MENU ZINFOS
Courrier des lecteurs

Croyez-vous encore que notre presse est libre et pluraliste ?


Par Roger Martelli (Historien, Association des amies et amis de la Commune de Paris 1871) - Publié le Vendredi 2 Juin 2017 à 10:59 | Lu 271 fois

De Didier Le Strat du parti de la démondialisation (PAR DEM). Nous vous donnons copie de ce que l’Historien Roger Martelli a transmis au journal MARIANNE en réponse à l'article de Yann Moix.

Sa réponse n'a pas été publiée dans le journal… Pas étonnant, car tout ce qui va dans le sens de la défense du monde du travail a disparu des radars médiatiques nationaux depuis longtemps. En voici une autre preuve.

« Yann Moix ou le parti de la haine :   Yann Moix est un écrivain de médias, qui préfère le buzz à la vérité, l’outrance à l’esprit critique, l’éructation à la démonstration. Dans le dernier numéro de Marianne, il se livre à un numéro éblouissant. Il invite solennellement le nouveau Président de la République à être « ferme ». Contre qui, direz-vous ? Les inégalités, les destructions d’emploi, les licenciements, la spéculation massive, la corruption, les emplois fictifs, les paradis fiscaux, le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, l’islamophobie ? Pas du tout. Le scandale, c’est le laisser-aller des pouvoirs face aux « huées des sans-culottes », au « chaos » des récriminations, à la « foule » qui déshonore le « peuple ». En bref, l’ennemi est du côté de « la France haineuse », de « l’extrême gauche » et de sa « toxicité ». Et d’où vient ce mal absolu ? L’évidence éclate alors : le ver est dans le fruit depuis 1793 et, plus encore, depuis la Commune de Paris, en cette année 1871 où « l’immense majorité des Parisiens était prise en otage par la folie rouge ».

En une « Semaine sanglante », dans un doux mois de mai, les troupes gouvernementales de Versailles firent couler à flots le sang des communards parisiens, fusillèrent, arrêtèrent, déportèrent, contraignirent à l’exil des dizaines de milliers de femmes et d’hommes. Pourtant la haine et la rancœur, semble-t-il, furent l’apanage des victimes et pas celle des bourreaux. Le peuple de Paris commit, il est vrai, une faute irréparable : il voulut d’une République, mais pas de celle des notables. Il fit de la Marianne son symbole, mais estima qu’elle ne pouvait être elle-même que si elle était sociale. Il rêvait d’une chose toute simple, qui n’existait pas alors et que nous cherchons encore : un pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Les communards prenaient au sérieux la trinité de l’égalité, de la liberté et de la fraternité. Ils imaginaient qu’elle pouvait quitter les frontons officiels et se glisser dans la cité, dans le monde du travail, dans la culture et dans l’éducation. Criminelle impertinence…

Comment peut-on aujourd’hui rabâcher sans relâche ces contes à faire peur aux enfants ? Des dizaines de livres, des centaines d’articles ont été écrits pour sortir la Commune de l’ignorance, de l’approximation et de la sottise. Peine perdue : pour Yann Moix, les procureurs de Versailles, seuls, sont les dépositaires de la vérité. Il fallut attendre cent-quarante-cinq ans pour que l’Assemblée nationale, enfin, décide que les acteurs de la Commune devaient être réhabilités. Une majorité de députés l’a fait, le 29 novembre dernier, ajoutant que la représentation nationale souhaitait que l’action et les valeurs de la Commune soient mieux connues et reconnues par la nation. À lire les propos accueillis cette semaine par Marianne, on se dit que ce parti pris est décidément le bienvenu, tant l’ignorance et la caricature restent de saison. 

La Commune de Paris n’a pas à être enjolivée, pas plus qu’elle ne peut être vilipendée. Il suffit de dire ce qu’elle a été, dans sa diversité, son foisonnement, ses hésitations et même ses contradictions. Elle ne donne pas de leçons toutes faites. Elle ne se copie surtout pas. Nous ne sommes pas au XIXe, mais au XXIe siècle. À sa manière, la Commune innova et, si nous voulons la suivre, nous devrons innover à notre tour. Mais elle nous laisse un état d’esprit, une soif de justice, de démocratie directe, de laïcité, un sens de la chose publique, toutes choses qui, presque cent-cinquante ans plus tard, restent d’une incroyable modernité.

Que cela dérange Yann Moix est son affaire. Mais qu’il le dise franchement, au lieu de nous épuiser par ses poncifs. Il y a très longtemps, d’autres ont tenu des propos analogues aux siens. Beaucoup sont oubliés aujourd’hui. Sera-ce le cas de Monsieur Moix ? On peut en faire le pari…




1.Posté par GIRONDIN le 02/06/2017 13:39

.... Croyez-vous encore que notre presse est libre et pluraliste ?.....

Classement mondial de la liberté de la presse 2017

1 Norvège
2 Suède
3 Finlande
4 Danemark
5 Pays-Bas
6 Costa Rica
7 Suisse
8 Jamaïque
9 Belgique
10 Islande
11Autriche
12 Estonie
13 Nouvelle-Zélande
14 Irlande
15 Luxembourg
16 Allemagne
17 Slovaquie
18 Portugal
19 Australie
20 Surinam
21 Samoa
22 Canada
23 République Tchèque
24 Namibie
25 Uruguay
26 Ghana
27 Cap-Vert
28 Lettonie
29 Espagne
30 Chypre
31 Afrique du Sud
32 Liechtenstein
33 Chili
34 Trinité-et-Tobago
35 Andorre
36 Lituanie
37 Slovénie
38 Organisation des États de la Caraïbe orientale
39 France

2.Posté par Jean Luc H le 02/06/2017 22:39 (depuis mobile)

Qui a fait ce classement ? Sur quelle base ? Merci à Girondin de nous éclairer

3.Posté par GIRONDIN le 02/06/2017 23:16 (depuis mobile)

2. Jean Luc H
Bsr, j'ai oublié de préciser la source (avec toutes mes excuses) classement 2017
Voir détail:
https://rsf.org/fr/classement

4.Posté par GIRONDIN le 02/06/2017 23:31


Rsf info 2017

5.Posté par Pierre Balcon le 03/06/2017 08:28

La liberté c'est comme comme l'amour qui n'existe pas
Il n'existe que des actes d'amour et des actes de liberté .
Les journalistes nous rebattent les oreilles avec ce mot d'ordre creux de "liberté de la presse".
On s'en fout de la liberté de la presse .
Nous ce qu'on veut ce sont des actes de liberté de la presse.
Quand les article de journaux témoignent de jugements totalement émancipés on applaudit .
Quand ils nous servent la voix de leur maître ou celle de leur propres intérêts ou passions on ne leur veut que du mal.

6.Posté par GIRONDIN le 03/06/2017 09:13

Si Zinfo pouvait publier le texte et pas seulement la source, merci... ...

"""La France, enfin, recouvre six places pour se situer à la 39e position, mais cette remontée est principalement mécanique après la chute exceptionnelle qu’elle avait connue en 2015 avec la tuerie de Charlie Hebdo. Si l’on ne tient pas compte de cette parenthèse, la France, où les journalistes doivent se mobiliser pour défendre leur indépendance dans un climat de plus en plus violent et délétère, enregistre cette année son plus mauvais score (22,24) depuis 2013, en raison notamment d’affaires liées à des financiers utilisant à des fins d’influence les médias qu’ils possèdent. La loi sur l’indépendance des médias, que RSF a saluée, ne suffit pas à modifier valablement la situation""""
Rsf info 2017

7.Posté par JORI le 03/06/2017 13:05

5.Posté par Pierre Balcon le 03/06/2017 08:28
"Quand ils nous servent la voix de leur maître ou celle de leur propres intérêts ou passions on ne leur veut que du mal", et là vous savez de quoi vous parlez!!.

8.Posté par La crise de la presse ? Cherchez l'erreur! le 05/06/2017 10:32

Tout à fait d'accord avec les posts 1 à 6 (post 7, polémique, un peu hors sujet).

J'ai posté aujourd'hui sous l'article de zinfos concernant le risque de licenciements au Quotidien de la Réunion. Ca m'a permis de citer wikipedia parlant d'un livre (et du documentaire tiré en 2012), de Serge Halimi:

"Les nouveaux chiens de garde" qu'illustre parfaitement le présent article et que confirme le classement de Reporter Sans Frontières:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Nouveaux_Chiens_de_garde://

" Les Nouveaux Chiens de garde est un essai de Serge Halimi concernant les médias, paru en 1997 et actualisé en 20051, qui a connu un très fort succès de librairie (250 000 exemplaires2) alors même que son auteur a réalisé une promotion très réduite puisqu'il ne l'a pas présenté sur les plateaux de télévision. Le livre a été adapté au cinéma en France en janvier 2012.

Serge Halimi y présente, en quatre chapitres, son analyse de ce qu'il considère comme une collusion entre pouvoirs médiatique, politique et économique, à l'aide d'une étude qui se veut exhaustive sur la télévision et les grands journaux français.

Il prétend aussi démonter le traitement parfois partial et complaisant de certains médias français vis-à-vis des sociétés qui en sont les actionnaires.

Il explique aussi le peu de cas qui est selon lui fait des mouvements sociaux, et la place prépondérante des faits divers dans les journaux télévisés. Il reprend la thèse selon laquelle « le fait divers fait diversion », selon la formule de Pierre Bourdieu, qui a préfacé ce livre. Dans son dernier chapitre, il souligne les connivences dans le milieu journalistique, facilitant les autopromotions.

Le titre fait référence à l'ouvrage Les Chiens de garde (1932), dans lequel Paul Nizan dénonçait les analyses des philosophes les plus célèbres de son époque : ceux-ci, pour Nizan, garantissaient la perpétuation de l'idéologie bourgeoise, en décrivant l'homme dans son identité idéale et immuable plutôt que dans son existence particulière et matérielle. Le livre de Serge Halimi commence par un exergue extrait de l'ouvrage de Nizan : « Nous n'accepterons pas éternellement que le respect accordé au masque des philosophes ne soit finalement profitable qu'au pouvoir des banquiers. » Il se clôt par :

« Parlant des journalistes de son pays, un syndicaliste américain a observé : « Il y a vingt ans, ils déjeunaient avec nous dans des cafés. Aujourd'hui, ils dînent avec des industriels. » En ne rencontrant que des « décideurs », en se dévoyant dans une société de cour et d'argent, en se transformant en machine à propagande de la pensée de marché, le journalisme s'est enfermé dans une classe et dans une caste. Il a perdu des lecteurs et son crédit. Il a précipité l'appauvrissement du débat public. Cette situation est le propre d'un système : les codes de déontologie n'y changeront pas grand-chose. Mais, face à ce que Paul Nizan appelait « les concepts dociles que rangent les caissiers soigneux de la pensée bourgeoise », la lucidité est une forme de résistance. »


Je suis un peu réservé sur tous les noms indiqués ensuite par wikipedia (qui n'est que wikipedia): pas sûr que tous soient à ranger dans le même panier...

"Parmi les « chiens de garde » désignés dans le livre se trouvent des personnalités aussi diverses qu'Edwy Plenel, Laurent Joffrin, Bernard-Henri Lévy, Jean-Marie Colombani, Alain Minc, Alain Finkielkraut, Patrick Poivre d'Arvor, Alain Duhamel, Philippe Tesson… "

Mais sur le fond, je partage totalement l'analyse, qui est même peut-être encore trop faible...! (voir par exemple le cas du traitement médiatique de l'élection de Macron: la "poussée médiatique" d'avant élections, et l'omerta des médias sur toutes les coincidences de cette élection soit disant surprise, entre deux tours et après élection... Sans compter la basse "courtisanerie" ambiante actuelle.

Autres liens:

- une carte des propriétaires des médias français (visuel): http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ppa://

- une tite vidéo ("osons causer") que je recommande vivement, c'est très digeste et parlant: http://osonscauser.com/medias-pourquoi-10-milliardaires-controlent-ils-notre-information/://

Ca serait amusant d'avoir l'équivalent au plan local: un article de zinfos là-dessus?

9.Posté par Pierre Balcon le 05/06/2017 15:24

à post 8

Merci de cet éclairage qui nous change un peu des idées courtes , aussi étroites que celles des chiens de garde , que dénonçait S Halimi déjà en 1997 (1) , et auxquelles s'alimentent tant de commentaires de Zinfos

(1) S Halimi intervient souvent dans le Monde Diplomatique

10.Posté par Bruno Bourgeon le 06/06/2017 10:09

"Les nouveaux chiens de garde" est aussi un film documentaire basé sur les propos de Serge Halimi, et que je vous invite à déguster (s'il n'a pas été censuré, il est encore sur Youtube). Sur lequel vous pouvez aussi trouver "osons causer". Parfois, le Web, ça sert à éclairer... Le film a été diffusé dans nos mardis, il est aussi disponible sur notre site aid97400.lautre.net. Juste un exemple : le dernier mercredi de chaque mois, dans l'après-midi, se retrouvent les grandes signatures journalistiques, le monde de la finance, et certains lobbies pour dire aux journalistes ce qu'il faut penser. Cela se passe au Lutetia, dans le 6ème, à Paris, Hôtel de luxe en face du Bon Marché, Boulevard Raspail. Vous verrez aussi comment une émission soi-disant libre de penseuse est noyautée : j'ai nommé "C'est dans l'air", naguère tenue en mains par Yves Calvi. Le Nouvel Ordre Mondial, quoi...

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes