Faits-divers

Comparution différée : "Soit je le tue, soit il le tue"

Jeudi 26 Septembre 2019 - 07:56

Comparution différée : "Soit je le tue, soit il le tue"
Le 21 août dernier à 16h40 sur la commune de Saint-Paul, une fois de plus, les gendarmes sont appelés en raison de violences conjugales. Une patrouille de trois personnes se déplace, suite à une l'appel d'une conductrice, qui indique être en présence d'une jeune femme qui se cache apeurée avec une bosse au front. Elle a fui son domicile pour échapper à son conjoint qui vient de la battre violemment en présence de leur fils de 14 ans. 

La patrouille, composée de deux sous-officiers et d'un gendarme volontaire, arrive sur les lieux afin de prendre en charge la victime. Cette intervention, qui devient malheureusement presque une routine, va virer au cauchemar pour les trois gendarmes. Alors qu'ils sont sur place, une Clio vient bruyamment se garer derrière leur véhicule. Un individu descend, se pare d'un collier de fleurs et d'un sabre dans chaque main. D'un pas décidé, il marche sans hésitation vers les trois agents. Malgré les sommations d'usages et l'utilisation de gaz lacrymogène, rien ne l'arrête.

Il assène un premier coup de sabre à un gendarme

Il assène un premier coup de sabre à un gendarme qui parvient à l'esquiver.La détermination de l'homme est telle, que le gendarme abîmera un véhicule en esquivant. Il se dirige ensuite vers l'adjudante, qui est responsable de l'intervention, et envoie un sabre sur elle. Voyant cela, son collègue, lui ayant à maintes reprises sommé de lâcher ses sabres, tire un coup de feu en l'air pour l'effrayer et le stopper. Rien n'y fait, l'homme, armé du sabre, se dirige alors vers lui. Le gendarme, craignant à juste titre pour sa vie, s'apprête à ouvrir une deuxième fois le feu en direction de son agresseur lorsqu'il trébuche en reculant. Le coup part en l'air, ne touchant pas l'homme. 

L'instant d'après, l'agresseur est au-dessus du gendarme, le bras armé d'un sabre pour le frapper. L'agent, qui se protège à l'aide de ses deux bras au niveau de son visage, ne doit son salut qu'à l'intervention d'un ami de l'agresseur qui le ceinture et le plaque au sol. "Soit je le tue, soit il le tue", se dira sa collègue, prête à intervenir. L'homme est finalement maîtrisé, interpellé et placé en garde à vue. Contrôlé à 0,28 g/l de sang à 17h52, son taux mesuré suite au prélèvement sanguin sera de 1,53 g/l à 19h. Cette scène est en fait, précédée d'une première scène, motif de l'intervention des forces de l'ordre. 

Le petit, voyant sa maman dans cet état, va chercher son papa au bar

En proie à de graves difficultés financières, Samuel N. est au bar. Sa compagne excédée de le voir dépenser la moitié de ses revenus en alcool et zamal, va le chercher et le voit accoudé au bar. Désabusée, elle rentre chez elle et ne peut cacher son désarroi devant leur fils de 14 ans. Le petit, voyant sa maman dans cet état, va chercher son papa au bar. Samuel N. décide d'écouter son fils et le ramène, alors qu'il a bu, en voiture jusqu'à chez eux. À la maison, le couple-ils sont ensemble depuis 20 ans-se dispute. 

Particulièrement impulsif et énervé, Samuel N. frappe sa compagne devant leur fils, à coups de pieds et de poings. Il l'attrape ensuite par le cou et, malgré l'intervention du petit, qui s'interpose afin de les séparer, la projette au sol. Elle se blesse au front, mais en profite pour s'enfuir de chez elle. Dans sa colère, il pousse son fils et lui casse son appareil dentaire. Le petit s'enfuit ensuite par le balcon et se réfugie chez sa grand-mère. Samuel N. quitte ensuite le domicile, prend sa voiture et se gare bruyamment derrière le véhicule de gendarmerie. 

 Il aurait pu se retrouver devant les assises pour tentative d'assassinat !

Alors qu'il encourt une peine de 10 ans de prison, Samuel N. comparaissait hier après-midi dans le cadre de la procédure de comparution différée. Ses premiers mots à la barre sont des excuses envers sa famille et les gendarmes. En effet, s'il peut remercier les gendarmes de ne pas l'avoir tué, il peut également les remercier d'avoir accepté la correctionnalisation de l'affaire. Il aurait pu se retrouver devant les assises pour tentative d'assassinat ! Afin qu'il prenne bien la mesure de la gravité de la situation, la présidente, après lecture des faits, lit l'audition de son fils de 14 ans espérant provoquer un électrochoc. 

"Dès qu'il a de l'argent, il le dépense en alcool. Ils se disputent souvent. Il a poussé maman. Il a dit que les sabres c'était pour les gendarmes. Il avait son collier de religion sur lui (...) Je veux qu'il soit puni pour ce qu'il a fait à ma maman" rapporte la présidente devant Samuel N. qui fond en larme devant le tribunal. "Déjà ce jour-là, il a pété les plombs. il est au bar et quand il rentre, on se dispute. Il a dit qu'il allait tuer des gendarmes" ajoute la présidente se référant aux dires de la compagne lors de son audition. 

"Je voulais qu'ils tirent sur moi pour que je meure"

Les nombreux témoins, présents au moment des faits, sont unanimes "il donnait des coups pour blesser". En réponse à son comportement totalement habité, Samuel N. explique au tribunal : "J'ai pris mon collier de protection, ce jour-là, je voulais mourir, disparaître. Le collier de fleurs c'est le plus important pour moi, j'ai marché sur le feu avec. Je ne me souviens même pas des coups de feu. Je voulais qu'ils tirent sur moi pour que je meure. Je n'ai pas de travail et je dois de l'argent à beaucoup de gens. j'assume totalement. Il y a des choses dont je ne me souviens pas, J'avais bu et j'ai fumé, j'ai acheté un joint dans la rue, peut être qu'il y avait quelque chose dedans". 

Comme le souligne avec insistance la présidente, ses actes ont eu de graves répercussions sur beaucoup de gens "ce que vous faites a des conséquences sur beaucoup de gens, imaginez votre fils". Outre son fils, qui a assisté à la scène, les trois gendarmes ont été extrêmement marqués par sa détermination, mais également par ce déferlement de violence à leur égard.

Si le rapport d'expertise psychologique indique qu'il y a un risque ultérieur d'apparition d'un syndrome du stress post-traumatique, pour autant, il indique également que les trois agents n'ont de cesse de se demander ce qu'ils auraient pu faire pour que ça se passe autrement. 

Ils pratiquent leur métier avec passion mais pas pour tuer Samuel N.

"Elle est perdue, elle a besoin d'un suivi. Ça fait des années que la violence sévit dans ce couple. Il pète les plombs pour rien. Elle est avec lui parce qu'elle a peur. Elle veut retrouver une vie normale, qu'il prenne conscience de ce qu'il fait" débute la partie civile de la compagne de Samuel N. 

"Ce sont des faits de nature exceptionnelle, d'ailleurs toute la gendarmerie les soutient, le commandant de compagnie est présent à l'audience. De tels faits ne sont pas admissibles. Ils sont marqués par l'atteinte à leur uniforme. Cette audience est importante pour eux, car ils vont retourner sur le terrain. En réalité, la qualification de ces faits est une tentative d'assassinat. Ce sont eux qui ont accepté la correctionnalisation.

D'autres vies ont été mises en danger ce jour-là. Ils pratiquent leur métier avec passion, mais pas pour tuer Samuel N. ou mettre des méchants en prison. Pas une fois, il n'a eu de considération pour eux de ne pas les avoir tués. Ils venaient pour des violences conjugales, c'est la surprise qui les a mis dans un état de stupeur quand il est arrivé. Ils ont vécu une expérience de mort
" enchaîne la partie civile des trois gendarmes. 

Il est là pour s'en prendre aux gendarmes, pas pour discuter

"Le 21 août, on a échappé au pire. Les faits sont intrinsèquement graves. Claques, coups de pieds, étranglement, toutes ces violences sont commises devant l'enfant. Les violences sur Madame sont établies, c'est un contexte trop classique de violences conjugales. Il y avait beaucoup de témoins, d'enfants présents, il court et marche d'un pas déterminé. Il est là pour s'en prendre aux gendarmes, pas pour discuter.

Les conséquences pour les gendarmes sont importantes avec des risques de syndrome stress post-traumatique. Ces faits sont extrêmement graves, il faut une peine à la hauteur des faits. Je vous demande d'entrer en voie de condamnation avec une peine de 5 ans de prison dont 1 an avec sursis avec mise à l'épreuve ainsi que le maintien en détention
" requiert la procureure. 

On connait le mal qui l'anime, c'est l'alcool

"Il a commencé par des excuses, de manière spontanée. Que s'est t-il passé ? Il n'a pas lui-même la réponse, mais la volonté réelle de trouver les réponses. Il se trouve dans une impasse totale, il est touché dans sa dignité, il est dans une spirale infernale. Ce qu'il s'est passé est terrible, il ne conteste pas, il ne minimise pas, il assume tout. À aucun moment, il n'a touché qui que ce soit. C'est une question d'interprétation, de mon point de vue, l'intention de tuer n'y était pas.

Il était dans une logique de faire peur, pour mettre les gendarmes en état de légitime défense. Le fait qu'il soit vivant aujourd'hui, relève de l'extraordinaire. Il ne meurt pas, pour lui c'est le signe qu'il peut se reconstruire et devenir quelqu'un de bien. Pour moi, le risque de récidive n'existe pas, il a compris. On connaît le mal qui l'anime, c'est l'alcool
" plaide la défense du prévenu. 

Avec 3 mentions à son casier, Samuel N., 43 ans, est reconnu coupable par le tribunal des faits qui lui ont été reprochés. En répression, il est condamné à une peine de 5 ans de prison dont 3 avec sursis mise à l'épreuve, des obligations de soins, de travail et d'indemniser les victimes, ainsi qu'une interdiction de posséder une arme. Il est également maintenu en détention.
Regis Labrousse
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1.Posté par Ecole le 26/09/2019 06:45


2.Posté par Ny le 26/09/2019 07:25

Heu !!!! Selon le récit des événements, les gendarmes auraient dû faire usage de leurs armes dans la direction de l’agresseur... La légitime défense sert à ça. !!!!!

3.Posté par Shapo le 26/09/2019 10:20 (depuis mobile)

Heureusement que les gendarmes l''ont pas tué.
Sinon ça aurait encore fait un martyre "bon marmaille " alors que tt ce qu''il mérite c''est le bagne.
La religion mon cul.

4.Posté par Gangsta le 26/09/2019 12:49 (depuis mobile)

Aux états unis ça aurait e''te'' autre chose avec la police ça aurait ''été sa fête ''

5.Posté par Ouais... le 26/09/2019 13:26 (depuis mobile)

Enfin la verite sur les flics...

6.Posté par Miguel le 26/09/2019 17:08


7.Posté par Hélas le 27/09/2019 14:39

Dommage ils auraient pû mettre à leur tableau de chasse une vermine un Réunionnais j'imagine puisqu'il était bourré ?...

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