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CHU Sud : Les soignants à bout de souffle alertent la ministre de la Santé

Samedi 27 Janvier 2018 - 11:38

Un collectif de soignants baptisé "soignants au bord du gouffre", dans courrier à la ministre de la Santé ainsi qu'aux députés de La Réunion, lance l'alerte sur l'état des urgences au CHU de Saint-Pierre.


C'est une lettre poignante qu'a adressé à la ministre Agnès Buzyn un collectif de paramédicaux de l'hôpital de Saint-Pierre. Ils y dressent l'état des lieux des urgences adultes de l'hôpital, qu'ils jugent dangereuses pour les patients.

Cela fait deux ans que les soignants du CHU Sud alertent leur hiérarchie sur les conditions d'accueil des patients aux urgences adultes. En novembre 2016, ils ont rencontré leur direction au sujet des violences dont ils sont régulièrement victimes aux urgences, rencontre suite à laquelle des mesures avaient été prises, qui semblent insuffisantes pour endiguer la violence.

Une violence que la direction imputait en novembre 2016 au mode d'organisation des soignants, qui ont alors donné de leur temps de repos pour tenter d'améliorer les conditions d'accueil. Mais, selon le collectif, un an plus tard, les faits sont là : aucune réorganisation du temps de travail n'améliorera les conditions d'accueil aux urgences tant que la capacité d'accueil ne sera augmentée. Les locaux ne sont prévus pour accueillir au maximum que 85 patients par jour, alors que jusqu'à 180 patients passent chaque jour aux urgences. 

Le temps d'attente génère de la violence chez les patients et leurs accompagnants agacés, parfois réduits à patienter durant 14 heures avant une prise en charge médicale. À cette attente s'ajoute l'absence d'intimité, qui nuit au secret médical et à l'hygiène. En effet, il n'existe pas de salle d'évaluation close, et les patients exposent leur cas "au vu et au su de tous les usagers présents aux urgences". Du fait de l'absence de séparation des patients, les soins ne peuvent être prodigués dans les conditions d'hygiène réglementaires, mettant les patients en danger.

En plus de ces problèmes de locaux, dont les soignants demandent la reconstruction complète, existent de vrais problèmes de sous-effectif. Confronté au manque criant de personnel, le service n'a d'autre choix que de réduire les temps de repos et de congés des soignants, qui sont de plus nombreux à quitter l'hôpital ou à se retrouver en arrêt maladie. Épuisés, les soignants appellent à l'aide la ministre de la Santé, en ces termes : "L'institution pousse son personnel soignant à la maltraitance en ne fournissant pas les moyens matériels et humains d'assurer des soins sécuritaires et de qualité". Ils jugent la violence quotidienne générée par tous ces dysfonctionnements légitime, alors qu'ils en sont victimes.

 

Bérénice Alaterre
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1.Posté par Fundisantim le 27/01/2018 15:01 (depuis mobile)

C''est tout le système de soin qui souffre de négligence et de politiques aberrantes.
Saluons le courage de ceux la qui lancent l alerte . Malheureusement ça risque fort d''être vain, nos décideurs sont sourds, aveugles et egocentrés.

2.Posté par noe le 27/01/2018 15:23

C'est très grave !
Quand on pense à toutes les cotisations qu'on verse à la Sécu !!!!

3.Posté par pasglop le 27/01/2018 18:48



Une petite séance de comm
Sourire banane ,et hop , tout va bien , c'est emballé

Quand la population prendra-t-elle la mesure des mensonges de la "comm" ??
Pourtant c'est sous le nez de tous

"Plus le mensonge est gros , plus il passe"


4.Posté par yabos le 27/01/2018 18:58

Me semble t'il, si ma mémoire est bonne,il y avait eu une formation mis en place pour préserver la sécurité des agents , tout en veillant à l'intégrité des patients , mis en place par le DRH de l'époque. Tout cela en avant garde pour l'époque, malgré l'avis négatif des syndicats. Pourquoi avoir abonner cette formation ?

5.Posté par klod le 27/01/2018 22:58

"À bout de souffle" est un film réalisé par Jean-Luc Godard avec Jean Seberg, Jean-Paul Belmondo. Synopsis : L'itinéraire d'un jeune délinquant qui, après avoir volé une voiture et tué un policier, est traqué par la police...

jean seberg .............. waouh !

ha wikedpedia ............... la "connaissance "pour tous , lol de relol .

6.Posté par Carine le 28/01/2018 07:17 (depuis mobile)

"Nos décideurs" sont surtout des personnes qui ne savent absolument pas comment les services fonctionnent ! On s'en rend compte tous les jours un peu plus ...

7.Posté par A moi ca le 28/01/2018 07:28

Vendredi j’y suis allé pour une consultation, un jeune complètement défoncé foutait le bordel car il cherchait son rival ... un groupe de policier, qui était venu pour autre chose je suppose, est passé à proximité de lui. Ils se sont fait copieusement insulter et n’ont rien fait. Résultat le mec s’est senti encore plus invicible et a encore plus continuer à insulter le personnel soignant...
Pathétique.

8.Posté par Losicré le 28/01/2018 08:55

Il faut mettre les permanents syndicaux au boulot. Combien sont-ils en détachement ???? S'il manque du personnel, la direction sait où les trouver ou les retrouver !!!!!

9.Posté par Yenamarre le 29/01/2018 10:14 (depuis mobile)

On nous prends pour des cons depuis des années. Qd est ce que la population va se décider à bouger. C notre avenir qui est en jeu et celui de nos enfants. Il est temps de protester de sortir de nos canapés et des réseaux socio. Ensemb dans la rue

10.Posté par Michel le 30/01/2018 21:36

Toujours plus d'argent public pour arroser le patronat = toujours moins d'argent pour faire fonctionner les services publics.
C'est une question de choix de société, soit privilégier les exploiteurs, soit soulager les travailleurs.
Ceux qui ont choisi de voter Sarkozy, Hollande ou Macron ont choisi le premier choix.
Ce n'est pas pour autant que ceux qui optent pour le deuxième doivent s'avouer vaincus et baisser les bras.
Il leur reste d'autres armes pour se faire entendre que sont les grèves et les manifestations.
Alors à ces derniers, au lieu de vous lamenter, répondez présent quand il y a des manifestations organisées par les syndicats pour l'augmentation des salaires, le refus de la retraite à 67 ans, le droit des patrons de licencier comme ils veulent, la remise en cause du droit à la santé et à l'éducation, le droit à une eau potable pour tous, à un logement potable pour tous, à des transports en commun fréquents et bon marché pour tous.
Remuez-vous et misez collectif au lieu de tomber dans le panneau des "solutions" individuelles.
Sinon fermez-la !

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