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Politique

École à la maison: "Si les réponses apportées ne sont pas à la hauteur, les conséquences sociales seront graves"


Par Nicolas Payet - Publié le Jeudi 26 Mars 2020 à 11:13 | Lu 2755 fois

"Penser que toutes les familles peuvent participer à la continuité pédagogique, c’est être aveugle à la réalité de la société réunionnaise !". La députée de la 2e circonscription, Huguette Bello, s'inquiète des conséquences de "l'école à la maison" après le confinement imposé par les autorités. La parlementaire, qui rend un hommage appuyé à la communauté éducative, assure que si les réponses apportées par le gouvernement "ne sont pas à la hauteur" au vu de la situation réunionnaise (illettrisme, décrochage scolaire, taux de pauvreté), "les conséquences sociales seront graves".
 
Cette rentrée des classes est particulière.

En effet, elle a lieu dans un contexte inédit de crise sanitaire qui ramène sur le devant de la scène, de façon exacerbée, les problèmes de pauvreté, d’inégalités, de logement, d’illettrisme, d’illectronisme, de niveau d’instruction, d’insertion, de chômage...

A l’instar de l’ensemble des Réunionnais, la communauté éducative traverse une épreuve dont les conséquences psychologiques et sociales sont à redouter.

J'ai une pensée pour chacun de ses membres. Pour les enfants d'abord. Ce confinement bouleverse leur quotidien. Même si je sais, par mon expérience de directrice d’école, la très grande capacité d'adaptation des enfants, toutefois le confinement sur une longue durée est générateur de stress et d’anxiété. Dans ces moments d’une gravité exceptionnelle, la plus grande attention et protection doivent leur être accordées.

Pour leurs parents ensuite. Au devoir de respecter le confinement, à la responsabilité de rassurer et faire vivre aux enfants la situation le mieux possible, en plus des habituelles charges quotidiennes et du travail soit à domicile soit à l’extérieur pour certains, s'ajoute la nécessité de participer à la continuité pédagogique. Les sources de stress sont augmentées par rapport à ce qu’était leur vie avant le confinement. Malgré tout, chaque enfant à la maison aura besoin d’aide bienveillante et d’un environnement serein, propice à la continuité pédagogique. Ce ne sera pas facile tous les jours, mais je connais la grande solidarité présente dans chaque famille réunionnaise et l’immense dévouement de nos enseignants. C'est un atout de taille pour surmonter cette crise.

Pour les enseignants enfin, nos « hussards noirs » de la République ! Les enseignants doivent relever un défi majeur : continuer à incarner la mission civique d’instruire tous les élèves malgré le confinement. J'ai connaissance de leurs difficultés, de professionnels et de parents, mais j'ai surtout une confiance absolue en leur courage, intelligence et grande capacité d'innovation et d'adaptation.

La crise sanitaire nous met en demeure d’expérimenter « l'école à la maison ». C'est un enjeu majeur pour la société réunionnaise. Et si les réponses apportées ne sont pas à la hauteur, les conséquences sociales seront graves.

Le risque apparaît avec évidence de voir augmenter le fossé entre les enfants, dans l’apprentissage, car tous ne partent pas avec « les mêmes chances ». Tous ne pourront pas étudier à domicile avec la même efficacité, la même réussite.

Je parle là des enfants les plus démunis de notre île. Un jeune Réunionnais de moins de 18 ans sur deux, est un enfant de famille
pauvre !

Ils sont 115 500 !

Bon nombre de ces enfants vivent dans ces familles domoun mizèr, spectatrices d’un autre monde : «nou la pwin zordinatèr, nou la pwin internet, soman dann télé i amont riyink marmay néna» ;

Nous le savons, la fracture numérique est prononcée dans notre île :

        -  un Réunionnais sur 4 ne dispose pas d'un ordinateur à son domicile (ni ordinateur fixe, ni portable, ni netbook, ni tablette).
        -  Et chez les non diplômés, 4 Réunionnais sur 10 n’ont pas d’ordinateur fixe, ni portable, ni netbook, ni tablette!
        -  Pour ce qui est d’internet, 3 Réunionnais sur 10 n’ont pas accès à internet à domicile.
        -  Et près d’un Réunionnais sur quatre ne s’est jamais connecté à internet.

Le déficit d’équipement n’est pas le seul handicap, l'illettrisme stagnant de notre population (116 000 personnes concernées) en est un aussi. Penser que toutes les familles peuvent participer à la continuité pédagogique, c’est être aveugle à la réalité de la société réunionnaise !

« L’illectronisme », la non maîtrise des Technologies de l’Information et de la Communication sont aussi un facteur d’inégalité : bien des parents réclament de l’aide pour affronter l’inconnu des espaces numériques de travail. L’ENT (Environnement Numérique de Travail) et Pronote restent le « Monde enfoui » pour bon nombre de parents. Eduscol et la plateforme pédagogique du CNED, « ma classe à la maison », les « classes virtuelles », c’est une vaste « Terra incognita » pour la plupart des parents qui me disent se sentir impuissants, honteux de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, parce qu’eux-mêmes n’ont pas les moyens intellectuels, le niveau d’instruction requis, ne sont pas « allés loin à l’école ». Ces parents d’aujourd’hui, sont ce tiers des jeunes Réunionnais, soit 31 000 jeunes, qui ont quitté chaque année le système scolaire sans diplôme. Nous ne devons pas non plus oublier que, même si les jeunes générations de parents sont plus diplômées que les anciennes, La Réunion est l’une des régions ayant le moins de diplômés de l’enseignement supérieur.

En plus de la pauvreté monétaire, l’habitat et la structure familiale sont les principaux facteurs socio-économiques qui différencient les enfants réunionnais précaires.

Beaucoup d’élèves ne peuvent s’isoler pour travailler, faute d’espace dans des logements souvent très exigus.

En effet, les enfants pauvres vivent là où vivent plus de la moitié des Réunionnais c’est-à-dire dans des quartiers urbains ou ruraux précaires qui cumulent les fragilités économiques et sociales les plus aiguës de l’île, pauvreté monétaire, chômage, non insertion des jeunes de 16-24 ans, logement sociaux et surpeuplement du logement ; Parfois trois générations vivent sous le même toit dans des conditions de promiscuité peu propices au travail des enfants.

Face à la réalité de la société réunionnaise, comment penser et aider l’Ecole, en ces temps de crise et de confinement, pour qu’elle ne renforce pas les inégalités existantes ? La réponse à cette question offerte à l’intelligence des Réunionnais-es, relève de la responsabilité de tous.

A tous les membres et personnels de la communauté éducative : je vous assure chacun de mon entier soutien et de mon plein engagement à vos côtés.

A tous les Réunionnais : je souhaite à chacun de vous de traverser cette période difficile le mieux possible. Avec courage, dans la paix et la solidarité.


Huguette Bello
Députée de La Réunion




1.Posté par humanité le 26/03/2020 12:16

J'ai tout lu.... mais je ne vois pas ce qu'elle propose ???!!!

2.Posté par que dire le 26/03/2020 12:21

le constat est exact vos propositions Madame Bello ?

3.Posté par Zako le 26/03/2020 16:19 (depuis mobile)

C tjrs pareil avec elle ..Elle dis ce ke tout le monde sais..Mais à contrario rien à proposer sa fait 30ans qu''elle fait cela. .Je ne cmp pas pkoi el fait ce post c totalement inutile si ce n''est que pour exister. .On est pas illettrés madame. .Stop

4.Posté par Kayam le 26/03/2020 17:58

Le problème est aussi et sera aussi - si cette situation s'étire - d'imprimer les documents pour les enfants. Une cartouche d'encre coûte environ 20€, si on achète noir et couleur, ça fait 40€. (les devoirs comportent des schémas en couleur), il faut rajouter la rame de papier et éventuellement l'achat d'une nouvelle imprimante quand celle qu'on a commence à crier l'assassin !

Le président M. Macron a dit "quoi qu'il en coûte !" ; il aurait été bien de proposer une alternative à ces dépenses. La continuité pédagogique en fait partie également. Le conseil général n'a qu'à mettre en place un budget pour les collèges, le cons. rég. pour les lycées et les mairies pour les écoles. On paie des impôts nous !

5.Posté par klod le 26/03/2020 18:18

kayam , post 4, a dit nombre de choses réalistes à la différence des posts précédents qui ne font que continuer le moucatage d'"avant" .

Pour certains , la terrible crise du covid servira à un retour sur soi pour proposer un monde meilleur allant à l'essentiel et non vers le superflus ( comme le "bat karé annuel!!!!!!!!!!!!!), et plus de résilience envers autrui ( et soi même , mais c'est plus compliqué!) , sans critique acerbe mais constructive ,
Pour d'autres , cela ne changera rien , le monde continuera comme depuis mathusalem ou néfertiti , selon, hélas. …………….. time will tell.

6.Posté par Domi le 26/03/2020 20:31 (depuis mobile)

Je n’ai pas tout lu car je connais madame Belo : bla, bla, bla ... Que propose t- elle ? Absolument rien.
Vous étiez une enseignante et si vous repreniez votre bâton de pèlerin ? Je suis convaincu, vous seriez beaucoup plus utile qu’à l’Assembée.

7.Posté par Mwinmidike le 26/03/2020 21:56

On peut penser que beaucoup de ceux qui auront des difficultés pendant la continuité pédagogique ne foutaient déjà rien en classe. Donc, ils ne perdront pas plus de temps, par contre, ils n'en feront plus perdre à ceux qui bossent et à leurs professeurs.
Et ce sont ceux-là qui seront les premiers servis en ordinateur si jamais il y a distribution.

8.Posté par Targie le 27/03/2020 00:37 (depuis mobile)

C''est dur pour les cas extrêmes et sans aucun soutien intellectuel !! Vrai...Mais perso, mes bambins, ont avancé bcp plus , que depuis la rentrée, entre les maîtres (esses) et profs tjrs absences, sans remplaçants....

9.Posté par Targie le 27/03/2020 00:41 (depuis mobile)

Et ceux qui se sont convertis, faute de savoir quoi faire et qui ont des enseignements et comportements inapproprié, j'avoue qu'il y a aussi des mesures à prendre de se côté là aussi dans un futur proche !!!..

10.Posté par Kominis le 27/03/2020 02:46

Où sa ou lé Huguette? Ou la point lo droit fé porteaporte? Mi vois pi ou...Et out' délégasion espéciale, koça lé devenue?

11.Posté par Sue-helen le 27/03/2020 09:05 (depuis mobile)

Cette situation est exceptionnelle, il s’agit là d’investir dans l’éducation de VOS enfants. L’école est gratuite en France et ce n’est pas le cas partout ! Il faut voir le verre à moitié plein !

12.Posté par Kayam le 27/03/2020 11:22

Salut klod

Tu écoutes un peu Israel Vibration ? Tu sais le trio des handicapés... hier ils ont perdu Apple Gabriel, très malade.

 

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