Santé

Déficit du CHU Réunion: La CFTC Santé attend beaucoup du COPERMO

Samedi 10 Décembre 2016 - 05:15

La CFTC Santé Réunion-Mayotte réclame "la vérité" sur le déficit "critique" du CHU Réunion. Le syndicat se demande en effet si ce déficit, qui devrait atteindre fin 2016 près de 30 millions d’euros, ne serait pas dû à des investissements "mal maitrisés" ou à des dépenses "supérieures aux provisions et aux capacités financières" de la structure hospitalière.
 
Pour Jean-Yves Hoarau, président de la CFTC Santé Réunion-Mayotte, la répercussion directe de ce déficit se fera sur les agents les plus précaires, à savoir ceux qui sont en situation de remplacement ou en contrat d’avenir. "Avant 2011 et la création du CHU Réunion, le centre hospitalier Félix-Guyon et le groupe hospitalier Sud-Réunion avaient un budget équilibré", tient-il à rappeler. "C’est après que les difficultés ont commencé : le passage au CHU a obligé nos deux établissements à se doter d’équipements de soin beaucoup plus supérieurs. Mais il faut savoir que le gouvernement avait prévu un accompagnement financier sur la création du CHU, que nous attendons toujours…", déplore le syndicaliste.

Un accompagnement réclamé corps et âme depuis plusieurs années par la direction du CHUR, pour avoir le "même traitement que les autres DOM", rappelle la CFTC.

"Mais Dieu…Qu’on ne touche pas au personnel !"

Pour rappel, le processus de fusion et de création du CHUR prévoyait une modernisation des sites suivants à hauteur de 382 millions d’euros sur la période 2012-2019 : le bâtiment des soins critiques de Saint-Denis, la restructuration et l’extension du bâtiment central de Saint-Pierre et la structuration de la filière de prise en charge des troubles neurodégénératifs liés au vieillissement, des traumas crâniens et des AVC sur le site du Tampon.
 
Or, comme l’explique Jean-Yves Hoarau, l’ex-CHD Félix-Guyon et le groupe hospitalier Sud-Réunion sortaient déjà de plans de redressement qui leur avaient permis d’atteindre "un fragile équilibre". "Les deux projets d’investissement en cours de construction sur les sites de Saint-Denis et de Saint-Pierre ont été menés en même temps : il y aurait dû avoir un phasage différent et l’on se retrouve aujourd’hui bloqué sur nos capacités d’auto-financements et d’auto-investissements".

"Malgré nos difficultés, nous faisons partie des bons élèves"

La question du CHUR sera abordée ce mardi 13 décembre à la COPERMO (commission pour la performance et la modernisation des hôpitaux). Seront présents au sein de cette COPERMO des représentants de la direction générale de l’offre de soins au ministère de la Santé, de l'inspection générale des affaires sanitaires et sociales, de l’ARS OI et du CHU Réunion.

"Nous espérons que le cri d’alarme du personnel soit entendu le 13 décembre. Il n’est pas normal qu’un établissement comme le CHU, qui génère 8% d’activités supplémentaires, trouve un déséquilibre fonctionnel. Si c’est l’investissement qui est concerné par notre déficit, nous devons revoir les investissements du CHU mais non pas toucher au personnel qui fait son travail correctement", martèle Jean-Yves Hoarau.
 
Une décision partagée par Serge Camatchy, vice-président de la CFTC, qui fonde tous ses espoirs sur ce COPERMO. "Il faut une opération de vérité. Le COPERMO, c’est le moyen d’analyser tous les éléments pour savoir si on a fait trop de dépenses dans les investissements et pas assez dans le fonctionnement. Mais Dieu…Qu’on ne touche pas au personnel ! Quand on dit à la veille des fêtes de fin d’année qu’on va supprimer 300 emplois dans les hôpitaux, moi ça me fait bondir !", s'emporte-t-il.
 
Malgré les difficultés rencontrées actuellement par le CHU, sa création "était une bonne chose" maintient Serge Camatchy. "Cela a permis à La Réunion de rattraper son retard sur la métropole et les Antilles concernant les infrastructures hospitalières. De plus, cela a débouché sur la création de l’UFR Santé, avec des jeunes formés à La Réunion. Le CHU Réunion se classe également à la 12ème place sur 30 des CHU de France", explique le président d’honneur de la CFTC Santé. "Malgré nos difficultés, nous faisons partie des bons élèves et l’État doit nous aider en conséquence", poursuit-il, avant d'appeller l'État "à honorer ses engagements".
samuel.irlepenne@zinfos974.com
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1.Posté par Le zèbre du Raël le 10/12/2016 06:43

Une solution, pour ne pas licencier, supprimons la surrémunération, prime colonialiste tés injuste, Fillon mettra de l'ordre dans tout ce bordel bientôt
Vive Fillon, il faut casser la baraque.

2.Posté par yabos le 10/12/2016 08:42

Ces représentants syndicaux sont d'une naïveté sans nom ou alors tout simplement bêtes . Ils demandent à l'Etat de respecter les engagements pris, alors qu'ils savent bien , par expérience, que l'Etat ne respecte pratiquement jamais ses propres engagements, même avec contrat signé à la clef. Maintenant , il est un peu tard pour jouer aux indignés .

3.Posté par Ma sonnerie le 10/12/2016 08:50

recourez à des spécialistes des EPRD...il y en a au moins 2 à la Réunion..

4.Posté par igas ouille le 10/12/2016 10:04

Un syndicat toujours au service pour encourager le directeur...qui les arrose bien en permanent syndicaux...
elle est ou la présidente CFTC... Valérie? Bien casée par DG....
elle a sauté... ?

bien sur c est la fote au gouvernement...
combien de syndicalistes grassement payé au syndicat CFTC aprés la fusion.. chut... fo pas dire ca

partou i manque personnel sauf band syndica menteur

5.Posté par Pierre Balcon le 10/12/2016 11:49

4 questions :

- était- il pertinent , dans ces conditions , de construire à Saint Paul un nouvel établissement qui coûtera plus de 180 M€ d’investissement et 100 M€/an de fonctionnement et qui a été à l'origine de ce choix calamiteux ?
- avons nous quelque chose de bon à attendre d'un regroupement avec Mayotte ?
-Le CHU de La Réunion est il en mesure de garantir que les malades de La Réunion bénéficieront des mêmes soins innovants que les patients des grands établissements parisiens et quelque chose est il écrit la dessus dans la loi Egalité réelle , enlisée au Sénat ?
- Marisol Touraine a t elle réellement sauvé la sécurité sociale et la santé des français pour laquelle elle est faite?

De tout le reste on s'en fout.
Le confort de travail des agents hospitaliers est certes un problème mais seulement à la condition qu'on ne perde pas de vue leur mission essentielle qui est de promouvoir et garantir l'accès aux meilleurs soins de nos concitoyens et surtout de ceux qui sont confrontés aux graves maladies .
J'ai comme l'impression qu'on est en présence de curés sans Dieu et sans paroissiens , " in partibus " comme on disait avant

6.Posté par noe le 10/12/2016 13:54

Trop d'employés , trop de malades , trop de frais , trop de salaires à verser ... voilà le "trou" !
Sur la photo , ce sont des chirurgiens ?

7.Posté par Koukoune le 10/12/2016 18:12

Non noe ce ne sont pas des chirurgiens ce sont des nantis grassement payés pour foutre la merde,avec leur prime de vie chére, pistonnés par la direction.

8.Posté par Roland galet le 10/12/2016 18:21 (depuis mobile)

Je ne vois que ce syndicat. Ou sont les autres

9.Posté par Question bête le 10/12/2016 22:12

certains anciens fonctionnaires font étalage de leurs états d'âme...comme c'est touchant...un peu comme Valls qui prétend faire mieux que lorsqu'il était aux manettes maintenant qu'il a lâché le manche...

10.Posté par Caton le 11/12/2016 14:39

Ce qui est étonnant ,personne ne parle du problème du financement à l'acte au lieu de la dotation globale.Depuis cette réforme de Raffarin plus rien ne va ds les hôpitaux.On ne fait que boucher les trous ds les différents CHU

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