Courrier des lecteurs

Coupable de barbarisme !

Lundi 29 Janvier 2018 - 09:40

Oté marmay, la, mwin la guingne la honte, la ! Dann timodékri « La vil Dalton », alala pa sak mwin laté kab ékri : « Amwin, apré tiap-tiap, si mwin la pa kass inn ti karang, la tèt lé pa bon. » : « Kass inn karang » ! Atwé zorey, ousa ou la parti rod sa ? Kass inn karang, sa i di pa, sa ! Ou KASS inn somey, mésoman ou RAL inn karang : « ral » nonva « kass » ! « Barbarisme ! » Mi boush mö zyé pö mi oi pa toute la bann – sat lé hauts, sat lé bas, parkoté Sinni, parkoté Sinpir - i rögard amwin anpityé : kosa kozé kréol mashikrok la ? Astèr, mwin nana rant dë shömin pö partir : obyin zèt mö kor gouf Tansalé, sinonsa kontinyé aprann, kontinyé trap « Dictionnaire kréol-français » Alain Armand, « Semi-lo-mo » Daniel Honoré, « Catalogue de mots français/kréol » Céline Huet, « Syntaxe du créole réunionnais » , Ginette Ramassamy, « Grammaire du créole réunionnais » Gillette Staudacher-Valliamée… Épi kontinyé lir, lir pardsï lir : kiswa « Zistwar Tikok » Kristyan Fontinn, kiswa « Kartié-troi-lète » Axel Gauvin, « La Rényon dann kèr » Robert Gauvin, « Gramoune la di » Daniel Honoré, « Bouyon Fonnkèr » Karl Ramassamy, « Démavouz la vi » Danyèl Waro… I fini pa sanm toute bann gayar liv, gadyanm fonnkèr, toute bann BD an kréol -Tintin, Lucky Luke, Spirou – sa, dë kou i fé rir la boush !

Un zorey sorti le matin de Gillot, le soir se bat l’estomac : « Je ne sais pas parler créole mais je le comprends ! ». Trois jours plus tard : « Mi sais parler créole ! » (encore trois jours et : « Mi suis créole »). Aucun travail, aucun effort à faire, aucune peine à se donner : la gentille puérilité du pittoresque babil de grands enfants, qu’est-ce que ça s’apprend ! D’autres, créoles dont le créole est la langue maternelle, sont stupéfaits, incrédules, quand, placés devant un écrit en créole, incapables de le lire, ils ne le comprennent pas : expérience sidérante qui ne peut se traduire que par un rejet violent de l’écrit créole. Hé bien non, chers amis, « kas in somey », mais « ral inn karang » : le créole a ses codes précis, et comme tel, est une langue, qui, comme toute langue, demande un long apprentissage, un effort persévérant.

Dix ans d’école ne suffisent pas à des millions de petits français dont la langue maternelle est le français pour savoir lire et écrire le français. Et n’importe qui aurait comme ça la science infuse du créole ? Mais, à l’effort d’apprendre la langue créole, quelle récompense ! Créoles ou zorey, être capable de lire Zistwar Tikok, Kartié trois-lètes, La Rényon dann kèr, Gramoune la di, c’est détenir la clef du monde de la culture créole réunionnaise. Vous en pressentez la richesse ? N’en restez pas à la surface ! Descendez dans ses profondeurs ! Montez dans ses altitudes ! « Défoi la pant té rèd, réspirassion té i mank, galé té i déboul sou nout pié ; nou té avanss piang-an-piang, mésoman nou la gingn ariv o bout. La, anlèr piton, nü gingn woir par dann fon not péi an kado devant nou. » (Robert Gauvin, La Rényon dann kër).     
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1.Posté par Juliette CARANTA-PAVARD le 29/01/2018 16:13

*C'est la première fois que je vois une tralée de trémas sur un écrit en créole réunionnais...

*Aurais-je manqué un train ?

2.Posté par A mon avis le 29/01/2018 17:02

Le créole, vestige de l'esclavage, permettait à des individus d'origine très diverses de trouver un langage ORAL commun, permettant de se comprendre.

On veut en faire une langue ! Soit.
Encore faudrait-il que les "intellectuels" accordent leurs violons dans leurs propositions de "dictionnaire kréol-français", "Catalogue de mots français/kréol" autres "Syntaxe du créole réunionnais" ou "Grammaire du créole réunionnais", etc.

Actuellement, au lieu d'être un vecteur de communication, donc d'union, de réunion, le créole est devenu, comme votre billet tend à le démontrer, un critère de division entre les "pour" et les "contre" les "purs" créoles et les "imitateurs" qui n'auront jamais le privilège, selon vous, de " détenir la clef du monde de la culture créole réunionnaise" !

La clef du monde ?
Non, seulement la clef du monde clos de la culture créole réunionnaise.

3.Posté par L'Ardéchoise le 29/01/2018 17:17

Allez, un petit coup de code créole pour la route !!!

4.Posté par y.féry le 29/01/2018 19:05

2.Posté par A mon avis le 29/01/2018 17:02
Bien vu et bien dit!

5.Posté par klod le 30/01/2018 17:47

je " surplussoie " à cet article . Un imaginaire , en l'occurrence le créole réunionnais , a besoin de se nourrir , pas seulement "dans la kour" mais dan ker , comme té i dit grandmoune Robert Gauvin , mwin , mi gingne lire le kréole en k ( y dérange pa mwin, au contraire !!!!!! ) ou créole , avec ou sans k , et mwin lé bien contant y nourrit mon corps , mon ker , ou cœur ......la pa grave !

dobout un jour , dobout toujours! a nou meme sa!

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