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Patrimoine

Beaulieu, premier moulin à sucre


Bien que la canne à sucre ait été introduite dès le début du peuplement, la vraie industrialisation du sucre démarre entre 1785 et 1793 jusqu’à atteindre son apogée vers 1860. Louis Laisné Beaulieu aidé par son beau frère, le botaniste Joseph Hubert, est le premier à fabriquer du sucre de manière industrielle sur l’île Bourbon en 1784.

Par Sabine Thirel - Publié le Samedi 8 Août 2009 à 07:15 | Lu 3686 fois

Beaulieu, premier moulin à sucre
Louis Laisné Beaulieu sur son domaine de Beaulieu est le premier à expérimenter la fabrication de sucre à grande échelle. Située à Saint-Benoît,  en haut de la rue Montfleury, du chemin Hubert Delisle et de la rue Beaulieu, le Domaine de Beaulieu en plus de ses plantations de cannes, abrite la première fabrique de sucre de l’île. En effet, cette première usine sucrière fonctionne dès 1784, grâce d'un moulin à eau qui est amenée par canalisation de la rivière des Marsouins.

Beaulieu, premier moulin à sucre
Grâce à une pluviométrie favorable, la région de Saint-Benoît s’étire de la Rivière de l’Est à la Rivière des Roches. Les essais de plantations diverses et surtout des épices, ont bien réussi. En 1732, Joseph Hubert ramène de ses prospections hors de l'île et des pays situés à la même latitude, du café et du girofle. Par la suite de nombreux épices, fleurs et fruits tropicaux y sont introduits et acclimatés. La région Est devient le grenier incontestable de multiples espèces végétales jusqu’à ce que les planteurs estiment que la canne à sucre semble être un moyen d’enrichissement facile.

Beaulieu, premier moulin à sucre
Au regard des autres colonies, Bourbon se lance dans la fabrication du sucre avec beaucoup de retard. L’île de France (Maurice) en fabrique depuis près de 40 ans, il en est de même pour les colonies des Caraïbes. De plus, l’occupation anglaise de 1810 à 1815 et la restitution de l’île Bourbon à la France, sans les colonies à sucre que sont les îles de France et Saint-Domingue poussent encore plus les colons à se lancer dans l’aventure.
Bien que la durée de vie de cette première fabrique de Beaulieu ait été très courte, chaque colon souhaite devenir sucrier. Les usines se multiplient dans l’île jusqu'à en compter 205 au milieu du XIXe siècle.

Beaufonds
Beaufonds
La culture de la canne prend son essor et la fièvre de l’or roux gagne les Bourbonnais qui souhaitent produire du sucre mais aussi de l’alcool de canne. D’après un rapport manuscrit de l’ingénieur Gaudin, 1822, Archives Départementales de La Réunion 5J20. On constate un « Véritable bourgeonnement d'usines, en particulier dans les petites plaines de l'Est où les Sucreries ont été véritablement entassées. La localisation est en grande partie conditionnée par le relief : elle se fait le plus souvent dans les "bas", et sur des parcelles limitées par des Ravines.»

canal en moelons et maçonnerie
canal en moelons et maçonnerie
Construites à la hâte, souvent par les planteurs eux-mêmes et leurs esclaves, les usines se révèlent vétustes et inadaptées. Elles sont rapidement revendues lorsqu'elles ne sont pas détruites par les intempéries. Les causes en sont simples, leurs propriétaires qui n’imaginaient pas le coût excessif des investissements (en matériel et en main-d'œuvre) avant de pouvoir récolter les bénéfices escomptés. Ainsi le moulin de Beaulieu qui se dressait plus bas vers la mer est détruit par le cyclone de 1788.

Beaulieu, premier moulin à sucre
Remise rapidement en état de marche, équipée en machines à vapeur, elle devient l'un des sites industriels le plus important de la commune du XIXe siècle. Florentin Hubert Delisle, gendre de Louis Laisné  Beaulieu, en est le propriétaire jusqu’en 1876. Louis Henri Hubert Delisle nait le 1er janvier 1811 dans ce Quartier de Saint-Benoît, fils de Florentin Hubert de Lisle de Montfleury et de Catherine-Sophie Lainé de Beaulieu, il devient le premier Gouverneur créole de Bourbon de 1852 à 1858. Par la suite, comme beaucoup de fabriques de sucre, couverte de dettes et acculée, Beaulieu devient la propriété du crédit foncier colonial.

Beaulieu, premier moulin à sucre
L’Usine de Beaulieu arrête définitivement de fonctionner en 1912. Jusqu'à ces dernières semaines, il ne restait que la grande cour pavée de 200 sur 300 mètres, autour de laquelle dressaient quelques hangars, magasins et entrepôts.  Au début du mois d’août 2009, les engins de démolitions faisaient le va et vient, sur l'espace de Beaulieu, détruisant les derniers vestiges, poussant fers, pierres et béton vers les limites de la cour, le long du chemin Hubert Delisle. Le patrimoine et l'histoire sont encore une fois effacés, laissant place aux nouvelles priorités. Quatre autres usines sucrières ont été construites à Saint-Benoît, celle de Beauvallon, de la Confiance, à Beaufonds et à Morange.

Beaulieu, premier moulin à sucre
 Au XXe siècle, lorsque La Réunion doit faire face aux difficultés d’approvisionnements extérieurs, elles sont transformées en féculeries. Aucune d’entre elles ne fonctionne à ce jour. Beauvalon, sur la rive de la Rivière des Roches, qui abrite aujourd'hui des entreprises, se trouve non loin de «La Cabane». Ce qui laisse penser que ces "calbanons" et écuries en pierres recouvertes de tuiles puis de tôles, étaient occupés par les esclaves et après l'abolition par les engagés de l’usine. Cet endroit est aussi répertorié comme "Camp de l'Harmonie", propriété de la famille De Villeneuve, dont la maison de maître, située au chemin Maingard, abrite des cuves et des réservoirs de sucrerie et quelques dépendances.

Camp de La Cabane
Camp de La Cabane
Le domaine de La Confiance, situé sur la route des plaines à gardé son cachet et peut être visité. Il abrite encore des vestiges (cheminée) de ce passé industriel. La grande maison et les écuries ont été transformées en hôtellerie. L’activité sucrière a laissé des traces à Saint-Benoît. En plus des immenses champs de cannes verts et violets qui dansent sous la brise, quelques ruines sont encore visibles, dans des endroits comme Morange à Sainte-Anne et Beaufonds, à l'extrème Est de la ville, cette dernière usine en activité a fermé ses portes en1995.

Sources :
-Lavaux (Catherine), La Réunion, Du battant des lames au sommet des Montagnes. Ed.Cormorans
-Le Patrimoine Des Communes De La Réunion.Auteur:Collectif- Editeur : Flohic- Collection:Le Patrimoine Des Communes De France- 2000
-Daniel Vaxelaire : Le grand livre de l'histoire de La Réunion : Orphie, 2003. - 2 vol.



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