Courrier des lecteurs

Anciens élèves de CPGE du lycée Bellepierre: "Tristesse et colère"

Jeudi 26 Avril 2018 - 11:10

Une lettre a été rédigée et signée par plus de 200 anciens élèves de Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles du lycée Bellepierre.


Anciens élèves de CPGE du lycée Bellepierre: "Tristesse et colère"

Tristesse et colère se mêlent dans nos coeurs à l’heure où nous vous adressons cette lettre d’alerte.

Anciens élèves de la CPGE du lycée Bellepierre, nous assistons impuissants à la dégradation de l’enseignement de philosophie dans cet établissement. Depuis plus de 4 mois, cette superbe matière - ô combien cruciale pour les élèves à bien des égards - est mise au second plan par l’institution dont le devoir est d’en assurer la tenue. Cette crise a démarré en décembre 2017 avec la venue d’une Inspectrice Générale de Philosophie et s’est amplifiée grâce à l’apathie et le laxisme, la complicité sans doute, de l’établissement de Bellepierre en la personne de son proviseur.

Les faits parlent d’eux-mêmes : à la suite de l’arrêt maladie d’un professeur de philosophie, la décision prise par l’Inspection Générale de Philosophie a été de ne pas remplacer ces heures de cours. Aucun professeur philosophe n’assure le remplacement – bien qu’il existe des enseignants disponibles et volontaires pour le faire. Ce premier point est une honte lorsque l’on sait l’importance que revêt la philosophie pour la réussite des élèves aux concours, indépendamment du cursus suivi. La négligence ne s’arrêtant pas là, cette même inspection a décidé de remplacer des cours de philosophie par… des cours de lettres, de culture générale et d’une matière non définie ! C’est inacceptable.

Non seulement certaines de ces matières ne sont initialement pas au programme des classes préparatoires B/L mais l’existence d’une « matière non-renseignée » est une hérésie. Pire encore, les élèves de la filière économique et scientifique (ECS) n’ont même pas le droit à des cours de remplacement ! Gardons à l’esprit que ces élèves préparent un concours et que la philosophie est une matière capitale dont les notes obtenues sont déterminantes pour accéder aux écoles supérieures. Les heures d’enseignement de cette matière ne sont déjà pas très nombreuses, qu’advient-il quand elles sont purement et simplement supprimées ? Comment passer une épreuve de concours sans avoir eu les cours nécessaires de cette matière ? Encore plus lorsqu’il s’agit d’un concours national et que les autres candidats bénéficient eux de son enseignement ? Il est préférable d’être à Paris qu’à la Réunion n’est-ce pas, MM. les décideurs ? Difficile donc de réussir dans ces conditions, les dés semblent pipés par avance… Le stress et la peur de l’échec sont suffisamment présents chez les élèves pour leur en rajouter. Il est primordial de les apaiser en assurant la tenue des cours programmés.

Cette farce au goût amer portant le sceau de l’irrespect ne peut plus durer.

La qualité des professeurs assurant ces cours de substitution est évidente, nous pouvons en témoigner. Là n’est pas le débat. Nous nous interrogeons surtout sur la décision de ne pas remplacer des cours de philosophie par des cours de philosophie... Alors qu’il est possible de le faire ! Cela rassurerait les élèves et soulagerait d’autres professeurs déjà bien occupés à assurer leurs propres cours.

Quel est le but poursuivi par les décisionnaires de l’inspection ? Quelles sont leurs motivations ? L’intérêt de l’élève ne devrait-il pas être au coeur des préoccupations ? Sa réussite aux concours érigée au rang de priorité absolue ? De quoi le proviseur s’occupe-t-il ?

Ce qui nous révolte profondément est le mépris dont sont victimes les élèves de la Réunion. Nous avons le sentiment qu’ils n’ont aucune valeur aux yeux de ceux qui en sont responsables. Ce manque de considération pourrait être comblé par l’action du proviseur de l’établissement mais celui-ci préfère apparemment conforter l’Inspection Générale dans son jugement en encourageant ses actions pernicieuses.

Nous ne pouvons croire que ces choix insensés sont le fruit d’une guerre d’égo et que les intérêts personnels des décisionnaires passent avant ceux des élèves. Mais qui sait ?

Même après avoir quittés l’île, le lycée de Bellepierre et l’excellente CPGE, il nous est impossible de passer ces actes sous silence. Nous n’en serions pas là aujourd’hui sans les cours de philosophie, et encore plus aux échanges - qui nous ont changé à vie - avec ce professeur dont l’état de santé actuel témoigne de son engagement, de sa ferveur et de l’âme qu’il insuffle à sa pratique. Avec le recul, on se rend compte de l’importance indéniable de cette matière autant dans la vie personnelle que professionnelle. Elle crée des passions, révèle des intérêts insoupçonnés, nourrit la réflexion et ouvre l’esprit. Son apport dépasse largement le cadre des concours et de l’éducation car elle s’applique au quotidien. Elle ne doit pas être négligée, autant par les élèves que par les institutions compétentes.

Et nous sommes nombreux à protester ! De nombreux anciens élèves ont joint leur voix contre ces décisions : plus de 200 signataires se sont manifestés en 24 heures.

L’Inspection Générale de Philosophie et le proviseur du lycée Bellepierre ont-ils oublié que la réussite des élèves est leur mission ? Ont-ils oublié que créer les conditions favorables à cette réussite (comme assurer les cours programmés) est leur devoir ?

Nous n’osons envisager une crise d’amnésie généralisée.

C’est pourquoi nous appelons :

- Tous les acteurs cités à retrouver la raison dans l’intérêt des élèves, de leur réussite au concours et de leur avenir.

- Ces mêmes acteurs à respecter les matières programmées en rendant à la philosophie la place qu’elle doit avoir et en restaurant son enseignement et sa qualité.

- En finir avec les « matières non-renseignées ».

➢ Retrouvez l’ensemble des signataires en cliquant sur le lien suivant : http://lalettredelahonte.strikingly.com/

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1.Posté par Elle le 26/04/2018 15:20

"Nous ne pouvons croire que ces choix insensés sont le fruit d’une guerre d’égo et que les intérêts personnels des décisionnaires passent avant ceux des élèves."

Mais bien sur que si ! Vous pouvez ! D'ailleurs, il y a fort à parier que vous ne devez pas être très loin de la réalité.




2.Posté par Gaëtan le 26/04/2018 15:55

C'est une honte ! Espérons que la réaction des coupables soit rapide car les concours approchent à grand pas...
Courage aux élèves, nous sommes avec vous !

3.Posté par Gaëtan le 26/04/2018 16:45

C'est une honte ! J'espère que les coupables vont agir rapidement pour réparer cette situation critique car les concours approchent à grands pas.
Courage aux élèves !

4.Posté par Leilana Dengel le 26/04/2018 17:05

Jamais ces petites manœuvres extrêmement méprisantes pour les élèves de la Réunion n'auraient lieu dans un grand lycée français. A la Réunion les élèves sont réputés dociles aux brimades et injustices. Merci à vous de prouver le contraire.

5.Posté par Mathieu Abmont le 26/04/2018 18:19

Alors que les élèves jouent une partie de leur avenir sur ces deux ans, comme ose-t-on les mettre dans une telle situation ?
Ces jeunes ne devraient avoir à penser qu'à eux-mêmes face aux concours qui approchent à grands pas !

C'est une situation qui n'arriverait jamais dans n'importe quelle lycée métropolitain.

Honte à l'Inspection Générale ! Réveillez-vous, votre comportement impacte tous ces pauvres élèves !

6.Posté par Noémie le 26/04/2018 19:37

En tout cas ce n'est pas encourageant pour les parents. Je n'enverrai certainement pas ma fille faire une cpge B/L au lycée de Bellepierre dans deux ans. J'espère que l'administration est plus responsable et indépendante au lycée Leconte de Lisle ! On nous a vanté cette classe, le proviseur en tête. C'est lamentable

7.Posté par Hanaë le 26/04/2018 20:47 (depuis mobile)

C’est scandaleux de laisser les élèves sans enseignements appropriés ! Ces élèves préparent un concours et non un examen, s’ils ne sont pas traités à la même enseigne que les prépas métropolitaines ils n’auront simplement aucune chance !

8.Posté par Didier R le 27/04/2018 11:01

"Nous n’en serions pas là aujourd’hui sans les cours de philosophie, et encore plus aux échanges - qui nous ont changé à vie - avec ce professeur dont l’état de santé actuel témoigne de son engagement, de sa ferveur et de l’âme qu’il insuffle à sa pratique."

Eh ben, avec un style et une grammaire de cet acabit, ces petits chéris ne sont pas près d'intégrer Normale-Sup !

9.Posté par Réunionnaise le 27/04/2018 12:07 (depuis mobile)

La philosophie conduit les jeunes à réfléchir. Les dirigeants veulent des consommateurs.

10.Posté par Louis le 27/04/2018 17:04

En effet Didier R. L’engagement du professeur a du être tel qu’il a communiqué son état de santé intellectuel à l’âme raffinée de ces jeunes gens. Ils ont maintenant besoin de cours de Lettres

11.Posté par Louis le 27/04/2018 17:15

En effet Didier R. L'engagement de ce professeur a du être tel qu’il a communiqué son état de santé à ces jeunes gens. Il leur faut maintenant des cours de Lettres.

12.Posté par Rodpa le 27/04/2018 23:49

Didier R, Louis : C'est tout ce que vous retenez de cette lettre ? Quelle tristesse. Il est facile de critiquer.

13.Posté par Leilana Dengell le 28/04/2018 17:28

Louis votre attaque est d’une bassesse impressionnante. Vous n’avez rien à dire sur le fond et votre esprit cynique et malfaisant s’en désole. C’est pathétique de se trouver aussi bas. Vous êtes intellectuellement un nain

14.Posté par Vincent D le 28/04/2018 23:20

Un petit peu de Victor Hugo pour la posture grammairienne en hauteur de Didier R

« Car vos textes, vos lois, vos règles sont fossiles !
Car, avec l'air profond, vous êtes imbéciles !
Car vous enseignez tout, et vous ignorez tout ! »
etc. Lisez la suite vous verrez votre posture en reflet

vous ignorez surtout que la grammaire cède sous l’émotion - Vincent D, normalien (Ulm)

15.Posté par Vincent D le 28/04/2018 23:38

Et pour Louis le nain, j’approuve le qualificatif, ce sera :

« Ces diacres ! ces bedeaux dont le groin renifle !
Crânes d'oùsort la nuit, pattes d'où sort la giffle,
Vieux dadais à l'air rogue, au sourcil triomphant, »

Ces deux là font une belle paire

16.Posté par p.mass le 29/04/2018 13:48

Merci de communiquer sur les statistiques d'admission aux grandes écoles publiques des CPGE de Bellepierre !
Je dis bien admission dans des écoles publiques telles que X ,HEC, Sciences Po Paris, Mines ....
Pas dans des écoles de commerce aux frais de scolarité exorbitants réservés aux élèves dont les parents ont le porte monnaie bien garni !
Résultats à comparer avec ceux des autres académies de métropole là où les enseignants touchent 52 % de moins !
Pour info le salaire moyen d'un prof scientifique en classe prépa à la Réunion et qui bosse 9 heures par semaine est de 6000 euros sans compter les heures supplémentaires et les heures de colles où le salaire peut arriver à 8000 euros voir plus !!!!
On serait en droit d'espérer d'avoir 52 % d'admis en plus aux concours.

17.Posté par Vincent D le 29/04/2018 20:05

Pour les statistiques vous êtes sûrement un grand garçon capable de les trouver sur Internet. Les réussites sont nettement supérieures à 52%
- Les CPGE HEC de Bellepierre font intégrer tous leurs étudiants depuis leur création en 1996. Certains d’entre eux à HEC ou à l’ESCP par exemple. On y prépare pas à Polytechnique, et pas encore aux ENS.
- Grâce notamment aux bourses proposées par le conseil général une bonne partie d’entre les étudiants, issus de milieux défavorisés, parvient à poursuivre leurs études dans les ESC, dont certaines sont prestigieuses.
- En revanche vous avez à peu près raison pour les salaires. Mais un professeur de cpge à Paris peut percevoir jusqu’à 10000 euros, grâce à diverses activités parallèles à son enseignement, parfois il perçoit davantage, même dans le public. Dans le privé certains salaires sont astronomiques.
Renseignez vous un peu, surtout quand c’est si facile !

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