Education

Collectif "Sauvons les sciences de l'éducation" : Le combat continue

Vendredi 11 Décembre 2009 - 08:17

Après les enseignants de la filière des Sciences de l'éducation, aux étudiants de se faire entendre. Ce samedi, une table ronde est organisée sur le campus du Tampon à 8h30. Jérôme Paüs est le porte-parole du collectif "Sauvons les sciences de l'éducation". Entretien.


Clairement, qu'est-ce qui a déclenché votre colère? Comment avez-vous appris que la filière des Sciences de l'éducation était en danger?

L'AERES est un organisme habilité à évaluer différentes filières universitaires sur la qualité, la pertinence du contenu... Tous les 4 ans, elle rend son rapport. Le dernier a été rendu en janvier 2009. Une note a ainsi été est donnée pour chaque secteur. Le labo a obtenu un C, la licence un C, et le master a eu A.

Suite à ce rapport, c'est au président de l'université, en l'occurrence Mohamed Rochdi, et au ministère de l'Education, de réfléchir aux suggestions apportées, et à la façon de combler les lacunes à travers la mise en place de mesures. Des navettes sont mises en place entre la filière, le président et le ministère pour donner des informations supplémentaires ou encore éviter les incompréhensions.

Le président de l'Université de la Réunion, Mohamed Rochdi, s'est alors rendu au ministère le 17 novembre dernier. A son retour, deux décisions ont été annoncées: le remplacement du master des Sciences de l'éducation par un master des métiers de l'enseignement, ainsi que la création d'une licence des Sciences humaines et sociales.

Pourquoi êtes-vous contre ce changement?

Les choses ne sont pas claires. Déjà nous avons regretté le manque de communication de la part du président. Les professeurs ont envoyé des courriers qui sont restés, à ce jour, sans réponse. Le collectif a été crée au début du mois de novembre et les étudiants ont cherché à rencontrer à plusieurs reprises Mohamed Rochdi. Pour vous répondre, cette évaluation a le mérite d'exister. Elle pointe du doigt certains éléments qui mériteraient d'être améliorés. On est partant pour réajuster sur le fond. Rénovons mais ne supprimons pas.

Quels sont les enjeux?

Cette filière alimente l'IRTS, l'IUFM, la formation des adultes, le secteur de l'animation... Le président de l'université dit être dans une démarche de professionnalisation des masters alors qu'avec sa proposition de nouvelle filière des métiers de l'enseignement, il demeure très généraliste. Dans ce contexte, que fait-on de la formation des adultes ou encore de l'animation ?

Que demandez-vous à ce jour?

Nous demandons un moratoire de deux ans pour permettre de donner les garanties nécessaires au maintien de cette filière. Il y a tromperie sur la marchandise. Nous sommes 400 étudiants dans cette filière et 40% sont en formation continue. Or, concernant la formation continue, nous la payons : 1700 euros pour la licence et 2.100 pour le master1 puis pour le master2. On mérite plus de considérations.

Si telle est la loi, toutes les licences qui ont eu C devraient donc subir le même traitement. Tant mieux qu'il ait sauvé la licence créole avec six étudiants mais on ne comprend pas pourquoi cette règle fonctionne pour les uns et pas pour les autres.

Avez-vous eu des nouvelles du président de l'université de la Réunion ces derniers jours?

Hier mercredi, le président de l'université a envoyé un communiqué affirmant que les étudiants sont "manipulés par les enseignants". Cela veut donc dire que nous ne sommes, pour lui, pas capables de réfléchir par nous-mêmes? Nous avons plutôt tendance à penser que si Mohamed Rochdi en est au stade à ne plus traiter le fond, c'est qu'il n'a plus beaucoup d'arguments pour étayer sa démarche.
Par ailleurs, on a constaté qu'il existe des querelles de personnes au sein de cette université. Nous finissons par nous sentir otages de cette situation.
Melanie Roddier
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1.Posté par an 974 le 11/12/2009 09:18

sauvons les sciences de l'éducation
400 éytudiants sont sur le carreau.
Alors arrêtons de dire que la jeunesse réunionnaise n'est pas diplômée si on ferme des filières pluridisciplinaires

2.Posté par mwa la pa di le 11/12/2009 10:38

Sauvons la formation ? ou les enseignants ?

3.Posté par Roger Paul-Droit le 11/12/2009 13:02

Je vais vous dire ce qui va se passer après la disparition du CIRCI et de la filière des sciences de l'éducation : les Réunionnais se contenteront des postes faiblement qualifiés localement ou bien s'exileront en banlieue parisienne et les cargos de mutés de l'Education nationale recommenceront leurs rotations. Et puis les sciences de l'éducation permettaient aux salariés de valider par des diplômes difficiles une expérience acquise sur des années. Merci aux profs des sciences de l'éducation pour leur combat. C'est un combat pour la promotion sociale.

4.Posté par roukaya le 28/02/2010 16:25

je suis de tout coeur avec vous, je vous soutiens à distance car j'ai fait cette licence voici deux ans. Il faut dire qu'elle m'a paru facile, à l'époque...Courage à vous les battants!!!

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