Société

Cinq nouveaux édifices inscrits au titre des monuments historiques

Mercredi 4 Juillet 2018 - 18:52

La maison Bellier à Bois Rouge (Saint-André)
La maison Bellier à Bois Rouge (Saint-André)
Cinq nouveaux édifices sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté préfectoral du 7 juin 2018, suite à l’avis favorable de la commission régionale du patrimoine et de l’architecture (CRPA). Ils portent le total des monuments historiques de La Réunion à 192. Ces nouvelles protections concernent des maisons de villégiature du XIXe et du XXe siècle réparties sur le territoire de l’île. En outre, la chapelle de l’ex-Apeca à la Plaine-des-Cafres, déjà labellisée Patrimoine du XXe siècle en 2016, est désormais inscrite au titre des monuments historiques pour son architecture moderniste et sa valeur mémorielle.

Saint-André : maison Bellier

Cette demeure de style néoclassique, édifiée sur le site de Bois-Rouge est inspirée par les modèles européens ainsi que les édifices réalisés à Pondichéry (colonnes des galeries, toit en terrasse à la manière des argamasses). Construite en 1825 autour d’une activité industrielle, elle est réhabilitée entièrement au début du XXè siècle. Elle est implantée dans un grand parc comprenant diverses petites constructions (logements, lavoir, vestiges de la volière) dont un imposant bassin ovale datant de la fin du XIXe siècle. Il est axé dans la perspective de la maison depuis le portail et entouré de balustres en fonte (à l’origine reliées par une lisse). Aux abords immédiats de cette demeure se trouvent les logements destinés aux employés de l’usine.

Saint-Denis : domaine de Beaubassin

Le domaine de Beaubassin est situé dans les Hauts de Saint-Denis et correspond à l’emplacement du second jardin de naturalisation de l’île destiné à acclimater les arbres fruitiers venus d’Europe. Le terrain, alors loué par le gouvernement, est occupé par le jardin jusqu’en 1829 puis passe entre les mains de divers propriétaires. La maison principale est construite en pierre et couverte en fer blanc entre 1863 et 1865. La varangue sur la façade principale est encadrée de deux pavillons. A l’arrière se trouvent des garages, un lavoir et des petits canaux pour le drainage du terrain. Le jardin d’agrément, situé à l’avant, est organisé en parterres autour d’un bassin avec jet d’eau. Cette maison de changement d’air occupée par la famille de Maurice Ozoux, est aujourd’hui la propriété de son petit-fils, qui s’attache à entretenir le domaine.

Saint-Paul : villa Bourbon

La villa Bourbon est implantée dans la partie sud du village de Saint-Gilles-les-Bains, qui se développe à partir des années 1930, avec les débuts du balnéaire et du chemin de fer qui favorise les déplacements vers l’Ouest. La villa est construite entre 1942 et 1944, en bordure de la plage sur une parcelle faisant partie à l’origine de la zone des cinquante pas géométriques. C’est une construction économique faite à partir de matériaux locaux : ossature bois, murs recouverts d’un enduit hydraulique sur un lattis de bambou, couverture en vétiver. L’ensemble est influencé par le style Art déco avec plusieurs détails décoratifs : formes des fenêtres, boules ornant les murets et escaliers et surtout un fronton portant le nom de la villa, aujourd’hui disparu.

Salazie : maison Morange

La maison Morange est située dans le village d’Hell-Bourg, village thermal à la mode à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, qui connaît un déclin puis un renouveau à partir des années 1910 comme lieu de villégiature. Cette résidence secondaire est construite par Henri Morange, directeur de la société Adrien Bellier, autour de 1940. Elle surplombe le village d’Hell-Bourg et son plan en forme d’éventail permet une large ouverture sur le paysage du cirque. Les intérieurs modifiés abritent depuis 2015 le musée des musiques et instruments de l’océan indien. L’accès à la villa et son jardin se fait par un escalier en contrebas, constitué de hauts murs de soutènement et de claustras en béton, intégrant des plantations de fleurs.

Le Tampon : chapelle de l’ex-Apeca

La chapelle est située sur le site de l’ancienne APECA des filles (association de protection de l’enfance coupable et abandonnée) à la Plaine-des-Cafres, ouvert par les Soeurs de Saint-Joseph de Cluny, en 1936 et gérée actuellement par l’AAPEJ (association aide et protection de l’enfance et de la jeunesse). En 1960, sœur Marie-Suzel Gérard est nommée à La Réunion et souhaite faire construire une chapelle qui soit un lieu rassembleur. Cette volonté se perçoit dans le plan de l’édifice qui comporte plusieurs entrées. Elle fait appel à l’architecte Guy Lejeune, installé à Saint-Denis ayant construit notamment la piscine du Barachois et plusieurs établissements scolaires dans l’île. Le plan en fleur ou en étoile est retravaillé par l’architecte qui s’inscrit dans le mouvement du renouveau de l’art sacré qui s’accentue après Vatican 2. Construite en 1965, cette chapelle fait appel à plusieurs expressions du béton, tout en y intégrant les vitraux. Les différents volumes se distinguent par des traitements du béton : lisse, projeté, brut de décoffrage ou bouchardé. Les vitraux de verre, intégrés dans du béton sur le thème des litanies de la Vierge, sont créés par Guy Lefèvre dont c’est la première réalisation à La Réunion.
Pierrot Dupuy
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1.Posté par Jules Bénard le 05/07/2018 10:13

À Pierrot :

Il y en aurait d'autres, cousin, qui le mériteraient amplement.
Je pense à ces nombreuses petites "cases", plus modestes que ces prestigieux "châteaux" que tu cites, mais qui témoignent amplement de tout un art de vivre "à la créole". Comme à quelques vieille boutiques Zarab/Chinois confondues, sans lesquelles notre histoire ne serait pas ce qu'elle était et qui a façonné celle d'aujourd'hui.
Ce ne serait que justice.
Faute de classement, une très belle demeure saint-pierroise, rue Archambaud, va laisser place à un immeuble de rapport. Avec la bénédiction de Michel Fontaine et consorts.
Bien à toi. JULOT.

2.Posté par Lév la tét le 05/07/2018 11:03 (depuis mobile)

Dak avec poste 1 veridict

3.Posté par ZembroKaf le 05/07/2018 11:07

@ 1 "Jules Bénard" :
Faute de classement, une très belle demeure saint-pierroise, rue Archambaud, va laisser place à un immeuble de rapport. Avec la bénédiction de Michel Fontaine et consorts.

Malheureusement quand on l'état "du patrimoine" communal..."maison canonville" rue babet, de la mairie centrale et des jardins par exemple, on ne peut pas dire que la "préservation" n'est pas la tasse de thé de nout' maire Michel !!!
sinon je suis d'accord avec vous sur les boutik sinois/magazin zarab...mais construire un immeuble ça rapporte !!! la boutik (chane hive) au coin de la rue b/enfants et de mahy sera détruite et prendra place un "petit centre commercial/logements" !!!

4.Posté par k le 05/07/2018 11:15

POURQUOI LA VILLE DEVIENT INSIPIDE







la ville, la notion de ville est un terme a la fois obsolète, vivant mais aussi tourné vers l'avenir de la Réunion entière. Pourquoi diable la ville , contrairement a une ville comme New York, n'a telle jamais su se mettre en valeur sur une île faite de montagne et d'eau ? Pourquoi la ville , un aimant , perd son âme ?

20 décembre ,je suis plongé sur une vue a couper le souffle, celle a mi hauteur sur la montagne. Mais pas n'importe laquelle, celle ou trente arbres, les flamboyants ,semblent monter a plusieurs et donnant ainsi l'allure d'un sapin noël gigantesque. ( au niveau du petit marché en direction de l'hopital) .Cette ville est comme cela ,attachante. Mais la partie haute , la plus ancienne. La partie basse est livrée aux boutiques, détruites et remplacés par des immeubles sans goût fait a la façon low cost. Du coté de la ville haute se situe la mairie, l’évêché, les musées. On se demande encore comment on fait les anciens pour se faire construire ce genre de façade. Sans doute l'esclave a-t-il servi au paiement grâce a l'enrichissement avec la canne. La ville inspire méfiance. Elle attire aussi. Elle inonde de sa vertu, elle concentre de plus en plus la masse de la population riche ou pauvre. Au fond on a peu entendu d'auteur célébrer la ville.







La plus belle vue de St Denis semble être celle du panorama d'adolphe D'Hastrel de Rivedoux capitaine de marine en 1836. Il séjourne dans l’île et visite surtout St Paul. La pierre de possession de l’île « appartient » a un mur de la Préfecture. 1671 est sa date. Le nom de la ville vient du bateau de l'ami de Etienne Regnault. A l'heure ou certains veulent démolir la statue de Labourdonnais il est d'usage de rendre hommage a cette ville si souvent méprisée par ceux qui ne la fréquente pas. Avec la banqueroute de Law on fait l'inventaire du chef lieu et on découvre que la ville est pauvre. En fait elle est entrepôt.

Crémont en 1772 crée la zone d'industrie du bas de la rivière. Des le début la ville semble abandonnée. Les maisons hors de la ville datant de 1860 tombent en ruine , comme Château Morange. Cette zone de rivière était idéale pour le paludisme. La source est un vaste marécage. En 1794 en hommage au franc maçon on nomme l’île , l’île de la Réunion. On assiste a une prolifération de loges maçonniques. Le mot Réunion vient aussi du mot révolution. A cette époque Saint Denis verra aussi une tentative d’indépendance de l’île qui échoue. La ville brûle par le feu du parti créole. Decaen arrivera en sauveur de la République. Il est tout de même extraordinaire de savoir que le premier conseil municipal de l’île date de 1790 et que le conseil municipal quitta la loge maçonnique pour l’église pour un Te Deum. Pourtant les belles demeures des riches sont a St Denis, comme la villa De Heaulme lieu de naissance de Leon Dierx. Mais nous pleurons les choses du passé , cependant ces terrains empiétaient sur les rues, par des palissades , latrines. Les propriétaires se souciaient peu de l'hygiéne. Crémont impose de planter tamarinier ,manguier. Avant le bardeau on avait de simple planche. Les arbres fournissaient de l'ombre au marcheur. Quel maire de nos jours se soucierait de ce simple détail ? Le bancassal lui est un hangar pour la marine.

Ce qui fascine en cette ville est son aspect de mystère. Parfois au détour d'un parking nouveau on peut apercevoir un trou dans le mur , des objets en bois d'un autre temps comme sur une autre dimension temporelle. Des maisons on pris beaucoup de place ,trop de place ,sans aucune mesure, sans plan de restriction de la mairie. Appose t'on des plaques de commémorations du passé ? Ou préfère t'on rebaptiser , changer les noms en des termes de langue créole ? L'église des premiers habitants est a coté de l’hôtel du gouvernement. « l'église saint louis » jusqu'en 1746 derrière, le cimetière. A la place se construira la maison de De Jouvancourt de Channes lieu de réunion des francs créoles. Café restaurant face a la rade elle sera nommé « hôtel de la république ».





de nos jours c'est la résidence du secrétaire général. Les colonnes sont inspirés de Pondicherry, influence de la compagnie des indes. Depuis ses temps obscures une mer de béton est venu s'éventrer sur la ville ,étouffant tout, même le bas de la rivière. L'ancien quartier du ruisseau des noirs avait en son sein le « camp malabar ». le grand marché ? Au départ était le bâtiment des étuves pour sécher du blé qui servait aux boulangeries du bas de la rivière. Le quartier des esclaves ? Derrière la caserne Lambert. Le plan Ribet rabotera lui l'inclinaison des rues pour que les eaux s'écoulent. Il y avait une vision a étage de la ville. Le haut quartier et l'embouchure de la rivière pour les pauvres. « les rues de Saint Denis sont mal pavées , mal alignées et trop étroites en général pour des voitures , laide , les maisons en bois ont un aspect désagréable. Les bâtiments du gouvernement en pierre mal situés, ils ne servent pas a embellir la ville . » (Rose de Freycinet).



La grande partie entre le rempart et la source , la base de la montagne du brulé, appartient a la famille Ozoux. La rampe ozoux permettait de relier le haut et le bas de la rivière. De nombreuses maisons du temps de Roussin existent encore appelées a la disparition du fait de vente. La maison drouhet a disparut ainsi. Au niveau des rampes « de l'hopital militaire » (ancien rectorat), une maison défraîchit lutte encore contre le temps, en la regardant ,coincé dans l'embouteillage, on se dit quel miracle de revoir cela. Au niveau de la mer des petits tsunami creusent des anses , celle du barachois.



La prison aussi est en péril et un député tente contre la vindicte populaire de faire reconnaître son histoire. Dans le courrier des lecteurs certains affirme que « Ratenon racle les fonds de tiroir en défenseur de la patrie noire » (henri Dalbos). La thématique noire donne encore des crises d’urticaires encore plus sur le domaine artistique.L’affiche de Aurélia mongin crée la polémique sur le black-face. l’histoire bafouille souvent. En 1839 l’introduction d’un ballet de noirs dansant le séga est considéré comme une insulte a l’art. Le dimanche pour les spectacles de la ville on voit deux assemblées séparées, deux mondes qui s’ignorent. Pour le jardin de l’état s’établit le même type de code colonial. Qui connaît son véritable rôle ? Il forme un écran cachant aux habitants du centre le camp des noirs. Derrière la façade a touriste de la capitale se cache une histoire non voulu ,non désiré et empreint de racisme. A t’on le cran (sans jeu de mot) de signaler notre histoire sur les plaquettes distribuées par le pouvoir sur les monuments de la ville ?



La nuit dans la ville est le règne du vagabondage. Notre vision d’une belle ville avec plan en damier n’est pas la bonne. c’est l’histoire officiel qui cherche a la propager. On sait tous que l’état c’est l’ordre. L’ordre dans la vertu. A l’époque, la vision est inversée. « les maîtres poussent leurs esclaves a se livrer au brigandage en 1739, uniquement préoccupés de leur intérêt personnels , négligent les denrées nécessaires aux esclaves » (Albert Jauze). Il faut s’imaginer pléthore d’animaux. « les habitants veulent être déchargés des palissades qu’ils sont obligés de construire pour protéger leurs habitations des incursions des cochons » en 1770 on mentionne l’emploi de briques. « peut se faire aisément a St Denis il y a de la terre pour cela aux environs du chef lieu et des ouvriers malabars qui savent la cuire ».



« on sait quel amas informe de maisons, de masures et de huttes disposés sans ordre dans le pèle mêle le plus confus offrent les périmètres des camps Giron et des lataniers ; quel inextricable réseau de sentiers de barrières, font de ces lieux mal famés des labyrinthes ». deux chinois tiennent hôtel dans la rue de la digue. Au jardin de l’État les marchands a échoppes posent problème. Pour les riches tel Albert de Villéle la vie en ville est calme. Il y construit une villa elle servira a l’exil de la reine malgache. De la rivière de Pluies jusqu’au Chaudron coule un aqueduc en 1859. les vidanges de la ville crée une industrie d’engrais pour le sol a Patates à Durand. Souvent même ces matières se déversent en pleine rue. Alors ville coquette ou ville sale se pose comme question les auteurs de « histoire des commune de la Réunion »



la ville est un reflet. On se doit de refléter un art de vivre superficiel et exhalé de la tradition officielle, celle qui porte haut la voix de la France. Elle fut le point de départ de la notion même de société . « les planteurs de canne bâtirent de grandes maisons sur leur plantations et créèrent une tradition de vie élégante, de littérature et de science, de richesse, d'hospitalité et cela avec ostentation » (Jean Benoist- Un développement ambigu -1985) Mais l'histoire a un revers . Cette vision idyllique s'estompera bientôt pour laisser place a des ruines. La classe dominante cesse après la départementalisation son rôle de pouvoir. La France entre en contact direct. « on assista a la naissance d'une faille dont la largeur est grande de nos jours entre les fonctionnaires métropolitains et les créoles qui les rejoignaient dans leur comportements et leurs modes de vie » Dans le passé en 1742 les deux groupes qui s'affrontent sont les catholiques et les francs maçons.



La ville faillit avoir un port mais faute de défenseur, le Barachois se meurt. Jules Hermann de St Pierre achèvera son sort. A la providence , « privatisé » par la DAF, qui a pu admiré le vaste parc avant qu'il ne soit démoli un jour ? Au départ en 1862 fut un pénitencier. Les délits des enfants qui apprennent la un métier. Sait on que la ville comporte une cathédrale dite « cassée » ? monseigneur Maupoint ne put la terminer faute de budget. Sait on que le plus vieux bâtiment de l’île est privatisé aussi au sein d'un espace militaire fermé ? La fameuse redoute dominant la baie. Que la pierre de fondation de départ est privatisée aussi, enchâssée dans le mur de la préfecture ? Même le centre ville était privatisé. On ne pouvait s'y rendre si l'on avait pas son habitation . On était contrôlé comme sous une forme d'apartheid des tropiques.



Peut on alors au travers du prisme historique se rendre compte de la Réunion d'avant ? Pas tout a fait , le patrimoine historique se perd et les fonctionnaires chargés de sa valorisation inexistants. L’œuvre de Jean bossu de la première sécurité sociale a été rasée cette semaine avec la bénédiction des services de l'état.






bertrand carpaye











5.Posté par le kiré totocheur de la pointe du diable, lé + cathodix que catholix? le 05/07/2018 12:04

association de protection de l’enfance coupable et abandonnée
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Celui qui a inventé cette appellation devrait lui-même être classé dans les conneries historiques.

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