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Société

"Au nom de l'unité nationale, le salariat est convié à sa propre régression" regrette la CGTR


Par Nicolas Payet - Publié le Mercredi 29 Avril 2020 à 10:31 | Lu 858 fois

Pour Ivan Hoareau (à gauche sur la photo), "la communication du gouvernement cache mal son impéritie."
Pour Ivan Hoareau (à gauche sur la photo), "la communication du gouvernement cache mal son impéritie."
Dans une tribune publiée ce mercredi, le secrétaire général de la CGTR, Ivan Hoareau, revient sur la crise du coronavirus qui frappe durement l'ensemble du territoire.

Pour le syndicaliste, la levée du confinement annoncée pour le 11 mai prochain, ne doit pas se faire au détriment de la santé des travailleurs.

Il met en garde contre la volonté du patronat et du gouvernement, qui travailleraient selon lui  à "leur jour d'après", où dit-il "les droits des travailleurs se réduiraient encore plus et où leurs expressions de compassion se révèleraient peinture corona".
 
Madame, Monsieur, Cher.e camarade.

Pour la première fois, nous n'aurons pas le plaisir de la retrouvaille fraternelle du 1er Mai. Le rapport désastreux de l'homme envers la nature est passé par là. La recherche du profit à tout prix a un prix. Et il se chiffre, en l'espèce, en milliers de vie humaine, les travailleurs et surtout les défavorisés payant le plus lourd tribut.

Révélateur d'une crise plus profonde du système capitaliste actuel, la crise du covid 19 frappe durement le monde entier.

Après 4 semaines de confinement social, il ressort que les nouveaux malades ont, en majorité, contracté le virus directement au travail ou à domicile, contaminé par un membre de la famille qui travaille à l'extérieur.

Les salariés, les femmes notamment, sont donc en 1ère ligne : perte de salaires, d'emploi, augmentation de la précarité pendant que le risque de contamination ajoute de l'angoisse à l'angoisse.

En dépit du principe de précaution et de la sécurité des salariés très insuffisamment respectée, Medef et gouvernement poussent à la reprise du travail d'un maximum de secteurs et métiers, que ceux ci soient essentiels ou pas au fonctionnement normal de la société.

Ainsi, pour avoir voulu contraindre un employeur du secteur de l'aide à domicile au respect des mesures de prévention, un inspecteur du travail a été suspendu en attente d'une procédure disciplinaire! Tout cela est édifiant quant au tropisme de l'économie, de son primat sur la Santé. Et par ailleurs, il nous remonte que les contrôles inopinés seraient contraire à un bon dialogue social !

La crise sanitaire met en lumière les profonds inégalités sociales : pas de logement, logement sur-occupé rendant inopérant le confinement. La situation réunionnaise est particulièrement préoccupante.

Au regard des incertitudes quant à la nature de ce virus, de son évolution et donc du devenir de cette épidémie, quant à la capacité de réaction de l'Etat, et compte tenu du risque d'autres vagues de contagion, la CGTR estime que les métiers ou secteurs non essentiels à la vie de la nation doivent immédiatement être fermés.

Dans un avis daté du 8 avril, le conseil scientifique Covid-19 écrivait que globalement dans les territoires ultramarins l'épidémie de coronavirus va s'y "aggraver dans les semaines qui viennent", évoquant un "décalage d'environ trois à quatre semaines" entre la métropole et l'outre-mer. Il relevait la forte présence sur place de comorbidités comme l'hypertension, le diabète et le surpoids.

La Santé doit primer sur l'Economique : le tribunal de Nanterre tout récemment a obligé la plateforme Amazon à se limiter à la livraison de produits essentiels.

Le déconfinement doit se faire avec un maximum de précautions (gestes barrières, distanciation sociale, dépistages massifs et systématiques, port généralisé du masque...) et l'assurance que les EPI notamment soient suffisants.

La communication du gouvernement cache mal son impéritie.

La rentrée scolaire au 11 mai alors que ce secteur a été le premier à être confiné révèle l'incohérence de celui ci. Et du coup, le poids du lobby économique. Cette cacophonie indescriptible ajoute de la confusion à la confusion, de l'angoisse à l'angoisse.

Le patronat et le gouvernement travaillent, eux, à "leur jour d'après" où les droits des travailleurs se réduiraient encore plus et où leurs expressions de compassion se révèleraient "peinture corona".

A l'instar des lois sur la Sécurité ayant servi à prendre des mesures sécuritaires, la loi d'état d'urgence sanitaire est à la base d'une remise en cause du droit du travail : hold-up sur les jours de congé et de RTT, remise en cause des 35 heures pour travailler encore plus.

Loin de la reconnaissance dûe à nos héros (personnel de la Santé et travailleurs de première ligne), le gouvernement reste flou et distribue l'aumône.

Au nom de l'unité nationale, le salariat est convié à sa propre régression.

La CGT revendique :
    - la fin de l'austérité,
    - la mise en place d'une cellule de crise (guichet unique) pour les salariés, les demandeurs d'emploi et les exclus (moratoire sans intérêts sur les dettes et loyers, différé de remboursements de prêt, interdiction des coupures d'électricité ou limitations d'accès, interruptions d'internet et de téléphone...),
    - la fermeture impérative provisoire des entreprises non vitales,
    - la protection nécessaire des salariés avant toute reprise de l'activité ,
    - le maintien du salaire de tous les salariés impactés (CP, arrêt maladie, garde d'enfants,...),
    - la prolongation des droits à l'assurance-chômage au-delà du confinement,
    - la réévaluation de l'utilité sociale des métiers et professions et conséquemment des salaires et l'amélioration des conditions de travail
    - le respect du droit du travail et des droits des travailleurs ainsi que le retrait des dispositions régressives de la réforme de l'assurance chômage et de la contre réforme des retraites,
    - l'interdiction de verser des dividendes (l'an dernier les seules entreprises du CAC 40 en ont distribué pour un montant record de 50 milliards).
    - la reconnaissance du Covid19 comme maladie professionnelle pour tous les salariés ayant contracté le virus sur leurs lieux de travail ou lors de l'exercice de leurs professions,

Le "jour d'après" se construira, avec les forces vives de la société dans un débat démocratique soucieux de justice sociale et de réduction des inégalités (le "jour d'après" devra accorder une attention particulière aux personnes défavorisées et à nos "vieux" durement éprouvées par la crise), du respect de la représentativité des syndicats notamment, par une remise en cause radicale du système capitaliste. Il ne se se privera pas de la possibilité de planifier et de travailler le temps long pour échapper au courtermisme (profit immédiat) et ainsi répondre aux besoins sociaux.

Il se fera en intégrant la dimension environnementale et écologique qui doit cesser d'être un supplément d'âme ou prétexte à spéculer.

Le contrôle par la Nation (y compris nationalisation) de secteurs essentiels devra être un objectif primordial (indépendances agricole et industrielle, consolidation des services publics, relance de l'hôpital public et du système de Santé, relocalisation d'activités vitales à la Nation,....).

Des investissements massifs dans les services de soins et de santé publique, fragilisés par les politiques d'austérité, seront nécessaires et poseront inévitablement la question d'une autre répartition des richesses.

La CGTR félicite tous les salariés et notamment ceux particulièrement exposés qui, au péril de leur santé voire de leur vie, œuvrent à la solidarité et à la vie.

La CGTR a une pensée profonde pour tous les défavorisés, dont l'absurde condition de vie est mise à nu de façon la plus crue, broyés par un système profondément inégalitaire où l'économique dicte sa loi envers et contre tout et ce, quoique qu'il en coûte.

Le 1er mai est un symbole, celui de la lutte et de la fraternité des salariés. À l'unisson, les travailleurs du monde entier, ce jour là, vivent leur solidarité face à la volonté patronale de toujours réduire leurs droits et leur dignité.

Bon 1er mai et salutations fraternelles.



Le secrétaire général de la CGTR
Ivan Hoareau





1.Posté par Patzone le 29/04/2020 12:16

Bonne fête du travail a tous le monde y compris aux républicains qui parle plus et marche sur la tête

2.Posté par Veridik le 29/04/2020 12:47

Après 4 semaines de confinement social,

Non il s'agit d'un confinement sanitaire.
Le confinement social c'était lorsque les GJ et les caniards bloquaient les rues

3.Posté par Gueulecabri le 29/04/2020 18:12

Si et seulement si ce syndicat nourri et logé avec l'argent des contribuables pouvait disparaître, la France retrouverait sa splendeur....n'en déplaise à ceux qui y sont affiliés.....

4.Posté par maikouai le 30/04/2020 20:39

Sortie de confinement à l’adresse de la Confédération Générale des Travailleurs et autres Syndicats patronaux, salariaux, et responsables soucieux de trouver l’équilibre à privilégier pour et dans l’intérêt général :
Si très majoritairement la population opte pour une société française mutualisée avec les Devoirs et droits qui s’imposeraient à tous, les ¾ de ce présent plaidoyer revendicatif pourraient convenir. Néanmoins quel que soit le système à conserver ou à mettre en place, il devient urgent de ne plus «poursuivre à inculquer le syndrome du canari en cage », et de faire sans utopie le nécessaire pour retrouver le plein emploi. Il est indispensable de cesser avec ce vocable « de travail dévalorisant » qui a donné depuis tant de temps libre à revendre.
Solidarité, Aides sont indispensables, nos prédécesseurs ont en ce sens entamé la lutte qu’impérativement nous devons poursuivre. Néanmoins l’assistanat déformation des aides, est un fléau, car hélas une petite frange de nos compatriotes, (certes au départ victimes de la productivité, des automatismes et des « spéculateurs ») se complait désormais dans cette situation et plus grave pour certains, n’a jamais exercé un emploi depuis des décennies, en l’occurrence là, la pire des misères (voir les failles de part et d’autre c’est aussi avancer et se renforcer).
La reprise du travail en tout domaine est indispensable, autrement : faillites, augmentations des prix et raréfactions diverses de denrées, risquent d’être pire que les dégâts causés par le C.19.
Si une meilleure répartition des richesses produites devront être toujours d’actualité, toutefois avec les nouveaux tests technologiques grandeur nature utilisés pendant ce confinement, (télétravail ; enseignement à distance par médias interposés ; télé consultation médicalisé ; télé déclaration…), il n’en demeure pas moins vrai que si nous « accompagnons yeux fermés» comme cela a été le cas pour les automatisations outrancières et autres privatisations d’outils performants, le chômage et ses déclinaisons négatives s’intensifieront.

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