Courrier des lecteurs

Devoir d'insurrection

Vendredi 7 Décembre 2018 - 09:36

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » Déclaration des droits de 1793

C'est ainsi que les révolutionnaires légitimaient l'action populaire du 10 août 1792 ayant mis fin à la monarchie.

Macron serait bien inspiré de relire avec attention ce texte qui met en avant la notion d'égalité entre citoyens devant celle de liberté ou celle de propriété.

Ce sont bien en effet les inégalités qui sont au coeur de la mobilisation des gilets jaunes. Inégalité devant l'impôt : la pression fiscale est d'autant plus forte que les revenus sont faibles. Les impôts indirects (taxes, TVA, octroi de mer...) ne sont pas progressifs et frappent de la même façon un travailleur au SMIC qu'un patron du CAC 40. Le coeur de l'injustice fiscale se situe là, dans le fait que l'impôt sur le revenu, dont les tranches ont été rognées, ne représente plus que le quart des recettes de l'Etat. Dans le fait également que l'ensemble des prélèvements sur les hauts revenus se sont affaissés. C'est ainsi que l'impôt sur les société a reculé de 10,5% en une année, que la quasi suppression de l'ISF a coûté près de 4 milliards au budget sur la même période.

De plus les ressources de l'Etat ont été asséchées pour financer les 38 milliards de CICE cette année.

De fait, la taxation accrue des carburants a pour effet de faire porter l'effort fiscal sur les travailleurs, les pauvres pour financer les cadeaux fiscaux faits aux plus riches.

La réduction des ressources mène à dégrader la qualité des services publics, la santé en particulier crie misère, mais également l'éducation, les transports publics...

Les travailleurs sont donc condamnés à une double peine : ils paient davantage d'impôts indirects mais reçoivent moins de services publics en retour. L'injustice fiscale devient insupportable.

C'est pour essayer malgré l'évidence de la faire accepter, que Macron a tenté de faire passer la nouvelle taxe sur les carburants en la maquillant sous un discours écologique.

Soudainement, le gouvernement qui avait réussi à écoeurer tout récemment N.Hulot, pourtant très bienveillant à l'égard du président de la République, ce gouvernement qui récemment également privatisait pour mieux disloquer la SNCF, sans aucun souci écologique, qui persiste à promouvoir l'énergie nucléaire, découvre le respect de la nature et de l'environnement !

C'est ainsi environ trois milliards d'euros prélevés dans la poche des travailleurs prisonniers de leur voiture individuelle pour aller sur leur lieu de travail. Dont un quart seulement aurait une fonction environnementale, l'essentiel tombant dans le budget général de l'Etat.

Ce vernis écolo ne fait pas illusion.

C'est un député LREM, Mathieu Orphelin (Maine et Loire), proche de N.Hulot qui affirme dans son blog à propos des accords la COP que « ...la France ne respecte pas 8 des 9 engagements climatiques qu'elle s'est elle-même fixés... ». Dont acte.

Pour notre île, le désastre écologique vient creuser le désastre social : 2 milliards d'euros dépensés pour la NRL au détriment d'un transport en commun propre et efficace, somme qui pèse sur le budget de chaque travailleur réunionnais, sans création d'emplois significative (environ 500).

Choix dicté par des considérations politiciennes de bas étage qui disqualifie définitivement ceux et celles qui l'ont porté. Choix qui emprisonne les Réunionnais dans leur voiture, choix qui multiplie les camions sur nos routes, sans oublier les dégradations de l'environnement liée aux carrières.

Comment croire une seule seconde aux protestations écologiques des taxeurs de l'Etat ou des collectivités ?

Comment ne pas comprendre que ce choix a mobilisé d'énormes ressources qui auraient été mieux employées à développer l'emploi local et sortir notre île de l'ornière de la dépendance ?

Les sarzèr dlo qui tout d'un coup veulent imposer aux travailleurs le coût d'une pseudo transition écologique devraient d'abord « balayer devant leur porte ».

Il est donc bien normal que ces menteurs soient aujourd'hui remis en cause par le mouvement des gilets jaunes. Ceux-ci ont posé de manière très directe, très concrète la question de la démocratie : l'usage des réseaux sociaux, le refus des récupérations, la volonté de la publicité des négociations qui devraient être télévisées en direct, la foule de réflexion sur les institutions, le rôle des élus, la fonction des référendums, tout cela constitue un formidable creuset de réflexion sur ce que devrait être une démocratie authentique. Le modèle dit « républicain » où l'expression du citoyen se réduit à voter de temps en temps pour ensuite être oublié, dédaigné, est vécu comme une insulte des possédants, des riches, contre les travailleurs,contre le peuple. Combien trouve-t-on d'ouvriers, d'employés à l'Assemblée nationale ? Moins d'une dizaine. Quelle représentativité a cette assemblée dont l'écrasante majorité n'a pas la moindre idée de ce que c'est que vivre avec 1200 euros de salaire ou 450 de RSA ?

Les gilets jaunes contestent la représentativité des institutions parce qu'en effet, elles ne sont pas représentatives socialement des électeurs. Le fonctionnement des institutions est ressenti comme complètement extérieur à la vie quotidienne de l'immense majorité des électeurs dont une bonne partie s'est désormais écarté des urnes. (84,4% d'abstentions à la récente élection législative de la 7e circonscription , à la Réunion, en Septembre 2018 ). Avec une suffisance incroyable, les petits marquis de la Vème république ne manquent pas d'ailleurs de leur reprocher cette abstention.

Cette désaffection des institutions touche également les organisations syndicales souvent vivement contestées sur les barrages des gilets jaunes. Cette crise de confiance à leur encontre est liée à des dizaines d'années d'orientations qui ont imposé des formes d'action peu efficaces, (journées d'action à répétition, sans succès d'envergure, qui aurait permis une réelle amélioration des conditions de travail et des salaires).

La présence de ces organisations à la préfecture pour rencontrer Girardin, dans le dos des gilets jaunes, par obsession de la négociation, n'a pu que creuser le fossé entre les manifestants et ces syndicalistes de couloir.

Il n'est pourtant pas trop tard pour redresser la barre : un appel explicite du mouvement syndical à soutenir les gilets jaunes assorti d'un appel à mobilisation des salariés contre la vie chère, pour la hausse des salaires, sous forme d'une grève générale ne serait-ce que d'une journée pourrait « sauver la donne », pourrait replacer le mouvement syndical dans une authentique dynamique de lutte.

Mais il ne faut pas attendre, « l'histoire ne repasse pas les plats ! ».

Le recul assez piteux d'E.Philippe à l'assemblée le 5 décembre est une victoire partielle certes mais réelle. Pour la première fois depuis dix huit mois malgré toute son arrogance et son mépris, Macron a perdu une bataille. Mais ceci n'a été possible que par l'utilisation d'une forme d'action particulièrement radicale, inscrite dans la durée. Même les affrontements violents, la plupart à l'origine des forces de l'ordre, comme à la Possession la semaine dernière ou aux Champs Elysées n'ont pas découragé les manifestants.

C'est une vraie leçon grandeur nature sur la manière de se mobiliser, d'agir pour gagner sur une revendication.

C'est comme un écho des mouvements populaires de la Révolution française pour qui le mot insurrection avait valeur de constitution.
Philippe AZEMA
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1.Posté par Jules Bénard le 08/12/2018 09:47

Mille fois trop long, camarade.
Minm si mwin lé d'accord èk le titre, jamais mi lire pas ça : na trop.
Et à trop vouloir prouver... on ne prouve plus rien !
Rappelle-toi : la plus court chemin d'un point à un autre, est la ligne droite.
Pour le reste, tu as raison : aux armes, citoyens !

2.Posté par Jean Le Monstre le 08/12/2018 15:19

Comme dit Jules Bénard, le seul commentaire pour le moment, c'est trop long.
N'oublie pas que tu as affaire avec des presqu'illettrés, qui sont capables d'entendre toute une journée le maloya, mais incapables de lire plus de trois lignes.
Excellent ! J'ai tout lu.
Je redis excellent !

3.Posté par A mon avis le 08/12/2018 19:21

Jules Bénard,, c'est en connaisseur que vous critiquez la longueur d'un texte ! 😊😊😊

S'il est long (mais pas trop) , il a le grand mérite d'être clair et parfaitement structuré et argumenté, et très juste dans l'observation du manque de représentativité de l'Assemblée nationale et sa critique des syndicats dont les modes d'action inefficaces n'aboutissent à aucun succès des revendications (sans parler des scandales à répétition au sein des centrales syndicales)

C'est une bonne analyse de l’avènement de ce mouvement des gilets jaunes.

4.Posté par le kiré totocheur de la pointe du diable, lé + cathodix que catholix? le 09/12/2018 01:48

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » Déclaration des droits de 1793
...............................................
Tout ça c'est du blabla. Du droit tord qui même quand vous avez raison vous donne tort.
En France, le vrai et seul droit (imposé), est la soumission au droit du plus fort..

Certes, le droit de résistance à l'oppression évoqué existe dans notre bloc de constitutionnalité. C'est un droit positif mais qui malheureusement contient un droit négatif. Essayez de mettre en application ce droit de résistance et les archers du Roy vont débarquer chez vous à l'heure du laitier pour une bonne perquisition, suivie d'une garde à vue, meublant une enquête pour "provocation à la commission d'un crime ou d'un délit" , "organisation d'une manifestation illicite", voire même du vicieux article "incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence".

5.Posté par Mi le 09/12/2018 12:18

Remarquable article, Philippe, bravo !
Absolument d'accord avec toute la démonstration.

6.Posté par China le 09/12/2018 13:04

Excellent ! Bravo ! c’est vrai que c’est un peu long .mais on lit parfois ici tant de logorrhée .. Oui, il faut apporter de l’attention à la lecture mais le point de vue , l’intelligence de la construction et l’ecriture de qualité font que cet article vaut d’etre défendu !
Alors j’ai lu et je vais le faire lire à mes proches . Je ne connais pas l’auteur , je le félicite , j’aimerais lire encore ses points de vue à l’avenir .

7.Posté par Jean Le Monstre le 09/12/2018 13:50

4-posté par le Totocheur.
Et tu t'inclines, lâche !

8.Posté par le kiré totocheur de la pointe du diable, lé + cathodix que catholix? le 09/12/2018 17:06

7.Posté par Jean Le Monstre le 09/12/2018 13:50

4-posté par le Totocheur.
Et tu t'inclines, lâche !
..................................
Où est-il écrit dans mon post qu'il fallait s'incliner ? Il ne sous-tend que le citoyen qui ne cède pas, est contraint de s'incliner devant la force étatique.

Votre réflexion tient de l'infantilité, ce que démontre d'ailleurs votre pseudo certainement choisi pour faire peur aux enfants les soirs d'Haloween. Faut consulter car généralement cela est lié à une psychose, à un problème lié à la sexualité, à des fixations, des inhibitions dont la lâcheté en fait d'ailleurs partie. En effet, certains prétendus courageux, au sortir d'une épreuve, s'avèrent être des couards.

A votre insulte caniveau, où vous semblez vous y complaire un peu comme les cochons dans la boue, certains useraient de propos de l'ordre de la même flatulence (du genre "cé ton momon lé lâche de partout"). Mais mon éducation aidant, je réprouve l'insulte et je préfère vous rétorquer qu'en termes de lâcheté, il est bien possible que vous en soyez le phénix de la Reunion, le boug courageux qui porte en permanence le pantalon à hauteur des tongs devant les autorités . Braillez c'est le propre des roquets mais quant à mordre, c'est une autre histoire: le geste ne suit pas la parole, ça c'est le propre-sale des lâches.

Vous avez fait quoi pour résister ? Moi, je suis fier d'avoir fait désavouer l'Etat 14 fois en cassation et que le combat dure depuis 1994 car l'Etat use de moyens dilatoires pour ne pas s'incliner.

Depuis que je poste sur ce site (depuis sa création), j'ai toujours dit que la majorité des réunionnais ne sont que des "tranche-montagnes": forts en gueule (aidé par la béquille-bouteille 45°) mais faibles en couilles et si par bonheur, ils en ont, ils les portent par procuration donnée par de moins idiots. Si cela vous intéresse, je peux vous donner mandat et c'est gratuit.

9.Posté par le kiré totocheur de la pointe du diable, lé + cathodix que catholix? le 09/12/2018 17:14

7.Posté par Jean Le Monstre le 09/12/2018 13:50

4-posté par le Totocheur.
Et tu t'inclines, lâche !
...........................................

Jean le monstre se vante de ne pas être lâche et de ne pas s'incliner.

Qu'il en donne la preuve. Qu'il aille devant la préfecture gueuler qu'il n'est pas d'accord .

Il ne le fera pas. Pourquoi ? Car il n'en a pas, ce qui induit qu'il s'incline non pas devant les autorités mais devant sa lâcheté dont d'ailleurs il en connait les aspects pour avoir dû souvent céder dans toutes les étapes de sa vie. Heureusement, qu'il y a le divan zinfos-psy, qui lui permet de se défouler, mais seulement après avoir sorti les poubelles, promener le chien et passer la serpillière.

10.Posté par A mon avis le 09/12/2018 18:25

à Philippe AZEMA :
J'ai entendu un point de vue sur le mouvement des GJ qui peut compléter votre analyse. Le mouvement peut être vu, en quelque sorte, comme la réponse copie conforme à la méthode du mouvement "en marche" qui a porté E Macron au pouvoir.

En marche se voulait un mouvement horizontal, en prise directe avec le peuple, issu de la société civile, hors des partis politiques (qui du coup se sont sabordés), et une fois au pouvoir, refusant la médiation des syndicats et autres corps intermédiaires.

Et les GJ, tout comme "En marche" rejettent les syndicats, les partis politiques et toute forme de représentation pour les raisons que vous expliquez parfaitement.
Les GJ selon le même principe, veulent s'adresser directement à Macron sans intermédiaires. Et c'est aussi la manifestation d'un besoin de reconnaissance d'un peuple trop souvent méprisé par les élites, politiques ou autres !

C'est en quelque sorte la réponse du berger à la bergère !

11.Posté par le kiré totocheur de la pointe du diable, lé + cathodix que catholix? le 09/12/2018 19:26

10.Posté par A mon avis le 09/12/2018 18:25

Et c'est aussi la manifestation d'un besoin de reconnaissance d'un peuple trop souvent méprisé par les élites, politiques ou autres !
.............................

Le noeud cordien il est là. C'est toute une caste qui dirige la France. Celle des énarques qui vont de cabinets en cabinets et ce qu'importe l'alternance politique car ils font partie d'une confrérie qui s'estime être l'Etat (oui, ils sont devenus l'Etat tant ils sont puissants. Récemment, un ministre racontait que dans son ministère il s'était retrouvé isolé par cette haute caste dans sa propre administration qui d'ailleurs rédige ce qu'il doit dire, suggère les lois etc., et qui dispose de relais puissants dans tous les ministères (copains énarques de la même promo) et même à l'Elysée et au final, ce ministre a fini par avouer d'avoir été "quasi" banni des réunions à l'ELysée et quand il y était convié son cabinet était obligé de communiquer au SG de l'Elysée, avant la réunion, les éléments de ce qu'il allait dire. C'était de l'humiliation mais la paye est bonne. D'ailleurs, quand un ministre est nommé c'est l'Elysée qui choisi son dir/cab, son chef de cabinet etc. Il faut vraiment être dans les petits papiers du président pour pouvoir faire nommer son choix).


C'est cette élite qui dirige la France. Ce sont les inspecteurs des finances de Bercy qui passe leurs journée à jouer au Monopolytaxes (jeu consistant à inventer de nouvelles rentrées d'argent dans les caisses de l'Etat). Et MACRON a sa sortie de l'ENA est devenu inspecteur des finances.


Et nos présidents de région et de départements se retrouvent souvent être des postes de repli pour ces énarques. Il y en eu à la Région Reunion, et actuellement il y en a un au département.

12.Posté par Jean Le Monstre le 10/12/2018 10:31

8-le totocheur
C'est fou ce que tu me connais bien ! On croirait que tu m'as fait.

13.Posté par le kiré totocheur de la pointe du diable, lé + cathodix que catholix? le 10/12/2018 12:27

12.Posté par Jean Le Monstre le 10/12/2018 10:31

8-le totocheur
C'est fou ce que tu me connais bien ! On croirait que tu m'as fait.
..............................................................

On croirait ! Mais rendons à Césarine ce qu'elle a pondu car tout ce qui est étroniforme n'est pas de moi, même si j'en défèque chaque matin.

14.Posté par Lesseps le 11/12/2018 09:00 (depuis mobile)

@1: un peu long ? que dire de vos textes sans fin racontant votre vie passée :) en tout cas on est loin de la platitude navrante des écrits de votre pote ex-sécu routière :) merci Mr AZEMA pour ce billet

15.Posté par Jean Le Monstre le 12/12/2018 14:10

Au TOTOCHEUR

Beaucoup de mots pour un pas grand chose !
Je te signale, en passant, que ce n'est pas le noeud "cordien" (11) mais le noeud "gordien" de Gordion, une ville d'Asie Mineure. Mais ça n'a pas d'importance pour toi l'amoureux des mots tordus.

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