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Colloque sur le logement social en Outre mer/Maurice Gironcel : “les politiques publiques doivent s'adapter à nos territoires”

L’Union sociale pour l’habitat Outre-mer (USHOM), Interco’ Outre-mer et l’ACCD’OM respectivement présidées par Francois Caillé et Maurice Gironcel, ont organisé hier à Paris - 27 septembre 2021- un colloque au Palais du Luxembourg dont le thème était : « le logement social ultramarin : au centre des enjeux économiques, sociaux et du changement climatique”. Au terme des débats, Maurice Gironcel a plaidé pour une “adaptation des politiques publiques à nos territoires”.

Mardi 28 Septembre 2021

Placé sous l’égide du Vice-Président du Sénat, M. Georges Patient, cet événement a réuni plusieurs présidents de départements et de collectivités des Outre-mer, les parlementaires et les professionnels du secteur, les représentants des services déconcentrés de l’État, directeurs généraux de collectivités, représentants de la DEAL de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion. La mobilisation était bien au rendez-vous hier à Paris.

Il est vrai que dans un contexte de crise du logement lourde (70 000 logements en Outre-mer relevant de l’insalubrité et d’habitat indigne), aiguisée par la pauvreté – l’insularité et un taux de chômage avoisinant les 30 % et 60% chez nos jeunes –, les politiques  publiques de l'habitat et spécifiquement celles du logement social revêtent une importance sociale et économique déterminante dans les départements, régions et collectivités d’Outre-mer. 

La forte présence de la diaspora domienne hier au Palais du Luxembourg a indéniablement confirmé le vif intérêt concernant la question du logement social dans nos territoires ultramarins…

De quoi motiver les intervenants à soulever quelques points de réflexion et discussions cités comme “essentiels” lorsque l’on aborde le logement social dans toutes ses dimensions.
 

“Des besoins croissants et de nombreux freins”

François Caillé pour l'USHOM et Maurice Gironcel pour l'ACC DOM et Inter'Co Outre mer ont présidé ce colloque
François Caillé pour l'USHOM et Maurice Gironcel pour l'ACC DOM et Inter'Co Outre mer ont présidé ce colloque
Prenant la parole après François Caillé, Président de l'USHOM, Maurice Gironcel a abondé dans le même sens que le sénateur Georges Patient (Guyane), pour déclarer que "le compte n’y est pas et que les ambitions  restaient à la baisse”.

Un point de vue qui part d'un constat :“De l’objectif de 150 000 logements à construire prévu par la loi égalité réelle Outre-mer, nous peinons à atteindre les 10 000 logements par an pour l’ensemble des Outre-mer. Le logement, et le logement social en particulier, est pourtant la matrice du développement de nos territoires. Les besoins sont de plus en plus grands et les freins sont nombreux. Entre autres…L’évolution démographique et socio démographique ; l’exode économique ; et la difficulté des ménages à se loger dans le parc privé en sont quelques raisons.

De l’autre côté, la difficulté de mobiliser du foncier, les prix de la construction, les millefeuilles administratifs freinent la production. L’application de standards venus de l’hexagone ne sont pas pour faciliter la tâche, loin s’en faut. 

L’architecture et l'urbanisme sont des marqueurs identitaires déterminants. Il ne faut pas subir la pression du modèle existant et plutôt s'inspirer de nos modes de vie et de notre organisation sociale qui sont différents de ceux de l'Hexagone. À titre d’exemple, la mixité sociale ne peut être engagée sur nos territoires dans les mêmes termes que ceux de l’hexagone”.

“Comprendre la vie du territoire dans toutes ses dimensions”

Après avoir mis en avant ses préconisations pour l'Outre Mer (voir encadré), le Président Gironcel  a souhaité lancer d’autres pistes de réflexions relatives à la gouvernance de la Commission Attribution Logement, au modèle économique de financement des logements sociaux, à la terminologie même du terme « logement social »;, ainsi qu'aux obligations des bailleurs dans les aménagements connexes de cohésion sociale.

“Il est certain que pour que l’action publique gagne en efficacité sur nos territoires, elle doit acquérir le sens de l'observation des politiques locales et tenter de comprendre la vie du territoire dans toutes ses dimensions, qu'elles soient économiques, sociologiques et urbanistiques”, a plaidé le Président de la Cinor.

“C’est dans cet esprit et dans l’objectif de porter les spécificités de nos territoires et de vous sensibiliser, de donner de la visibilité à ces différences qui appellent une adaptation des politiques publiques à nos territoires que nous avons voulu, avec François Caillé, Président de l'USHOM, organiser ce colloque”; a conclu Maurice Gironcel avant de laisser la place aux échanges.

​Les souhaits de La Réunion et de l'Outre Mer

Les préconisations développées par Maurice Gironcel tiennent en trois points. Elles seront  portées au niveau du Ministre des Outre Mer et de la Ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement.

“L'analyse de l'occupation des espaces, qu’ils soient privés ou collectifs d'ailleurs, de nos modes de vie et d’interaction sont les seuls à pouvoir garantir des constructions et des espaces qui bénéficieraient d’une parfaite adhésion des citoyens et de leur appropriation. 

Ainsi, pourquoi ne pas intégrer dans les financements des logements sociaux les équipements de proximité nécessaires au bien vivre des résidents ? 

Aujourd’hui les équipements de proximité comme les jardins familiaux, les aires de jeux, etc. ne sont pas financés dans les opérations de logements sociaux. 

Or ce sont des éléments contribuant largement au bien vivre des locataires et à l’appropriation des espaces par les habitants.  

Ces équipements, gérés ensuite par les collectivités, devraient être financés dans les opérations sans surcoût de loyer. 

De même, il apparaît plus que nécessaire d’assouplir les critères de financements LBU pour garantir un loyer compatible avec les revenus des familles. 

Le financement doit avoir pour critère le loyer de sortie pour les locataires. 

Les petits logements par exemple sont en nombre insuffisants sur le territoire de La Réunion et une difficulté d’accès pour les personnes seules avec de bas revenus. 

Il est nécessaire d’adapter les financements en fonction de la taille du logement ou des surcoûts liés au foncier ou à l’aménagement afin que les loyers de sortie des opérations restent accessibles à la population. 

Cela nécessite une transparence totale sur la formation du coût des logements et sur les coûts de gestion par les organismes de logements sociaux.  

Enfin, les moyens humains dans les collectivités ne permettent pas toujours d’avoir l’expertise et l’ingénierie suffisantes pour sortir ces opérations ou définir de nouvelles opérations. 

Maurice Gironcel plaide ainsi pour une aide de l’État par la mise à disposition des collectivités d’ingénierie spécialisées dans les opérations d’aménagement à la fois pour le  foncier et pour la création de logements.


 

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