Justice

Attouchements et viols pendant des années, leur père jugé 30 ans plus tard

Vendredi 24 Novembre 2017 - 16:08

Jugé en correctionnel ce vendredi, Joseph L. niait tout. Les caresses, les fellations, les pénétrations… Tout cela sur ses filles dès l’âge de 4 ans jusqu’à l’adolescence. 10 ans de calvaire pour les plus âgées, moins pour la plus jeune. Fatiguait-il peut-être…
 
Elles sont quatre filles, nées entre 72 et 88. La première n’a jamais porté plainte contre son père. Les trois autres l’ont fait une fois majeures. La plus âgée a 37 ans lorsqu’elle dénonce les agressions en 2011. Malheureusement, la loi du délai de prescription à l’époque des faits ne permet un jugement que 10 ans après la majorité de la victime. Elle a donc raté le coche. Joseph L. se serait introduit dans son lit pendant plusieurs années, une à deux fois par semaine, pour lui baisser le pyjama et "frotter son sexe contre le (sien)" jusqu’à éjaculation. Rien d’anormal selon la petite de 4 ans qui réalise ensuite, en grandissant, que ça ne se passe pas comme ça dans les autres familles. Puis, entre 8 et 12 ans, place aux fellations et aux diffusions de films porno. Les relations ne se seraient arrêtées que lorsqu’elle a eu un petit copain à l’âge de 15 ans.
 
Même scénario pour la deuxième. Entre l’âge de 6 et 16 ans, elle raconte avoir subi des fellations, cunnilingus, pénétrations vaginales et sodomies. Puis, c’est sa première relation avec un garçon qui met fin au cauchemar.
 
La dernière semble plus résistante que ses grandes soeurs. Peut-être avait-elle été prévenue. Des caresses à la limite de la pénétration. Rien de plus car elle refuse les fellations et lui dit d’arrêter à l’âge de 13 ans ; ce qu’il fait. C’est d’ailleurs elle qui portera plainte la première à l’âge de 23 ans. Elle dit avoir suivi une psychothérapie qui a "beaucoup aidé". Sa sœur aînée, quant à elle, souffrirait de trauma post-traumatique, d’un manque de confiance en soi, de dépression et de crises d’angoisse. Bref, une réaction typique au vu de ce qu’elle a vécu, selon l’analyse médicale.
 
Il "aurait pu déraper parfois"
 
Mais bonne nouvelle pour elles, la loi du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription a augmenté le délai de 10 à 20 ans après la majorité. Les faits ont donc pu être jugés ce vendredi en correctionnel, même si les plaintes ont été retirées, les victimes voulant "passer à autre chose et laisser faire la justice".
 
Le voilà ainsi à 71 ans répondant aux questions du président du tribunal qui énumère les plaintes des femmes. "Je ne comprends pas", répète le gramoune. Difficile en effet de l’imaginer, vu son âge, en train de commettre de tels actes. Surtout qu’il nie depuis le début. Ou presque. Lors de l’enquête, il aurait reconnu des "attouchements non contrôlés" tels que "des pincements aux fesses, aux seins" et "des caresses sur le corps". Il avait également avoué qu’il "aurait pu déraper parfois". Des expressions que retient la procureure, Véronique Maugendre, malgré l’assurance du prévenu quant au fait qu’il n’est pas "un monstre", qu’il "ne pense pas avoir caressé sur la partie du bas" ou encore qu’il "ne pratique pas ce genre de choses". Il va même jusqu’à rappeler que ses filles lui en auraient fait voir des vertes et des pas mûres mais qu’il a toujours été très généreux, s’assurant qu’elles ne manquaient de rien et voulant "réparer les choses". "Réparer quoi ?" demande la procureure. Pour les filles, il ne s’agissait que de cadeaux "contre des gâteries".
 
Un père qui aurait lui-même subi des attouchements étant petit, une mère également victime lorsqu’elle était enfant et qui savait, mais ne disait rien… Que d’excuses qui n’excusent rien, selon la procureure qui a requis cinq à six ans de prison ferme et cinq ans de suivi socio-judiciaire.
 
Son avocat, Me Julien Barraco, rappelle le délai de prescription et une instruction incomplète qui ne permettraient pas de juger son client.
 
Le gramoune a néanmoins été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis et une obligation de soins psychologiques. Une peine aménageable, au vu du lieu de résidence du coupable, en métropole.
Soe Hitchon - soe.hitchon@zinfos974.com
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1.Posté par môvélang le 24/11/2017 16:19

pourquoi il est retourné chez lui s'il était innocent ,

2.Posté par Marie le 24/11/2017 16:51

et l'épouse qui laisse faire ...bravo, pour moi les deux devraient être en prison!

3.Posté par missBoudin le 24/11/2017 19:50

délais de prescription atteint.... mais on condamne quand même.....................
et bien il faudrait que ces juges mafieux revoient un peu leurs droits.... qui ne sont pas seulement valables que pour les présidents.... et leurs copains.................... :)

4.Posté par lilly le 25/11/2017 12:44 (depuis mobile)

2 ans au trou c est tout !!!! j espere qu en taule il paiera plus cher ! Ignoble personnage ... HONTE a lui .

5.Posté par reiki le 25/11/2017 17:03 (depuis mobile)

miss boudin c est pas a vous que c est arrivé ça, si c etait a votre ou vos filles , vous auriez tenu de tels propos? heureusement que le delai de prescription existe...les pauvres face à un gros porc pareil!!!! 10 ans pour lui et la maman aussi!!

6.Posté par taz le 25/11/2017 18:18

La Réunion lé en l'air !

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