Santé

Démoustication: Un enjeu sanitaire majeur

Samedi 30 Mars 2019 - 08:56

Démoustication: Un enjeu sanitaire majeur
L’épidémie de dengue se poursuit. Pour limiter l’ampleur de l’épidémie, les équipes de la lutte anti- vectorielle interviennent jour et nuit dans les quartiers où des cas de dengue ont été signalés. Ces opérations de traitement sont aujourd’hui indispensables pour lutter contre l’épidémie.

La stratégie de lutte anti-vectorielle est actuellement déployée autour de deux axes :

- La sensibilisation de la population aux gestes de prévention pour l’élimination des gîtes larvaires et la protection contre les piqûres de moustiques

- Les traitements insecticides, des interventions ciblées et programmées uniquement autour des cas de dengue signalés par les médecins et laboratoires

Rappelons que la dengue est une maladie qui peut-être grave voire mortelle. En 2018, 500 passages aux urgences ont été enregistrés, 155 patients ont été hospitalisés et 6 sont décédés, dont 3 considérés, après investigations, comme directement liés à la dengue. Ces dernières semaines, le nombre d’hospitalisations est en hausse, ainsi que le nombre de passages aux urgences.

La gestion de cette épidémie constitue pour la Réunion un enjeu sanitaire majeur, qui justifie l’utilisation des traitements insecticides, en complément des opérations de sensibilisation et d’élimination des gîtes larvaires mises en œuvre par les communes, les associations et les intercommunalités, et de la mobilisation collective de la population aux gestes de prévention.

L’objectif de ces traitements insecticides est de contenir l’épidémie en intervenant très vite autour du domicile des personnes malades afin d’éliminer un maximum de moustiques adultes qui peuvent être porteurs du virus dans un rayon de 100 à 150 m autour des cas signalés.

Cette stratégie ciblée et réactive a contribué en 2018 à freiner la circulation du virus dans la majorité des situations d’apparition de nouveaux cas (85% des interventions autour des cas isolés de dengue ont permis d’éviter l’apparition de cas secondaires dans les quartiers touchés). Dès lors, les interventions de traitement insecticides autour des cas de dengue permettent de limiter l’apparition de nouveaux cas dans les quartiers.

Un dispositif cadré et contrôlé pour lutter contre la propagation des moustiques
 
  • Les interventions insecticides sont réalisées uniquement en zone urbaine, autour du domicile et des lieux de fréquentation des cas de dengue, et avec des précautions pour limiter les impacts sur l’environnement.
     
  • Utilisation des produits : les produits insecticides sont appliqués à ultra bas volume (dosage 15 à 20 fois moins important que la dose pour un usage agricole) et ne sont pas utilisés dans les zones d’espaces protégés ou naturels, à proximité des ruchers, des bassins de poissons, des périmètres de protection de captage d’eau potable...
     
  • Collaboration avec les associations : l’ARS OI a développé des relations avec plusieurs acteurs de la protection de l’environnement (associations de protection d’espèces patrimoniales, filières apicoles...), qui sont régulièrement informés des opérations de traitement.
  • Pour limiter les risques pour les abeilles : les apiculteurs sont invités depuis de nombreuses années à déclarer leurs ruchers à l’ARS (numéro vert : 0800 110 000). Plus de 800 ruchers sont connus de l’ARS et les traitements ne sont alors jamais réalisés à leur proximité : une zone d’exclusion de traitement d’un rayon de 125m est garantie autour des ruchers lors des traitements nocturnes. Des périmètres d’exclusion de traitement concernent également par exemple les zones de protection du gecko de Manapany.
    Le produit utilisé lors des opérations de traitement contient de la deltaméthrine, seule molécule insecticide autorisée en France pour les actions de démoustication pour la lutte contre les maladies transmises par les moustiques. En cas d’exposition, cette molécule peut provoquer des irritations chez les personnes sensibles. Aussi, la consultation d’un médecin est recommandée en cas d’apparition de symptômes suite au traitement.
A ce jour, il n’existe aucun produit insecticide biologique autorisé pour ce type d’intervention.

Quelles précautions doivent être prises lors des interventions de traitement insecticide ?

Une information de la population est systématiquement réalisée avant les traitements, soit directement par les équipes de porte à porte en journée, soit par avis de passage remis dans les boîtes aux lettres pour les traitements nocturnes. La programmation des interventions de traitement est disponible sur le site Internet de l’ARS OI et adressée aux communes et intercommunalités qui bien souvent relaient ces informations par voie de presse ou directement sur le terrain. Ainsi, les habitants des quartiers concernés sont globalement bien informés de la programmation des traitements, et les signalements pour défaut d’information sont extrêmement rares.

Les avis de passage précisent les recommandations à suivre pour limiter les risques d’exposition :

Avant le traitement :
  • Couvrir les bassins et aquarium
  • Mettre à l’abri les tortues
  • Fermer portes et fenêtres
  • Protéger les ruches
Après le traitement :
  • Maintenir portes et fenêtres fermées au moins 30 minutes
  • Eviter de pénétrer dans la zone traitée pendant 6 heures
  • Laver et/ou peler les fruits et légumes avant de les consommer
Existe-t-il des méthodes alternatives aux produits insecticides ?
 
L’ARS OI est engagée dans la recherche de méthodes alternatives. Elle suit avec attention le développement de la technique de l’insecte stérile (TIS) à la Réunion. Cette technique innovante s’appuie sur des lâchers de moustiques mâles stérilisés, qui entrent en compétition avec les mâles sauvages et génèrent, après accouplement avec les femelles sauvages, des pontes non viables.

Des lâchers massifs de mâles stériles pourraient ainsi permettre de réduire les densités vectorielles de moustiques. Cette technique a fait preuve de son efficacité en laboratoire et il est à présent envisagé de l’évaluer à petite échelle en milieu extérieur urbain. Mais le processus de développement est encore long, afin de s’assurer de son efficacité en toute sécurité, et les échéances de mise en œuvre opérationnelles à grande échelle restent donc lointaines et incompatibles avec la gestion de l’épidémie en cours.

L’ARS OI étudie également les possibilités de recours à des techniques de piégeages en complément des interventions de lutte anti-vectorielle. Une étude cofinancée par l’ARS OI et la mairie du Port est en cours de développement pour évaluer l’efficacité de deux de ces techniques : des pièges à CO2 et des pièges pondoirs.
Zinfos 974
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1.Posté par LOD le 30/03/2019 10:12

Tuer n'est jamais la solution ; il s'agit plutôt de rétablir un équilibre naturel comme savent le faire d'autres Régions en réintroduisant les prédateurs endémiques - genre la Chauve-Souris - plutôt qu'intoxiquer la faune et les riverains ^^ et donner des moustiquaires !b[

2.Posté par titi974 le 30/03/2019 11:26

En premier lieu c’est le nettoyage et la sanction financière des pollueurs balanceurs de déchets qui est un enjeu sanitaire majeur ensuite la démoustication se fera naturellement sans produits chimiques nocifs pour tout l’environnement....

3.Posté par La gitane le 30/03/2019 14:33 (depuis mobile)

Disons que L'ARS se frotte les mains, le RSMA et la sécurité civile font son boulot 😬

et d'autant plus que la deltamethrine est cancérigène......

Sacrés fonctionnaires !!!

4.Posté par Veridik le 30/03/2019 20:38 (depuis mobile)

Le RSMA a toujours été une main d'oeuvre gratuite exploitable à souhait

5.Posté par Targie le 30/03/2019 22:32 (depuis mobile)

Alors ok pour les abeilles des apiculteurs " déclarés et mes BABOUKS, GUEKOS (margouillats), COLÉOPTÈRES, CHENILLES, PAPILLONS, COCCINELLES, ZOISEAUX, GRENOUILLES, CRAPAUDS,
POULES, CHIENSS, CHATS....ils faut aussi tout enfermé ???

6.Posté par polo974 le 01/04/2019 15:44

""" dosage 15 à 20 fois moins important que la dose pour un usage agricole """
soit c'est inefficace, soit les agriculteurs sont des empoisonneurs invétérés...


""" Avant le traitement : """
et les traitement sont annoncés comment ? ? ?


7.Posté par Dr Anonyme le 01/04/2019 16:40

Certes, on peut lutter contre les moustiques qui transmettent la dengue grâce à 40 soldats de métropole. Encore faudrait-il songer à protéger nos troupes d'appoint contre ces mêmes moustiques qu’ils doivent attaquer.

Pourquoi ne pas demander aux médecins un effort intellectuel dans ce qui est leur domaine ?

Premier point médical. Certaines régions endémiques pour le paludisme sont également infestées par les filarioses de Bancroft et de Médine. La population y bénéficie déjà et régulièrement de traitements par l'ivermectine. C'est de l'acquis. Une publication du Lancet lance l'idée que ce traitement pourrait également prévenir le paludisme. Il est en effet possible que les moustiques anophèles ingérant de l’ivermectine présent dans le sang des personnes traitées soient tués, réduisant ainsi globalement le risque de transmission à l’échelle de la communauté.

Second point médical. Peut-t-on, dès lors, avoir le courage de préconiser, chez nous, l'usage, jusque-là inédit mais non interdit, de l'ivermectine pour lutter contre l'épidémie de la dengue de la Réunion?

L’ivermectine possède une action toxique sur la neurotransmission des seuls invertébrés (dont les moustiques) ainsi d'ailleurs que sur tous les autres parasites invertébrés. Elle est, par contre, sans aucune action (effets secondaires) chez les mammifères. Les vertébrés dont nous sommes ne possèdent pas la même neurotransmission que les invertébrés. C'est ce qui permettrait une action sur presque tous les parasites sans déranger leurs hôtes mammifères.

Premier effet à envisager: toute une série de parasites seraient traités. L’ivermectine est un antiparasitaire à large spectre déjà bien connu pour traiter les maladies suivantes portées par des invertébrés : l’onchocercose, la rosacée aux acariens, la filariose lymphatique de Bancroft (autrefois très répandue à LA RÉUNION: gros patte, grosse graine), la filariose à Loa Loa (africaine), l’anguillulose, l’ascaridiose, l’oxyurose (ces deux-là autrefois très répandues chez nous), la larva migrans cutanée, la gale et le palu d'importation. Peut-être même peut-on espérer traiter la pédiculose du cuir chevelu (poux) et d'ailleurs tous les insectes hématophages, puces, tiques qui transmettent la maladie de LYME, etc.

Second effet : les moustiques sains qui viennent piquer des patients atteints de la dengue, pourraient absorber de l'ivermectine trouvée dans le sang de ces patients. Ils en meurent. Ceci casserait déjà la transmission à partir des personnes atteintes de la dengue afin de protéger leur entourage.

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