Faits-divers

"C’est pas moi, m’dame, c’est ma femme !" Évasion ratée ou définitivement à l’Ouest ?

Correctionnelle Champ-Fleuri, Mardi 16 octobre 2018

Mercredi 17 Octobre 2018 - 14:26

"C’est pas moi, m’dame, c’est ma femme !" Évasion ratée ou définitivement à l’Ouest ?
La longue liste ainsi que la variété de ses condamnations, 26 au total, feraient frémir ce bon Prévert lui-même. D’ailleurs, Arnaud S., 38 ans, n’en démord pas : le sort s’acharne sur lui.

Quand la police voit double !

A.S. porte un bracelet électronique depuis un sacré paquet de temps. C’est presque un jeu pour lui : on le lui met, on le lui supprime, on le lui re-met, on le lui re-supprime car manifestement, après tout ces jeux du "cours après-moi si tu peux", il n’a toujours pas compris que c’était une chance qui s’offrait à lui. Mais la chance en a marre d’avoir bon dos… surtout quand on lui fait un enfant dedans.

Le 4 juillet dernier à Saint-André, Croquignol en porte justement un, une fois de plus. Ce qui lui impose d’être à son domicile à 17 heures pétantes. Vers les 16 heures, il emprunte un scooter à un ami et promet de le lui rapporter toutes affaires cessantes.
À 22 heures, scooter toujours pas rentré au bercail. Le propriétaire de l’engin n’a même pas besoin de porter plainte ; depuis 17 heures, le bracelet électronique se manifeste par de violents coups de sirène à la prison de Domenjod, là où sont tenus en laisse les détenus porteurs de l’infernale breloque.

La traque informatique a vite fait de dire aux futés de la police où se trouve l’engin. D’autant plus qu’un tenancier de pizzéria vient d’appeler la police pour la bonne raison qu’il se fait braquer par un voyou mal intentionné.

Vous imaginez la surprise des policiers lorsque sur place, ils découvrent non pas UN S. mais DEUX. Si ce n’est toi, c’est donc… Paf ! Pas manqué, le coupable amateur de tiroirs-caisses au parmesan n’est pas notre accusé de ce mardi… mais son émule et digne frangin. Moi-même, en qualité d’auteur de polars, je n’oserais pas inventer un coup de théâtre aussi tordu ! Ce n’est plus du Boulevard mais de la déconne à fond la caisse (le tiroir-caisse, j’veux dire, hum !)

C’est sa femme qui débranche le bracelet électronique !

Deux pour le prix d’un, tant qu’à faire, embarquez-moi tout ça ! En attendant de passer devant ses juges, Filochard retourne à Domenjod, sans bracelet électronique mais avec de vrais bracelets, en acier chromé. Car il doit toujours purger une peine pour conduite pété comme une goyave trop mûre, violences sur sa compagne, dégradation du mobilier familial, quelques petites bricoles, quoi !

À la barre, ce détenu pour le moins hargneux vitupère, se défend comme un beau diable, jure de sa bonne foi et s’en prend à la terre entière.

La moto ? Il ne l’a pas volée le moins du monde. Étant allé chez lui récupérer quelque chose, il a demandé à quelqu’un de surveiller le scooter. "La pas mwin l’auteur si lu la vole chemin ensemb’ la moto !"

Où l’on apprend au passage que l’indélicat ne serait autre qu’un des fils de sa compagne… C’est plus les Pieds Nickelés ; plutôt les Rapetout.

Et puis, le fichu bracelet qui envoie des signaux dans tous les azimuts, là non plus il n’y est pour rien, promis-juré :
"Ça mon femm’, ça, madame la présidente. Le soir, elle i débranche le zaffair, après ça i mette à mwin déor. Comment où veux la police i vient pas rôde à mwin ?"

L’incompréhension d’autrui, c’est toute l’histoire de sa vie, à ce Valjean façon 21è siècle. 

Son ex-compagne a juste accepté que Ribouldingue soit logé chez elle, le temps pour lui de trouver d’autres pénates. Il ne semble pas avoir beaucoup cherché…

"Mwin té sa rende mais mwin té en prison !"

Au fil des débats, on nous dit que si son ex ne veut plus de lui, c’est peut-être parce qu’elle en a assez de l’entendre insulter tout le monde, y compris le voisinage ; assez de prendre des coups, surtout quand il a tutoyé le jus de canne à 49 degrés. C’est-à-dire à peu près tous les jours.

"Mais pourquoi ne pas être retourné à Domenjod ? demande la présidente Rossignol. Ç’aurait été le meilleur moyen d’éviter les conflits puisque votre ex-compagne ne voulait plus de vous… "

Question résonnant pour l’accusé comme un sinistre chant du cygne :

"Mwin la parti, oui, mais… " Mais la route était sans doute trop longue, trop périlleuse, manière de Chemin de Damas au cours duquel il n’a jamais vu de lumière salvatrice.

Pour le scooter, "mwin té sa rende mais mwin té en prison". Ah ! Sommes-nous bêtes, aussi.

Bref, le scooter a bien été retrouvé, quelque temps après, mais plus désossé qu’une carcasse de chameau en plein désert.

Irrécupérable pour tout dire.

Mais bonhomme tient encore à préciser :
"Mwin la perde le scooter ; mwin la pas volé !"
"Il y a une différence ?" demande benoîtement la présidente. Pas de réponse.

"C’est la faute des policiers !"

Il a été plus d’une fois rappelé au prévenu que faire joujou avec un bracelet électronique et ne pas respecter les consignes qui vont avec, c’est ni plus ni moins qu’une tentative d’évasion.

Remontée comme une pendule suisse, la procureure Debuire ne ménagera pas sa peine, rappelant le peu glorieux CV judiciaire de A.S. : violences avec arme, menaces de mort, usage et vente de stupéfiants, vols divers et variés, usage de fausses plaques d’immatriculation, violences en réunion, conduite sans assurance et sans permis mais avec Picrate et Jaja, détention d’armes de 2è catégorie, violences répétées sur sa conjointe, le tout en récidive. En tout, l’accusation a suggéré au tribunal qu’un cumul de 16 mois pour les deux infractions serait une assez juste mesure.

Là, on ne donnait pas cher de la peau de Me Sandberg.

Pour le coup du scooter, l’avocate a balayé d’un large revers de manche l’accusation, les éléments constitutifs de l’infraction n’étant pas réunis.

Si les policiers n’ont pas retrouvé le scooter en bonne santé, c’est de leur faute, na ! Lui, il voulait bien leur dire où il était car il savait qui avait taxé la meule. Mais comme il était au gnouf, ils ne l’ont pas écouté ; on ne peut donc pas le lui reprocher. Audacieux. Osé mais audacieux !

Pour les manquements aux obligations dues au port du bracelet électronique, on nous a fait le coup de la pitié : il a plusieurs fois dormi sur la palier, ce pauvre homme. Heureusement qu’il ne neige pas à Saint-André car on avait droit à "La petite marchande d’allumettes". Pour tout dire, ce fut un savant medley entre "Oliver Twist" et "Sans famille" ; "Le petit Chose" et "Les deux orphelines". Avec un zeste de "La porteuse de pain".

Quelques mouchoirs ont été exhibés mais l’avocate ne s’en sort pas si mal : la relaxe pour le vol du scooter migrateur. Pour le bracelet, 6 mois. Qui s’ajoutent aux multiples condamnations que le Joker n’a pas fini d’éponger.
Jules Bénard
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1.Posté par titi974 le 17/10/2018 15:22

comment la justice peut être aussi complaisante avec ces raclures de bidets ces types sont des boulets à vie pour la société .

2.Posté par Doudou le 17/10/2018 16:34 (depuis mobile)

Bracelet gratuit lé gars ,zot i veut pas?

3.Posté par La gitane le 17/10/2018 20:25 (depuis mobile)

C'est pour cette raison que j'ai toujours sur moi un tazer électrique....

4.Posté par fanakotsy le 19/10/2018 15:01

c moi le boss ils sont caler en informatique (tuto you you) c kel classe Mr

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