Justice

Deux frères si différents : L’un chargé à bloc, l’autre clean (?)

Vendredi 7 Avril 2017 - 11:01

Correctionnelle Sud jeudi 30 avril 2017


Carime, 24 ans, de Mamoudzou, Mayotte, éprouve un mépris évident pour la justice française et les journalistes qui osent raconter ses " exploits " dans leurs journaux. Il se prend pour un grand ponte du crime à la petite semaine et, malgré son jeune âge, possède déjà un casier judiciaire à faire peur : 30 mentions depuis 2007, vols aggravés, violences diverses. A la clef, beaucoup de prison.

Sur le banc des prévenus encadrés par les gendarmes (ils sont trois), ce pensionnaire assidu des barreaux ne cesse d’exciter ses collègues en turpitudes contre tout ce qui l’entoure et lui déplaît : les magistrats, la loi française, la presse, les avocats…

" Allé fé bourre à zot ! " (sic !)

Cet hypocrite, manipulateur de talent, sait très bien y faire : il excite les autres et laisse les remarques fuser sans avoir l’air d’y toucher. Malheureusement pour lui, il était en ligne directe dans notre visuel, à deux mètres à peine de notre poste d’observation.

Ils s’en prennent d’abord à leurs accompagnateurs de la gendarmerie sous prétexte qu’ils ont soif. Ils rigolent et causent à voix haute dans leur langue… que je comprends.

" Journalistes !Journalistes ! Poigné dzini yamayaho ! (je me refuse à vous traduire ça !) Rien à foutre, moin. Allez fé bourre à zot (textuel). Ca in bande pédés, ça. Zot i conné minm pas écri… "

Puis fusent les épithètes fleuris envers les forces de l’ordre et les gens en robe noire, avocats compris. Des bancs du public fusent des rires gras : tous leurs amis sont venus les soutenir. La séduction du bad boy sans doute ? Même la compagne de Carime est là : depuis toutes ces années qu’il est au gnouf, elle n’a pas dû avoir droit à beaucoup de tendresses ? Mais elle est là !

Un coup bien monté… par des abrutis

Carime est accusé d’avoir monté un guet-apens à Terre-Sainte, le soir du 3 avril 2016. Un de ses potes lui a précisé qu’un vélomoteur va passer, qui correspond exactement à ce qui lui faut pour ses larcins. Avec ses copains, il cerne sa victime et la suit sur la 4-voies Saint-Pierre/Saint-Louis ; tabassent la victime, lui piquent son engin. Terminée l’expédition.

Pour être plus sûr de réussir son coup, il a embringué trois mineurs dans l’affaire. Seul son frère a refusé de le suivre.

Ce dernier ne perd rien pour attendre car recueillant le fruit du larcin plus tard. Pour le désosser et revendre les corps du délit. Mais cela ne sera pas prouvé.

Les caméras du front-de-mer et les confidences des co-accusés mineurs permettent de mettre la main au collet de Carime, une fois de plus. Bref, bandit de grand chemin oui, mais manquant sévèrement de jugeote. Ce qui explique la lourdeur éléphantesque de son CV.

Le " boss " ? Boss des crétins, oui !

Carime sera défendu par Me Bruno Raffi qui, comme toujours, ne fera jamais rien comme les autres en mettant en doute les témoignages des complices, témoignages pourtant bien établis par les enquêteurs.

Keldi aura plus de chance avec Me Farid Isse : " Beaucoup de choses ont été dites mais elles se sont dégonflées au fil du temps ". L’avocat, nous laissant sur le cul, a osé établir un bien curieux parallèle entre Confucius et… Marlon Brando, pourtant peu réputé comme maître en philosophie existentialiste. A moins qu’un certain tango ne soit devenu la dernière valse ?

" Si tu es le gardien de ton frère, ne deviens pas son bourreau ". Car Keldi, effectivement, a toujours soutenu son redoutable frangin. C’était la carte à jouer !

Me Farid Isse a obtenu pour son client 4 mois avec sursis au lieu des 6 réclamés par l’accusateur public. Il est coutumier des réductions de peine sur le fil du rasoir. Quant à Carime, qui se fait appeler " le boss " dans sa cité saint-louisienne, il engloutit 1 an ferme de plus.

P.S. : Je me suis senti visé (comment ne pas l’être ?) par les grossières insultes de ce triste individu qui prend sa connerie crasse pour un titre de gloire. Et lui répondrai, en mon nom et celui de mes confrères :

" Je t’emmerde, sale con ! "

J’ajouterai en outre que lui et ses collègues en violence débile, qu’ils seront directement responsables des inévitables réactions d’une population qui en a ras-la-casquette.

A force de bouter le feu à une botte de paille, on finit par enflammer toute la prairie.
Jules Bénard
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1.Posté par Peines confitures le 07/04/2017 20:21

Peines confitures ! Ils remettront le couvert... à coup sûr !

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