Courrier des lecteurs

Comprendre le crédit, c'est capital, notamment pour les Gilets Jaunes

Mercredi 13 Février 2019 - 14:05

Comprendre le crédit, c'est capital, notamment pour les Gilets Jaunes
Certains ont l'esprit tellement formaté par la pensée du temps qu'ils croient que toutes les productions issues de l'intelligence et de la coopération humaines procèdent du capitalisme à qui on devrait, en somme, aussi bien les fusées qui vont dans l'espace que les routes, les ponts, les cathédrales, et pourquoi pas les pyramides d'Egypte tant qu'on y est ? L'idée implicite est que ce système économique nous a procuré tant de bienfaits qu'il serait absolument fou de lui chercher une alternative.Et pourtant ? Au regard de l'histoire humaine, le capitalisme est une invention relativement récente qui a consisté à tourner le dos au bien public pour mieux lâcher la bride à la voracité des individus via la propriété privée et la recherche tous azimuts du profit.

Notre monde est devenu un enfer, social et écologique au fur et à mesure que la société s'est conformée à ce choix idéologique dont l'origine remonte à la fin du Moyen-Âge, lorsqu'oublieux des commandements divins, les hommes ont cru pouvoir autoriser le prêt à intérêt.

L'entourloupe des financiers a consisté à mettre en avant les pauvres qu'il s'agissait d'aider en leur permettant d'obtenir un peu d'argent en l'échange d'un bien de valeur laissé en gage au Mont-de-Piété. Officiellement, il n'y avait pas d'usure, c'est-à-dire, pas de prêt à intérêt, mais des frais de fonctionnement étaient néanmoins retenus. Le ver était dans le fruit car ces frais étaient bien une sorte d'intérêt qui, justement parce qu'il était modique, a permis, l'air de rien, d'habituer les populations chrétiennes à l'idée que le prêt à intérêt était acceptable et que seule l'usure — fallacieusement associée à la notion de taux disproportionnés — ne l'était pas.

La morale de l'histoire est que si nous voulons sortir de cet enfer où — parce qu'il a des intérêts à rembourser et/ou aussi parce que tout le monde fait pareil — chacun cherche à tout instant à maximiser son propre gain plutôt que de se satisfaire de manière honnête, éthique et équitable du fruit de son travail, il nous faut revenir au plus vite à un monde où l'argent est prêté sans intérêt. Le premier pas pourrait consister à recréer un Mont-de-Piété dans lequel, plutôt que d'aller se faire tondre dans des convertisseurs de cash, les personnes en situation de précarité pourraient obtenir une somme d'argent en échange d'un bien qu'elles pourraient récupérer six mois ou un an plus tard en restituant l'argent prêté sans aucun frais, sans payer le moindre intérêt.

Une autre piste serait la création d'un monnaie locale qui permettrait de réinstaurer une forme de cette souveraineté monétaire aujourd'hui disparue vu que la finance internationale l'a entièrement captée à son profit de sorte que nous sommes accablés de taxes et d'impôts pour lui payer les intérêts d'une dette colossale qui va croissant et dont nous sommes esclaves. Autant de thèmes qui pourraient, selon moi, être discutés lors des élections Européennes, si seulement les Gilets Jaunes avaient le courage de s'y engager plutôt que de se laisser récupérer par les syndicats et leurs acolytes politiciens.

Luc-Laurent Salvador
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1.Posté par Saucratès le 13/02/2019 19:17

Salut Luc-Laurent. Petite limite à votre analyse : Fernand Braudel fait remonter les débuts du capitalisme dès l'an 1000. C'est-à-dire dès le début du moyen-âge. À son origine, selon moi, le capitalisme n'est pas forcément lié à la remise en cause du prêt sans intérêt. Mais c'est vrai que les opérations de prêts sont le fait de populations non soumis à cette interdiction de la religion catholique, comme les lombards et les juifs, si je ne me trompe pas.

Il suffit aussi de regarder la finance islamique. Le pret a intérêt y est aussi interdit, encore aujourd'hui, mais les montages financiers que les musulmans utilisent ressemblent à des prêts avec intérêts. Le principe reste le même, dès lors que le paiement du prix convenu intègre une compensation du temps.

La finance est-elle néfaste pour l'économie, pour la société ? La finance dévoyée de ces temps-ci, elle est évidemment néfaste. Mais l'existence d'une activité de prêts en elle-même n'est pas forcément le MAL, l'HORREUR. Il suffit de voir les bienfaits du micro-crédit dans des pays en développement, de ce que l'existence même de la finance a permis comme développement de l'activité économique, commerciale et industrielle. Tout le principe de l'économie du développement des années 1970 reposait sur un système financier capable de soutenir le développement. L'argent, la finance n'est qu'un moyen pour atteindre un but : le développement économique. Ce moyen ne peut pas être MAUVAIS. C'est le fait de dévoyer ce moyen, la recherche d'un enrichissement sans limite, la fuite pour échapper à l'impôt qui sont les causes du MAL, pas l'outil lui-même.

Et pour parfaire cette analyse, ce n'est pas parce que l'intérêt a disparu en zone euro (les taux d'intérêt sont passés en zone négative en zone euro depuis plus de quatre ans, on emprunte désormais à 20 ans à des taux proche de 1% pour des crédits immobiliers, on emprunte à des taux proches de zéro pour acheter des vehicules automobiles) que la Finance a cessé d'y faire des dégâts, que la justice règne désormais en zone euro, bien au contraire. Les injustices sociales n'ont jamais été aussi fortes et le mouvement des gilets jaunes est là pour nous le rappeler. Saucratès.
https://saucrates.blog4ever.com/

2.Posté par A mon avis le 13/02/2019 23:37

Vous oubliez un facteur : le "productivisme" qui s'appuie sur les progrès scientifiques et techniques notamment au XIX ème siècle, pour produire toujours plus de "biens de consommation", et qui aboutit au sacro-saint taux de croissance du PIB, qui implique que cette croissance puisse être illimitée !

3.Posté par A mon avis le 13/02/2019 23:45

Vous dites :
" si seulement les Gilets Jaunes avaient le courage de s'y engager plutôt que de se laisser récupérer par les syndicats et leurs acolytes politiciens."


Si les gilets jaunes étaient syndiqués, ils auraient manifesté avec des revendications structurées, au lieu de lancer des protestations tous azimuts. (GJ = protestations populaires mais pas citoyennes !)
Ce sont toujours les luttes syndicales qui ont permis des gains de pouvoir d'achat, et les avancées sociales !

4.Posté par Luc-Laurent Salvador le 18/02/2019 15:15

@ Saucrates

je vous accorde que je simplifie le tableau pour mieux faire comprendre l'importance de cet aspect trop souvent occulté car on s'y est habitué.

J'attaque le prêt à intérêt, l'usure. Je n'attaque pas la finance en soi qui bien sûr est non seulement indispensable mais bénéfique lorsqu'elle est employée à bon escient et notamment lorsqu'elle fonctionne en monnaie pleine : on ne prête que ce qu'on a dans les coffres. Pas de réserve fractionnaire qui permet actuellement aux banques de créer de l'argent juste en faisant de la dette, par un simple jeu d'écriture.

Le fait qu'elles le fassent avec des taux proches de zéro ne change rien à l'affaire. Quant aux taux négatifs, sauf exception notable, ils ne concernent pas le particulier qui continue d'être ponctionné autant que possible.

Quant à la finance islamique, elle fait comme la finance à la fin du moyen-âge : elle utilise toutes les voies détournées possibles pour engendrer quelque chose qui ne serait pas offciellement du prêt à intérêt mais qui, au bout du compte, en sera bien un.

Le principe de base qui permet de contourner l'usure est assez légitime : le prêteur n'a pas d'intérêts garantis car il devient partenaire du projet et prend donc des risques : il peut y laisser des plumes et donc, c'est de l'entrepreneuriat, c'est plus du tout de la finance usurière et c'est donc parfaitement respectable. Le problème est que tout est fait pour minimiser les risques et converger vers de l'usure pure et simple.

Bref, pour conclure, la création monétaire doit appartenir au peuple souverain et à lui seul. C'est la condition sine qua non pour que le monde sorte de l'enfer où il est plongé.

5.Posté par Luc-Laurent Salvador le 18/02/2019 15:26

@ A mon avis

Le productivisme est la conséquence directe de l'existence de l'usure : la nécessité de repayer des intérêts oblige à augmenter ses profits, à maximiser ses gains et donc à augmenter sa productivité et sa production. tout ça se tient.

Enfin, concernant les syndicats ma position est complètement opposée à la vôtre : les GJ sont en train de se faire récupérer par ceux qui ont tout échoué depuis trente ans.
Le syndicalisme fait intégralement parti du système qu'il s'agit de mettre à bas.

6.Posté par youssef boutrefas le 19/02/2019 19:55

il ya aussi une chose qui est occulté chez les monotheiste c'est la dime ou la zakate.

le probléme de l'usures en arabe Riba est occulté et redevenu un sujet tabou...

le probélme est peut etre ailleur...le probléme je le croit est en premier dans la collecte de la rente. une banque peut prendre plusieurs definition, mais ce qu'on ne comprend pas pourquoi tout le monde cherche a prendre ce nom et l'acroché comme insigne..
c'est quoi d'abords une banque??

Un officine qui fait du service financier comme la poste est une banque??

une officne officielle ou non officiel un groupe d'hommes peut collecter la rente en offrant un pourcentage. il va prendre cet argent qui dort chez les particulier pour faire de 'linvestissement il fait tourné cet argent mais le probléme ici il n ya pas une signature de contrat et ce groupe ne va pas reveler ces objetcifs..lorsqu'un parent ou un ami te demande de lui filer un peu d'argent tu dis toujours ''tu vas faire quoi avec cet argent ou ce bien?? car il peut t'empreter un vehicule ou un logement fermé ou un outils etc..le pret n'est pas unqiuement monetaire mais engloble le tout c'est a dire les biens..
dans les villes comme tout circule avec l'argent la monnaie on reste coincé dans ce mode de prets...dans un village ya pas de la monnaie mais des biens..les gens se pretes des machines des eplles du foins de la saumure etc...

ou se situe le probléme??

Lorsqu'un groupe collecte l'argent qui doort ça veut dire que le type qui garde l'argent chez lui qui dort ne l'avait pas donné en DIME ou en ZAKATE..Donc la fonction de la dime a été court circuité par un groupe..
d'ou les pauvres les handicapé n'auront plus de soutients..ils resteront a decouvert car l'argent de la dime et de la zakate ont été pris par un groupe qui promet plus qu'il donne un interets...

voila en gros la problématique de l'interet

le probleme de l'usure ou riba reste encore sur la table de la discussion , et si vous continez a discuter vous allez vous demandez si un placement n'est pas un riba une usure.. ,,,???

le placement frequement fait chez nous en islame et d'autre pays ex eleveurs..un citadin par exemple il a un peu d'argent il achete des troupeaux et va les placer chez un berger pour les FAIRE multiplier
alors votre avis??

7.Posté par Luc-Laurent Salvador le 20/02/2019 09:22

Mon avis est que celui qui s'enrichit par son activité, en faisant fructifier son argent via l'achat d'un troupeau, même s'il laisse faire le travail à un autre (qu'il paye correctement, on l'espère), celui-là est parfaitement honnête, sérieux et respectueux des interdits divins.

Par contre celui qui a une banque (une banque ça sert à être connu et reconnu) et qui, au lieu de prêter des métaux précieux, se contente de donner des "billets au porteur", c'est-à-dire, des reconnaissances de dettes où il a écrit : "moi le banquier XXX je paierai vingt pièces d'argent à toute personne qui m'apportera ce billet", alors ce banquier pourra s'enrichir affreusement car il va pouvoir prêter bien plus qu'il ne possède réellement (il crée de l'argent à partir de rien, simplement parce que les gens ont confiance dans sa capacité de remboursement, et en plus, s'il prête avec intérêts, s'il fait dans l'usure (ce que font tous les banquiers depuis longtemps), il s'enrichira par l'exploitation du travail humain. Il met ses clients dans une forme douce d'esclavage.

C'est pour cela que l'usure est "riba", c'est mal.

Si par contre, le banquier prête à un partenaire de l'argent pour acheter le troupeau et n'en gagne en retour que lorsque les bêtes ont été revendues (après s'être multipliées), alors c'est juste un entrepreneur, qui contribue à la richesse des hommes et c'est ok car si le troupeau tombe malade et que les bêtes meurent, il ne gagne rien.

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