Social

Ce que les syndicalistes ont à dire à Emmanuel Macron

Ils ont prévu de se montrer et de se faire entendre. Ça commence dans les médias et ça se poursuivra dans la rue, dès jeudi matin à Saint-Denis et peut-être ailleurs sur le parcours présidentiel. Les hommes et femmes qui portent la voix des organisations syndicales de La Réunion nous livrent les attentes qui sont les leur à l'approche de la visite d'Emmanuel Macron.

Mercredi 23 Octobre 2019 - 07:50

Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR: "Je ne crois pas au Père Noël qui va arriver avec une hotte remplie de cadeaux. Mais c'est l'occasion pour nous, organisations syndicales, de porter nos revendications. On connaît tous la situation économique et sociale de l'île, et celle ci ne va pas en s'améliorant: recul de la croissance, de l'emploi salarié, mais aussi de la consommation des ménages, sans oublier un chômage record. Nous demandons à Emmanuel Macron d'arrêter de mépriser la population et cette violence d'État lors des manifestations de gilets jaunes violences. Son programme social est inacceptable et comme les gens manifestent, il fait recours à l'appareil répressif d'État pour faire passer de force une politique que la population n'accepte pas. Nous avons appelé à la grève le 24 octobre avec la quasi-totalité des syndicats. Au delà de nos différences, nous posons la question de l'unité d'action parce que la situation sociale est trop explosive et nous avons conscience que seuls nous ne nous en sortirons pas, d'où la nécessité de se réunir avec le souci faire durer cette unité syndicale dans le temps."

Karl Maillot, secrétaire général adjoint de la CFDT: "Les partenaires sociaux n'ont pas été associés aux mesures et aux réformes lors de la première partie du quinquennat. Mais on a l'impression que la démarche a quelque peu évolué ces dernières semaines. Nous avons été consultés sur la réforme des retraites, on verra ce qui va en sortir maintenant. Quand on regarde les indicateurs, que ce soit en terme de pauvreté, de pouvoir d'achat, il n'y a pas eu beaucoup d'évolution à La Réunion. Le mouvement des gilets jaunes à La Réunion et en France est là pour le confirmer. Ce mouvement avait déjà vécu il y a quelques années mais on l'impression d'un éternel recommencement. Il y a eu des préconisations mais les choses n'ont pas beaucoup bougé depuis...Les mesures annoncées par Annick Girardin ne sont pas à la hauteur, c'est pour ça que la venue d'Emmanuel Macron est fortement attendue. Nous attendons des mesures pérennes en matière d'emploi."

Johnny Lagarrigue, secrétaire général de la CFDT BTP: "Le BTP connaît une crise majeure dans l'île entre les incertitudes sur le chantier de la NRL ou la baisse des logements construits. On est passé de 4 000 logements à 2000 construits à la prise de fonction d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, nous ne sommes mêmes pas à 1 000 logements construits à La Réunion...Concernant la fin de l'accession APL, nous ne sommes pas plus optimistes, on reste dans le flou. Sur la NRL, l'État n'a pas encore mis son grain de sel. Une feuille de route a été mise en place vendredi, maintenant nous attendons ses effets, un nouveau rendez-vous a été donné dans un mois."

Didier Fauchard, président du Medef Réunion: "Nous restons inquiets que les les dispositifs destinés à l’Outre Mer soient rognés au fur et à mesure nuisant ainsi à a la compétitivité des nos entreprises. Les dispositifs existant comme les exonérations de charges sociales ou la défiscalisation, essentiels à la poursuite de notre développement économique doivent être maintenus et stabilisés.
Ce déplacement sera sûrement l’occasion pour le Président de la République de faire un certain nombre d’annonces pour les milieux économiques et nous pourrons tirer un bilan des mesures annoncées à la fin de son déplacement."

Idriss Rangassamy, secrétaire d'Alliance Police: "J'attends d'Emmanuel Macron qu'il ne nous apporte pas des solutions mais des moyens pour améliorer la sécurité des policiers et de nos concitoyens. Nous avons aussi un gros problème de trafic de drogue et de délinquance à La Réunion. Nous plaidons chez Alliance pour augmentation des moyens dans l'action judiciaire. Nous manquons cruellement de personnel dans le judiciaire mais aussi sur le terrain à St-Pierre par exemple où nous attendons la mise en place d'une CDI de nuit dans cette ville où les affaires d'agressions sont courantes sur le front de mer. Une CDI nocturne existe déjà à l'échelle mais est surtout employée à St-Denis. Depuis la disparition de la BSD, certains collègues de St-Denis doivent descendre sur St-Pierre, ce n'est pas normal. Arrêtons de mettre des gestionnaires aux commandes. La police a avant tout un devoir de service public: moins elle intervient sur le terrain et plus la population est mécontente. Il faut arrêter la course aux chiffres et repositionner le policier sur son coeur de métier. Quand on voit le mouvement des gilets jaunes mais aussi les cas de suicides dans la police, on a l'impression que le gouvernement ne prend en compte les signaux d'alerte. Les risques psychosociaux sont réels car les policiers doivent répondre de la politique du gouvernement et nous passons toujours pour les coupables."

Eric Leung, président de la CPME Réunion:  "Sur le plan économique pour La Réunion, il n’y a plus de lisibilité, ni de visibilité. Les réformes en cours au niveau national ne prennent pas suffisamment en compte nos spécificités concernant les retraites, le CICE, la formation ou encore la fiscalité. Le PIB de La Réunion plafonne à 64 % du PIB national depuis 1997 et la croissance est actuellement en berne. Aussi La Réunion ne peut pas se voir appliquer automatiquement de nouvelles règles édictées pour la France hexagonale. Nous sommes d’accord sur la vision  du président Macron, telle que proposée dans le Livre Bleu, et travaillons sur plus d’ancrage territorial de chaque territoire ultra marin et leur différenciation pour faciliter l’adaptation des règles, aux besoins du terrain. Si cette vision est confortée, il faut rapidement la mettre en œuvre. La CPME est prête à prendre sa part du chantier, et remettre les entreprises réunionnaises comme moteur du développement sociétal."

Pascal Valiamin, membre de Solidaires: "Le Président de la République ne nous déçoit pas, il est là où nous l'attendions : présent pour les ménages les plus aisés, pour les grandes entreprises et absent pour une grande partie de la population. Il est dans le droit fil des politiques pratiquées par Nicolas Sarkozy et François Hollande. Les services publics qui profitent au plus grand nombre sont démantelés, une politique d'austérité qui frappe la collectivité dans son ensemble, des salariés licenciés plus facilement et moins indemnisés...À La Réunion, rien ne change, une partie du monde économique veut plus d'aides, plus d'exonérations, zéro charges sociales et fiscales. Bien entendu, sans augmentation de salaires pour les salariés. Pour que notre République fonctionne, il faut que chacun contribue par rapport à ses moyens. Et aujourd'hui, cela se délite car trop de personnes s'exonèrent de leurs responsabilités.
Nous ne croyons pas aux super héros, nous avons besoin d'une nouvelle gouvernance où les politiques jupitériennes, l'exercice solitaire du pouvoir seraient remplacées par des politiques concertées et transparentes."

Jean-Michel Moutama, secrétaire général de la CGPER: "Le bilan du chef de l'État est mitigé à mi-mandat. Le gouvernement a récemment bloqué la valorisation des pensions de retraites agricoles en Outre-Mer. Un coup de force inadmissible alors même que le texte a été voté à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 2 février 2017 et en commission des affaires sociales du Sénat, rendant son adoption acquise. Il témoigne du mépris du gouvernement pour les retraités agricoles concernés. Ce texte visait à porter à 85% du Smic les pensions de retraites des non-salariés agricoles. A La Réunion une telle valorisation aurait permis de libérer des terres pour que de nombreux jeunes en attente de foncier puissent s'y installer. Par ailleurs, on attend une plus grande visibilité sur l'avenir de la filière agricole. De nombreuses mesures sont en permanence remises en question et il est difficile de travailler sereinement dans ses conditions."

Marie Hélène Dor, secrétaire départementale de la FSU: Son bilan est clairement mauvais à mi-mandat notamment en matière sociale. Il est l'artisan des pires régressions sociales jamais imposées dans ce pays. Notre dossier principal à la FSU c'est la défense du service public et nous demandons le retrait de la loi sur la fonction publique, adoptée en juillet dernier, et que nous appelons loi de destruction des services publics. Pourquoi ? Cette loi permet un recours accru à l'emploi précaire et prépare à la privatisation de certains services. Les déclarations gouvernementales le confirment en vantant un nouveau modèle social. Il va sans dire que c'est la fin du statut qui était le coeur du service public. C'est anti social. Nous allons l'interpeller mais je doute qu'il va nous entendre. L'intersyndicale a demandé une audience. S'il condescend à nous recevoir en personne, nous lui prêterons ce que nous avons à lui dire (...) À La Réunion, le système éducatif se trouve en grande difficulté: nous demandons que l'académie toute entière soit reconnue en ZEP pour redonner à l'école l'ambition de ses moyens."
SI
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1.Posté par smikar le 23/10/2019 08:45

Bann syndicats parcontre pas si pauvres.. train de vie confortable et bling bling souvent

2.Posté par Mahébourg le 23/10/2019 08:51

Le bilan de ce voyage est résumé par l'équation suivante:
0 X (Macron + Girardin) = 0

3.Posté par Kaf Malbar le 23/10/2019 10:10

On tire à boulets rouges sur le gouvernement et en même temps on continue à s'engraisser sur le dos des travailleurs et des réunionnais ! C'est à cause de tous ces syndicalistes de pacotilles que la France est dans cet état, chacun ne voyant que leurs propres intérêts personnels….

4.Posté par li le 23/10/2019 10:20

Ce que macron ne verra pas

La reynion à tèr.

5.Posté par li le 23/10/2019 10:21

Ce que la réunion ne verra pas

Brigitte

6.Posté par antiLOI le 23/10/2019 12:11

CGTR i croit pas Pere Noel!!!!
ouais zot i détruit tout par contre....

7.Posté par GIRONDIN le 23/10/2019 12:45

C'est toujours intéressant d'avoir l'avis d'aristocrates fonctionnaire.

8.Posté par Un militant de la CGTR le 23/10/2019 17:07

A bas les lois travail, retraite et chômage de Macron qui réduisent comme peau de chagrin les droits des travailleurs !
Rien à attendre de ce président des riches !
Les travailleurs doivent se défendre contre ses mauvais coups et ceux du patronat en exigeant leur dû, par la grève générale !

9.Posté par raz le 23/10/2019 19:29

Je trouve que les syndicats sont comme les politiques, c'est à celui qui peut gagner les élections professionnelles. Ils n'ont rien encore entendu et déjà ils critiquent. Surtout Solidaires qui se croit expert en économie. Ecoutons d'abord et jugeons après. C'est la jeunesse de Macron qui vous gène ? C'est le premier président depuis des années qui a fait baisser le chômage. Mais ça ne compte pas, il faut le dégager. On dit que c'est un banquier, ce n'est qu'une fonction qu'il avait mais on l'attaque dessus pour juste médire. Sachons que même Sarkozy voulait l'avoir car il est doué, mais tout ça ne compte pas, il est jeune et ça gêne.

10.Posté par JORI le 23/10/2019 19:58

7.Posté par GIRONDIN le 23/10/2019 12:4
+++1

11.Posté par JORI le 23/10/2019 20:04

8.Posté par Un militant de la CGTR le 23/10/2019 17:07
Et le président des pauvres il ferait quoi?. Mais avec quoi?.

12.Posté par Naze le 24/10/2019 19:50 (depuis mobile)

Pour le Post 9
RAZ, t''es naze...Solidaires n''est peut-être pas expert en économie, mais toi, t''es expert en flagornerie...le Président sera flatté de ta prose

13.Posté par Raz le 25/10/2019 04:42

Naze, quel nom pour ne pas répondre point par point mais balancer des "t'es naze !", Pas d'argument ? Allez tous à Mada et vous comprendrez que c'est par le travail qu'on vit et pas en médisant à longueur de journée.

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