Santé

Cancers pédiatriques: Une lettre remise à tous les candidats par des associations réunionnaises

Vendredi 24 Mars 2017 - 15:42

Le combat de Jerry Ayan pour faire reconnaître les cancers pédiatriques franchit une nouvelle étape. Ce dernier, épaulé localement par les associations Laurette Fugain et Ti Princes Marmailles, a officialisé ce vendredi le lancement d’une grande action collective, portée sur le territoire national, pour mettre fin au scandale "qui consiste à laisser 500 enfants mourir chaque année en France".

Jerry Ayan a été surpris par les réactions "positives" suscitées par son livre Pourquoi je suis pas un papillon, qui raconte le combat mené par sa fille Anne-Laure, décédée d’une tumeur cérébrale et qui aurait eu 19 ans en 2017. "J’ai senti une vague, quelque chose dont je ne n’avais pas senti l’importance, à La Réunion mais aussi ailleurs comme en Suisse ou à Monaco", explique le père de famille. "Beaucoup de personnes m’ont fait part de leur colère sur le fait que les recherches autour des cancers pédiatriques n’étaient pas assez soutenues. Cinq ans après le décès de ma fille, les recherches n’ont toujours pas avancé et sont au même point qu’il y a 25 ans", déplore-t-il.

Pour rappel, 350 000 cancers sont diagnostiqués chaque année en France, dont 2 500 chez les enfants. Chez ces derniers, on recense 500 décès liés au cancer tous les ans.

Un "scandale" pour Jerry Ayan: "Ce ratio, qui équivaut à la suppression d’un établissement scolaire tous les ans, n’intéresse pas du tout l’industrie pharmaceutique, qui estime que lancer des recherches sur chaque cancer pédiatrique n’est pas rentable. C’est sûr que nous n’arriverons jamais à un niveau de financement honnête car il faut entre 800 millions et un milliard d’euros pour lancer un médicament à destination du grand public".

Jerry Ayan ne vise pas uniquement l’industrie pharmaceutique mais également l’État, "coupable" selon lui "de substituer à son rôle". "Face à la démultiplication des actions autour d’autres maladies comme le Sida ou encore le Téléthon, l’État est parfois tenté de lever le pied sur ses prérogatives car il voit que les dons des gens continuent d’affluer. Il doit continuer à jouer son rôle dans le domaine de la santé", martèle Jerry Ayan.

À l’occasion des prochaines présidentielles, Jerry Ayan, comme 38 autres associations de tout le territoire national oeuvrant auprès des enfants touchés par la maladie, a décidé d’interpeller chacun des 11 candidats sur la nécessité d’amplifier les recherches sur les cancers pédiatriques. "Nous leur demandons de se positionner sur trois choses: la création d’un fonds dédié à la recherche sur les cancers dotés de 40 millions d’euros, le lancement d’un Plan Cancer Enfants et la création de contributions obligatoires auprès d’industriels du médicament et du tabac", détaille Jerry Ayan, "satisfait" que cette initiative "parte de à La Réunion vers la métropole".  

Le premier destinataire de ce courrier sera Emmanuel Macron, attendu samedi dans l’île. "Dans la foulée, d’autres présidents d’associations ont ou vont prendre contact et remettre en main propre le courrier aux 11 candidats à l’élection présidentielle", termine-t-il.

samuel.irlepenne@zinfos974.com
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1.Posté par Parent inquiet le 24/03/2017 17:29

Faudrait en remettre une au directeur du CHU et à l'ARS car tout va à l'encontre du bien-être des enfants malades...on ne leur facilite pas la tache...entre leur temps d'attente en hospitalisation de jour pour leurs chimios, le temps de retours des résultats, les reports de cure sans savoir vraiment pourquoi, les guerres internes entre médecins mais aussi entre le nord et le sud.....
On m'a même sous-entendu d'aller dans le privé en off, pour soigner mon enfant.... Tout le personnel en parle dans les couloirs , et pourtant on en entend pas parler du tout.... ça devient grave et urgent pourtant !!!

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