MENU ZINFOS
Société

Coronavirus : Les libéraux de La Réunion en difficulté mais prêts au sacrifice


La période de confinement oblige les infirmiers et les kinésithérapeutes à s’adapter à la situation. Entre manque de matériel, difficulté à circuler, risques personnels et pour autrui, ou encore des difficultés financières, les professionnels de santé semblent avoir bien d’autres soucis que celui de sauver des vies.

Par - Publié le Mercredi 18 Mars 2020 à 17:15 | Lu 2929 fois

Nous ne sommes qu’au deuxième jour de confinement et déjà la situation se complique bon nombre de libéraux dans le domaine médical et paramédical. Pour certains infirmiers, la première difficulté est simple : aller travailler. "Certains policiers ne laissent pas passer sans l’attestation", regrette Sébastien Lallemand, président de Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) Réunion, avant d’ajouter "pourtant, avec notre carte de professionnel de santé, nous pouvons passer sans attestation"

Un autre grand point noir est évidemment le manque de masque de protection. La Réunion doit être ravitaillée demain jeudi, mais sans garantie d’être fourni pour les professionnels. "Quand seront-ils distribués ? Et à qui ? Y en aura-t-il suffisamment?", s’inquiète le président de la FNI Réunion. Pour cette raison, il souhaite que chaque cabinet dispose d’au moins une boîte.

Enfin, la dernière source d’inquiétude est la peur des patients. De nombreuses personnes refusent de laisser entrer les soignants chez eux de peur d’être infectées, même quand la pathologie est importante ou vitale. Une angoisse que comprend Sébastien Lallemand, "Comme nous n’avons pas de masques, les gens ont peur de nous"

Sans protection et sans filet

Pour les kinés par contre, c’est souvent l’inverse. De nombreux patients s’énervent quand le praticien leur annonce l’annulation du rendez-vous. Thomas (nom d’emprunt), kiné dans le sud, comprend parfaitement pourquoi : "Ils ont souvent des douleurs que nous soulageons, ils ont du mal à accepter qu’ils devront faire avec pendant au moins 15 jours. Ils ne réalisent pas que nous pouvons être vecteurs de la maladie"

Depuis lundi 16 mars, les kinés ont eu l’ordre de fermer leurs cabinets. Seules les visites à domicile pour les patients dont la vie est jeu sont maintenues. Cela signifie principalement la kinésithérapie respiratoire. "C’est un public particulièrement exposé et nous pouvons être les vecteurs de la maladie", s’indigne Thomas, avant d’ajouter "quand on voit les protections que les professionnels ont à l’hôpital, alors que nous nous pratiquons nos séances en t-shirt et sans masque de protection. Ils nous recommandent juste d’apporter du linge de rechange". Aucune protection donc, puisque l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes de La Réunion/Mayotte (CIDOMK) n’a pas encore reçu les masques et gels hydroalcooliques suffisants.

Autre source d’inquiétude, ils ne seront pas protégés pas les assurances en cas problème lié au COVID-19. "Depuis le 1er janvier, sentant le coup venir, nos assurances et prévoyances n’assument pas les risques liés au coronavirus", s’indigne Thomas. Une décision confirmée par le Conseil National de l’Ordre des kinés. En clair, si un patient accuse le praticien de lui avoir transmis le virus dans son cabinet, ce dernier n’a aucune protection des assurances. Si la menace vise surtout ceux qui continuent à recevoir du monde dans leurs cabinets, ils ne savent pas si les visites extérieures seront couvertes ou non.

Message reçu par les kinés d'Occitanie
Message reçu par les kinés d'Occitanie


Des sacrifices pourtant énormes

Les libéraux comme les hospitaliers sont exposés quotidiennement aux virus. Dans le cabinet de Thomas, les 5 associés ont désigné l’un d’eux pour attraper le COVID-19. "Ce sera moi ou mon collègue, les plus jeunes et sans enfants. Lorsque l’on aura à traiter le premier patient atteint du coronavirus, celui choisi se sacrifiera pour ne prendre que les patients atteints du virus, avec la quasi-certitude de l’attraper également", annonce-t-il.

Les kinés qui font également un sacrifice à long terme. En fermant boutique, c’est leurs revenus qu’ils mettent sous cloche. C’est le cas pour Gaëlle (nom d’emprunt), kiné dans le nord qui annonce que cette baisse d’activité va lui coûter 4000€ par mois. Entre le loyer, les crédits, les charges sociales, les professionnels savent qu’ils vont sûrement mettre plusieurs années à se relever de cette crise.

Ils ne savent également pas s’ils auront droit à des aides. À l’heure actuelle, l’assurance maladie ne prend en charge que les gardes d’enfant à hauteur de 72€ par jour. Mais c’est tout ou rien. Si une 1/2h de soin est pratiquée dans la journée, l’aide du jour est retiré.

Pourtant, tous sont prêts à ce sacrifice. Mais comme le dit Gaëlle : "Ce qui me rend le plus folle, c’est qu’avec tous les sacrifices qu’on fait, je vois encore des gens ne pas respecter les consignes sanitaires. Ils se serrent la main, se font la bise ou se regroupent pour discuter"

On ne le répétera jamais assez : restez chez vous!


Gaëtan Dumuids
« Dans la vie, les choses sont simples, ce sont les esprits qui les compliquent ». Cette citation... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par MARIE le 18/03/2020 17:24

effectivement le comportement de certains individus est consternant

hier j'ai vu des gens avec des gants, jusque l'a tout va bien et puis ils font la bise a d'autres gens


j'ai hesité a intervenir mais j'aurais ete insulté il y a fort a parier

c etait ou il y a eu la bagarre pour du papier toilette


Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes