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Courrier des lecteurs

Co-construire une agriculture plus respectueuse de l'environnement, plus rémunératrice pour les agriculteurs et moins dépendante des facteurs extérieurs


Par Collectifs locaux du Pacte pour la Transition à La Réunion - Publié le Jeudi 7 Mai 2020 à 14:32 | Lu 444 fois

Co-construire une agriculture plus respectueuse de l'environnement, plus rémunératrice pour les agriculteurs et moins dépendante des facteurs extérieurs
Ces dernières semaines, la crise engendrée par le coronavirus a mis en lumière la vulnérabilité de notre organisation sociétale sous bien des aspects. Aujourd’hui, nous découvrons que la première d’entre elles est probablement le manque de résilience de notre système alimentaire.

Pénurie d’oignons, explosion des demandes de colis alimentaires, augmentation du prix des denrées, tous les voyants sont au rouge et appellent une refonte de nos modes de production et de consommation. Dans le cadre du pacte pour la transition, 32 mesures opérationnelles ont été élaborées avec les élections municipales par plus de 60 associations et organisations à but non lucratif pour des communes plus écologiques, justes, et démocratiques (pacte-transition.org/). Plusieurs de ces mesures permettent de construire une stabilité alimentaire à l’échelle des territoires tout en prenant compte leurs spécificités respectives.

Le temps où La Réunion était une terre de production alimentaire excédentaire et nourrissait Maurice est révolu. Depuis La Réunion a connu des épisodes de fortes tensions. Outre les destructions récurrentes de récoltes par les phénomènes cycloniques, notre département s’est trouvé pendant la seconde guerre mondiale en situation de forte pénurie. A l’époque, les 250 000 habitants de l’île furent contraints au rationnement.

Depuis la départementalisation, la population réunionnaise a augmenté de 344% tandis que sa production agricole n’a pas suivi cette courbe exponentielle. Aujourd’hui La Réunion ne produit environ plus que la moitié de son alimentation. Les chiffres de la Chambre d’agriculture semblent pourtant encourageants : 80% des besoins en fruits frais sont couverts, 70% pour les légumes frais. Pour la production animale, la couverture est de 50% des besoins pour le porc, la volaille, les œufs et le lait, 25% pour le bœuf.

Néanmoins, un constat doit être fait : nous ne produisons pas assez ou peu, les ingrédients de base de notre culture culinaire tels que le riz, les grains, l’ail, l’oignon et les tomates. De même, nous ne produisons pas l’alimentation du bétail que nous élevons.

En réalité, notre capacité alimentaire correspond à moins de 10% de ce que nous mangeons, comme le rappelle l’association Oasis Réunion, qui travaille depuis plusieurs années sur la thématique de l’autosuffisance alimentaire réunionnaise. Cette situation ne prend pas en compte les phénomènes climatiques intenses (fortes pluies, cyclones) qui interviennent en saison des pluies ou les ravageurs (mouches des fruits et légumes). En cas de crise, notre autonomie nous permettra -t-elle de nourrir un habitant sur dix ? Cette question a été posée par Oasis Réunion au préfet de La Réunion et maires de l’île et nous demeurons sans réponse.

En effet, selon l’IEDOM, nous importons chaque année environ 900 millions d’euros de produits alimentaires issus de l’agriculture, de la pêche et de l’industrie agroalimentaires. Autant d’argent qui quitte notre île, plutôt que de circuler et de créer de la valeur localement. Un gâchis au regard de la situation de l’emploi et du savoir-faire local, de notre économie à la peine et de notre balance commerciale déficitaire.
Au regard des dépendances de notre agriculture à l’importation de pétrole, d’engrais d’origine minière et de produits phytosanitaires, une transition doit être construite sur notre île pour que l’agriculture soit plus locale, plus rémunératrice pour les agriculteurs, plus protectrice de l’environnement et moins dépendantes de facteurs extérieurs.

Le Pacte pour la transition s’articule autour de trois grandes mesures pour une agriculture de proximité, respectueuse de l’environnement avec une forte valeur économique. Ces mesures, qui ont été élaborées par des citoyens et experts de l’agriculture ont été testés à l’échelle des territoires communaux et intercommunaux. Elles peuvent donc être mises en oeuvre sur nos communes et intercommunalités dès demain, avec les acteurs locaux de la filière agricole.

Ainsi la mesure #5 porte sur la structuration des filières paysannes, bio et locales, rémunératrices pour les agriculteurs. Cette mesure se traduit sur le terrain pour les collectivités locales par une aide à la structuration de filières, du ou de la productrice à le ou la consommatrice en passant par la transformation et la distribution. Elles peuvent agir tout du long de cette chaîne, en facilitant les coopérations, en soutenant l'ingénierie de co-construction de projets, en impliquant les acteurs du territoire, ou en investissant dans les infrastructures nécessaires, comme des légumeries par exemple. Les collectivités peuvent également valoriser les initiatives locales et faire connaître les points de distribution bio, locaux et solidaires auprès de leurs administré·e·s. La collectivité peut également être vigilante pour que l'offre de produits bio, locaux n'exclut pas une partie de la population en soutenant des initiatives d'accessibilité alimentaire.

La mesure #6 met en lumière la nécessité de réserver et mobiliser du foncier agricole et accompagner l’installation de nouveaux agriculteurs dans une logique paysanne. Cette mesure demande aux collectivités de geler la constructibilité des espaces verts/agricoles en ville et autour des villes et interdire toute consommation de foncier agricole et/ou naturel au travers du PLU par exemple, en particulier par les grandes surfaces commerciales. Elle demande également de constituer une stratégie foncière territoriale en associant Safer, Établissement Publics Fonciers, organisations professionnelles agricoles, associations et citoyen·nes afin d'initier un observatoire des terres agricoles qui permettrait de mobiliser au mieux les outils réglementaires à disposition des collectivités. Enfin, elle peut se traduire par la participation et au soutien à l'installation agricole en investissant un Espace test Agricole et en fédérant les acteurs de l'accompagnement sur le territoire.

Enfin, les collectivités locales peuvent au travers de la mesure 7, proposer une alimentation biologique et/ou locale et/ou équitable, moins carnée, dans la restauration collective. Cela demande la formation et la sensibilisation du personnel des cantines scolaires. Elle se traduit par la création d’une régie agricole municipale (allant d'un potager municipal, à la mise en culture de terres de centaines d'hectares appartenant à la commune) pour approvisionner la restauration collective en fruits et légumes locaux et bio. D’autres collectivités sont allées plus loin en réalisant un Projet Alimentaire Territorial qui donne une large place aux habitant·es et aux producteur·trices dans la définition et le développement des politiques alimentaires et agricoles locales.

Construire une modèle agricole résilient sur notre île est possible. Il demande un engagement fort de la part des collectivités mais également la construction d’une culture alimentaire adaptée à nos territoires en utilisant les forces de notre terre et climat.
Collectifs locaux du Pacte pour la Transition à La Réunion




1.Posté par klod le 07/05/2020 17:07

en dehors de toute "tergiversations" : la canne est une culture coloniale, dans le sens qu'elle a été imposée pour l'export dans un système colonial, comme tout le "déroulement" , ailleurs , des cultures d'exportations des ex colons …………… c'est factuel .


n'en déplaisent aux deux trois certains natifs, et oui , la canne est une culture coloniale et non de "tradition" !

mais bon , au delà de l'histoire des ex colonies , dont la RUN fait partie, combien de salariés , parce que , in finé, c'est l'économie qui compte et non la réalité historique , impacté par un changement d eparagdime qui nous ferait sortir des "cultures coloniales " et devenir un "département français fier" et non assouvi aux cultures d'exportations subventionnées " ……….. ?


je ne suis qu'un "petit créole", et je ne travaille pas dans la canne , certes ,


mais je serais fier de "mon ile" , si elle ne vivait pas de culture d'exportation, mais de la SEULE culture agricole Traditionnelle : la culture vivrière comme partout dans les ex colonies , de part le monde ! rien de nouveau .



ou kilé mon zoignons péis et mon l'ail péis…………..?


fier de la RUn ? "on est fooormidable" ……. ?????????????????????? la route est longue pour un minimum d'autonomie agricole plutôt que "les cultures d'exportation subventionnées " ,

la RUN fier , selon , ou pas ?


"des ex colonies iloises françaises et de l'agriculture traditionnelle" à paraitre ……………..


un après covid qui change ?

J'en doute .

2.Posté par Red BULL le 07/05/2020 19:21

@1 La Réunion n'est pas une ex colonie.
Seule la terre a été colonisé, car vierge de tout habitant.

3.Posté par klod le 09/05/2020 20:41

ha bon mon colon , post 2, ben si ou di …………………

sof koman , tien bo ………….. HIN ?

4.Posté par Red BULL le 11/05/2020 20:35

@3 je vous invite à aller dans une bibliothèque près de chez vous et vous documenter un peu.
Si vous ne pouvez vous déplacer, internet est votre ami.
Un lien pour information :
https://www.zinfos974.com/La-Reunion-n-est-pas-une-colonie-et-ne-l-a-jamais-ete_a122300.html

Ou alors, les ouvrages de Daniel Vaxelaire.
Il doit y en avoir d'autres.

Par contre, il faut être honnête intellectuellement et ne pas déformer la vérité.
Pour info , je n'ai rien colonisé.
Encore une vérité si vous me croyez.

5.Posté par Igard PAZOT le 12/05/2020 11:30

@klod: j'en suis tout aussi fière que toi,

cependant ce ne sont plus des colons comme t'aime à en parler,
mais la région, la CA et les mairies qui gère les parcelles agricole.s

car dans les faits, si tu n'a pas un penchant politique ou au soudoiement,
ben ta déclassification de terrain, ou ton aide, ou ta subvention,
tu peux la carrer au fondement.

aussi:

- quid des subventions donné aux "agriculteur" de canne et pas aux alternatives ?
- quid des monopole de syndicat/copro qui vont bloquer les routes dès qu'on leur dit qu'il ne pourrons pas acheter leur dernier 4x4 avec les deniers de ceux qui paient leurs impôts?
- quid de monopole industrielle de fait sur notre ile?
- quid des industrie du rhum et du sucre à la run?
- quid de nos politicard qui se sont succéder sans jamais trouvé d'alternative?
- quid des terres a rendre fertile pour pouvoir effectivement être en autarcie alimentaire?
- quid des mains pour travailler sur cette terre fraîchement fertilisé ?

je pense que s'y on se penchait un peu plus sur ces questions, on en verrait des vertes et des pas mûre...

mais bon pour ça faut enlever se oeilleres et arrêter de chercher tous le temps un responsable a ses propres malheurs. la stigmatisation à outrance n'est profitable qu'a celui qui ne prend pas ses responsabilités à sa propre existence.

aussi: "je ne travaille pas dans la canne" vois tu, la est le problème. moi j'ai bourré mes mains dans le cambouis et je peux affirmer que nos agriculteurs, les vrais, ont bien des difficultés: entre érosions précoce, changement climatique, maladie infectieuse dans la faune et la flore, importation de parasite en tous genre, acidification des sol, norme en tous genre, manque de main d'oeuvre et ce sans aide ou revalisation du travail de nos mains qui nous nourris, je ne vois pas comment on peut réussir à changer quoique se soit la dessus.

ton l'ail pay? ben plante out caze l'ami! un balconier ou un pot rectangulaire et largement suffisant, assez de tuto fleurrisse sur internet pour savoir le faire !!!

de mon coté: thym, laurier, romarin, curcuma, piment, gingembre, oignon, ail, salade et tomate... et y refait a moins bien! et pourtant je vis en appart !!! alors moi le passage au covid, ben je l'ai plutot bien vécu coté alimentaire, car j’étais déjà autonome sur ses denrés! pas de tomate a 15€ le ko, pas de pénurie d'oignon ou d'ail chez moi !

Donc pour le "kalité pay" que tu lances à tous bout de champs, j'ai envie de te dire:

bourre un peu tes mains dedans, tu verras ça fait des merveilles si tant est qu'on en a le courage!
sinon tu peux toujours aller aider les agriculteurs et voir la réalité du terrain,
ça te fera sortir un peu de chez toi!

c'est bien d'attendre des autres, mais charité bien ordonné commence par soi même

enfin, quand je regarde les infos et que je vois à qui profite toutes ses subventions et aides en tous genres,
tu m'excuseras, mais ton colon est bien loin du profile que tu en fait...

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