionnelle. L'OPR souhaite principalement la consolidation de l'autonomie obtenue en 2002.

Son leader, Serge Clair, a lancé sur la radio mauricienne Radio One: "La famille de Rodrigues doit œuvrer dans l’unité", en précisant toutefois qu'il ne souhaitait pas faire alliance avec le Front Patriotique Rodriguais (FPR), dirigé par Johnson Roussety, qui n'a pas caché sa volonté de collaborer avec l'OPR. 

Le chef commissaire sortant, Nicolas Von Mally, du Mouvement Rodriguais (MR) n'a donc pas été réélu. L'OPR a été classée en tête dans quatre régions: Petit-Gabriel, Baie-aux-Huitres, Port-Mathurin et Grande-Montagne. Les candidats du Mouvement Rodriguais (MR) se contentent de la première place dans les régions de La Ferme et de Maréchal.
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1.Posté par Bébé le 06/02/2012 19:39

Von Mally ne pouvait pas être élu...n'étant pas candidat! Tout membre de l'Assemblée Nationale mauricienne ne peut être candidat à l'AR de Rodrigues. Avec une dose de proportionnelle l'OPR de Serge Clair se retrouve à 11 sièges,le M.R. de Nicolas Von Mally 8 sièges et le FPR de Johnson Roussety 2 sièges.

2.Posté par Brice le 06/02/2012 22:04

L'OPR s'apparenterait à une secte en France....

Nous avIons reçu des propositions pour

1) un aéroport plus grand
2) une université
3) le câble optique
4) le nouveau marché (construit)
5) un port agrandit

Serge Clair n'a pas changé (source : lexpress.mu)

http://www.lexpress.mu/services/archive-70117-levangile-selon-serge-clair.html

L’homme à la guitare sèche qui chante avec une voix de baryton On ne voit pas le temps passer de Jean Ferrat porte une soutane noire. Il a un faux air de Montgomery Clift dans La Loi du Silence d’Alfred Hitchcock, lui aussi prêtre dans le film.

Nous sommes vers la fin des années 60 dans une cour exiguë de la rue Brabant à Port-Louis sous une tonnelle de vignes. Serge Clair s’arrête, pose la guitare sur ses genoux et éclate d’un rire de stentor pour annoncer son intention de « rendre sa robe » pour aller étudier en Australie afin de revenir pour se mettre à la disposition du peuple rodriguais. C’était un secret de Polichinelle pour ses proches. Depuis longtemps, il se posait des questions dans le grenier de la cure de la rue St. Georges.

Par la suite, dans toutes nos conversations avant qu’il ne prenne l’avion, il est question de son désengagement de l’Église, des réactions que sa « démission » allait provoquer, et si d’aventure, il se lançait dans l’arène politique, de la campagne que feraient ses adversaires à l’égard d’un défroqué. « Je crois que j’ai une mission, une obligation envers le peuple rodriguais pour qu’il retrouve son identité et sa dignité », répète-t-il inlassablement pour justifier sa décision… avant de reprendre sa guitare pour entonner «… que la montagne est belle », toujours de Jean Ferrat, en nous disant avec une fierté à peine dissimulée : « Zotte pas conne banne montagne Rodrigues zotte ! »

C’est non sans déchirement que Serge Clair prend congé de l’Église et de nous pour de nébuleuses études en communication. Nous avions compris à l’époque que ce séjour australien n’était qu’une étape pour se faire oublier, une forme de purgatoire dans le sens inverse qui lui permettrait plus facilement d’intégrer la vie civile et le champ politique.

Bien plus tard, nous avons appris que Serge Clair était déjà installé à Rodrigues dans sa petite maison familiale en bois située au sommet du Mont-Lubin. Maison surchargée de livres et de documents, qui avait la même rusticité que ses quartiers de la cure de l’Immaculée Con-ception, et qui sentait fort le moisi. De là, il sillonnait l’île sur sa Vespa pour tâter le pouls de sa population.

Serge Clair prépare ainsi les prochaines élections. À l’époque, il ne savait pas encore qu’elles devaient avoir lieu le 20 décembre 1976. Mais il estime que le temps joue en sa faveur. Il crée ainsi dans cette perspective l’Organisation du peuple rodriguais avec un symbole ô combien révélateur : une bougie allumée ! Il fait de la politique et sa campagne autrement. Il parle de la dignité des Rodriguais et de la nécessité de retrouver leur identité. Il prend de l’épaisseur quand régulièrement il est agressé par les nervis du PMSD lors de ses tournées.

Quand la date des élections est rendue publique, quand les deux candidats du PMSD sont identifiés – à savoir Cyril Guimbeau et Nicol François –, Serge Clair multiplie rencontres et réunions, tance les Rodriguais de se laisser « acheter » par des bribes électoraux que le PMSD distribue généreusement avec la complicité de quelques commerçants, frileux de la tournure des événements, en estimant que la rodriganisation est susceptible de créer un soulèvement dans l’île.

À Maurice, le MMM jubile devant la perspective d’une victoire de l’OPR dans la 21e circonscription afin de ravir ces deux sièges au PMSD, l’ennemi traditionnel juré. Paul Bérenger envoie régulièrement des délégations MMM et syndicale dans l’île pour dénoncer le PMSD et ses métho-des sans établir toutefois un lien organique avec l’OPR pour ne pas être associé à la démarche de rodriganisation. Toutefois, lors de ses visites, des rencontres nocturnes ont lieu entre le MMM et Serge Clair pour déterminer, entre au-tres, si en cas de victoire, l’OPR s’associerait au MMM. Serge Clair fait savoir à plusieurs reprises qu’il accepterait volontiers le portefeuille de Rodrigues.

Les résultats du scrutin de 1976 sont sans surprise. Avec des moyens médiocres, un argumentaire austère et la démagogie du PMSD, Serge Clair n’a aucune chance. Il perd mais avec honneur. Il réussit le tour de force de rassembler 3 241 voix contre 5 392 pour Cyril Guimbeau tandis que son colistier Darsil Perrine obtient 3 135 contre 5 304 pour Nicol François.

« La marche a commencé », se contente-t-il de déclarer pour commenter les résultats de Mont-Lubin. « Personne n’arrêtera l’OPR et le désir d’émancipation du peuple rodriguais »… Loin de se laisser perturber par cette défaite, il estime que le moment n’est pas encore venu et que la prochaine fois sera la bonne. Et dès le lendemain, il enfourche sa Vespa et recommence à labourer le terrain comme dans la fable de La Fontaine. Il sera le laboureur des terres rodriguaises pendant cinq longues années…

Le sens « sacré » de sa mission

Tous ses propos à l’époque témoignent du sens « sacré » de sa mission. Il s’en croit investi pour libérer « son peuple » du joug PMSD pour le conduire vers d’autres « terres promises ».

Compte tenu de ses antécédents, il y a quelque chose de Moïse chez cet homme. Son célibat prolongé, sa vie de spartiate et sa rectitude font de lui plus un « guide » spirituel que politique. Il entreprend ainsi la libération de son peuple pour la terre promise de l’autonomie. Une notion nébuleuse parce que mal expliquée qui permet à ses détracteurs de lui prêter des intentions indépendantistes, véritable repoussoir pour le gouvernement central.

Il prend davantage conscience de sa « mission » quand en 1982, il récolte le fruit de ses efforts en faisant le double du score de Gaëtan Duval et de Nicol François. Auréolé de son portefeuille de Rodrigues, il consolide ses assises en créant l’État-OPR. C’est le début de la construction de son empire politique. La cassure à Maurice ne perturbe pas la situation à Rodrigues. En 1983, il est réélu avec France Félicité en pole position. Anerood Jugnauth lui fait subir une humiliation en nommant son colistier ministre de Rodrigues.

Serge Clair estime que les voies du Seigneur sont impénétrables et que le chemin de la terre promise est souvent tortueux. Il est patient parce qu’il est bon marcheur. Il fait toujours campagne pour l’autonomie quels que soient ses partenaires. N’a-t-il pas décrété que l’OPR travaillera avec n’importe quel gouvernement en place à Maurice ? En 1987, imbattable encore une fois, il devient ministre de Rodrigues au sein du gouvernement MSM-PTr-PMSD ! Il réédite son exploit en 1991, en 1995, en 2000… avec en filigrane l’émergence du Mouvement rodriguais de Nicolas Von Mally. Il démissionne en 2002 pour être candidat à l’élection des membres de l’Assemblée de Rodrigues dans le cadre de l’autonomie. Il trébuche à La Ferme, mais retrouve son équilibre quand un élu de l’OPR lui cède sa place. Il devient ainsi le deuxième chef commissaire de Rodrigues après Daniel Spéville. Mais il n’a pas mis les pieds en premier sur la terre promise….

Se croyant peut-être investi d’une mission sacrée, Serge Clair a développé au gré de ses nombreuses victoires, un style autoritaire qui ne souffre d’aucune contestation. Il change de colistiers comme de chemises et fait table rase de tout ce qui lui fait de l’ombre. Son intolérance devient légendaire, renforcée par une vision personnelle de l’avenir de Rodrigues. Il ne consulte pas, il décrète. Il traque les brebis égarées à coups de trique… en public.

Il perd sa majorité à l’Assemblée régionale et contraint ainsi l’OPR à la démission. Un guide spirituel n’a pas tort par définition. Tel Moïse avec lequel il s’est confondu, quand il descend de Mont-Lubin vers Port-Mathurin avec « ses » tablettes de la loi et qu’il découvre que ses élus adorent le veau d’or, il n’en peut plus… il casse la baraque, prend l’avion pour Maurice pour dénoncer leurs turpitudes. Combien de temps encore va-t-il errer dans le désert ?

A présent on le sait....

3.Posté par nassola le 07/02/2012 09:07

POST 2
Factuellement cet article est intéressant car il nous permet de revisiter l'histoire de l'OPR que vous semblez bien connaitre ,ainsi que celle de son leader.
Mes désaccords sont en 2 points:
-Quid des rapports Maurice /Rodrigues dans cette histoire? Du PMSD au PT?
-Ce que vous dîtes de Serge Clair peut être également dit de tout "leader historique" de tout parti politique . Donc cela devrait dépersonnaliser vos critiques et cela ne justifie nullement de traiter l'OPR de secte.

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