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Société

Chassée d’une rondavelle sur la plage de la Saline, elle attend un geste de Tamarun et de la mairie


Quatre ans. quatre ans de trop. Isabelle Bruneau reste empêtrée dans un contentieux administratif prodigieux. En répondant à un appel d’offres pour occuper une rondavelle mise à disposition par Tamarun les pieds dans l’eau sur une plage de l’ouest, elle ne s’attendait absolument pas à se retrouver dans un tel pétrin.

Par Ludovic Grondin - Publié le Vendredi 15 Juillet 2022 à 19:55

Mardi dernier, après des semaines sans y avoir mis les pieds, Isabelle Bruneau découvrait que la partie terrasse couverte de sa rondavelle a été démolie. A droite, la clôture de l'école. C'est sur la parcelle de l'école que l'AOT a été accordée...
Mardi dernier, après des semaines sans y avoir mis les pieds, Isabelle Bruneau découvrait que la partie terrasse couverte de sa rondavelle a été démolie. A droite, la clôture de l'école. C'est sur la parcelle de l'école que l'AOT a été accordée...
"Il n’y a que les assises que je ne connais pas", ironise Isabelle Bruneau. L’ex-gérante de la rondavelle de la plage de la Saline-les-Bains enchaîne en effet les procédures judiciaires depuis quatre ans. 

Pour la première fois depuis longtemps, elle foule le sable de cette plage synonyme de tous ses tracas. En ce 12 juillet au matin, une nouvelle surprise l’attend : une partie de la rondavelle où elle projetait de faire de la restauration a été rasée. 

"Je suis choquée. Voilà une affaire qui se termine... Si ça pouvait aussi se terminer aussi bien pour moi", souffle-t-elle après tant d’années d’un contentieux improbable. 

En 2016, un appel d’offres est publié par la société publique locale Tamarun pour l’occupation temporaire d’une rondavelle située au lieu-dit les Filaos à la Saline-les-Bains. Restauratrice ainsi que son mari, Isabelle Bruneau flaire la bonne affaire. L’emplacement est idéal, entre Trou d’Eau et l’Ermitage. Elle monte un dossier et présente sa candidature. Le 27 juin 2016, la commission d’appel d’offres de Tamarun sélectionne son dossier. 

Avec comme interlocuteurs la mairie et sa société publique locale Tamarun, la bénéficiaire de cette AOT (autorisation d'occupation temporaire du domaine public) ne peut se douter un seul instant qu’elle s’est engagée dans la pire affaire de l’année, bientôt de la décennie…

Un vent de révolte souffle sur les paillotes et la rondavelle finit par trembler

L’AOT est signée le 16 juin 2017 devant notaire, ce qui rajoute au sérieux de l’affaire, pour l'instant. Mais la côte ouest se trouve bientôt balayée par une fronde inédite : le collectif de Défense du domaine public maritime (DPM) commence à se faire connaître. Son objectif : faire déguerpir les paillotes de l’Ermitage. Sept d’entre elles sont dans le viseur du collectif mené par l’ancien adjoint Karl Bellon. Si le secteur de la Saline est dans un premier temps préservé du tumulte qui secoue les paillotes situées plus au nord, très vite la rondavelle des Filaos se trouve elle aussi dans le collimateur. 

Entre le permis de construire et la convention officialisant l'AOT, les dimensions des constructions prévues ne correspondent pas. Le rôle de vérification du notaire dans cette histoire est logiquement mis en doute par la plaignante
Entre le permis de construire et la convention officialisant l'AOT, les dimensions des constructions prévues ne correspondent pas. Le rôle de vérification du notaire dans cette histoire est logiquement mis en doute par la plaignante
Sous la pression des manifestants, la mairie de Saint-Paul décide de "rompre opportunément" la convention signée un an plus tôt avec Isabelle Bruneau, soutient son avocate. Ainsi, le 22 juin 2018, la mairie laisse à la nouvelle gérante un mois pour plier bagage.  

Dans le même temps, Isabelle Bruneau prend connaissance d’un post Facebook du collectif DPM. Celui-ci révèle que la rondavelle est tout bonnement située en zone rouge du plan de prévention des risques naturels (un zonage survenu toutefois après la construction de la paillote, ndlr). Isabelle Bruneau part s’enquérir auprès du cadastre et ne peut que constater l’implacable réalité. Elle n'est pas au bout de ses peines. Elle découvre que sa rondavelle numérotée EW335 sur le document authentifié devant notaire correspond en fait à la parcelle de… l’école élémentaire publique située juste à côté. En clair : l’AOT qui lui a été accordée par Tamarun repose sur du vide.

"J’apprends dans un premier temps que ma rondavelle est en zone rouge donc avec une interdiction de construire", se souvient-elle de son étonnement d’alors, "et dans un second temps je vais au cadastre et là j’apprends que j’ai signé chez le notaire la parcelle de l’école primaire…", nous raconte-t-elle son désarroi de l’époque. 

Dès qu’elle découvre cette étrange embrouille, "on entame tout de suite les procédures avec mon mari", raconte-t-elle, sans fermer la porte à un arrangement à l’amiable en tout premier lieu. Mais au lieu de reconnaître leurs torts, les institutions, notaire compris, se murent dans un silence gêné "comme s’ils attendaient que mon mari et moi on finisse au plus vite dans une boîte" (dans un cercueil, ndlr), nous livre-t-elle son impression quatre ans plus tard alors que le bras de fer n’est toujours pas terminé. "Du côté de la mairie, de Tamarun et du notaire, tout le monde fait le mort", affirme-t-elle. 

Le 21 juillet 2020, Isabelle Bruneau se voit donc dans l'obligation de porter plainte pour faux, usage de faux et escroquerie à l’encontre du notaire saint-paulois, de la SPL et de la mairie. 

Dans cette histoire, un allié indirect et improbable vient conforter la gérante dont l'AOT a été retirée "arbitrairement" du jour au lendemain : il s’agit de la sous-préfecture de Saint-Paul. "Le sous-préfet n’a jamais signé d’arrêté d’expulsion à mon encontre", signale-t-elle en guise de preuve que les torts ne sont pas à chercher de son côté.

Lors d’un échange en sous-préfecture de Saint-Paul justement, Isabelle Bruneau se souvient avoir poussé le raisonnement par l’absurde : "Je leur ai montré les copies du cadastre comme quoi j’étais installée sur la parcelle de l’école. De ce fait, j’aurais même pu remplacer la pancarte "école" par "restaurant" et même y installer mes planchas dans la cour de récréation", préfère-t-elle en rire aujourd’hui. "Juridiquement, on ne pouvait pas me chasser de l’école", soulève-t-elle l’incongruité de la scène si elle avait osé déployer ses tables dans la cour de l'école. 

Une nouvelle main tendue en mai dernier, toujours sans réponse 

Le 17 mai dernier, l’avocate d’Isabelle Bruneau a de nouveau tendu la main à la mairie de Saint-Paul mais c’est le même silence assourdissant qui prévaut jusqu’à présent. 

Dans ce courrier, l'ex-gérante offre une dernière chance à la mairie et à sa SPL Tamarun de reconnaître leurs torts. 

La restauratrice et son mari évaluent à ce jour leur préjudice financier à 140.000 euros, soit à la hauteur de l’investissement consenti pour démarrer leur commerce, mais aussi de 75.000 euros correspondant au prêt bancaire contracté ainsi qu’aux quatre années de salaires perdus du fait de l’absence d’activité. Un manque à gagner évalué à 192.000 euros. 

A cette addition déjà corsée, la plaignante soulève un préjudice d’ordre moral induit par la situation. Sans revenu, la plaignante se trouve menacée d’expulsion de son logement en location et son mari rencontre des problèmes de santé. 

Quant au cube de béton qui tient encore debout sur la plage de la Saline et qui correspondait à la partie cuisine de la rondavelle, il devrait connaître le même sort que la partie terrasse couverte balayée par une tractopelle récemment.





1.Posté par vigilance le 15/07/2022 20:22

et attention à cet hôtel derrière qui privatise le haut de plage avec ses transats.
kreol la plage lé pas propriété de cet hôtel lé temps fé respekt a nou !!!!!!!!!!!!!!!!

2.Posté par Lalangnapwinlozo le 15/07/2022 21:21

Et ce même hôtel qui lui a eu droit de construire à r+3 en bord de mer ???? Ce qui est formellement interdit !

3.Posté par Chris le 15/07/2022 23:05

C'est toujours le pot de terre contre le pot de fer. Seules les victimes de ce genre de maltraitance peuvent imaginer ce qu'endure ce couple.
Si la mairie avait dès le départ présenté ses excuses (avec peut-être une petite compensation), cette dame aurait, je pense, compris, vues les tensions (sans doute justifiées) concernant l'utilisation de la plage, et accepté une solution pas trop brutale.
Le fait du prince! Les élus et responsables dorment en général sur leurs deux oreilles, même après une décision inique mais il n'en est pas de même des simples citoyens qui subissent et doivent gérer leur désarroi tant bien que mal.

4.Posté par Pascale le 16/07/2022 00:30

Bienvenue et beaucoup de courage dans cette ile mafia (en bande extrêmement organisée quoi qu'en en dise)!!
Je pense qu'elle a du constater depuis toutes ces années que la justice péi protège la mafia... toutes les affaires gênantes étant étouffées...

5.Posté par Carlo le 16/07/2022 01:02

Bon courage à vous et à votre mari!

6.Posté par Créole le 16/07/2022 05:32

Notaire en faute c est clair................c est qui cet Olybrius qui passe de tels actes de propriété sur une autorisation d'occupation Temporaire du Domaine Public de plus la parcelle serait le terrain de l'Ecole etc....De qui se fout on? un notaire ne peut établir un AOT ?.....

Une Mairie pleine d incompétence qui établit un AOT débile ? L'élu qui a signé ce doc mérite des coups de pied aux fesses etc.....
Battez vous Madame, ne lâchez rien .................vous avez affaire à une équipe de voyous face à vous : votre combat sera rude bon courage.

7.Posté par T'as raison le 16/07/2022 06:11

C'est au notaire de vérifier cadastre etc il me semble. Le votre était il connu de ce genre d'arrangements ?

8.Posté par valeo le 16/07/2022 07:16

Son plus gros défaut? Etre une zorey.
D'accord avec post 1.

9.Posté par Hashtag le 16/07/2022 07:54

C’est en effet la présence de l’hôtel juste à côté qui est la cause principale de leurs ennuis et rien d’autres! Ça toujours été comme ça dans «la station balnéaire ». Avantage aux touristes 4 ou 5 étoiles…Le peuple out même si votre rondavelle serait luxe pas de place pour dénigrer le paysage et embêter les touristes de l’hôtel d’à côté!

10.Posté par JEAN RICO le 16/07/2022 08:12

COURAGE ET N'ABANDONNER PAS.
CE SONT DES ESCROCS ET DES IMCOMPÉTENTS. J'ESPÈRE QUE LA JUSTICE FERA UN EXEMPLE.
HONTE A TAMARUN ET AU NOTAIRE.

11.Posté par Ahane bob le 16/07/2022 08:28

Voilà le résultat des élus des administratifs et des notaires incompétents et véreux.
Nous connaissons une étude notariale dans l’Est spécialiste en la matière.

12.Posté par electeur le 16/07/2022 08:36

Et tout ça c'est l'argent du contribuable qui part en "fumée" sous la pression des écolos et autres défenseurs du littoral...on se souviendra de la destruction des restaurants de l'hermitage...même les gros bras engagés par des gros zozos politiques on participé !!! il y a très certainement d'autres arguments que nul ne veut dévoiler....

13.Posté par Philo974 le 16/07/2022 10:32

2017? Faut alors réveiller SINI et son ancienne équipe de pieds nickelés mairie + TCO pour rendre des comptes.

14.Posté par ben voyons le 16/07/2022 12:20

@ Philo974
Visiblement Sini a fait des émules avec l'actuelle municipalité.

Juste un précision, ce n'est plus le mur de l'école mais celui du service handiplage du CCAS, depuis presque 20 ans.

15.Posté par Vins le 16/07/2022 16:46

C’est cette même femme ou le matin quand tu arrivais, si tu avais le malheur de marcher sur son cailleboti tout neuf (qu’elle avait payé x millier d’€) t’injuriait comme un mal propre? Franchement, le karma na l’a pas loupé. A faire les gentils dans les interviews et à être infecte avec les gens (qui peuvent aussi être de potentiel futur clients). Gout a nou! Et Pol’emploi lé tjrs ouvert au cas ou!

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