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Faits-divers

Chavirage mortel du Maéva 4 : "Cet accident était prévisible"


C'est un véritable drame humain qui s'est déroulé à l'entrée du port de Saint-Gilles en juin 2017 au retour d'une sortie de pêche. Rattrapé par un puissant train de houle, le Maéva 4 avait chaviré, provoquant la mort d'un père et son fils et du marin employé par l'armateur, la société Maévasion. Cette dernière, condamnée en première instance à une lourde amende, conteste sa responsabilité pénale et plaide la relaxe. Les juges d'appel rendront leur décision le 24 novembre prochain.

Par Isabelle Serre - Publié le Jeudi 22 Septembre 2022 à 16:26

Lors du premier procès, la société Maévasion avait été condamnée à 150 000 euros d'amende et une interdiction définitive d'exercer
Lors du premier procès, la société Maévasion avait été condamnée à 150 000 euros d'amende et une interdiction définitive d'exercer
Les mots de l'avocat de la société Maévasion, Me Sullivan Omarjee, sont difficiles à avaler pour l'une des survivantes du naufrage du Maéva 4 survenu en juin 2017 à l'entrée du port de Saint-Gilles. "C'est la faute à pas de chance, c'est la fatalité, le destin". Michèle Malbranque qui a perdu son fils et son compagnon dans l'accident a pris place sur le banc des victimes dans le prétoire de la cour d'appel de Saint-Denis. Elle serre les dents depuis des heures. Mais là, les mots pèsent si lourd qu'elle tombe au sol inanimée.

Comme lors du premier procès pour homicide et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité et de prudence, l'audience de la chambre des appels correctionnels est suspendue et l'intervention des pompiers est requise.

Un peu plus tard, l'avocat de la société propriétaire du Maéva 4 reprend sa plaidoirie et enfonce encore le clou. "Ne soyons pas aveuglés par la douleur et ne faisons pas de Maévasion le bouc émissaire de cette tragédie", indique la robe noire qui requiert, comme en première instance, la relaxe.  Car pour la défense ainsi que pour le gérant, Rodolphe Jauneaud, les défaillances reprochées n'ont pas lieu d'être. Le skipper et frère de ce dernier, Loïc Jauneaud, avait encore le temps de mettre à jour deux certificats qu'il était dans l'obligation de posséder pour piloter : celui d'opérateur radio et celui de formation à l'enseignement médical.

Mais selon les experts et le BEAmer, le bureau d'enquêtes sur les évènements de mer, sollicités pour donner un avis sur les circonstances de la tragédie, de nombreux éléments sont à mettre au débit de Maévasion. La société avait pris la décision de maintien de la sortie de pêche malgré l'alerte forte houle déclenchée ce jour-là par Météo France. Aucun briefing de sécurité n'avait été fait auprès des sept passagers avant de quitter le port. Aucun d'entre eux ne portait de gilet de sauvetage alors que la mer était démontée.

Quant au skipper qui était sous anti-dépresseur, des analyses avaient démontré qu'il avait consommé de l'alcool et des stupéfiants la veille et se trouvait, au moment de la manœuvre fatidique, dans un état "euphorique". Le fils et le compagnon de Michèle Malbranque se trouvaient à l'avant du bateau et d'autres passagers étaient sur le pont supérieur, au mépris de toutes les consignes de prudence.

Le bateau rattrapé à l'arrière par un puissant train de houle

Loïc Janeaud n'avait pas marqué de temps d'arrêt avant d'entrer dans le chenal, et son bateau dont la vitesse était trop lente avait été soulevé par une puissante vague venant de l'arrière. Un des moteurs aurait eu à ce moment-là une avarie et le bateau s'était retrouvé en travers et hors de contrôle. Toujours selon les experts, la puissance du navire piloté correctement aurait cependant pu compenser les effets de la houle.

Une sortie nautique dont l'issue tragique qui a marqué à vie les survivants ne doit rien au hasard. "Ce jour-là, il n'y avait que des irresponsables", a fustigé Me Sophie Ghenassia, intervenant au soutien des intérêts de madame Malbranque et rappelant ces mots prononcés par le skipper juste avant de prendre la mer : "Trop de météo, marin au bistrot"."Cet accident était prévisible", clame la robe noire. 

Reprenant une à une les fautes accumulées, soulignant la légèreté du capitaine, les manquements au titre de la sécurité, l'imprudence totale eu égard aux conditions météo ainsi que l'absence de contrôle et de responsabilité de la part de l’armateur, la représentante de la société, Emmanuelle Barre, a requis 200.000 euros d'amende pour Maévasion et une interdiction définitive d'exercer. 

Que des irresponsables

Rodolphe Janeaud qui avait déploré lors du premier procès le suicide de son frère Loïc et la perte de son ami cher, le marin Daniel Bodzen décédé dans le naufrage, n'avait pas fait le déplacement ce jeudi pour entendre les réquisitions du parquet. Son absence remarquée par tous a fait écho au manque de compassion que les victimes lui reprochent. "Jamais il n'a pris des nouvelles de ma cliente", a précisé le conseil de Michèle Malbranque.

La page judiciaire de ce drame humain devrait se refermer le 24 novembre prochain au prononcé de la décision de la cour d'appel.




1.Posté par jpleterrien le 23/09/2022 11:14

Météo défavorable, pas de gilets de sauvetage, passagers sur le pont avec mer démontée, skipper sous anti-dépresseur, alcool et stupéfiants....
Et le baveux parle de faute à pas de chance, de fatalité, de destin ???
Y a pas que Maévasion qu'il faut condamner !!!

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