Faits-divers

Chute mortelle à l'hôpital de Saint-Benoît : suicide ou accident ?

Jeudi 20 Septembre 2018 - 00:12

Admis dans le service gériatrie quelques jours plus tôt, un gramoune a chuté du troisième étage de l'hôpital de Saint-Benoît le 26 août dernier. L'homme de 82 ans est décédé de ses blessures quelques heures plus tard aux urgences. La famille est alors informée du drame par une infirmière qui aurait évoqué un suicide.


Chute mortelle à l'hôpital de Saint-Benoît : suicide ou accident ?
De nombreuses questions demeurent sans réponses pour les proches de l'octogénaire : la victime très âgée n'était elle pas sous surveillance ? Quels éléments ont permis de conclure au suicide ? Le gramoune peut-il être tombé par accident ? La famille envisage de porter plainte contre X pour non-assistance à personne en danger.

À noter que le gramoune a chuté depuis un espace réservé au personnel, mais dont l'accès n'est pas physiquement restreint depuis le service gériatrie au troisième étage de l'hôpital. De leur côté, certains syndicats indiquent avoir déjà signalé à plusieurs reprises le manque de sécurisation du service à la direction.  C'est également ce que l'on peut lire dans une lettre ouverte des hospitaliers adressée à la direction de l'hôpital ce lundi : "Le GHER est devenu une zone de non-droit".
 

Alex fontaine, secrétaire adjoint FO GHER
Alex fontaine, secrétaire adjoint FO GHER
"Ce sont des patients qui peuvent faire des fugues, certains sont confus ou atteints par exemple de la maladie d'Alzheimer. [...] Il y a vingt-six patients dans le service gériatrie, pour quatre aides-soignants et deux infirmières. Le personnel ne peut pas être partout !", explique Alex fontaine, secrétaire adjoint FO GHER. Le syndicaliste pose également la question de l'admission de ce type de patients à Saint-Benoît : "Ne devraient-ils pas être hospitalisés dans un service plus sécurisé ou peut-être dans un autre établissement ?"

Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSTC) s'est réuni immédiatement après le drame pour évaluer les risques psycho-sociaux du personnel présent au moment des faits. Certains, très choqués, seraient d'ailleurs aujourd'hui en arrêt maladie. Une deuxième réunion est prévue le 26 septembre. Une réunion pendant laquelle l'administration de l'hôpital devrait présenter son plan de sécurisation.

L'organisation syndicale espère également y obtenir des réponses sur les circonstances du décès du patient. Une enquête interne a été ouverte par l'Agence régionale de santé.

Interrogée, la direction du GHER entend la douleur de la famille. Dans le même temps, elle rappelle que l’hôpital de Saint-Benoît se soumet, comme tous les établissements recevant du public, à une batterie de normes de sécurité auxquelles elle ne peut déroger. Si une faute venait à être décelée dans les enquêtes menées, tant du côté ARS que des gendarmes, elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour appliquer la mesure corrective afin qu’une telle issue ne se reproduise plus :
 
"L’évènement a eu lieu malheureusement chez nous. Il est dramatique, Nous avons appris hier (mardi, ndlr) que la famille avait décidé de porter plainte. A ce jour (mercredi après-midi), l’hôpital n’a pas été notifié de cette procédure. Il n’y a eu aucun contact préalable avec la famille à ce sujet. On a des commissions de conciliation mais peut-être que la famille ne le souhaite pas. C’est aussi le strict droit de la famille.
 
Par contre, les contacts avec elle, pour l’accompagner ainsi que la transmission du dossier du patient a été faite dans un délai très court. On reste très ouvert et très disponible pour la famille. S’il y a une plainte, on ne va pas se soustraire à nos obligations.
 
Le patient a été retrouvé suite à sa chute et à 9H25 il était en soins. A ce moment-là, il est en radio, il a des fractures, le pronostic vital n’était pas engagé à ce moment-là. Donc quand ça arrive, on a des procédures que l’on doit respecter. Son état s’est dégradé par la suite. Qui devait donc être prévenu en première intention et qui devait gérer cette information ? On va remonter sur le parcours du patient, jour par jour, heure par heure, pour déterminer si une erreur a été commise. Aujourd’hui, on voit que les choses sont présentées en disant que la famille n’a pas été informée. Après, sous l’émotion, on peut comprendre que des mots peuvent effectivement sortir de leur contexte. On entend parler également de fenêtre cassée, c’est totalement faux.
 
Vous savez que dans les hôpitaux, on exerce des opérations à risque. Il y a des procédures internes pour signaler ces risques, Comme le veut la procédure dans pareille situation grave, on a soumis à l’ARS les éléments circonstanciés. On verra s’il n’y a pas eu de faute de l’équipe et si un élément a mis en défaut notre gestion du système des risques. Ce drame nous interroge sur notre propre gestion, et c’est aussi ce retour d’expérience qui nous dira ce qui n’a pas fonctionné.
 
Si ce patient est entré chez nous, c’est qu’il présentait des troubles cognitifs. On peut décider de ne plus admettre ce genre de patients. Mais va alors se poser le problème de l’offre de soins alors que la prise en charge des personnes âgées présentant ce profil va se multiplier. Comment nos structures vont évoluer pour les prendre en charge ? Nous, notre vocation c’est d’être une plateforme pour les courts séjours et de répondre à la prise en charge de crises aigües. Les hôpitaux publics sont ouverts à tous et nos personnels sont totalement mobilisés. L’équipe était au complet, des fois on peut rencontrer des tensions, mais ce n’était pas le cas ce jour-là."
Charlotte Molina
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1.Posté par Soignant974 le 21/09/2018 17:04

http://www.ipreunion.com/courrier-des-lecteurs/reportage/2018/09/04/tribune-libre-de-l-unsa-centre-hospitalier-gabriel-martin-desindexation-des-primes-de-fausses-verites-et-de-vrais-mensonges,90041.html

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