MENU ZINFOS
Education

Coronavirus : Continuité pédagogique en discontinu


Ce lundi est une rentrée scolaire inédite, en raison de l’épidémie de COVID-19, celle-ci va se faire par écran interposé. Mais problème : les serveurs ne suivent pas. Du coup, le service "Ma classe à la maison" se transforme en salle de permanence virtuelle.

Par - Publié le Lundi 23 Mars 2020 à 17:01 | Lu 5299 fois

Sortez vos téléphones ! C'est la phrase que tous les élèves de notre époque rêvent d'entendre. Ce lundi 23 mars, leur voeux furent exaucés. Mais à quel prix? Depuis ce matin, les messages de professeurs affluent sur les réseaux sociaux pour demander si les autres ont également des problèmes. Et effectivement, beaucoup d’enseignants n’arrivent pas à se connecter, quel que soit le degré. La rentrée scolaire 2.0 ne se passe donc pas comme prévu. 

Le rectorat a demandé aux enseignants et élèves de se connecter sur Métice. Cette plateforme rassemble les outils numériques de la communauté éducative de l'académie de La Réunion sur un portail unique. Malheureusement, dès la page d’accueil, l’académie informe que la connexion est perturbée en raison de l’affluence. 

Certaines directions d’établissements ont bien envoyé des SMS demandant aux parents de se connecter sur Pronote, le logiciel de vie scolaire, dans l’espace qui leur est consacré, mais là encore les problèmes de connexion empêchent le bon déroulement des cours.


Pour les enseignants et les élèves, la consigne est d’utiliser les ENT, Environnement Numérique de Travail, pour continuer le programme. Chaque degré de l’ Éducation Nationale possède les siens. Cependant, beaucoup d’enseignants n’ont pas été formés à utiliser ces outils. Et ceux qui l’ont été n’utilisent pas forcément celui que le rectorat recommande aujourd’hui. Il faut donc tout réapprendre, d’autant que les codes d’accès ont été envoyés ce matin. Mais faut-il encore qu'ils fonctionnent.

Certains enseignants préfèrent garder l’ENT qu’ils utilisent habituellement et qu’ils ont parfois dû payer de leur poche. Certains ENT font même payer aux parents des options supplémentaires. De quoi renforcer les inégalités d’apprentissage. Il existe une vraie fracture numérique dans l’île et celle-ci ne va faire qu’accroître les différences de niveaux entre élèves. Entre la connaissance et la possession du matériel, tous les enfants ne sont pas logés à la même enseigne. Par exemple, l’ENT "Ma classe à la maison" contient 2 PDF pour la section CE1, l'un de 115 pages et de 165 pages à imprimer. Alors que le papier et les cartouches d’encre sont précieux en ce moment.


"J’ai dû faire le service après-vente pour les parents qui avaient des difficultés", regrette Jérôme*, professeur des écoles. Prévoyant, il avait tout préparé hier soir. Bien lui en a pris puisque les serveurs étaient saturés ce matin pour les autres. 

"En temps normal, il y a déjà des problèmes ! Les ordinateurs ne fonctionnent pas, la connexion lâche", selon Éric*, professeur d’Histoire-Géographie dans un lycée de La Réunion, avant de poursuivre "le système conçu à la base est déjà très verrouillé, donc là il sature". Ces problèmes ne sont donc pas une surprise pour lui.

Si les problèmes sont bien présents, c’est plutôt l’absentéisme qui règne chez les élèves. Faire l’appel des élèves est une obligation légale, mais un casse-tête sans nom pour l’équipe éducative. Si des élèves répondent bien présents, il faut courir derrière les parents pour les autres. Entre les mauvais numéros de téléphone et les mails sans réponses, remplir cette obligation semble mission impossible. Si au niveau primaire, une majorité d’élèves sont bien présents, il en est autrement dans le secondaire. Pour Éric, en moyenne, seuls 30% des élèves sont bien là. Un chiffre qui descend à 10% dans les classes en difficultés.

Enfin, les enseignants sont unanimes sur un point : la difficulté de faire cour à distance. Il est plus difficile de pouvoir s’assurer que chaque élève a bien compris la leçon. Certains enseignements comme l’écriture devient quasi-impossible à distance. C’est une nouvelle forme de pédagogie que les enseignants doivent découvrir.

Pour Éric "ce sont les enseignants qui vont combler les défaillances du système". Beaucoup utilisent leur propre matériel pour plus d’efficacité. D’autres vont chercher les élèves là où ils sont : sur les réseaux sociaux. Certains utilisent des plateformes de jeux vidéo comme Discord pour transmettre leurs cours. 

Malgré tout, ce jour restera historique : c’est peut-être la première fois de l'histoire qu’enseignants et élèves rêvent unanimement d’une vraie rentrée des classes à l’école.

*nom d'emprunt


Gaëtan Dumuids
« Dans la vie, les choses sont simples, ce sont les esprits qui les compliquent ». Cette citation... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par lacolle le 23/03/2020 18:54

Parfaite illustration entre le discours officiel et la réalité de terrain.
Et après on dira que les enseignants sont des conservateurs. Bien beau de parler d'école connectée mais encore faut-il que les moyens humains et matériels suivent.

2.Posté par Pascal le 23/03/2020 19:12

Prenez patience jusqu'au vacances de mai !

3.Posté par Sandra le 23/03/2020 20:36

C'est comme pour les grandes-surfaces : si tout le monde a essayé, en même temps, ce matin, dix fois de suite, d'essayer de se connecter à Métice, ça sature, c'est normal. Il faut juste accepter d'étaler un peu, je ne pense pas que nous soyons à quelques heures près... Dès cet après-midi et les efforts du service informatique académique, la connexion est devenue beaucoup plus facile, et bon nombre de mes élèves ont commencé à pouvoir travailler... Pas de panique. Les conditions sont particulières, ne l'oubliez pas.

4.Posté par tantine le 24/03/2020 07:52

inutile de se jeter dès le 23/03 du matin au soir sur le site de l'académie sans laisser le temps aux enseignants de faire leur travail. il y a les conseils de classe du 2è trimestre à faire à distance, les dépôts de devoirs adaptés pour les familles avec ou sans accès au numérique, tout ça prend du temps pour se mettre en place. surtout que chacun est en confinement avec ses enfants à gérer et les moyens du bord à sa disposition.

en attendant les marmailles ont leurs livres et cahiers d'exercice et classeurs pour réviser et s'avancer, pas de quoi paniquer.

chaque année les élèves se tournent les pouces durant les vacances d'été et d'hiver et personne ne panique.

en guadeloupe en 2009 les élèves ont loupé 45 jours de cours avec la grève lkp et personne n'en est mort. l'année dernière avec la grève gilets jaunes à la réunion la situation a été gérée aussi.

il faut savoir relativiser et faire confiance aux professionnels pour bien accompagner les élèves et s'adapter pour les examens de fin d'année (si ils ont bien lieu et on verra selon quelles modalités).

patience et courage

5.Posté par Seb le 24/03/2020 08:00 (depuis mobile)

C est comme pour le covid: il existe des traitements efficaces mais on ne veut pas les utiliser car les tbibs on PEUR de se faire taper sur les doigts. Ici il existe des réseaux sociaux hyper efficaces mais les profs ont PEUR de se faire reprimander.

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes