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Blog de Pierrot

Analyse de fond des causes de la grève générale en Guadeloupe


L'AFP a publié hier un excellent article expliquant les causes de la grève générale qui sévit actuellement aux Antilles.
Nous vous le livrons intégralement ci-dessous...

Par - Publié le Mardi 17 Février 2009 à 19:35 | Lu 3742 fois

La grève générale qui paralyse les Antilles révèle un malaise général dans l’outre-mer français sur le plan économique et social, sur un fond historique marqué par l’esclavage, selon des acteurs et observateurs du conflit qui entrera mardi dans sa cinquième semaine.

"Que voit le Guadeloupéen après 60 années de départementalisation? Des prix plus élevés que dans l’hexagone, un revenu par habitant très inférieur à la moyenne nationale, des enfants sur-diplômés au chômage, et des métropolitains qui occupent des postes de cadres dans le privé comme dans la haute fonction publique étatique", résume Patrick Karam, guadeloupéen, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer.

De fait, les quatre départements français d’outre-mer sont les régions de l’UE qui connaissaient les plus forts taux de chômage en 2007, selon les chiffres d’Eurostat.

Le taux de chômage y dépasse partout les 20%, deux à trois fois plus qu’en métropole.

Le nombre de Rmistes est très élevé (144.063 fin 2007), couvrant 17,8% de la population, contre 3,1% en métropole.

Le taux de couverture des importations par les exportations est très bas (6,2% en Guadeloupe), la part des emplois publics très élevée (38,7% de la population active en Guadeloupe, 37% en Martinique), avec des surrémunérations de 35 à 40% pour les fonctionnaires titulaires.

Mais derrière ces réalités et les revendications sociales qui en découlent, se profile, selon M. Karam, "un questionnement fondamental de la société guadeloupéenne sur son identité, ses institutions et pour un petit groupe, son appartenance à l’ensemble français".

Pour le romancier martiniquais Patrick Chamoiseau, "la revendication autour du pouvoir d’achat en Guadeloupe et en Martinique est l’expression d’un mal-être existentiel d’ordinaire silencieux".

Selon lui, "quand les manifestants chantent dans les rues de Pointe-à-Pitre "La Guadeloupe, c’est à nous ! La Guadeloupe, c’est pas à eux", ils s’élèvent contre la persistance de l’esprit colonial".

Pour M. Chamoiseau, "pour sortir de la crise, il faut, bien sûr, satisfaire les revendications sur le pouvoir d’achat, mais surtout se débarrasser de cette tutelle coloniale qui nous maintient dans l’irresponsabilité et la dépendance".

Pour la députée PRG de Guyane Christiane Taubira, qui s’est jointe aux manifestants guadeloupéens, "c’est un problème social et historique".

"Il y a aux Antilles des disparités sociales cruelles qui viennent directement, historiquement, de l’esclavage", affirme-t-elle.

Selon elle, "une caste détient le pouvoir économique et en abuse" et "cette puissance est encore plus importante en Guadeloupe qu’en Martinique, même si elle se voit moins. Là, on frôle l’apartheid social".

Roger de Jaham, président-fondateur de "Tous créoles", tente de relativiser les choses. Il a publié une liste pour montrer, par exemple, que si un quart de la grande distribution est entre les mains des békés, le reste appartient à des familles mulâtres, noires ou d’origine chinoise (les Ho-Hio-Hen) qui ont fait fortune.

Il n’en reste pas moins que beaucoup de choses sont très mal vécues sur place, affirme M. Karam, comme le "désintérêt des médias nationaux et une méconnaissance totale des réalités de nos pays". Sans oublier "les parlementaires obsédés par les niches fiscales lorsqu’elles sont en outre-mer".

Et cela ne fait pas si longtemps que l’on entend le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo dire qu’aux Antilles, "il y a un problème de monopole, celui d’une économie insulaire, héritière des comptoirs".

Ou le président Sarkozy appeler à "une meilleure répartition des richesses" outre-mer.


Pierrot Dupuy
Pierrot Dupuy est le fondateur de Zinfos974. C’était le 1er septembre 2008… Aidé d’une petite... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par denis le 17/02/2009 19:50

""La Guadeloupe, c’est à nous ! La Guadeloupe, c’est pas à eux", ils s’élèvent contre la persistance de l’esprit colonial".
Aux antilles, c'est logique.
Si on chante ca ici, il faut "evacuer" tout ce qui n'est pas caffre, logiquement !...Eh oui, soyons logiques !

"que si un quart de la grande distribution est entre les mains des békés, le reste appartient à des familles mulâtres, noires ou d’origine chinoise (les Ho-Hio-Hen) qui ont fait fortune."

Ah ! Ca complique les choses....

2.Posté par sat marron le 17/02/2009 20:39

Ces grèves se construisent sur une réalité, la vie chère, et aussi sur un mythe, c'est la faute au Béké donc de l'esclavage.

3.Posté par boyer le 17/02/2009 21:00

on peut rajouter cet extrait du rapport sur les formes d'exclusion à la Martinique de Justin Daniel est professeur de science politique à la faculté de droit et d’économie de la Martinique

III.2. Le clientélisme et l’exclusion sociale

la Martinique fonctionne sur un modèle de solidarité segmentée (ou clientéliste). Entraide familiale et réseau élargi (territorial, politique,) constituent deux aspects intimement liés sur une île où le placement des membres des familles étendues rend finalement floues les frontières de la famille et celles des réseaux sociaux. Des responsables d’institutions aussi diverses que l’ANPE, des associations de
chômeurs, des groupes religieux, des organisations administratives mentionnent cette réalité
au point que la migration des jeunes est présentée comme la résultante partielle d’une prise de
conscience d’un défaut de ressources relationnelles, les diplômes ne suffisant pas, à eux seuls,
à garantir l’entrée sur le marché de l’emploi
.

La défaillance structurelle de l’emploi dans le secteur privé et la compétition farouche pour les emplois dans la fonction publique territoriale depuis la fin de la seconde guerre mondiale sont autant de facteurs propices à une inflation des demandes clientélistes.


un constat edifiant qui doit amener à reconnaitre que le statut égalitaire de la fonction publique d'etat doit être consideré comme un modele.

4.Posté par genevrier le 17/02/2009 21:50

Mais il est vrai qu'il n'y a aucun problème de racisme....
J'en ai plein le cul de lire des aneries!
Je ne lirai plus ce genre de sotises!

5.Posté par centsvillas le 18/02/2009 08:43

L'emploi doit être réservé aux autochtones. On entend ça partout même à la Réunion dans certains médias (lecteurs ou hommes politiques). Dans le même esprit , il serait tout aussi pertinent voire plus, de réserver les emplois aux personnes qui possèdent un véhicule français. Il est facile de demander à être privilégié dans la recherche d'emploi par rapport aux personnes venant de métropole , par contre , ce que je constate en circulant à la Réunion , c'est qu'il semble plus dificile d'appliquer ce même genre de règle à soi même (en choisissant par exemple un véhicule français par rapport à un véhicule japonais ou allemant).

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