Société

Cyclones, pré-cyclones, catastrophes… Gramoune la dit…

Lundi 15 Janvier 2018 - 18:11

La trajectoire du cyclone 48, dessinée à l'époque à la main par les services météo, non pas d'après une photo satellite, évidemment, mais d'après les relevés faits par les navires et les stations à terre. Il frôlera La Réunion dans la nuit du 26 au 27 janvier 1948 (dans C'était hier, vol.4, édition Orphie, 2011, Daniel Vaxelaire)
La trajectoire du cyclone 48, dessinée à l'époque à la main par les services météo, non pas d'après une photo satellite, évidemment, mais d'après les relevés faits par les navires et les stations à terre. Il frôlera La Réunion dans la nuit du 26 au 27 janvier 1948 (dans C'était hier, vol.4, édition Orphie, 2011, Daniel Vaxelaire)
Un météore d’une force impressionnante vient sur nous. Il convient de s’y préparer ; radios et télévisions n’en finissent plus de nous mettre en garde : elles ont bien raison.

Mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut, surtout quand on ne sait pas. L’exemple le plus frappant est celui de Jenny, premier cyclone à avoir eu l’honneur de porter un nom : 37 morts et disparus, et plus de 150 blessés.

Parce que le préfet Perreau-Pradier a refusé de mettre la population en garde ! On aurait dû le fusiller (au minimum) pour une inconséquence aussi coupable ! Avant de le noyer après l’avoir empoisonné à coups de marteau.

"Allons donc, mon cher Malik !"

Tôt en ce matin du 28 février 1962, une scène, qui serait du plus haut comique si ce n’était aussi tragique, se déroule sur le perron de la Préfecture sous les yeux médusés des passants. Un petit homme " codindé ", rouge, veines du cou gonflées, au bord de l’apoplexie, engueule fort le préfet Perreau-Pradier, autrement surnommé " Divan-le-Terrible ".

Le préfet manque s’étouffer, est plus en plus plié en quatre devant ce que lui dit entre deux étranglements de rage son vis-à-vis, le célèbre et compétent Malik, directeur de la météo. M. Malik affirme qu’un violent cyclone se dirige plein pot sur La Réunion.

Avec son intelligence de balai, Perreau-Pradier ne croit que ce que ses yeux lui montrent : ciel bleu, pas un nuage même arachnéen, aucun vent, mer plate.

" Allons donc, mon cher Malik… "

Cette famille nombreuse de la Rivière Saint-Louis a tout perdu (photo Espérance lors du cyclone de 1932, Archives départementales)
Cette famille nombreuse de la Rivière Saint-Louis a tout perdu (photo Espérance lors du cyclone de 1932, Archives départementales)
Le " cher Malik " a beau dire que toutes les observations expédiées par les stations des Îles Éparses le confirment, le préfet ne veut rien savoir.

L’alerte n’est donc pas déclenchée.

Un vent chaud très soudain !

Et quand elle le sera, il est trop tard. De très nombreuses embarcations sont en mer… forcément puisqu’il n’y avait pas la plus petite vaguelette pour alerter les pêcheurs. Toutes les entreprises sont au travail. Heureusement que les écoles ne doivent ouvrir que dans deux jours.

 

1962, lors du cyclone Jenny, le pylone de la TSF, situé sur le Barachois, est tombé (photo Jean Colbe dans C'était hier, vol.4, édition Orphie, 2011, Daniel Vaxelaire)
1962, lors du cyclone Jenny, le pylone de la TSF, situé sur le Barachois, est tombé (photo Jean Colbe dans C'était hier, vol.4, édition Orphie, 2011, Daniel Vaxelaire)
Mes frères Michel, Alain et moi terminions nos vacances à " Village " (Étang-Salé-les-Bains), le ventre noué par la prochaine rentrée. Vers 12h30, nous revenions d’une petite partie de braconnage aux randiks dans le lagon. Il faisait beau. Quand un vent chaud se mit à souffler. Le vent chaud, chez nous, a toujours été annonciateur de cyclone proche. Michel me fit remarquer, et cela restera à jamais gravé en mon esprit, que notre mère faisait une drôle de tête :

" Koça l’arrive maman ? "

Justy, d’une extrême sensitivité, l’avait su avant tout le monde.

Peu après, il a suffi à Jenny de deux heures pour raser La Réunion.

Jenny, avançant, " courant " à 35 km/h, du Nord-Est au Sud-Ouest, détruisit tout ce qui pousse, cannes, fruits, légumes. Mais, bien pire, fit 37 mort et 150 blessés graves ; détruisit 4.000 maisons ; et mit 13.000 personnes à la rue. Presque aucun des pêcheurs sortis en mer ne rentra !

Quand le dis qu’il faudrait ressusciter le Perreau-Pradier pour le torturer !

Jenny, modeste dépression deux jours avant

De l’église de Champ-Borne, datant de 1835, il ne reste que les ruines désolantes qu’on peut encore voir aujourd’hui. Comme toutes les paillotes alentour, elle a été balayée (et toute la région Est) par une lame de fond jaillit elle aussi sans prévenir du fin fond de l’enfer sans avertissement préalable.

L’ancien pylône du Barachois a été balayé comme fétu de fataque par des vents estimés à près de 300 tickets à ce moment-là. Par ce qui n’était à l’origine qu’une modeste dépression s’étant formée le 25, 2 jours avant, aux alentours de Diégo Garcia.

Si le préfet est certes coupable de ne pas avoir écouté le colérique mais compétent Malik, il faut savoir que les signes avant-coureurs des cyclones, signes que les anciens connaissent de toute éternité, ne se sont non plus et à aucun moment manifestés.

Les colonies de fourmis transportant leurs oeufs à l’abri, les poules se terrant dans leurs poulaillers, les chiens hurlant à la mort, les nuages tourbillonnant follement, les vagues de plus en plus désordonnées, de tout ceci il n’y eut rien.

Même le vent chaud de Justy, qui vient ordinairement des heures à l’avance, ne s’est manifesté que lorsque Jenny nous tombait sur le coin de la figure.

Pourquoi supprimer le " canal " ?

Fourmis, oiseaux camouflés, vagues… tous ces signes ont toujours permis aux Réunionnais, chapitrés par les soins de leurs gramounes, de se préparer au pire : galets sur les tôles du toit, vieux gonis enfournés sous les portes, fenêtres " garanties " avec planches " cloutées ", volailles " serrées " dans la cuisine, provisions de pétrole po la lampe-bobèche, quelques kilos de pommes-de-terre, bougies, allumettes, une cuillèrée de riz dans la calebasse gros sel… (contre l’humidité envahissante, voyons !)

 

Mais toutes ces précautions ne valent pas un pêt de tangue si les autorités n’y mettent pas du leur non plus.

Alors même qu’aucun cyclone ne nous a encore touchés en 2018, les chemins se transforment en ravines. Voilà une catastrophe que nous ne connaissions pas autrefois : il y avait des caniveaux pour canaliser les inondations. Ah oui ! chez nous ont dit " canal " pour caniveau.

Puis sont arrivés de jeunes ingénieurs té qui sorte déyèr soleil daoir et se croyaient plus malins que nos Anciens. Ils ont partout supprimé les caniveaux sous le fumeux prétexte que c’est dangereux pour les voitures. Ce à quoi Jacques Lougnon leur avait répliqué que les voitures sont faites pour aller sur la route, pas dans le caniveau. Le Vieux Tangue avait mille fois raison mais il n’a fait que souffler dans une contrebasse : personne ne l’a écouté.

Quand les eaux n’ont plus trouvé de canal, elles sont allées n’importe où. Total, lors du passage de Hyacinthe, le Boulevard Banks de Saint-Pierre s’est décossé comme peau de mandarine. Et un mur, aujourd’hui, s’abat sur la chambre d’un ado.

La Mercedes fantôme de Firinga

Cela ne va pas mieux quand les ingénieurs se mêlent de fabriquer des machins appelés " ponts " mieux que nos vieux gramounes. Le tout beau, tout neuf pont de la rivière Saint-Etienne s’est écroulé selon la théorie joyeuse des dominos en 2007 ; alors que le vieux pont, juste à côté, n’a pas frémi d’un sourcil. D’ailleurs, il fait toujours le doigt d’honneur à son jeune collègue refait à coups de centaines de millions !

Quelques petits renseignements pour combler votre curiosité…

Le cyclone de 1932, venu de l’île Sainte-Marie toute proche, fit 100 morts.

Firinga, entre les 28 et 30 janvier 1989, dévasta l’île du Nord-Est au Sud-Ouest. Pendant son passage, assis sur le pas de ma porte aux Casernes, j’admirais le vol… des très beaux toits verts et bleus, que l’on avait fortifié avec des pointes ridicules. Auparavant, les toits se consolidaient avec tenons et mortaises selon les techniques des anciens charpentiers de marine. Là encore, zot' i prend gramoune po d’couillons ! On a pu voir une Mercedes se barrer toute seule dans un champ de cannes à Bassin Plat, là où aucune crue n’avait eu lieu depuis 30 ans. La bagnole, jamais retrouvée, doit sans doute servir de casier (de luxe) à langoustes au large de la rivière d’Abord ? Mais " ils " ont reconstruit au même endroit. Après ça, i di à ou Bon Dié lé méchant !

Firinga a aussi dévasté l’ancien port de Saint-Pierre, ce qui nous vaut le magnifique nouveau port voulu et réalisé par Elie Hoarau.

Mais les vieilles jetées construites par des esclaves ont tenu bon. Tandis qu’à Saint-Denis, là où il y eut 5 ports, il n’y a plus pépette. A cause des houles croisées entre la Pointe-des-Jardins et la Grande-Chaloupe. Mais les leçons de  l’histoire ne sont jamais prises en compte par les imbéciles !

1948, " le " cyclone

De mémoire d’homme, et même d’historien, le plus dévastateur restera celui de 1948, les 26/27 janvier. Plus de 165 morts et des dégâts par millions, des milliers de cases abattues sinon transportées, des milliers de sans-abri, les cultures détruites à 100 %… et une tôle guillotinant une jeune fille à Trois-Bassins !!!!!

Le magasin de mon grand-père à La Rivière y est resté, y laissant toutes ses marchandises. Je m’en souviens très bien : je suis né 6 mois plus tard.

Les mauvais esprits y voient une relation de cause à effet, une catastrophe n’arrivant jamais seul.
Jules Bénard
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1.Posté par justedubonsens le 15/01/2018 18:43

Merci Jules pour ce récit épique (et gratel lol). Zoreil j'ai souvent entendu parler de ces cyclones ravageurs mais sans en avoir les détails. Et comme vous dites un malheur n'arrive jamais seul, espérons que ce ne serra pas le cas avec celui-ci. Cdlt

2.Posté par canard le 15/01/2018 19:11

Magnifique témoignage, merci Monsieur.

3.Posté par klod le 15/01/2018 19:20

superbe rappel de M. Bénard des méfaits de "pradier le terrible" .

4.Posté par bertan le 15/01/2018 19:37

Cest toujours un plaisir de vous lire !

5.Posté par lezef le 15/01/2018 19:50

Avé Jules!
Beau texte, vraiment très beau ! C'est comme cela que l'on apprenait à écrire à l'époque. Merci, pour le témoignage.

6.Posté par MHélene le 15/01/2018 19:53 (depuis mobile)

On ne tire pas les lecons du passé, on continue à construire de maniére anarchique. Combien de terrains plantés de cannes ont été remplacés par de belles bâtisses. Plus rien ne peut retenir les grosses pluies, d''où les nombreuses inondations.

7.Posté par L'Ardéchoise le 15/01/2018 20:17

Joliment troussé, comme d'hab !
En plus, cela m'a donné l'envie de me replonger dans "C'était hier" de ton ami Daniel Vaxelaire.
Prend garde à toi et à ta petite famille, la Brigitte qui risque de vous tomber dessus n'a pas l'air très sympathique ..........................

8.Posté par Jouk le 15/01/2018 20:45

Bien di fallait écoute les conseils des anciens et fais peeettteeerrr

9.Posté par mortier le 15/01/2018 20:58 (depuis mobile)

Pour le cyclone 48 j''étais encore très jeune mais j''ai gardé quelques souvenirs. La case du voisin a été emportée et ses occupants sont venus se réfugier chez nous. Au 1er embellie, tous les enfants sont allés ramasser les manges tombées par terre.

10.Posté par Satya le 15/01/2018 21:59

Je pense vraiment que M. Benard devrait publier un recueil de ses souvenirs.
Ce serait très instructif et une idée cadeau à tout touriste.

11.Posté par Marie le 16/01/2018 00:08 (depuis mobile)

Les histoires de Mr Benard : j adore.
Continuez ainsi.

12.Posté par Aguyla le 15/01/2018 22:11

Merci M. Bénard pour ce superbe article, une fois de plus bien écrit : pour ma curiosité personnelle les photos insérées proviennent d’où SVP

13.Posté par ange le 16/01/2018 01:35

Bonjour Jules
Mais qu'est ce que c'est un bonheur de te lire!!J'adore et je peux dire que tu as raison ..Il faut écouter les gramounes .Ils ont bien des choses à apprendre aux jeunes qui pensent tout savoir et tout connaitre!!!
En tout cas merveilleuses histoires que tu nous comptes comme toujours avec ta passion .
à bientot au plaisir de te lire et de te revoir.

14.Posté par jvmd le 16/01/2018 01:39 (depuis mobile)

connaissant le niveau d'orthographe de mb, le dernier mot n'est pas écrit au masculin pour rien. non ?

15.Posté par Jean-Marie A. le 16/01/2018 07:26

Merci, Monsieur Bénard, pour ces rappels mais, par pitié, écrivez "gran(d)moune", comme tous les Réunionnais disaient autrefois (à l'époque où on n'écrivait pas beaucoup en créole), comme on l'a vu sur la 1ère pochette du disque de "Granmoune Lélé". Gran(d)moune. c'était à la fois français et créole, respectueux et affectueux. "Gramoune" fait vulgaire (comme gras). Ce nouveau mot créé pour faire plus "kréole", plus éloigné du français, a d'abord été écrit ainsi par des jeunes journalistes y sortent dehors, puis imités par tous les autres. Pour mon vieux père cafre décédé depuis très longtemps (pas lontan", comme pour votre mère yabe, c'est le mot "gran(d)moune qu'on employait et qu'il faudrait réhabiliter. Si vous en êtes convaincu, vous avez le pouvoir de le faire. Merci à vous

16.Posté par Marie le 16/01/2018 07:59

"Malik.....c'est pas celui qui était en poste à la Météo quand on a eu "Hyacinthe".....?

17.Posté par ZHERISSON le 16/01/2018 08:39

Bravo, bel article!
j'ai toujours beaucoup de plaisir à vous lire.

18.Posté par marijo le 16/01/2018 10:45

trés beau recit comme toujours - continuez ainsi et merci Mr BENARD

19.Posté par Jules Bénard le 16/01/2018 11:22

À TOUS :
Je ne peux que vous dire ceci :
"Je vous aime".

À Jean-Marie A :
Pour ce qui concerne "gramoune" ou "granmoune" : je vais vous décevoir. J'ai toujours connu les deux façons de dire... mais je vous accorde que "granmoune" était le plus fréquent... avant.
Vous avez raison de me rappeler à l'ordre quand vous trouvez une approximation dans mes écrits : je m'enrichis de vos remarques avisées, vous mais aussi les autres.
Bien cordialement.

20.Posté par Rigolo le 16/01/2018 11:52

A lui tout seul ce monsieur est un véritable phénomène météorologique, soit il a bu du JB, soit il est en alerte

21.Posté par calaya le 16/01/2018 12:06

je lis toujours avec le même plaisir et avec de la nostalgie à l'âme les récits de Mr Jules Benard.

Le 28 Février 1962 (j'avais 9 ans) je me souviens de la tôle toute neuve qui gémissait au dessus de nos têtes,papa avait amené une tante de pistaches et nous nous régalions tout en en écoutant les assauts rageurs des vents , mon jeune âge faisait que j'ignorais la peur et c'était plutôt un divertissement dans la case aux portes fermées par les bascules. Divertissement pour mes frères et soeurs et moi même car les parents étaient moitié morts d'inquiétude.
N'oublions pas que ce 28 février 1962 ,un courageux pilote de constellation a su faire face aux éléments avec les passagers à bord .
HUBERT

22.Posté par Marie le 16/01/2018 12:57

à Rigolo au moins il reste branché..... :)

23.Posté par A mon avis le 16/01/2018 13:54

Il serait intéressant d'expliquer l'origine du surnom " Divan-le-Terrible " du préfet de l'époque Perreau-Pradier.

N'est-il pas aussi l'un des décideurs de la première "route du littoral" ?

24.Posté par A mon avis le 16/01/2018 14:16

@ 19 Jules Bénard :
Merci de cette déclaration d'amour ! Ça change un peu ! 😊 😊 😊

Sans vouloir minimiser la qualité d'évocation de vos souvenirs fort intéressants, et pour répondre à votre demande de vous rappeler à l'ordre si nécessaire, je me permets de souligner que vous commettez de nombreuses (petites certes) fautes de français, et que vous devriez faire relire vos textes avant parution.

"gramoune" ou "granmoune" . Pour répondre à votre incertitude et selon le Littré :

GRAMOUNE
Étymologie : français dialectal
GRAMOUNE ou GRAND-MOUNE, n. m. et n. f. Réunion
♦ Personne de grand âge. Un gramoune sage et respecté.
♦ Rem. On dit et écrit aussi : grand monde, grand'monde et grand-monde.
© Éditions Garnier, Paris, 2008

25.Posté par Domi le 16/01/2018 18:11 (depuis mobile)

Monsieur Bénard je suis un peu plus jeune que vous mais je vous assure que dans notre quartier tout le monde disait grand moune mais pas gramoune. Jean Marie a parfaitement raison c’est un mot usité dernièrement pour faire « kréol »

26.Posté par A mon avis le 16/01/2018 19:06

Jules Bénard : vous parlez de l' " intelligence de balai, [de] Perreau-Pradier ".

"ballets" ne conviendrait-il pas mieux, en parlant de cet illustre préfet ? Surtout si on ajoute de la couleur ?

27.Posté par Alwatani le 16/01/2018 19:17

Une magnifique et passionnante évocation historique de Jules Bénard.
Un témoignage qui réveille en moi de douloureux souvenirs de mon enfance mauricienne.
- Le cyclone Carol des 25- 29 février 1960 frappa Maurice avec une extrême cruauté (des vents de 280 kmh, 42 morts, 1700 blessés,70.000 maisons détruites...).
- Le cyclone Jenny en 1962 qui dévasta La Réunion, avec 37 morts, victimes de la mégalomanie paranoiaque du sinistre préfet Perreau-Pradier, mais qui tua aussi 14 personnes à Maurice, à la Pointe aux Sables.

L'épisode héroique du Constellation cité par le post 21 est relaté avec talent et émotion par l'écrivaine mauricienne Marcel LAGESSE dans un superbe roman autobiographique "Sont amis que vent emporte".

28.Posté par A mon avis le 16/01/2018 19:20

@ 25 Domi et @15 Jean-Marie A.: selon le Littré cité plus haut, il semble que "gramoune" corresponde au masculin "grand-père" et "grand-moune" corresponde au féminin grand-mère".

Attendons la définition donnée par un dictionnaire kreol !😊 😊

29.Posté par Oscar DUDULE le 16/01/2018 19:45

Bel article de Jules Bénard, bien documenté. Je me permets simplement de rajouter Hyacinthe , parmi les cyclones marquants et dévastateurs. il y a eu une vingtaine de mort. dont une famille entière victime de glissement de terrain près de Grand Ilet

Merci M.Benard

30.Posté par maria le 16/01/2018 20:00

j'avais 10 ans quand Jenny est passée.J'habitais à st denis et les vents n'atteignaient certainement pas les 300 km/h sinon je ne serais plus de ce monde;Mes frères soeurs et moi jouions ,dans notre véranda avec les avocats qui étaient tombés et on n'avait pas eu le temps de fermer les portes et fenêtres et notre maison créole a très bien tenu le coup.Il faudrait aussi dire que la météo n'était pas comme aujourd'hui et pour connaître s'il y avait un cyclone il fallait aller voir les cartes qui se trouvaient dans la vitrine de la météo qui se trouvait dans la rue de la victoire et il faudrait aussi ne pas omettre de préciser que les "canals" comme on disait transportaient beaucoup de cochonneries et on attrapait des saloperies car on allait y jouer après chaque grosse pluie et il y avaient des rats et des animaux morts dans ces"canals" Peut-être qu'en dehors de la ville c'était différent?Après chaque cyclone il fallait vérifier les toits en tôle car souvent il y avaient des toits qui s'envolaient et les bardeaux qu'il fallait changer mais il est vrai qu'on savait mieux protéger nos habitations;Mes parents m'ont raconté que pour le cyclone 48 le vent soufflait à 300 km/h.J'ai déjà vu des maisons créoles par terre après des passages de cyclone et des grosses inondations donc ce n'etait pas mieux avant mais on ne se plaignait pas et il n'y avait pas d'eau en bouteille on faisait bouillir l'eau et on avait des bougies et on se mettait au rez de chaussée des maisons,on ne restait pas à l'étage.

31.Posté par sayag le 16/01/2018 20:55 (depuis mobile)

le seul dictionnaire créole est la diction des anciens. en tout cas c'est bien de ressentir un peu le passé avant de regarder "oussanousava".

32.Posté par klod le 16/01/2018 21:16

yes Jules .................. gramoune lé té y dit "couramment" selon moi et mes 52 années sur mon ile créole de la "Réunion" ...................... ................


aprés ...dictionnaire "créole -framçais" ????????????????? de "alain armand" à vaxélaire" en passant par d'autres dont j'ai oublié le nom tellement c'est "crucial" ..................... .................

kossa un chose ????????????

kissa nou lé ??????????????????............................ kriké kraké ?


vives les iles créoles des caraibes au pacifique en passant par l'Océan indien
....................

le multiculturalisme ou le cosmopolitisme ou "le melting pot" , ferment de l'avenir , n'en déplaise aux "natios" de triste mémoire ............


" I and I known is gonna be a melting pot" STEEL PULSE featuring ! YES I ! special request to David Hinds ............. i and i known . Thanks to the "lord" .

the future ............. malgré les "natios" de tout bord , à tribord ou à babord !

le mullticulturalisme ( pardon , ça fé peur à finky crotte de "l'Académie" et sa "défaite de la pensée" et autres zemmour et autres "natios" ..................!) ou le cosmopolitisme ..................

en respect des cultures "de souche"( ce qui n'a rien d'incommensurable ...) ...........................

toujours le meme "probléme" en ce monde .......................... ben .

je souligne que " en notre bien aimé " Europe ,:
les "extremes droites" sont au "gouvernement" en Belgique , en Autriche ..et que "la pologne "chrestienne" va interdire l'avortement ......................

rien à voir ek " grandmoune "ou gramoune" .................... que nenni ..................... pov "occident" ...............

mwin lé content d'etre "Né" sur une "ile créole" de "l'hémisphère SUD" , en l'occurrence "la Réunion" .....ben , ya. kestion de karma , sans nul doute .....................

33.Posté par klod le 17/01/2018 00:31

tout ça pour dire .......................: bienheureux les comptenteurs de "perreau pradier" et de son suiveur : "debré michel " ......l'angélisme de droite face à l'autonomiste de gauche ( le ps étant suiveur sur cette ile ......) , qui avait raison ??????????????????????

kriké kraké , kossa un chose . ( "we fighting against angelic evolution" traduction anglicane d'un certain verset de la bible ( mon dié, lequel ,,,, : THE BIBLE SAYS, “WE WRESTLE NOT AGAINST FLESH AND BLOOD, BUT AGAINST PRINCIPALITIES, AGAINST POWERS, AGAINST THE RULERS OF THE DARKNESS OF THIS WORLD, AGAINST SPIRITUAL WICKEDNESS IN HIGH PLACES” (Ephesians 6:12):) .................. ???) ...............


au delà de ces considérations relevant de l'iniquité biblique et d'un certains "mysticisme" , toute une histoire de la RUN que les mwin de 20 ans n'ont pas connu:

la période "perreau pradier et "ordonnance debré" qui s'en est suivi et autre "la creuse" ou "clinique barreau" ............................... . lutter contre ces "salauds de communistes natifs indépendantistes " valait il des "méthodes scélérates" .loin de "l 'état de droit", ambiance "liberté , égalité , fraternité" ????????????? mon dié , kossa un chose ? les salauds vergeusiens d'un coté et les bons virapouléens ( le grand père !!) de l 'autre, c'était plus complexe que ça, non ?

la démocratie en toute chose ????????????


vive la Réunion , vive la République ,vive M. Bénard et "ses souvenirs" des vieux "hurrricane" du temps de "perreau pradier" ............. , n'est il pas ? tien bo la run974?

34.Posté par Jules Bénard le 17/01/2018 07:34

À jmvd 14 : Vous êtes le seul à l'avoir noté, bravo !

À "à mon avis" 26 : je vous laisse la responsabilité de votre assertion, cher ami. Mais je ne dirais pas que vous avez tort quand on connaît le bonhomme. Une fois, de retour de Maurice où il était allé "pour restions diverses" (hum !), il s'est fait proprement révolvériser, à sa descente CESNA (plus discret qu'Air France) par son épouse qui en avait marre de ses frasques extra conjugales. Fort heureusement, elle visait mal et ce ne furent qu'égratignures. Hélas, diront certains.

35.Posté par mikeleblero le 17/01/2018 13:18

salut Jules,
Souvenirs, souvenirs.
Ce 28 février là, j'étais parti du Port où j'habitais alors avec mon père pour dire au-revoir à ma grand-mère et mes tontons et matantes qui m'avaient élevé à Colimaçons, je te donne ces détails pour que tu te rappelles qui je suis (timimite na pu la plime dessi son bois de ...au lycée) . Le temps était du plus beau jusqu'à vers 11h à St Leu, le car courant d'air St Leu /la Chaloupe via Colimaçons Sacré-Coeur était plein comme un oeuf avec même quelques passagers supplémentaires sur le toit accompagnant un cochon et quelques poules. Voilà qu'à l'arrivée vers midi des rafales soudains violents de pluie et de vent s'abattaient sur le village. Avec mon petit "sac marin" comme bagage j'ai dévalé les sentiers qui mènent vers la case de grand-mère en faisant du toboggan sur les fesses, les chemins et sentiers s'étaient transformés en quelques minutes en torrents. Nous avons passés tous ensemble cet épisode dans la cuisine qui venait d'être consolidée, le seul endroit où étaient les maigres provisions, le feu et le café grillé. Moi, innocent , ne comprenant pas la crainte des adultes autour de moi qui avaient connu les cyclones précédents et notamment celui de 1932 qui avait emporté la case et le lit de grand-mère, arrachés et déposés dix mètres plus loin.
C'était aussi l'occasion de réentendre les histoires de tiJean et de grand- Diable-la-fesse-en-or.
A ce propos, Jules , tu as peut-être en réserve quelques unes de ces histoires Grand-Diable qu'il serait intéressant de publier en dehors de tous les essais universitaires ennuyeux sur cette question des contes et légendes créoles.

36.Posté par A mon avis le 17/01/2018 14:12

@ 32 klod : la Belgique a certes des problèmes Wallons/Flamands, mais elle n'a pas viré extrême droite comme la Pologne et l'Autriche. La Belgique est même en avance sur la France sur bien des points notamment en ce qui concerne la fin de vie.
C'est en Belgique que vient se réfugier l'indépendantiste catalan.
Et Bruxelles possède même (pas loin de Molenbeek) une mosquée financée par l’Arabie saoudite. C'est dire 😊 😊


A la Réunion l'époque Perreau Pradier c'était aussi les communistes (indépendantistes) exilés en Métropole et interdits de séjour à La Réunion.
Debré député de la Reunion, c'est après !
Mais on peut confondre, car la politique était la même, avec le Général aux manettes de la France !

37.Posté par tehmal le 17/01/2018 13:22

mes souvenirs du cyclone Jeny remuent pleines d émotions dans ma tête et une zone d ombres vient toujours m interroger sur ce qui serait du réel ou de l imaginaire. Vous allez m en dire plus. j avais 7 ans, j habitais à Petit St Pierre, dans une case en paille, situation assez courante dans la vie des hauts dans les années 60, le vent soufflait très fort et la chaumière commençait à s affaisser. Subitement, mon père, ma mère flanqués de mes 3 petits frères, nous nous sommes retrouvés dans le sentier qui mène vers chez ma grand mère, sous une pluie battante. Tout à coup, j entendis un bruit assourdissant comme un coup de tonnerre qui s abattait sur ou proche d un arbre, juste derrière nous. Je tremblais sous mon ptit capuchon fait d un sac d engrais vide. J ai eu juste le temps de me retourner, je ne sais pas ce que j ai vu et déjà mon père me criait de presser le pas pour arriver au plus vite chez ma grand mère quelques mètres plus bas mais interminables. Ce bruit effroyable, traumatisant me poursuit depuis toujours. Etait-ce une tôle qui s était abattue sur une autre ferraille ? Y avait-il de l orage, du tonnerre ce jour là à Sainte -Anne ? Je n ai jamais osé en parler avec précisions tant des détails m échappent et tant le souvenir m indispose même 63 ans plus tard....

38.Posté par kanal bisik le 17/01/2018 16:40

a 56 ans d age nous avons toujours dit gramoune !en designant bien sur une personne agèe , ou aussi un papie ou une mamie ou meme son propre père ....gramoune la dit !

39.Posté par klod le 17/01/2018 18:00

merci de me rappeler l'histoire de la run "à mon avis" ........... je voulais effectivement rappeler une certaine continuité avec notre mac arthy local : perreau-pradier et son suiveur quelques années plus tard , debré michel ..............

40.Posté par Choupette le 17/01/2018 18:13

" ...un pêt ... " du verbe péter sans accent, circonflexe du moins.

Chez nous, on a toujours dit gramoune ... .

36.Posté par A mon avis

En Belgique, il y a une forte communauté espagnole aussi. Et des références, par exemple : Au Roy d'Espagne sur la grand-place ... .

"La Belgique est même en avance ... en ce qui concerne la fin de vie"
Vous le pensez vraiment ?

41.Posté par beteimmonde le 17/01/2018 18:59

Il y a et il y aura toujours des etres lunaires pour croire dans les vertus du multiculturalisme et du métissage des peuples .Le lecteur Klod est un de ces etres qui ne voit rien venir . C'est une large vision de l'Histoire qui lui manque . Le plus souvent les sociétés multiculturelles ou multiethniques finissent par se séparer ou à se faire la guerre .L'Histoire contemporaine en fournit de nombreux exemples En 1.960 nous avons l'exemple de l'Erytrée ..En 1975 ,le Liban explose . En1974 ,c'est Chypre qui se divise. Auparavant ,en 1974 ,le Bangladesh s'était détaché du Pakistan .Bien avant encore ,Singapour en 1965 ,avait qutité la Malaisie.En 1991, l'Union soviétique perd de nombreuse provinces . En 1995 ,c'est la Yougoslavie qui éclate.Apres 20 ans de luttes féroces le Sri Lanka a pu maintenir son unité.L'Inde aujourd'hui peine à garder le Cachemire .Le Soudan s'est divisé en deux entités qui s'affrontent . Ne parlons pas des Kurdes qui veulent devenir une nation ni du Mali où les touaregs ne veulent plus cohabiter avec les noirs . Et Voilà que maintenant une partie des ukrainiens veut devenir russe
Et en France ? C'est l'ex président Hollande qui prévoyait un jour la partition de la France avec les immigrés musulmans .

42.Posté par A mon avis le 17/01/2018 19:27

@ 39 Choupette
Bruxelles, ville cosmopolite, et capitale européenne. Et très touristique. A propos de la Grand Place il faut la voir lorsqu'elle est décorée de tout un tapis de fleurs !
Oui, la législation belge est en avance sur la nôtre pour ce qui concerne l'euthanasie ! Mais je conçois que vous ne soyez pas de mon avis. Toutefois, tout comme pour l'avortement, reconnaître un droit n'oblige personne à utiliser ce droit. C'est le principe même de la liberté, liberté que ne respectent pas les opposants farouches à certains droits !
Mais on s'éloigne du thème des cyclones !

43.Posté par A mon avis le 17/01/2018 19:29

@38 klod : je voulais simplement compléter vos commentaires !

44.Posté par klod le 17/01/2018 20:01

en tout cas , M. Jules s'est surpassé dans sa prose , bravo à lui et à "ses souvenirs" d'une Réunion que les moins de 20 ans ( et de 30, aussi ) n'ont pas connu .

45.Posté par klod le 17/01/2018 21:40

pas de souci "a mon avis!!" , que je lis avec plaisir . bien à vous .


quant à "bete immonde" , il a bien choisi son "pseudo" .................................. triste humain , comme dirait l'autre , les memes depuis si longtemps !

46.Posté par beteimmonde le 17/01/2018 23:46

Il a raison "le Klod " ! Au temps de l'Inquisition sur un bucher on brulait les ' betes immondes ' Elles étaient trop avisés ,trop humaines .Elles ne croyaient pas aux crédos de l'Institution ...IElles n'ont pas toutes été réduites en cendres .,les betes immondes. Le feu de la bonne pensence ne les brulera pas encore une fois . La fumée des buchers finit toujours par se dissiper . Je te chéris : Liberté de pensée. Force la porte des Goulags . Ouvre le chemin !

47.Posté par beteimmonde le 18/01/2018 17:41

Le malheureux arbre généalogique français est moribond . A force de greffes malheureuses voulues par les bobos socialistes et multiculturalistes ,l’arbre a perdu sa couleur ,sa sève ,son panache . Sous l’écorce, des colonies de vers ,de termites rongent l’arbre majestueux qui maintenant dépérit . Et ,affublés de l’habit français des milliers de vermicules se répandent en Fance ,ici et ailleurs ..
Pauvre France ! Ne comptons plus sur elle . Autrefois elle était Gallièni ,Alain Delon ,Victor Hugo,Pasteur ,Effel .Aujourd'hui ,elle est Djamel Debouze ,Omar Sy ,Nadjet Bel Kacem , M. Mehra !

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