Courrier des lecteurs

Deux tendons d’Achille des sociétés modernes : L’éducation et la santé des citoyens

Vendredi 24 Janvier 2020 - 17:44

1)      L’éducation : Elle est dépendante en grande partie des parents. Depuis peu la puissance publique reconnaît l’essentialité de leur place et se soucie d’organiser une politique d’accompagnement potentiel des parents par « Les mille premiers jours de la petite enfance ».

Ainsi entendons-nous, ici ou là, évoquer la « neuro-éducation ». Le Professeur au Collège de France Stanislas Dehaene a été reconnu comme premier de cordée dans ce domaine par le Ministère de l’Education Nationale. Le Professeur va-t-il avoir l’audace de réformer le « système » éducatif alors que de grands pédagogues se sont heurtés avant lui à réformer l’Institution ? Nous citerons, Maria Montessory (1870-1952)., Ovide Decroly (1871-1932), Janusz Korczak, (1878-1942 au camp d’extermination de Tréblinka), Célestin Freinet (1896-1966)… Ceux-ci ont toutefois innové dans le champ pédagogique en l’absence des parents, créant des écoles hors des normes de celles qui en gouvernent la plupart, pérennisant ainsi l’isolement et la non implication des parents. En même temps elle propose de façon inégalitaire une offre d’écoles « différentes » générant auprès de certains parents (majoritairement argentés) des comportements de « consommateurs » d’écoles différentes. Le modèle de la grégarisation de la population par tranche d’âge regroupant des enfants en surnombre, touche la plupart des écoles publiques et se pérennise contribuant à générer des inégalités sociales voir « La Reproduction » de Pierre Bourdieu et « L’hypocrisie scolaire » de Marie Duru-Bella notamment.

2)      La santé : Si nous devions la définir comme désir de vivre, plaisir d’agir, rapport actif avec l’environnement, sentiment d’exister, créativité, la santé ne serait pas que l’absence de maladie. Ce second tendon d’Achille se diagnostique en considérant les dépenses exponentielles de prise en charge des maladies. Celles-ci furent interprétées selon la croyance en des causes expliquées génétiquement. Elles sont, de nos jours, de plus en plus reliées à des causes multifactorielles épigénétiques, et donc non génétiques, suggérant des causes « environnementales » aux cellules et des organismes mettant en cause le mode de vie. De plus les prismes des outils de diagnostic, du microscope jusqu’au scanner,  auront contribué à occulter (dramatiquement !) la sensibilité cellulaire et a fortiori la notion de « conscience cellulaire » que nous devons au grand biologiste Faustino Cordon (1909-1999). Les scientifiques qui ignorent les travaux « cordoniens » localisent dogmatiquement la conscience dans des aires cérébrales visualisables comme autant artefacts d’objectivité.  

Le peu de résultats en termes d’amélioration de la qualité de vie semble confirmer ce constat éducatif et sanitaire. 

Dans ce diagnostic le mode de vie de la société de consommation qui a valorisé la réussite matérielle aura engendré une fragilité existentielle dès la vie fœtale et jusqu’à la mort, touchant les plus faibles culturellement et économiquement ; au risque de détourner l’être humain d’alternatives qui elles seraient guidées par la science. La science ayant découpé le vivant, elle a de nos jours grand peine à réintégrer les multiples parcelles de connaissance en un tout cohérent. Par exemple, un autre grand scientifique, Antonio Damasio, qui se disait voici trente ans seulement neurologue, se présente de nos jours comme neuroscientifique, psychologue et philosophe, sur la voie de cette convergence des sciences reliant (enfin) les sciences humaines aux sciences de la vie.
 
Damasio est, quant à nous, notre premier de cordée, un révolutionnaire, si nous devions populariser sa démarche en la connectant aux nouvelles données de l’épigénétique. Il prend ainsi le relais du Professeur Henri Laborit (1914-1995), un « mal aimé » de la médecine hospitalière parisienne.
 
24/01/2020
Frédéric Paulus, Directeur scientifique du CEVOI Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien
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1.Posté par A mon avis le 25/01/2020 11:42

Vous parlez de deux tendons d'Achille des sociétés modernes, il serait plus exact de parler de notre société française, car les critiques que vous évoquez nous sont spécifiques me semble-t-il, et ne s'appliquent pas à tous les pays.

Education :
Les personnes que vous citez dans votre billet ( Montessori, Freinet …) ne sont pas réellement des réformateurs du système éducatif. Ce sont, me semble-t-il, plus exactement des expérimentateurs de méthodes pédagogiques, plus ou moins applicables à l'échelle de la nation.

Le plus important des réformateurs du système éducatif français, c'est Jules Ferry qui a véritablement créé l'école pour tous, publique, laïque et obligatoire.
Jean Zay aurait pu être lui aussi un grand réformateur.
On peut citer aussi la réforme de 1989 de Lionel Jospin qui tendait à plus d'égalité.

Vous avez raison de parler de tendon d'Achille en parlant de l'éducation actuelle, qui voit s'amplifier les inégalités. Et ce n'est pas la "réforme Blanquer" qui va améliorer la situation.

La première condition pour aller vers plus d'égalité serait d'avoir un système unique d'éducation : une seule école laïque pour le cursus de l'école obligatoire jusqu'à 16 ans. Ce qui impliquerait de supprimer les école privées, principale source d'inégalités : inégalités de moyens, de recrutement et d'encadrement.

2.Posté par A mon avis le 25/01/2020 18:04

Vous écrivez :
"Celles-ci furent interprétées selon la croyance en des causes expliquées génétiquement. Elles sont, de nos jours, de plus en plus reliées à des causes multifactorielles épigénétiques, et donc non génétiques, suggérant des causes « environnementales » aux cellules et des organismes mettant en cause le mode de vie. "


A vous lire, on peut penser que vous séparez les facteurs génétiques des facteurs épigénétiques (donc non génétique écrivez vous).
L'épigénétique est en quelque sorte la modification de l'expression de nos gène par des facteurs environnementaux. Mais cette modification de l'expression de nos gènes est assurés par des portions d'ADN (non codantes pour des protéines) mais dont la fonction justement est d'assurer la régulation de l'expression des gênes codant pour des protéines. C'est cet ADN de régulation que semblent agir en fonction des facteurs environnementaux.

Ainsi, génétique et épigénétique ne sont pas séparés ni opposés.Et en fin de compte, l'épigénétique n'est qu'une partie du vaste ensemble du "système" génétique.

Seulement 3% de notre génome est constitué des gènes codant pour la production de toutes les protéines constituant notre organisme.
C'est à dire que 97% de notre génome participe à la régulation du fonctionnement des 3 autres %.

3.Posté par A mon avis le 25/01/2020 18:22

Vous écrivez :
" La science ayant découpé le vivant, elle a de nos jours grand peine à réintégrer les multiples parcelles de connaissance en un tout cohérent."


Ne serait-il par pus juste de dire que "La MEDECINE ayant découpé le vivant ...."
En effet ce n'est pas la science qui a coupé l'homme en organes, mais bien la médecine qui a coupé l'Homme en morceau, chaque SPECIALISTE ne s'occupant que d'un organe, quand ce n'est pas que d'une partie d'un organe (cardiologues, phlébologue, etc. ; stomatologue, gastrologue, entérologue etc .) en oubliant royalement ce qui n'est pas de sa spécialité.

Sans oublier la séparation du corps et de l'esprit entre les neurologues et les psychiatres et psychologues, avec une mention particulière pour les psychanalystes !)

Pauvre généraliste qui lui est le vrai médecin et le moins bien payé !

Les neurosciences tentent en effet de recoller les morceaux. Mais les "médecins de l'esprit" ne sont pas encore prêts à abandonner leurs prés-carrés

4.Posté par Paulus le 25/01/2020 18:53 (depuis mobile)

Merci pour vos contributions très à propos.
F. Paulus

5.Posté par A mon avis le 25/01/2020 23:19

@ 4 Paulus :
Je m'éloigne un peu de l'objet de votre billet, mais sa lecture m'a ramené à la revue La Recherche de déc 2019 n°554, dans laquelle justement un article évoque la transmission des caractères acquis, par l'expression de certains gènes en réponse à une situation particulière, ce qui tend à prouver que génétique et épigénétiques ne font qu"un.

Dans ce n° de la Recherche, (intitulé La science de la conscience) il est aussi évoqué Antonio Damasio en introduction d'un article sur les expérimentations en cours relatives aux différentes théories sur la conscience.
Un numéro qui devrait vous intéresser.
Par ailleurs, Per Vincezo Piazza auteur de "Homo biologicus" affirme dans une interview : "exit la dualité corps/esprit". Pour résumer (en simplifiant à l’extrême) l'esprit est réduit à une dimension biologique : tous les comportements peuvent s'expliquer par la biologie.
Je doute que vous soyez d'accord avec cette interprétation, qui, à mon sens est à rapprocher de la théorie de l'esprit plat de Nick Chater.

Les neurosciences progressent à pas de géants et bousculent beaucoup de connaissances acquises (beaucoup de croyances devrais-je dire ?)
'

6.Posté par Paulus le 26/01/2020 11:05 (depuis mobile)

Communément on considère que les neurosciences aurai le leadership de toutes les sciences parce que le cerveau est l''organe "noble" et on a oublié la sensibilité cellulaire qui est difficilement objectivable mais c''est pas pour autant qu''elle n''exist

7.Posté par A mon avis le 26/01/2020 13:27

Le cerveau a gardé jusqu'à présent tous ses mystères, et son fonctionnement a fait l'objet de toutes les hypothèses et même de tous les fantasmes.
Il me semble que les neurosciences ont actuellement "le vent en poupe", pour la simple et bonne raison que les moyens d'investigation ont fait un bond de géant et par conséquent, les connaissances progressent à un rythme soutenu ! Ce qui provoque aussi un intérêt grandissant pour les chercheurs.
Chaque jour apporte des découvertes qui remettent en cause bien des dogmes.

Qu'appelez vous "sensibilité cellulaire" ?
Et pourquoi cette sensibilité ne serait-elle pas objectivable ?

La cellule n'est jamais que l'entité élémentaire de l'organisme. Elle est le siège de complexes mécanismes d'homéostasie et donc est sensible à chaque modification de son milieu, et cela est parfaitement mesurable donc objectivable.
Elle est le siège même de l'épigénétique !

8.Posté par Paulus le 27/01/2020 12:51 (depuis mobile)

Bien, vous auriez franchi l''interdit de l''objectivation de la subjectivité ! Par sensibilité cellulaire il faut entendre la cellule qui fuit un stimulus agressif et qui se rapproch d''une source de nutriments par extension concernant l''organisme cela

9.Posté par A mon avis le 27/01/2020 18:45

@ 8 Paulus : votre commentaire semble incomplet.
Je suis curieux d'en connaître la fin, surtout que je ne comprend pas le sens de votre expression : "l''interdit de l''objectivation de la subjectivité "

A mon sens, la sensibilité c'est faculté de "capter" un stimulus. La cellule est sensible puisqu'elle réagit à toutes sortes de signaux électriques, ioniques, hormonaux, chimiques, etc.

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