Société

Diagnostiqué dyspraxique, Nathan est privé d'accompagnant depuis la rentrée

Lundi 25 Septembre 2017 - 13:24

Nathan et sa mère, Gaëlle
Nathan et sa mère, Gaëlle
La colère se mêle à l’incompréhension. Alors que son fils a été diagnostiqué dyspraxique, Gaëlle Leblanc s’insurge de constater qu’il n’est pas pris en charge comme il devrait l’être à l'école.

Nathan, 7 ans, est scolarisé au Tampon. "Il est en CP, classe dans laquelle il a été maintenu cette année faute d'acquisition des bases nécessaires pour le CE1", explique la mère de famille, soulignant les difficultés de son enfant à se concentrer et à se repérer dans le temps et dans l'espace. 
 
À la suite de consultations avec des professionnels (psychomotricien, orthophoniste, psychologue), un dossier a été présenté à la MDPH (Maison Départementale des Personnes handicapés) afin que l'enfant puisse bénéficier de l'aide d'une aesh (accompagnant d'élève en situation de handicap). Une commission a eu lieu en juin et la MDPH a notifié son accord pour une quotité hebdomadaire de 18h par semaine.

"Sauf qu'un mois après la rentrée, mon fils n'a toujours pas d'accompagnement. C’est aberrant", s'indigne-t-elle.
 
"Quand il rentre de l'école, il pleure"

Nathan (à gauche) voit son frère jumeau progresser tandis que lui, sans aesh, stagne
Nathan (à gauche) voit son frère jumeau progresser tandis que lui, sans aesh, stagne
"Alors que monsieur Macron prône pour un suivi individualisé de chaque enfant handicapé, la réalité est toute autre. J'ai contacté l'académie de la Réunion mais n'ai eu aucune réponse si ce n'est que le recrutement n'est pas prévu", regrette-t-elle.
 
Une situation qui n'est pas sans conséquences sur l'état de Nathan, forcément affecté. D'autant plus qu'il a vu son frère jumeau passer en CE1 et progresser, tandis que lui, faute d'accompagnement, stagne. "Quand il rentre de l’école il pleure. Parce qu’il n’a pas réussi, parce qu’il n’a pas compris", se désole-t-elle. "Il est en perte de confiance. C'est très dévalorisant pour lui. Il a besoin de quelqu'un à ses côtés".  

Déterminée à faire bouger les choses, Gaëlle Leblanc a envoyé une mise en demeure vendredi dernier au rectorat, et a fait une demande de requête d’injonction au tribunal administratif. "Ils ont l’obligation de lui apporter cette aide. La notification est effective dès sa délivrance". 

Contacté, le rectorat explique cette carence par "une procédure de recrutement très longue liée en raison du dispositif des contrats-aidés, dispositif compliqué à mettre en oeuvre".  "Au mieux, la procédure prend 1 mois et demi ou deux mois. Mais il y a toujours des aléas", est-il souligné. Une réception de la notification par le rectorat plus tardive par rapport à celle de la famille est également avancée.

En attendant, le petit Nathan continuera à aller à l'école dans des conditions qui ne lui sont pas favorables. 

MA - marine.abat@zinfos974.com
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1.Posté par Tristan Lefebvre le 25/09/2017 15:14 (depuis mobile)

Quand je pense que certains personnels ont des aides qu'ils ne respectent pas, leur demandant de faire n'importe quelles tâches qui ne sont pas dans les contrats. Non çà n'était pas à moi de me faire engueuler à votre place madame la directrice.

2.Posté par noe974 le 25/09/2017 15:22

Depuis la fin des contrats aidés ou diminution , les AESH sont des denrées rares !

3.Posté par Sofie le 25/09/2017 17:08

pour poster a ce poste AESH il faut sans doute avoir des compétences particuliéres voir un diplome spécifique??

Je suis etonné que nous parlions d'emploi aide?

4.Posté par Aline le 25/09/2017 17:51

Tiens, et si le Rectorat trouvait un accompagnateur pour ce petit bout de chou, au lieu de mettre des bâtons dans les roues de la commune du Tampon en l'empêchant de passer aux 4 jours, ce qui aurait évité la crise des ATSEM ?

5.Posté par SPARTACUS974 le 25/09/2017 19:28

Les contrats aidés ont été supprimés dans la plus grande discrétion.A la rentrée,les sinistres ministres nous expliquent que les contrats aidés ne sont pas une solution.Beaucoup d élèves en situation de handicap se retrouvent abandonnés.Que dire des AVS qui apprennent la non reconduction de leur contrat du jour au lendemain.....Devant ce fiasco monumental,le gouvernement ,mais est-il en position de gouverner quoi que ce soit ,décide de faire machine arrière et assure que les contrats aidés seront préserver pour l'accompagnement des élèves en situation de handicap.Maintenant,il faut attendre que la machine administrative se remette en route pour nommer les accompagnants.La suppression de plus de 100 000 contrats aidés du jour au lendemain n'a succité que peu de réactions dans les médias .Imaginons une seule seconde la meme purge dans le privé que nous verrions les hommes politiques crier au scandale,au drame social.La politique de gribouille du gouvernement dans ce dossier pose la question du respect des élèves en situation de handicap et de leur accompagnant (qui est payé une misère et qui ne reçoit qu'une formation encours du contrat).Le gouvernement a fait machine arrière et tant mieux pour les enfants et les accompagnants mais il a montré un visage bien peu rassurant.

6.Posté par jean Claude le 25/09/2017 21:44

Pour Aline - quoi la semaine de quatre jours aurait réglé le problème des ATSEM ? Pas de personnel pendant cinq jours c'est pareil que pas de personnel pendant quatre jours, ou ai-je manqué quelque chose ?

7.Posté par jean Claude le 25/09/2017 21:50

AVIS : Le service handicap du rectorat (ASH) fort de nombreux enseignants titulaires qui ne sont pas devant élèves mais sur des taches administratives, pourrait en se bougeant un peu convertir certains postes en 'accompagnement d'enfants handicapés.
Il existe même un conseiller technique auprès du recteur ( inspecteur de l'éducation nationale,) sorte de grand manitou plus souvent en voyage, réunion, formation, et j'en passe en métropole tous frais payées, qui pourrait régler rapidement quelques cas.
Je parle en connaissance de cause, mon fils en a profité.
Je sais, je le reconnais, c'est honteux ce piston, mais c'était la solution de dernier recours.

8.Posté par jean Claude le 25/09/2017 21:54

...... Autre chose, il y aurait plus de 120 notifications MDPH non pourvues en ce mois de Septembre 2017 à la Réunion. et quand un ministre vient en déclarant, que notre priorité est le handicap… Cela nous fait tristement sourire !
Je plains alors les promesses non prioritaires…

PS: Bien sûr le rectorat ne vous donnera pas de chiffres, l'administration cette grande muette .....

9.Posté par Normal le 26/09/2017 07:49 (depuis mobile)

Priorité au réunionnais, c'est connu.
Croire au balivernes des politiques, c'est bien fait pour celui qui croit. Y a pas d'argent soit disant. Mais vas y , fout le feu au maido, et paf, 500 000 euro sont trouver. Mensonge. Révolution .

10.Posté par Parcours du combattant le 26/09/2017 09:36

je suis dans la même situation avec mon fils sauf que je n'ai pas encore la notification de la mdph. Mais je m'attends à tout lorsque j'entends certains enseignant qui se permettent de remettre en cause le diagnostique des professionnelles de santé, pédiatre, psychologue....ils ne doutent de rien et nous traite avec condescendance. Vous avez raison de vous battre est d'aller au TA. nous devrions nous regrouper pour entamer des actions collectives en justice. Bon courage à vous et à Nathan qui réussira dans la vie aussi bien que son frère, cela ne fait aucun doute.

11.Posté par @ 6 le 26/09/2017 11:31

Aline a raison.
C'est un volume horaire. Si semaine des 4 jours = pas de problèmes d'ATSEM. C'est pour cela que TAK demandait la semaine des 4 jours. Le Recteur refuse because copinage avec Didier R. et Bassire.

12.Posté par Alain le 26/09/2017 13:23

Et le Recteur, il fout quoi ?
Au lieu de nous emmerder avec ses conneries pédagogistes ?

13.Posté par Gaelle Leblanc le 27/09/2017 09:14 (depuis mobile)

Bonjour, je suis la maman de Nathan. Je vous remercie d'avoir pris le temps de commenter cet article. Je me sens démunie et en colère que le rectorat se permette de ne pas appliquer une notification MDPH. Je ne que Nathan n'est pas un cas isolé.

14.Posté par Payet le 28/09/2017 19:27 (depuis mobile)

Bjr,

Je trouve ça pas normale qu''il a pas d''aesh surtout que je suis au chômage et que j''ai travailler pendant de 2 ans entant qu''aesh en métropole. J''ai déposé plusieurs Cv au tampon. Cet enfant à le droit à une aesh.

15.Posté par anna le 05/10/2017 14:39

bjr,

j'ai mon fils de 4 ans et demie qui à le droit d'une aesh depuis avril mais rien depuis maintenant.Il est dans une école maternelle de saint pierre et je ne suis pas tout seul dans ce problème ,je crois qu'il a 3 parents dans école qui attend toujours d'une réponse.j'ai téléphone au rectorat mais pas réponse.

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