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Courrier des lecteurs

Avant projet de loi-Travail et souffrance au travail


Par Marie-Hélène DOR - Publié le Vendredi 15 Avril 2016 à 13:48 | Lu 230 fois

Avant projet de loi-Travail et souffrance au travail
Outre les attaques contre les 35h et la rémunération des heures supplémentaires, l'augmentation possible du temps de travail par simple initiative de l'employeur et la facilitation des licenciements, le projet de loi El-Khomri remet en question les mesures protectrices des salarié-es en matière de santé au travail.

Ce serait dorénavant au salarié de s'adapter au poste de travail et non l'inverse comme actuellement.

La médecine de prévention et les CHS-CT (Commissions Hygiène et Sécurité et Conditions de Travail) sont en effet sur la sellette. Si ce projet n'est pas retiré, il aggravera encore un peu plus les difficultés des personnels particulièrement dans les cas de souffrance au travail.

Les tensions liées à l'organisation du travail : restructurations, diminution des effectifs, augmentation de la précarité, absence de formation, déficit de reconnaissance de la richesse produite par le travail... pèsent lourdement sur les épaules des salarié-es et gagnent tous les secteurs, du privé comme du public.

Alors même que le Code du Travail est toujours en vigueur, les exemples de souffrance se multiplient. Les difficultés sont grandes pour obtenir une reconnaissance de cette souffrance alors comment envisager sereinement l'avenir avec le projet de loi Travail. En effet, le Code du Travail a été élaboré pour protéger les plus fragiles ; son affaiblissement positionne clairement le rapport de force du côté de ceux qui ont le pouvoir.

Par ailleurs, dans la Fonction Publique, la gestion des personnels s'inspire des pires méthodes managériales du secteur privé : abus d'autorité, injonctions contradictoires, harcèlement, dénigrement par la hiérarchie,... parfois même la combinaison de plusieurs de ces facteurs.

La FSU est régulièrement saisie par des demandes d'aide émanant des personnels qui se débattent dans des difficultés avec à la clé, encore trop souvent, la déception face aux réponses insuffisantes de l'administration. Quand un conflit oppose un personnel à sa hiérarchie, cette réponse consiste à proposer de le déplacer tandis que le responsable de cette souffrance -chef de service, chef d'établissement- est très rarement inquiété. Cela est vécu comme une profonde injustice qui génère incompréhension, découragement et le sentiment que la protection de l'institution n'est pas du côté des victimes.

En outre, les agents des services publics sont souvent en première ligne face aux difficultés sociales de la population et sont exposés à la violence qui peut en découler ; cela se traduit par des incivilités voire des agressions de plus en plus fréquentes contre les personnels en contact direct avec les usagers : conseillers Pôle Emploi, enseignants, administratifs, agents d'accueil, agents de la Poste, des Finances Publiques,...

Le projet de loi El Khomri prévoit d'abandonner le devoir de protection des salarié-es au profit d'une simple gestion des risques quand parallèlement le MEDEF souhaite l'affaiblissement des CHS-CT.

Ces commissions sont des instances nées des réformes sur le dialogue social et composées de délégués des organisations syndicales représentatives. Elles existent depuis plus de 30 ans dans le secteur privé et depuis seulement 6 ans dans la Fonction Publique. Pour la FSU, ces instances doivent pouvoir remplir leur fonction. L'amélioration des situations ne peut venir que de la mise à plat des responsabilités de tous, y compris de celles de la hiérarchie.

On observe aujourd'hui des évolutions dans certaines entreprises en matière de techniques managériales. Cette nouvelle approche consiste à responsabiliser les salariés, leur donner plus d'autonomie, de « bien-être », voire même à les associer aux prises de décisions afin qu'ils soient plus créatifs et plus productifs. A contre-courant de ces évolutions, la Fonction Publique continue à "fonctionner" selon une gestion pyramidale et autoritariste qui perpétue la dégradation des conditions de travail. Ce qui rend les personnels plus fragiles, plus malades, moins créatifs et moins productifs. On marche décidément sur la tête !

FSU Réunion



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