Courrier des lecteurs

Apocalypse now

Lundi 29 Octobre 2018 - 09:50

Une fois n’est pas coutume : ma référence du jour est « Les échos ». Exceptionnel. Editorial de Jean-Francis Pécresse du 8/10/2018. Mais il est irréprochable, alors je vous le livre tel quel. Cependant lorsqu’on feuillette le périodique, on s’aperçoit que tous les journalistes continuent de professer une économie libérale empreinte de capitalisme bon teint, qui nous précipite encore plus vite vers ce que dénonce l’éditorialiste. Un peu de cohérence serait la bienvenue.

Vingt ans : voilà le temps qu'il reste à l'humanité pour vivre sur cette planète comme elle a toujours vécu - ou à peu près. Chaque année, les éléments se déchaînent un peu plus. Mais dans vingt ans, lorsque la température moyenne à la surface du globe se sera élevée de 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, c'est l'apocalypse qu'on nous promet. Publié lundi, le dernier rapport du Giec, le groupement des experts internationaux, est le plus inquiétant jamais publié. Pour la première fois, il ne laisse plus qu'une infime place à l'espoir. Il n'est pas rassurant d'apprendre, à sa lecture, que, avec 1,5°C de plus au lieu de 2°C, nous subirons un peu moins de cyclones et de sécheresses, que le niveau des mers déplacera quelques millions d'habitants de moins, que 90 % des récifs coralliens auront disparu et non 99 %, ou que la fonte du permafrost libérera un peu moins de gaz à effet de serre, du méthane. Ce n'est pas rassurant parce que nous filons tout droit vers une planète plus chaude de 3°C à la fin du siècle, et de 1,5°C en 2040. Ce degré et demi sépare un monde vivable d'un monde invivable. Inutile de se dire que les scientifiques forcent le trait. Dans vingt ans, les dégâts causés à la nature seront irréversibles.

Cela signifie que, à moins d'un immense sursaut collectif, nous-mêmes, nos enfants et petits-enfants survivront dans un environnement violent. Le réalisme commande dès maintenant de s'adapter à ce monde hostile. L'intérêt commun à moyen terme est trop otage des intérêts nationaux à court terme pour espérer qu'une action internationale, coordonnée, de grande ampleur puisse arrêter à temps la course folle. Qui peut encore penser que nous réduirons de moitié en dix ans les émissions de gaz à effet de serre, alors qu'elles ont cessé d’augmenter en 2017 et 2018 ? Certes, tant qu'un espoir demeure, si mince soit-il, notre responsabilité à l'égard des générations futures impose de s'y accrocher. Mais si la somme des bonnes volontés individuelles ne suffit plus, si la coopération dans le cadre de l'ONU est une chimère - cela devrait hélas se vérifier en décembre lors de la prochaine COP, en Pologne -, alors le sort de la planète peut encore dépendre de mobilisations régionales. En panne de projet, l'Europe se mettrait à la hauteur du défi lancé à l'humanité en décidant de soumettre toutes les politiques publiques au seul critère qui vaille, parce qu'il surplombe tous les autres : la préservation de la planète. Je dis bravo à l’éditorialiste des Echos. Mais n’est-ce pas ce que nous proclamons à AID depuis 8 ans maintenant ?

D’après Les Echos, éditorial du 8 octobre 2018
Dr Bruno Bourgeon, président d’AID
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1.Posté par La gitane le 30/10/2018 19:24 (depuis mobile)

Solution : l'énergie libre, infinie et gratuite.

2.Posté par ESTELLE Jean-michel le 01/11/2018 11:52

J'écoute 1. La cohérence est là!!!, la Nature reprends ses droits 10, cela est écrit encore faut-t-'il la discerner à temps, et faire son choix pour le Meilleur ou le pire!!!Je compatis pour le monde. Gloire à Dieu.

3.Posté par Luc-Laurent Salvador le 02/11/2018 11:47

Cher Bruno,

autant j'applaudis à chacun de tes nombreux articles, autant celui-ci me laisse perplexe en raison du crédit accordé aux théories et modèles causalement simplets du GIEC. Je trouve suprenante cette polarisation sur le paramètre température comme si c'était une donnée qui pouvait frapper les esprits et lancer le bon peuple dans la révolution écologique dont le monde a bien besoin.

Outre qu'il n'est pas prouvé que ce réchauffement soit dû aux activités humaines (même si elles y contribuent un peu sans doute) vu que le système solaire connaît dans son ensemble un réchauffement et que la Terre sort d'une période de petite glaciation (ce qui rend la situation présente tout à fait banale à l'échelle des temps géologiques au sens où la Terre a déjà connu ça d'innombrables fois), je trouve bien plus judicieux d'attaquer comme tu le fais le consensus sur le système économique actuel qui est un système de compétition et de course à la consommation jusqu'à épuisement des ressources et lutte à mort entre les concurrents pour lesdites ressources, tout ça dans l'enfer des déchets et des toxiques produits par cette course effrénée.

Or, sous ce rapport, il est peu douteux que les institutions européennes sont INTEGRALEMENT conçues pour favoriser ce système. Dès lors en appeler à l'Europe pour sauver la planète constitue une incohérence et aveuglement bien pire que celui que tu dénonçais au début de ton article.

Sortir de l'Europe me paraît être la condition sine qua non de notre survie. Larrouturu veut que la monstrueuse planche à billet de la BCE serve à financer des projets de transition écologique plutôt que de remettre à flot les banques pourries qui s'engraissent sur notre dos.

Sur le fond il a bien raison, et tant que nous sommes dans l'Europe, ce combat doit être mené de toutes nos forces. Mais si nous devions échouer il faudrait alors en tirer les conséquences et sortir définitivement de l'Europe qui a toujours été un mirage destiné à manipuler le bon peuple en lui faisant miroiter paix et prospérité alors que, cela devient de plus en plus évident, il n'a et n'obtiendra jamais ni l'une ni l'autre.

Les hommes de bonne volonté et soucieux de l'avenir feraient mieux de tourner le dos à l'Europe et de se concerter pour changer radicalement ce système économique qui pourrit tout car basé sur le prêt à intérêt avec une création monétaire aux mains des banques privées. C'est lui qui nous oblige à cette course folle à la croissance.

En écrivant cela, je sais que je ne t'apprends rien et que l'AID oeuvre dans cette direction mais il me semblait que ça allait mieux en le disant !

4.Posté par " VIEUX CREOLE " le 04/11/2018 11:31

Partant du principe que " DU FROTTEMENT DES IDÉES JAILLIT , QUELQUEFOIS , LA LUMIÈRE " ,on peut déduire que même de "Modestes Avis" peuvent aussi y contribuer !
- Monsieur Bruno Bourgoin ,, j'apprécie que vous ayez publié , sur ce Site , L' ÉDITORIAL du Journal ' " Les ÉCHOS " du 08/ 10 /2018 . bravo car :tout le monde ne lit pas forcément ce " Quotidien français" fondé par les Frères Sevan SCHREIBER . . .
-- Je suis un peu de l’Avis de Monsieur Luc -Laurent Salvador ( post 3 ) . . . Dommage que ni l'un , ni l'autre n 'aient songé à dénoncer la position et la politique résolues du" Fou furieux Américain " dont les Comportements et Décisions deviennent de plus en plus inquiétants parce qu' ils menacent dangereusement la PAIX DU MONDE ET LA SURVIE DE NOTRE PLANÈTE !!
-- PLUS QUE JAMAIS la lutte contre la défense de l'environnement et la lutte déterminée contre " L 'ENFER DES DÉCHETS ET DES TOXIQUES" S'IMPOSENT D'URGENCE sur toute la Planète !!

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