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C'était Justy, notre maman Héroïne malgache et un sacré caractère, soit dit en passant!


Justy tenait beaucoup à cette photo. C'était le 1er. Juillet 1995, jour de ses 70 ans. Pourquoi celle-ci ? Parce que dessus, il y a Alain et que pour cet anniversaire, il nous avait concocté une petite surprise, notre malicieux frangin. Lui-même était arrivé le matin. Puis, il nous avait poussé à attendre avant de passer à table. Soi-disant qu'il n'avait pas encore faim. Tu parles ! A 16 heures, qui voit-on débarquer ? Michel. " Eh voilà ! C'est ma petite surprise", qu'il a juste dit. Justy a bien failli s'évanouir : c'était la première fois depuis un sacré bail, qu'elle avait ses trois fils autour d'elle.
Justy tenait beaucoup à cette photo. C'était le 1er. Juillet 1995, jour de ses 70 ans. Pourquoi celle-ci ? Parce que dessus, il y a Alain et que pour cet anniversaire, il nous avait concocté une petite surprise, notre malicieux frangin. Lui-même était arrivé le matin. Puis, il nous avait poussé à attendre avant de passer à table. Soi-disant qu'il n'avait pas encore faim. Tu parles ! A 16 heures, qui voit-on débarquer ? Michel. " Eh voilà ! C'est ma petite surprise", qu'il a juste dit. Justy a bien failli s'évanouir : c'était la première fois depuis un sacré bail, qu'elle avait ses trois fils autour d'elle.
Je vous ai raconté la courte vie de mon papa, il y a peu. Voici aujourd'hui celle de maman Justy, parce que toutes ces histoires que je vous raconte et qui semblent tant vous plaire, ont des personnages, des "héros" et des "héroïnes" incontournables sans lesquelles mon enfance eût été un peu terne.

Si ma façon d'écrire retient si généreusement votre attention, Justy y est pour beaucoup. Sans elle, il me manquerait quelques accords du participe passé, mes premières leçons de rougail saucisse, ainsi qu'une petite dose de malice. Les souvenirs bien clairs de ses coups de fouette et autres tapins me le disent assez.

Je pense également que ma digne mère rappellera bien des souvenirs à beaucoup d'entre vous. De toute façon, elle fait partie, au même titre que Michel et Alain, de ces "souvenirs, souvenirs". Je vous parlerai d'eux sous peu, soyez sans crainte. Car ces pages sont un tout.

Les hussards noirs de la République

Germaine, Léonie, Juste, Vitry, dite Justy, est arrivée le 1er Juillet 1925, dans l'ancienne maternité de l'avenue de la Victoire, face à la Cathédrale de Saint-Denis. Sa mère était Anéa Lebon et son père biologique Juste Vitry. Ce dernier étant décédé avant la naissance de Justy, le frère de ce dernier, pépé Justinien, épousa alors sa belle-soeur... afin que la gamine ne naquît point sans père. Une histoire de dévouement, de devoir, qui se transforma vite en histoire d'amour.

Pour elle, pépé Justinien était SON père. Pour nous, NOTRE incontournable "Pépé", un des hommes nous ayant le plus marqués, mes frères et moi. Certainement un des esprits les plus brillants qu'il nous a été donné de rencontrer.

Pépé Justinien était "instituteur de la coloniale", le corps des enseignants que l'on appelait "les hussards noirs de la république". Appelés ainsi en raison de leur uniforme à boutons dorés et bottines à courte tige. De ces pédagogues si imprégnés de leur devoir qu'ils auraient pu apprendre à lire à une vache si on le leur avait demandé ! Il était fier de son titre d'instituteur ; et aurait été plié en quatre en apprenant qu'il était un "professeur des écoles" sans le savoir !

Mémé Anéa ne lui cédait en rien, brillante enseignante elle-même mais ne travaillant que par intermittence pour satisfaire aux besoins du jeune ménage. La plupart du temps, elle était à ses travaux ménagers... et à la surveillance des devoirs que pépé préparait à mon intention avant de s'en aller à son bureau de la mairie. Mais ceci est une autre histoire.

Justy ne put que subir un enseignement primaire de haut niveau avec de tels parents. A l'âge du lycée, on la mit en pension à Saint-Denis chez le célèbre "tonton Antoine" le fameux Antoine Séry, prof de gym au lycée, préparateur en pharmacie à l'hôpital Félix-Guyon et beau-frère de Mémé.

"Toué lé jolie"

A l'heure d'intégrer la classe de terminale, Justy, du collège Juliette-Dodu, fut expédiée à Leconte-de-Lisle, le lycée tout proche, car elle désirait suivre la terminale "math élém'" comme on disait alors, et qui n'existait pas chez les filles. Elle fit là la connaissance de gens devenus célèbres à divers titres : Paul et Jacques Vergès, Bruny Payet, Pierre Lagourgue, Pierrot Vidot... , et apprit sous la férule de tout jeunes enseignants qui furent aussi les miens, bien plus tard, avec quelques rides en plus et quelques cheveux en moins : Paul Gérard (ti-Paulot) ; "Zéphirin" Lougnon, jeune prof d'histoire-géo avant d'être notre vieux proto ; Fettaz, malicieux maître de français ; Claude "mangue carotte" Payet, détestable prof de math ; "Layang'" Nativel, chef du secrétariat...

Une anecdote amusante à propos de ce génial musicien qu'est Pierre Vidot... Alors que Juste était en terminale, l'ami Pierrot en était à la classe de sixième mais, éternel et sublime romantique, déjà amoureux de tout ce qui portait jupons ! Il arrivait souvent le matin avec un petit bouquet de fleurs qu'il allait, presque en rasant les murs, mettre entre les mains de maman. C'est quelques années plus tard qu'il composa son célèbre " Toué lé jolie". A l'intention de qui ? Il ne l'a jamais avoué, le drôle.

C'est alors qu'elle était en terminale que sa maman, Mémé Anéa, crut bien avoir perdu sa fille unique. Une histoire plus que troublante et qui fera sourire les sceptiques.

Mémé Anéa avait un don. Un don assez effrayant mais réel. Elle "voyait" parfois, sur le mur de son salon, l'image d'une personne connue avec, au milieu du front, une tache jaune. La personne ainsi aperçue décédait invariablement peu après.
 
"Rosarum-rosis-rosis" ou Lawrence d'Arabie ?
 
Un midi, rentrant de l'école, Pépé trouva Mémé en larmes. Elle avoua "avoir vu Titi" (le petit nom de Justy) avec la tache jaune.

Le lendemain très tôt, Anéa prit un taxi jusqu'à Saint-Pierre puis le ti-train lontan jusqu'à Saint-Denis, où elle fut en fin de journée.

Descendant du train rue de l'Artillerie, ancienne rue de Nice, elle alla presque en courant jusqu'à la rue du Four-à-Chaux où résidait tonton Antoine. Là, elle apprit que Justy était effectivement à l'hôpital, mais pas pour elle-même : son cousin s'y mourait du tétanos et Justy le surveillait en permanence. Cette proximité avait induit notre Mémé en erreur pour la seule fois de sa vie.

Le cousin décéda deux jours plus tard. Ceci, malgré l'invraisemblance, est bel et bien vrai.
Préparant son bac math-élèm, elle fit la connaissance d'un certain Jules Joseph Antoine Bénard, dit ti-Jules, dont je vous ai causé il n'y a guère. Ti-Jules achevait une année de lycée avant d'intégrer le corps des estafettes du gouverneur Aubert, plus intéressé par les Royal-Enfield popularisées plus tard par "Lawrence d'Arabie", et autres Norton 600, que par "Rosa-rosae-rosam-rosae-rosae-rosas...".

Ils se fiancèrent en 1946 et convolèrent en 1947 avec l'accord de Jules Élysée Bénard et Francia Lebreton, ma redoutable et adorée Mamie-de-Cilaos. Jules Élysée était directeur de la minoterie-balance-des-Cocos pour le compte de son frère Léonus. À sa mort, papa prit la place. Mamie était née à Madagascar, dans une île proche de Nosy Bé. Étant née en 1900, elle était fière de dire qu'elle avait vu la comète de Haley par deux fois !

C'est cette image que je retiens d'elle et je crois que la photo est due à l'ami Vaxelaire. C'était un soir de réveillon, sur le balcon de son logement de fonction. Ma mère était alors Principale du "Collège des filles du Ruisseau de La Rivière", expression l'amusant beaucoup. Eh oui ! Justy était une bonne vivante, et ne s'en cachait pas. Vous savez maintenant, après ce que je vous ai dit de papa ti-Jules, de qui je tiens mes bonnes habitudes de mec très fréquentable !
C'est cette image que je retiens d'elle et je crois que la photo est due à l'ami Vaxelaire. C'était un soir de réveillon, sur le balcon de son logement de fonction. Ma mère était alors Principale du "Collège des filles du Ruisseau de La Rivière", expression l'amusant beaucoup. Eh oui ! Justy était une bonne vivante, et ne s'en cachait pas. Vous savez maintenant, après ce que je vous ai dit de papa ti-Jules, de qui je tiens mes bonnes habitudes de mec très fréquentable !
Une boîte de sardines pour 4 !

Papa ne vécut guère... Mais eut le temps de marquer son époque par son action politique. Trahi par ses propres amis, ce qui allait devenir une coutume dans ce milieu, il se retira de cette activité pourrie avant de l'être lui-même ; et monta une petite affaire de construction de routes et de maisons. Il emprunta beaucoup pour cela et l'affaire promettait d'être florissante mais il fut emporté par une saloperie au pancréas le 3 décembre 1955.

Nous laissant la vieille demeure familiale de La Rivière mais surtout un paquet d'emprunts à rembourser à notre mère. Une dèche qui eut pour seul mérite de me préparer à ma vie de galère bien des décennies plus tard. Je me souviens de ces dîners où à quatre, nous nous partagions les quatre sardines d'une boîte, en aromatisant chichement notre riz de l'huile d'olive de la conserve. Ou encore d'Alain, suçotant en dormant au-dessus de son assiette, un os de quelque volaille qui avait eu le tort de s'égarer dans notre cour. Il y a prescription, je crois ?

La lignée Léonus était la branche fortunée de la famille Bénard mais je dois dire que Léonus n'était pas un avare : plus d'une fois, il aida notre mère, lui ainsi que son épouse, "tante Fernande".

Malgré tout, Justy ne voulut pas rester les bras croisés et s'engagea en qualité d'institutrice remplaçante à l'école des filles toute proche. Précisons que les salaires des suppléants d'alors n'avait rien de commun avec les rémunérations copieuses qu'ils deviendraient par la suite.  Chaque mois, la presque totalité du salaire de notre mère disparaissait dans les remboursements des emprunts effectués par ti-Jules.

Elle remboursa tout jusqu'au dernier centime !

Fauchés mais jamais malheureux !

J'ai déjà dit par ailleurs que malgré cette situation financière désastreuse, qui nous faisait mieux comprendre celle de nos petits copains de cases-en-paille, nous n'avons JAMAIS ÉTÉ MALHEUREUX ! 

Justy a toujours su nous entourer d'affection solide... aussi solide que ses tapins et autres coups de fouette pêche car ayant la main aussi leste que son amour maternel était fort. Elle n'hésitait jamais à jouer aux cow-boys et Indiens avec nous, étant systématiquement la squaw attachée au pied d'z'avocat... où nous l'oubliions parfois. Quand nous revenions la détacher de son totem à supplice... le pied d'pêche n'était jamais loin.

Athée depuis toujours, notre mère a su cependant insister pour que nous subissions une éducation chrétienne, messe, communions et même enfant de choeur pour votre serviteur. C'est là que je pus vérifier que le vin de messe, ben c'était pas de la piquette. Je dois avouer qu'une éducation morale, pour les voyous que nous étions, ce n'était pas forcément superflu. Mais avec cet enseignement catho à outrance, notre mère a toujours su nous entraîner à exercer notre pouvoir critique. À ne jamais rien tenir pour acquis !

Pépé, Mémé, Mamie, comme Léonus, comme parrain André, nous aidaient de leur mieux.

Avec sa formation initiale due à pépé Justinien et mémé Anéa, et son intelligence naturelle, notre mère devint vite une éducatrice hors pair.

Quand vous apprenez à l'âge de huit ans qu'après le pronom "en", l'accord du participe passé s'applique pas, toutes les subtilités de notre langue vous sont acquises d'office.

Une héroïne à Madagascar

Justy escalada très vite les échelons de son métier et fut vite nommée professeur de lettres au même collège des filles du Ruisseau. Vers 1958, elle se mit en ménage avec un jeune architecte débarquant de Paris mais l'aventure ne dura que peu de temps... et ne lui fit pas que du bien. C'est notamment à cause de lui que nous perdîmes notre maison familiale. Passons !

Redevenue célibataire et, ma foi, ne s'en portant pas plus mal, Justy sollicita un poste de professeur de lettres à la Sakay, Madagascar, en 1969, et là-bas, au lieu d'enseigner Hugo et "maisoùestdoncnicaror", se vit proposer la direction de l'ensemble scolaire français du Moyen-Ouest malgache.

Je l'ai déjà raconté dans Zinfos 974 mais tout le monde ne le lit pas forcément (c'est un tort). Je vais donc le raconter de nouveau.

Les enfants des fermiers créoles de la Sakay avaient tout ce qu'il fallait par les soins de la SPAS, société professionnelle et agricole de la Sakay. Livres, cahiers, stylos, ils ne payaient rien. Ceux fréquentant le collège étaient transportés gratuitement, avaient un dortoir à leur disposition, étaient nourris gratos. Alors que les petits Malgaches devaient casquer un droit d'écolage chaque année.

Ce que voyant, Justy sentit son sang ne faire qu'un tour, l'injustice l'ayant toujours révoltée. Ce qui explique d'ailleurs bien des choses dans les personnalités de ses trois garçons.

Sans en référer à personne, ni ses supérieurs hiérarchiques de La Réunion, ni les dirigeants de la SPAS, elle décida unilatéralement de supprimer cette taxe injuste autant qu'injustifiée. Ces jeunes Malgaches étaient pour la plupart enfants de Malgaches employés par la SPAS, et dont les salaires étaient plus de 4 fois supérieurs au salaire malgache minimum, en vigueur alors. Ce pourquoi la Sakay était "le" pôle d'attraction économique de la Grande-Île. Des Antandroy venaient du grand Sud, 2.000 kilomètres plus loin, pour s'embaucher comme gardiens de zébus !

Jacques Lougnon là où on ne l'attendait pas !

Les meilleures choses ont une fin. En 1994, Justy rentra à La Réunion et fut nommée à sa demande au collège des filles de La Rivière, toujours en qualité de directrice, ancien nom des "principales".

Les conditions pédagogiques avaient commencé à bien changer et trois années plus tard, ayant eu la fierté de voir son fils embauché en tant que journaliste au tout nouveau Quotidien de La Réunion, elle fit valoir ses droits à la retraite suite au début d'une longue et douloureuse maladie. Elle vit également, avec une grande satisfaction, son fils cadet Michel être promu général de l'Armée de l'Air et son benjamin, Alain, réussir mieux que bien dans les assurances, à Menton.

Elle s'installa quelques années au Guillaume où, à sa grande surprise, elle fut demandée en mariage par... Jacques Lougnon ; oui, le fameux vieux tangue que nous appelions "ti-mallol" au lycée.

Usant de toutes les délicatesses courtoises et diplomatiques de la langue française, elle refusa. Mais resta amie avec mon vieux prof de la Petite-France.

Ce fut à cette époque qu'elle se jeta corps et âme dans la pratique du bridge. Elle y avait été initiée à la Sakay par les soins de deux enseignants, MM. Sabot et Commère. Elle avait bien tenté de me faire aimer cette honorable activité mais je préférais les soirées de déconnade au tarot, sinon les tricheries obligatoires et arrosées à la belote.

Installée au Tampon durant ses dernières années, elle fut emportée par un double cancer et un début de gangrène, le 24 avril 2000.

Si je pratique une certaine langue que vous semblez apprécier, si je manie souvent le mouchage, l'humour et la dérision, vous savez à qui je le dois.

En somme, outre mes vieux instituteurs et mes vieux professeurs, je dois à Justy d'être ce modeste écrivaillon apprécié par le plus grand nombre (et moucaté par quelques rares esprits grincheux).
Samedi 30 Décembre 2017 - 09:05
Jules Bénard
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1.Posté par Lora le 30/12/2017 09:52

Quelle belle tranche de vie. Merci M. Benard pour ce partage.
Quel talent surtout.

2.Posté par L'Ardéchoise le 30/12/2017 12:20

Très bel hommage d'un fils à sa mère !
On sent dans ces lignes tellement d'amour et d'admiration...

3.Posté par alex97427 le 30/12/2017 13:35

Merci Monsieur Benard pour cet émouvant hommage. C'était des temps difficiles où la vie ne tenait qu'à un fil à cause des maladies aujourd'hui bénignes; mais peut-être était ce à cause de cela que la vie était intense et précieuse?
Bonne année Monsieur.

4.Posté par rito le 30/12/2017 14:30

Comment ne pas apprécier et aimer les écrits de Jules Bénard, qui sont le reflet d'une forte personnalité et qui, au travers du récit de sa propre vie, nous apportent le témoignage toujours émouvant d'une époque héroïque. Son talent de conteur nous entraîne alors dans une réflexion philosophique sur le fatum de l'être humain, entité fragile assujettie aux tragédies et aux bonheurs toujours fugaces de la vie. Tel est notre destin. Au crépuscule de notre vie, ces événements, heureux ou malheureux, nous apportent la nostalgie, sentiment indéfinissable de joie ou de peine.

5.Posté par PSH Lepret le 30/12/2017 14:39

Jules, merci. Permets à un contemporain de faire une rectification, mineure en apparence mais importante pour la mémoire de cette respectable personne : Fetaz, un seul T. Fernand Fetaz, "Tazou" pour les intimes. In memoriam.

6.Posté par Jules Bénard le 30/12/2017 15:17

à tous :


MERCI !

7.Posté par y.féry le 30/12/2017 16:44

Très beau récit ! Merci Jules.
Mais, excuse mon pardon: "En 1994, Justy rentra à La Réunion et fut nommée à sa demande au collège des filles de La Rivière, toujours en qualité de directrice, ancien nom des "principales". Petit problème de date...Non? La Sakay c'était fini depuis longtemps!
Pour le vin de messe je confirme, c'est pas mauvais, je crois que beaucoup d'enfants de choeur l'ont goûté.

8.Posté par Samwinsa le 30/12/2017 18:20 (depuis mobile)

An tan ke marmay La Rivière, mwin la tro aimé kan ou la écri su lékol Hégésippe Hoarau, ousa néna la nouvel méri koméla. Fodré vréman pansé édite tousala un dsé 4.
Tro valab.

9.Posté par Jules Bénard le 30/12/2017 19:08

à posté PSH Lepret :

Mille excuses, cher et intransigeant lecteur (et vous avez raison). Je retiens votre rectification si jamais, quelque jour prochain et souhaité par moi (et mes lecteurs), ce texte vient à figurer dans quelque tome 2 de ces aventures comiques !

à y.féry :
Oui ! je pense qu'il y a erreur quant aux dates.
Si ! Justy rentra à La Réunion en 1974. Oups ! Ma faute, ma très grande faute, je l'admets. Et je vous remercie d'avoir mis le doigt dessus.

Après tout, les remarques très sensées de mes amis lecteurs ne font que m'aider à corriger mes textes.

Soyez-en tous sincèrement remerciés.

Pour vous tous, avec tout ce que mon coeur peut contenir d'amour envers vous.

10.Posté par PSH Lepret le 30/12/2017 22:07

Pendant que j'y suis, cher Jules, Nativel (bras droit de Savin) était surnommé "Laï Hang" à cause de sa ressemblance avec le célèbre pâtissier (ahhh... ses petits feuilletés et les ti-pain-pistache) de l'angle sud-est des rues de Paris et Sainte Marie

11.Posté par Charles-Emile Roger le 30/12/2017 23:06

Eh oui....collège des filles devenu mixte en 1980. Je garde un bon souvenir de la principale Justy Bénard sévère mais juste.

12.Posté par payet le 31/12/2017 07:27

Madame Jules Bénard, c'est ainsi qu'on l'appelait,était mon professeur de français (elle n'aurait pas apprécié que je dise ma professeur comme c'est la mode aujourd'hui). Collège de filles de La Rivière, classe de sixième. C'est si loin!!! Quand la vache de la maison avait un petit, je lui apportais un litre de lait chaque matin en allant en classe! Elle était aussi belle en "négligé" que lorsqu'elle était sur son" 31". Merci pour ce portrait de femme belle compétente et humaine.

13.Posté par ti gramoune le 02/01/2018 07:20

Hommage très émouvant d'un fils français, envers une mère enseignante française née de parents français à Madagascar alors colonie française, formée à l'école de La République où les enseignants qui savaient alors se faire respecter, faisaient aimer l'école par les élèves ...

Doit-on pour autant appeler cette dame respectable de nationalité française, une héroïne malgache ???

14.Posté par Chrislene le 02/01/2018 12:09

Merci pour cette plongée dans la petite histoire réunionnaise ..Ces anecdotes rivièroises m'interpellent : j'ai été scolarisée dans les années 70 au collège des Filles de la Rivière , puis revenue à ce même collège en 1979 en tant que professeur d'anglais et Mme Bénard était déjà directrice ( on ne disait pas "principal" à l'époque ..Ne vous en déplaise , M. Bénard , votre mère dont je ne mets pas en doute la compétence était un pur produit de la petite "société blanche " bougeoise , notable, raciste et colonialiste de l'époque ..J'étais bien jeune à l'époque , 21 ans , sortie tout droit de l'Ecole Normale et aucune bienveillance ni gentillesse à mon égard , moi, la petite fille d'agriculteurs modestes qui a pu faire des études et "s'en sortir" ..Les Blancs ne fréquentaient pas les Créoles yabs ou bruns ..Je crois qu'il ne faut pas occulter cette mentalité de l'époque et la République Française , en envoyant dans les "colonies" des personnes plus ouvertes d'esprit a largement contribué à ouvrir la société réunionnaise et l'aider à dépasser ses scléroses d'antan ..J'ai eu à souffrir de ces comportements " on reste entre nous" et blancs y fréquentaient pas les noirs et "mélangés" ..Heureusement , cela a bien changé ..Bonne journée à vous !

15.Posté par Manou le 03/01/2018 17:37

Votre mère était un super professeur de français . Je l'ai eu en 6eme en 1967 . Si à ce jour, j'aime lire et surtout si je fais très attention à l'ortographe, c'est grâce à elle. En classe elle ne faisait pas de différence entre le blanc et le noir, le riche et le pauvre. Dans les années 1990, j'ai revu Madame Benard dans une rue du Tampon. Je me suis arrêtée pour lui faire la bise et j'etais tres emue de la revoir, toujours aussi belle. Elle etait blanche, blonde mais pour moi elle ne faisait pas partie des "gros blanc" comme mentionné dans le post précédent.

16.Posté par ti retraité le 03/01/2018 18:29

A @15.Posté par Manou le 03/01/2018 17:37

En lisant votre post, elle a dû se retourner dans sa tombe !!!

Contrairement à ce que vous affirmez, êtes-vous sûre de bien faire attention à votre ORTHOGRAPHE ???

17.Posté par Manou le 03/01/2018 20:11

Oups...... vous avez raison post 16, . vous avez raison elle a dû se retourner dans sa tombe. Mais taper sur le clavier ce n'est pas de ma generation . Comme y dit en créole "mon doigt la maillé"

18.Posté par KLOD le 04/01/2018 20:46

post 13 pose les "bonnes question" réalistes (comme d'hab , à chacun "son histoire" en attentant une "vision de l'histoire universelle ou "globale" comme dise les vrais nouveaux historiens ( pour les malcomprenants : pas une histoire nationalistes ou "régionalistes" mais au plus prés de la REALITé d'où qu'elle vienne ! .....) !!!!!!!!!!!! et ce , en respect de l'amour d'un fils à sa mère !!!


bonne année M. Bénard et CONTINUER!!!

19.Posté par Jean Roch BOYER le 24/01/2018 20:48

A post 14
C'est vrai que lorsqu'on est dans la misère et la faim, on a tendance à maudire ceux qui n'y sont pas.
Pour mon compte, j'enviais tous ceux qui avaient des vacances, ceux qui allaient à la pâtisserie le dimanche.
Ce que décrit Jules, c'est justement ce que j'enviais dans les années cinquante, années de souffrance pour ma part. Peut-être qu'un jour Jules lira une histoire, la mienne, beaucoup moins belle que la sienne.
Pour l'école, au Tampon, en français et en mathématiques de 4° et de 3°, les profs étaient des calamités pour des élèves que la vie n'avait pas épargné. Ce fut mon cas.

Continue Jules et salut !

20.Posté par PAULINET le 17/02/2018 20:30

Quel bel hommage, une belle tranche de vie
merci Jules pour ce beau texte

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