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Dans des colonies israéliennes, on mise sur un boom immobilier "post-annexion"


- Publié le Dimanche 5 Juillet 2020 à 10:26 | Lu 45 fois

Vue de la colonie israélienne d’Ariel en Cisjordanie occupée, le 1er juillet 2020 - JACK GUEZ / ©AFP

(AFP)

Dans la colonie israélienne d'Ariel, Perri Ben Senior n'attend qu'une chose: qu'Israël annexe cette partie du nord de la Cisjordanie occupée, avec pour conséquence espérée une hausse des prix de la pierre, ce qui serait une aubaine pour son agence immobilière.

Ariel, ses 20.500 habitants, son université et ses centres commerciaux ont été mentionnés ces dernières semaines comme pouvant faire partie d'un premier round d'annexion de l'ensemble des colonies israéliennes et de pans de la Cisjordanie par l'Etat hébreu dans le cadre d'un plan proposé par l'administration américaine.

Selon certains observateurs, le gouvernement, qui peut en principe se prononcer depuis mercredi sur ce projet, pourrait chercher à temporiser ou commencer par annexer certaines grandes colonies, comme Ariel.

Dans son agence immobilière, Perri Ben Senior espère que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, aille de l'avant avec le plan américain. "Cela fera grimper le prix des appartements et des terrains car il y aura plus de demandes", prédit-elle.

Ailleurs en Cisjordanie, d'autres agents ont déjà constaté un changement depuis que le sujet de l'annexion monopolise les débats, à peine éclipsé ces derniers mois par la pandémie de nouveau coronavirus.

Daniel Wach, dont l'agence est située dans la colonie d'Eli, à quelques kilomètres d'Ariel, dit avoir réalisé autant de transactions depuis mai que "ces dernières années".

"Ces 10 derniers jours, nous avons vendu six logements dans la colonie d'Alfei Menashe", raconte-t-il à l'AFP. "Ces maisons étaient sur le marché depuis des mois, j'ai donc demandé à nos clients pourquoi ils s'étaient soudainement décidés à acheter. Ils m'ont répondu que c'était par crainte d'une hausse des prix en cas d'annexion", ajoute-t-il.

- "Un endroit normal" -

Si Israël annexe des parties de la Cisjordanie -- territoire palestinien qu'il occupe depuis 1967 --, les colons seront considérés par l'Etat hébreu comme des Israéliens à part entière et seront soumis à la loi civile israélienne et non plus militaire comme c'est le cas actuellement.

"La Judée-Samarie (nom que les autorités israéliennes donnent à la Cisjordanie, NDLR) va devenir un endroit normal", se réjouit M. Wach.

Et nombreux sont ceux qui estiment qu'Israël, une fois ces terres annexées, ne pourra plus les transférer aux Palestiniens en cas de création d'un Etat à eux, comme prévu par les accords d'Oslo signés en 1993.

Aujourd'hui, "les gens ont peur d'acheter dans les Territoires (palestiniens) parce qu'ils se disent: +Et si demain on rend les Territoires (aux Palestiniens), qui va nous rembourser? Qu'est-ce qui va advenir de cette maison que j'ai achetée?+", explique Perri Ben Senior.

Depuis les accords d'Oslo, la population des colonies israéliennes -- illégales selon le droit international -- a plus que triplé pour dépasser aujourd'hui les 450.000 personnes.

Outre les colons qui habitent en Cisjordanie pour des raisons idéologiques et religieuses, de nombreux Israéliens ont été attirés par les prix de l'immobilier, beaucoup plus bas qu'en Israël où ils ont flambé ces dernières années.

- Opportunité -

A 12 km d'Alfei Menashe, de l'autre côté de la "Ligne verte" qui sépare d'Israël la Cisjordanie, se trouve la ville de Kfar Saba, où il faut débourser environ 4,5 millions de shekels (1,1 million d'euros) pour une maison de sept pièces sur un terrain de 200 m2, explique M. Wach.

A Alfei Menashe, un bien similaire coûte environ 2,2 millions de shekels (566.000 euros), soit moitié moins cher.

"Immédiatement après l'annexion, les prix de l'immobilier bondiront de 10 à 15% dans les colonies. Et dans cinq à sept ans, ils auront augmenté de 30%, pas moins", assure M. Wach.

Zeev Epstein, promoteur qui a enregistré un nombre record de ventes le mois dernier, partage le même optimisme.

La décision d'annexer "fera une grande différence", dit celui dont l'entreprise Harei Zahav ("Montagnes dorées" en hébreu) travaille exclusivement dans les implantations israéliennes.

"Le marché va devenir encore plus important, il faut qu'on se prépare à travailler dur pour saisir cette opportunité", dit-il à l'AFP.

En attendant que le gouvernement décide ou non d'aller de l'avant vers une annexion, M. Wach s'y voit déjà: "Quand Israël décidera que cet endroit est à nous, la réaction générale sera: 'ah! Enfin!'"

Alexandra VARDI, Claire GOUNON



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