Courrier des lecteurs

Donner une première chance à l'école de la République

Jeudi 20 Juillet 2017 - 16:59

Quelle agitation ! Pas une journée sans un communiqué pour supprimer une demi-journée d'école pour nos enfants. Sont-ils si instruits ? Alors, pourquoi créer des Écoles de la 2ème chance, l'Académie des Dalons ?

Bientôt le financement public devra ouvrir des écoles de la 3ème chance, de la 4ème chance et quoi encore ? Or, de fait, l’École de la 2ème chance et l'Académie des Dalons ajoutent des heures de scolarité pour permettre un meilleur savoir être et savoir faire.
Il semble que cette rapide suppression d'une demi-journée d'école le soit pour des économies. Souvenons-nous du président américain Abraham Lincoln qui disait : « Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance. » Pourtant les 23 communes signataires ont bénéficié d'aides conséquentes : de l’État, avec un ajout pour les Outre-mer,aide de la CAF nationale et de la CAF Réunion. Ainsi une grande commune du sud a obtenu une enveloppe de 960 000€, et (l'école est gratuite) a demandé un impôt personnalisé de 1€ par semaine, pour chaque enfant voulant bénéficier le vendredi après-midi d'activités sportives et socioéducatives.
L'historien de l'éducation, Antoine Prost s'indignait : « A qui fera-t-on croire qu'il est possible d'apprendre mieux et plus en travaillant
moins ? » Car le passage en 2008 – c'est récent par rapport à 1882 – à la semaine de 4 jours a diminué de 2 heures, le plaisir hebdomadaire.

Les Grecs appelaient scholè, le loisir, d'où l'on devrait se rappeler que vient notre mot école. Les pays développés, à l'exception de la France, disposent d'un rythme hebdomadaire d'enseignement de cinq jours. Un spécialiste reconnu de l'éducation, auditionné en 2010 par l'Assemblée Nationale au sujet de la semaine de 4 jours, déplorait en tant que directeur général de l'enseignement scolaire que « le monde des adultes s'est entendu sur le mondes des enfants. » M. Blanquer, il s'agit du nouveau ministre, doit
revenir à ses fondamentaux.

La France dispose de chercheurs de talents en chronobiologie et chrono-psychologie dont François Testut venu à La Réunion. La
désynchronisation des rythmes entraîne un lundi avec des baisses des performances, un affaiblissement de la vigilance, des perturbations dans le sommeil. Le pédiatre Michel Turquet a tiré une alerte le 15 novembre 2012, au salon de l'éducation de la Ligue de l'Enseignement, sur les causes de fatigue qui entraînent chez un grand nombre l'ennui, puis le rejet de l'école, l'illettrisme, la délinquance. Nous ne pouvions être mieux prévenus. Déjà en 1996, l'Association pour l'étude des rythmes de vie de l'enfant à La Réunion faisait des propositions concrètes en s'inspirant du professeur Hubert Montagner. Pour qui : « La vérité est que les enseignants et les parents désirent bénéficier de 2 jours de vacances quelles que soient les fatigues subies par les enfants. »
Le Comité Régional des Associations de Jeunesse et d’Éducation populaire (CRAJEP) de La Réunion se préoccupe du développement
harmonieux des enfants. Nos animateurs sportifs et socio-culturels vous le montrent avec joie et vigueur lors de ces grandes vacances dans les accueils à caractère éducatif de mineurs (colonies de vacances, centres aérés, centres de loisirs). Avec cette nouvelle réforme des rythmes scolaires, le plan social en préparation dans l’animation inquiète le CRAJEP. En effet, les collectivités ont largement recruté car le nombre d'accueil de loisirs déclarés a plus que triplé de 2013 à 2016. Les organismes de formation adhérents au CRAJEP ont réalisé des CQP et des BPJEPS et pour cela effectué des dépenses d'investissement pour
professionnaliser les animateurs. Que vont-ils devenir ?

En conséquence, le Président du CRAJEP Réunion invite les responsables à offrir une première chance à l'école de la République écoutons Victor Hugo qui disait: « Songez à l'éclairage des rues, soit ; mais songez aussi, songez surtout, à l'éclairage des esprits.
Serge FABRESSON, président du CRAJEP Réunion
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1.Posté par klod le 20/07/2017 20:17

intéressant , mais cela demande de la réflexion ...........c'est dure !!!!!! .

2.Posté par MICHOU le 21/07/2017 11:02

L'école laisse de plus en plus la place aux différentes "entreprises" qui fleurissent et qui coûtent de plus en plus cher aux familles genre soutien scolaire, activités sportives, créant de plus en plus d'inégalités entre ceux qui ont les moyens et ceux qui n'en ont pas.
Et tout ça quand le gouvernement prévoit de faire travailler plus les parents, ou grevant les moyens des aînés.
Quel accompagnement pour ces enfants laissés pour compte?

3.Posté par Nivet Alain le 21/07/2017 17:31

Bonne démonstration, Mr Fabresson. Vous savez bien que le nerf de la guerre est l'argent. J'aimerais que vous me disiez à combien se monteront les aides de la CAF après la réduction constatée de la Dotation Globale des Communes, et la suppression de la Taxe d'Habitation. Ce dernier impôt permettant entre autre et intervenant pour 10 % dans le fonctionnement des communes. l'animation sportive et socio- culturelle a un coût que certaines petites communes ne peuvent se permettre. Vous posez la question de l'avenir des animateurs et je vous en sais gré. Mais interrogez donc l'Etat à ce propos. Baroin, Président de l'Association des Maires de France répond à votre question en ce sens que les collectivités ne feront pas d'avance de financement contre compensation de l'Etat par manque de confiance et risque de voir les communes s'endetter.
Cordialement. A.N.

4.Posté par usager le 23/07/2017 08:55

courrier très juste. Et comme le souligne l'auteur du post 3, l'argent est le nerf de la guerre. A saint-Denis par exemple, les 5 jours posent réellement souci aux parents qui travaillent car leurs enfants sont de fait exclus du dispositif peri scolaire gratuit. Je m'explique en donnant un exemple : si vous travaillez et que vous finissez assez tard, vous inscrivez votre enfant à l'étude ou à la garderie et payez pour cela une association qui s'occupe des enfants de 15h à 17h. Mais comme votre enfant est justement inscrit à l'étude, il n'est pas prioritaire pour les activités gratuites mises en place par la mairie à 15h00 dès la sortie des classe. Un tri est fait faute de places suffisantes (manque d'argent). L'enfant reste sur le carreau et ces activités bénéficient en réalité aux enfants dont les parents ne travaillent pas. Vous travaillez, vous êtes obligés de passer par une des associations pour que votre enfant ne se retrouve pas livré à lui-même dès 15h00. Mais les 4 ou 5 jours ne sont qu'un des nombreux problèmes de l’école qui est à bout de souffle. C'est l'ensemble du système qui doit être revu : professeurs pas motivés, mal recrutés, mal formés et qui font ce métier parce qu'à BAC+++ ils ne trouvent pas de boulot, manque de moyens,trop de vacances scolaires (d'où les journées à rallonge pour les enfants), trop de réformes inutiles, trop de ministres incompétents, j'en passe et des meilleures,. Le jour où l'intérêt des enfants sera mis au centre de la question et non celui des adultes, on aura fait un grand pas. Mais on peut rêver...

5.Posté par Jules Bénard le 23/07/2017 09:22

L'argumentaire, boiteux, hypocrite, de la plupart des parents s'exprimant sur les ondes, est que les enfants sont trop fatigués pour travailler 4 jours 1/2 .

Ah bon ? Ben si vous les obligiez à se coucher à des heures normales, au lieu de baisser les bras ? Si vous les obligiez à ne rester qu'un nombre d'heures "décent" sur les playstations et autres jeux vidéo, vos chérubins seraient peut-être plus reposés, non ?

Rappelez-vous qu'avant, on travaillait 5 jours, jusqu'au samedi 16 heures. Après, il y avait encore les leçons à apprendre, les devoirs à faire, les schémas à réaliser. On avait encore le temps d'aider les parents aux travaux ménagers, allé rôde mangé cochon, z'herbes po lapin...

Et pas fatigués pour un rond !

6.Posté par Nivet Alain le 23/07/2017 11:13

D'accord avec toi, Jules. Les gens de notre génération ne se plaignaient pas. Personnellement demi-pensionnaire, je commençais le lundi matin à 8 h pour terminer le soir après l'étude à 19 h. Le samedi la journée scolaire se terminait à 16 . Mais l'individu avec sa société de consommation, s'est "ramolli" . On le voit bien en matière de santé déjà. Je me souviens que jeune, enseignant, les élèves en zone rurale arrivaient à l'école après avoir été cherché de l'eau et après avoir "soigné zanimo". En période de la coupe de la canne, ils étaient dans les champs. Certes, ce n'était pas idyllique, mais ils étaient résistants et en bonne santé. Bien sûr qu'il faut des distractions et s'"aérer" l'esprit et être dans son temps. Le but de mon propos et de démontrer que les enfants ont une grande capacité d'adaptation . D'autre part, l'Education parentale étant devenue celle des loisirs...........

7.Posté par jean le 24/07/2017 09:15

bientot on sera à 4 jours de 4 heures

8.Posté par Jules Bénard le 24/07/2017 11:06

à posté 7 "jean" :

Non mais, ça va pas ? Vous voulez faire mourir nos petits chéris d'épuisement ?

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