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Courrier des lecteurs

Elections départementales : Les enjeux pour La Réunion


Par Joé Bédier - Publié le Lundi 16 Mars 2015 à 09:54 | Lu 629 fois

Elections départementales : Les enjeux pour La Réunion

S’il n’y avait eu le redécoupage des cantons et les dépassements et chevauchements des limites communales qui en sont les conséquences nouvelles, on pourrait se demander si les élections des 22 et 29 mars prochains ne constituaient pas les prolongations des municipales de 2014. 

A lire dans la presse les déclarations des candidats, on a en effet  le sentiment qu’il s’agit d’élections purement locales, les propositions allant rarement au-delà des limites cantonales et communales.

Certes une des particularités historiques de la collectivité départementale est le mode d’élection de ses représentants, organisée dans le cadre cantonal afin principalement d’assurer la représentation des territoires infra-départementaux. Cela garantit que les intérêts de chacun de ces territoires seront pris en compte et il est donc normal que chaque candidat porte des projets pour son canton, à condition qu’ils soient en cohérence avec l’intérêt départemental.

Car c’est bien là la portée de ces élections. Au-delà des joutes politiques municipales qui ont tendance naturellement à revenir et des propositions légitimes des candidats pour leur canton, il importe de ne pas perdre de vue les enjeux qui sont avant tout départementaux.

Quels sont-ils aujourd’hui à la Réunion  ces enjeux, qui constitueront les dossiers prioritaires du futur conseil départemental ?

Nous avons au sein de notre mouvement mené une réflexion qui nous a conduit, en restant dans les compétences départementales et en tenant compte des incertitudes liées à la répartition future des compétences entre région et département, à considérer que les questions abordées ci-après constituent des enjeux majeurs pour la Réunion dans un avenir immédiat.

L’action sociale et la santé

Les réponses au problème de la grande pauvreté et, hélas, de sa progression, s’imposent comme une des premières priorités. Avec un taux de population de 14 % en-dessous du seuil de pauvreté en métropole, le gouvernement a jugé nécessaire de mettre en œuvre un plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Or ce taux dépasse 40 % dans l’île !  

C’est dire à quel point la déclinaison et l’amplification du plan national à la Réunion sont importants. Ce sera la mission du prochain conseil départemental. Nous proposons notamment un renforcement de la  coordination des institutions et acteurs locaux par la signature et la mise en œuvre de contrats sociaux territoriaux, pilotés par le département.

En matière de santé publique et particulièrement de prévention, le département n’est pas seul concerné mais il peut et doit avoir une responsabilité d’initiative et d’impulsion pour faire avancer les choses, dans un domaine où les indicateurs montrent malheureusement des retards importants. 

Trois problèmes  retiennent en priorité notre attention

Celui de la mortalité infantile, deux fois plus élevée qu’en métropole (7,7 pour mille, 3,5 en métropole). Nous ne pouvons  accepter une telle situation, qui constitue une grande injustice et justifie un plan spécifique et d’urgence. 

Celui de l’éducation alimentaire chez les enfants et les adolescents, afin de prévenir les progrès du surpoids, de l’obésité et des maladies associées (diabète, hypertension, maladies cardio-vasculaires). Un programme associant les collectivités, l’éducation nationale, les acteurs économiques et sociaux doit être mis en œuvre.

La lutte contre l’alcoolisme doit enfin être renforcée, en allant au-delà de la simple prise de conscience et en associant également tous les acteurs.

La jeunesse

Avec un taux de chômage de nos jeunes de 60 %, des niveaux record de sortie du système scolaire sans diplôme, d’absence ou de faible qualification, d’illettrisme… nous sommes, sans humour qui serait mal placé, assis sur un volcan ! Tout le monde le sait mais néglige d’appréhender comme il se doit cette  réalité ou la fuit. En tout cas on reste dans un système de gestion au jour le jour qui n’est pas à la dimension du problème, quand on ne renvoie pas la responsabilité sur l’autre : combien de fois n’a-t-on entendu le sempiternel "l’emploi c’est l’Etat", comme pour s’exonérer de toute responsabilité ? 

Le département, en charge de l’insertion, ne peut tout faire lui-même et doit travailler avec d’autres acteurs majeurs de l’insertion et de l’emploi : l’Etat compétent en matière d’aides diverses à l’emploi et à la compétitivité des entreprises, la région qui a dans ses compétences le développement économique et la formation, les chefs d’entreprises qui doivent être attentifs  à nos jeunes dans leur politique de recrutement, nos chambres consulaires et organisations professionnelles, notre système éducatif et universitaire, le monde associatif, celui de l’économie sociale et solidaire… 

Aujourd’hui c’est d’un véritable sursaut que nous avons besoin, qui dépasse le "mode gestion" et le chacun pour soi ou encore "l’emploi c’est l’Etat"…Tous les acteurs doivent se retrouver dans un véritable plan "Marshall" pour l’insertion de nos jeunes. Le temps presse.

L’agriculture

La filière canne-sucre doit aujourd’hui faire face à l’échéance de 2017 de suppression par l’Union Européenne des quotas d’écoulement de notre production. Le président de la République a affirmé la volonté gouvernementale d’obtenir de l’Europe la possibilité de compenser par des aides nationales. C’est un dossier sensible, qui devra mobiliser le département, mais aussi tous les élus de la Réunion, dans les deux années qui viennent, capitales pour l’avenir de la filière. 

La filière canne-sucre est le premier pilier de notre agriculture, historique, ancré profondément dans la culture réunionnaise et l’aménagement de notre territoire, et surtout un secteur performant, l’un des plus performants au monde.

Le deuxième pilier doit être constitué par les productions de diversification, pour lesquels on a malheureusement reculé ou pas su accompagner les besoins engendrés par la progression démographique. Nous sommes loin de l’autosuffisance alimentaire, à laquelle nous devons travailler avec des objectifs ambitieux.

Les transports

On n’arrive pas à sortir un schéma global des transports  répondant aux besoins multiples de la population, de l’économie et à une situation qui va en s’aggravant en matière de déplacements.

La Nouvelle Route du Littoral ne résoudra pas ces problèmes.

Le "tout voiture" nous mènera à une catastrophe. La remise en cause du rail, la suppression dans certaine partie de l’île de tel projet de TCSP sont des décisions irresponsables.

Il faut dans ce domaine aussi un sursaut, de l’anticipation – dont l’absence est criante – du volontarisme et des décisions qui ne peuvent plus attendre, sous peine d’asphyxie  et de problèmes économiques et sociaux  graves.

Nous proposons des états généraux des transports qui débouchent sur des propositions à long terme et des décisions engageant les collectivités au-delà des changements politiques. 

En attendant il nous paraît souhaitable de mettre en place, à l’instar de l’observatoire des prix, un observatoire des déplacements.

Sur le plan particulier des transports scolaires un réexamen d’ensemble nous paraît nécessaire tant sur les plans des circuits, de la sécurité que des horaires de ramassage, ces derniers devant tenir mieux compte des rythmes biologiques des enfants.

Enfin les états généraux que nous proposons doivent intégrer les transports aériens. 

La gestion des déchets

L’adoption d’un plan global n’a jamais été chose facile. Toutes les régions de France avaient pris du retard dans ce domaine il y a encore quelques années, en raison notamment du blocage local que représentait le voisinage de toute installation, du rythme assez lent des  avancées techniques en matière de traitement et de valorisation et aussi des lenteurs dans la mise en place du tri et du recyclage.

Aujourd’hui, s’il ne faut pas négliger le paramètre du voisinage, les progrès sont allés assez vite dans tous les domaines. Une des premières priorités est cependant la réduction de la production des déchets à la source, qui fait l’objet d’un plan national de prévention.

Nous disposons donc des solutions qui permettent d’aller rapidement, si on en a la volonté, vers des dispositifs performants de prévention, de traitement, recyclage et valorisation. Et là aussi le temps presse, en raison de la saturation de nos sites d’enfouissement.

Une question demeure, celle du recours à l’incinérateur. Notre position est clairement défavorable. 

D’abord pour les raisons qui sont depuis toujours invoquées de protection de la santé publique et de l’environnement, compte tenu des rejets dans l’atmosphère de produits toxiques – même si les progrès techniques ont permis de les diminuer – et des problèmes posés par l’enfouissement de résidus pas moins toxiques, comme les mâchefers. Nous savons aussi que ces installations nécessitent pour leur amortissement un volume régulier et important de déchets pendant de nombreuses années, ce qui va à l’encontre de l’objectif de diminution de la production de déchets à la source.

Comment ensuite espérer augmenter, voire même maintenir l’attrait touristique d’une île aux dimensions réduites, en installant des incinérateurs dans le paysage ? Aspirateur de déchets, l’incinérateur risque aussi de représenter un repoussoir pour les touristes…

Une nouvelle gouvernance

Comme on a pu le voir pour chaque thème abordé ci-dessus la question de la gouvernance est omniprésente. Ses modalités conditionnent l’efficacité de toute politique publique.

L’organisation administrative souffre  en France d’un défaut majeur, la multiplicité des centres de décisions pour l’exercice de compétences partagées ou complémentaires - même lorsque sont désignées  des institutions chef de file.  On le constate dans des domaines aussi importants que l’emploi et l’insertion, le logement, la santé, les transports, l’éducation…Le département a ainsi en charge l’insertion et la région la formation, deux secteurs d’intervention dont la complémentarité est évidente.

On ne peut là aussi que faire le constat que les procédures de coordination manquent ou sont insuffisamment efficaces lorsqu’elles existent.

Mettre en place des dispositifs de coordination des politiques publiques, opérationnels et efficaces, c’est un des enjeux de ces élections et un défi pour la Réunion, dont le statut de région monodépartementale  donne à la question de la gouvernance encore plus d’acuité. Celle-ci devra être un des chantiers prioritaires du trio majeur que constitue l’Etat, la région et le département, pour toutes les grandes politiques publiques.

Dans ce cadre il faudra traiter en particulier l’articulation et la coordination des actions du département et de la région. Un consensus sur les évolutions  institutionnelles n’étant visiblement pas envisageable à brefs délais, des solutions existent afin d’améliorer la situation actuelle. La mise en place d’une instance permanente de liaison, composée d’élus des deux collectivités, serait de nature à lever les obstacles politiques et  administratifs d’une gouvernance locale plus lisible et plus efficace.

Ces grands sujets n’épuisent pas les compétences départementales dans leur configuration actuelle. Les personnes âgées, le handicap notamment avec les problèmes d’emploi et d’accessibilité, le logement, la culture, le sport…sont des domaines importants d’intervention du département. Les dossiers que nous avons abordés ici non seulement conditionnent l’avenir de notre territoire mais présentent un caractère d’urgence sociale, économique et humain.

Joé Bédier

Président de l’UDSA (Union Démocratique pour Saint-André)

Candidat aux élections départementales dans le canton 5 (Saint-André 2)





1.Posté par JANUS le 16/03/2015 10:55

u[... " Celle-ci devra être un des chantiers prioritaires du trio majeur que constitue l’Etat, la région et le département, pour toutes les grandes politiques publiques." ]u...

Beaucoup de bla bla pour rien ...

Le Département devrait disparaître du champ "politique" français ...
En confiant tout à La Région, nous simplifions le fonctionnement de nos institutions ... Et nous faisons des économies ...

Un seul centre de décisions ... Rien de plus simple ...

Nous avons malheureusement beaucoup d'élus qui défendent leurs prés carrés et qui ne voient que leurs intérêts personnels ... au détriment de l'intérêt public ...

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