Courrier des lecteurs

Alor ! Moin lé pa Rényoné ?

Lundi 11 Décembre 2017 - 14:54

Ne suis-je pas un Réunionnais ? Pour répondre positivement à cette question, je m’appuie sur une définition donnée par un Réunionnais de souche en la personne de Jean-Claude Fruteau. Dans une interview publiée le 14 mars 2012 dans la presse locale, l’ancien député-maire socialiste de Saint-Benoît avait donné la définition suivante : « Un Réunionnais, c’est quelqu’un qui vit à La Réunion, quel que soit son lieu de naissance »[1]. Mais lorsque j’ai eu l’impudence de me présenter comme Réunionnais sur les réseaux sociaux et notamment sur Facebook, le 3 octobre 2017, il en est résulté quelques réserves et parfois même des critiques, quolibets ou sarcasmes. Manifestement, cette revendication semble poser problème à certaines personnes qui ne l’entendent pas de cette oreille. Imaginez le dialogue suivant entre moi-même et l’un de mes contradicteurs, parmi les plus déterminés, en sachant déjà que vais utiliser tous les arguments possibles pour soutenir ma thèse. 

– D’emblée, j’invoque le critère juridique de la « durée suffisante de résidence » qui est officiellement reconnu en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Je suis en effet arrivé à La Réunion le 10 juillet 1967 et, depuis cette date, je n’ai plus quitté ce charmant pays. Cela fait ainsi plus de 50 ans que je vis à Saint-Denis, une ville où, comme tout un chacun, je paie chaque année – rubis sur l’ongle – les impôts qui alimentent les budgets des collectivités territoriales réunionnaises : région, département, communes. De même, cela fait plus d’un demi-siècle que je participe, en ma qualité de citoyen français résidant à La Réunion, à toutes les élections municipales, départementales et régionales, sans oublier les élections législatives et européennes. Alors, ne suis-je pas un Réunionnais ? 

– La réponse de mon détracteur est négative : « Désolé, M. André ORAISON, cela ne suffit pas ! ». 

– Je ne me décourage pas pour autant car j’ai d’autres cordes à mon arc. Je fais appel à un autre critère qui est peut-être encore plus accrocheur que le précédent : celui de l’intérêt qu’un individu doit porter à La Réunion pour mériter son statut de Réunionnais. Je nourris donc ma plaidoirie en jouant la carte professionnelle. En ma qualité d’enseignant en droit public, de directeur de mémoires et de thèses, j’ai contribué au cours des cinq décennies écoulées – avec mes éminents collègues de l’Université de La Réunion – à former plusieurs milliers d’étudiants qui occupent tous maintenant des postes importants en métropole ou à La Réunion dans l’administration d’État, dans les administrations des collectivités territoriales (régions, départements communes), dans les banques, les compagnies d’assurances et les grandes entreprises nationales comme la SNCF ou EDF. Avec mes collègues, je suis fier d’avoir contribué à former des jeunes Réunionnais qui sont devenus, par la suite, avocats, conseillers juridiques, huissiers, journalistes, magistrats, notaires, professeurs dans des collèges et des lycées et même maîtres de conférences à l’Université de La Réunion ! Alors, ne suis-je pas un Réunionnais ? 

– Cette fois-ci, la négation est acerbe : « On ne vous doit rien à La Réunion, M. André ORAISON. N’avez-vous pas reçu une très belle surrémunération pour faire ce que vous deviez faire ? ». 

– Là, j’encaisse le coup sans broncher : j’ai trop souvent entendu dire que les « Zoreils » sont friands des Outre-mer pour des raisons qui seraient essentiellement financières (primes de vie chère par-ci, primes d’éloignement par là !). Mais je reviens à ma lubie ou tocade en jouant toujours la carte du devoir accompli. En ma qualité de chercheur, j’ai enrichi mes connaissances sur La Réunion, le bassin sud-ouest de l’océan Indien et l’océan Afro-asiatique dans les domaines les plus divers : droit, économie, géographie, histoire, littérature, musique, religion, sociologie. Par le dépouillement d’ouvrages et d’articles dans les archives et les bibliothèques ainsi que par des visites sur le terrain et des rencontres avec une multitude de responsables politiques et syndicaux, il en est résulté plusieurs dizaines de travaux publiés dans des revues scientifiques (françaises ou étrangères).

Depuis l’an 2000, je publie chaque année des études de droit et de science politique concernant directement La Réunion et les États de l’Indianocéanie dans la Revue Juridique de l’Océan Indien (RJOI) qui est éditée par l’Université de La Réunion. Je précise que pour rendre mes travaux accessibles au grand public, je n’ai pas hésité, de surcroît, à faire une cinquantaine de conférences et à publier plus de 250 « Libres opinions » ou « Tribunes libres » dans les quotidiens locaux (Le Journal de l’île, Le Quotidien de La Réunion, Témoignages) et dans des journaux de pays voisins comme Al-watwan aux Comores, Le Mauricien ou La Tribune de Madagascar. Alors, par l’intérêt obsessionnel et permanent que je porte à La Réunion et à son environnement indianocéanique, ne suis-je toujours pas un Réunionnais ?
 
– « Ma réponse est non M. André ORAISON. Je répète que vous avez été grassement payé pour faire des travaux de recherche… plus ou moins scientifiques et plus ou moins utiles à La Réunion ! ».
 
– Je fais semblant de ne pas avoir entendu cette critique assassine et je continue mon plaidoyer. Tout en continuant à jouer la carte professionnelle, je vais progressivement glisser sur un autre registre en invoquant la carte sociale que je considère comme indispensable dans un département qui vit sous perfusion. Depuis que l’administration de l’Université de La Réunion m’a fait comprendre que j’avais atteint un certain âge, « une certaine limite au-delà de laquelle mon ticket n’était plus valable », j’ai dû bon gré mal gré partir à la retraite en 2008.

Mais si j’ai quitté l’Université, j’ai néanmoins conservé toutes mes facultés ! Cela me permet de poursuivre des recherches en droit et en science politique, de continuer à faire des conférences et de rédiger des articles sur La Réunion et les États membres de la Commission de l’océan Indien (COI). Je précise que depuis mon départ à la retraite, je me suis plus encore immergé dans la vie locale réunionnaise en apportant une contribution certes bien modeste mais toujours bénévole aux travaux d’associations à vocation culturelle ou humanitaire comme la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, les Amis de l’Universités ou encore le Comité Solidarité Chagos La Réunion (CSCR) dont je suis membre. Alors, ne suis-je toujours pas un Réunionnais ?
 
– « Vous êtes finalement agaçant et prétentieux comme un grand nombre de vos collègues, M. André ORAISON ! Pour tout vous dire, votre insistance crasse commence à être désobligeante ! »
 
– En désespoir de cause, je fais alors allusion au critère familial. Pour étayer ma requête par des arguments plus personnels, j’ose déballer ma vie privée : j’indique à mon interlocuteur que j’ai été marié à deux reprises à des Réunionnaises et que j’ai un garçon créole né à Saint-Denis en 1985, lors de mon second mariage. Ma dernière compagne qui a deux ravissantes filles créoles est aussi une Réunionnaise qui a vécu à Manapany-les-Bains, la belle cité balnéaire chantée par Luc Donat, « le Roi du Séga » ! Dois-je enfin préciser pour enfoncer le clou que dans mon testament déjà établi, en 2016, chez un notaire réunionnais (un notaire qui fut l’un de mes brillants étudiants) mes seuls héritiers sont mon fils créole et mes deux belles-filles créoles ? Alors ne suis-je pas enfin pas un Réunionnais ?
 
– Mon détracteur semble en avoir marre d’entendre ce qu’il considère comme une antienne rabâchée par une vieille baderne (j’ai à peine 76 ans !). Toutefois, en ricanant, il concède que je mériterais tout au plus un titre de « Réunionnais honoris causa », c’est-à-dire un titre honorifique qui est en fait un titre de Réunionnais au rabais, alors que je prétends à une égalité réelle avec les natifs de  La Réunion.
 
– C’est là que je commence à m’échauffer et finis par poser ce qui est – tout bien pesé – la  question idoine : « Mais qu’est-ce qu’il faut donc faire encore pour être un authentique Réunionnais ? ».
 
– « Eh bien, M. André ORAISON, c’est simple. Mais vous auriez dû me poser cette bonne question dès le début de notre entretien ! La réponse est évidente : il faut tout simplement être né à La Réunion ».
 
– Face à une réplique aussi péremptoire que définitive, mon désaccord est total. Mettez-vous à ma place : je ne suis pas né à La Réunion mais à Tunis (le 4 octobre 1941) ! La réponse qui m’est donnée ne me satisfait pas et appelle aussitôt une autre question qui s’impose à la suite d’une regrettable tendance à l’exclusion susceptible de remettre en cause l’harmonie et la paix sociale qui prévalent dans le département français des Mascareignes. La voici en une phrase que je balance tout de go à la figure de mon contempteur impénitent : qui peut vraiment se targuer d’être Réunionnais dans une île à l’origine totalement désertique, puis peuplée par vagues successives par des populations originaires d’Afrique, d’Asie et d’Europe et, de surcroît, fortement métissées au triple plan biologique, culturel et linguistique ? La belle définition donné par Jean-Claude Fruteau – « Un Réunionnais est quelqu’un qui vit à La Réunion, quel que soit son lieu de naissance » – me paraît être la seule qui puisse résoudre ce problème de sémantique dans le contexte historique spécifique de formation de la société réunionnaise.
 
– En sachant que je vais sérieusement aggraver mon cas, j’ajoute que la définition donnée par Jean-Claude Fruteau me paraît être un excellent slogan pour combattre le recours à ce qu’on appelle la « préférence locale à l’embauche » dans ce « carrefour de civilisations » qu’est le premier département français de l’océan Indien. Les mesures discriminatoires pour la sauvegarde et la promotion de l’emploi local n’ont pas de raison d’être dans la société « arc-en-ciel » de La Réunion, une société multiethnique, multiconfessionnelle et multiculturelle depuis les premiers jours de son peuplement, il y a maintenant plus de 350 ans ! Parce qu’elles sont contraires au principe d’égalité qui est profondément enraciné dans la conscience des Français depuis la Révolution de 1789, ces mesures discriminatoires sont d’ailleurs interdites dans les collectivités territoriales ultramarines régies par l’article 73 de la Constitution : c’est-à-dire en Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à Mayotte et à La Réunion. Pour lutter contre le chômage de masse qui est malheureusement bien réel à La Réunion, il y a une flopée d’autres moyens à mettre en œuvre comme le soulignent les excellents rapports élaborés par le préfet Jean-Marc Bédier et le député Patrick Lebreton, respectivement les 30 avril 2012 et 4 décembre 2013, sans oublier les réformes institutionnelles qui s’imposent à La Réunion et que j’ai eu l’occasion d’exposer à plusieurs reprises dans des revues juridiques et la presse locale [2].
– Pour désarçonner mon adversaire, je balance enfin ma carte maîtresse. Je lui avoue fièrement que je viens d’acquérir un soutien de poids pour consolider ma religion. Comme argument suprême, je cite l’opinion d’une figure désormais incontournable de la vie politique locale en la personne de Bernard Grondin qui vient d’être élu chef du Gouvernement de l’État réunionnais, le 5 novembre 2017. Dans une interview accordée à la presse locale, cette haute personnalité – anticolonialiste et indépendantiste – a en effet défini en des termes particulièrement bien frappés ce qu’il faut entendre par Réunionnais :
 
            « Pour moi, en tant qu’indépendantiste, il y a une définition identitaire. Si out papa et out maman lé Réunionnais, ou lé Réunionnais. Si seulement un des deux parents est Réunionnais, ou lé Réunionnais. Si ou lé né en France et out parents lé Réunionnais, ou lé Réunionnais. Maintenant, si tu viens d’ailleurs et que tu habites La Réunion depuis longtemps (ou pas trop longtemps) et que ou vive en Réunionnais, ou lé Réunionnais aussi. Nous lé pas dans l’exclusion ! » [3]
 
– Et bien voilà ce que j’aurais aimé entendre dire au début de notre face-à-face par mon opposant obstiné ! Avec une telle caution officielle, je me sens enfin pleinement Réunionnais. Dès demain, mon cœur va certainement battre la chamade comme le ferait un tsunami car je vais téléphoner au chef du Gouvernement de l’État réunionnais en personne pour lui annoncer ma gratitude pour sa définition libérale du Réunionnais. Certes, je ne franchirai pas le Rubicon : je n’adhérerai pas à « l’Organization popilèr po libèr nout pei » (LPLP), sa petite formation politique qui aura encore – on peut s’en douter – beaucoup à faire pour le triomphe de ses idées. Mais dès à présent, je m’engage à reprendre à mon compte le slogan de Bernard Grondin et de tout citoyen qui entend être respecté à La Réunion, quelle que soit son lieu de naissance : « Mi di zot tout : Nou lé pa plis, nou lé pa mwin, respekt a nou ! ».

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[1] D. CHASSAGNE, « Préférence régionale : et si on finissait par trancher ? Les élus sont favorables… », Le Journal de l’île de La Réunion, mercredi 14 mars 2012, p. 15.
[2] A. ORAISON, « Les limites à la préférence régionale à l’embauche dans les Outre-mer (Analyse critique des dispositions discriminatoires proposées par certains responsables politiques et syndicaux en vue de réduire l’ampleur du chômage à La Réunion) », Revue Juridique de l’Océan Indien (RJOI), 2015, n° 21, p. 99-131.
[3] D. CHASSAGNE, « Dossier. Un jour La Réunion sera indépendante », Le Journal de l’île de La Réunion, dimanche 26 novembre 2017, p. 11. 
 
André ORAISON, , Professeur des Universités, Juriste et Politologue
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1.Posté par Ma sonnerie le 11/12/2017 17:34 (depuis mobile)

La nouvelle caledonie et tahiti ont consacré la preference regionale dans des.domaines precis...bientôt la Corse...

2.Posté par JORI le 11/12/2017 18:35

Tout comme Vergès en son temps, super cumulard didix robertix prône lui aussi la préférence régionale comme solution à notre chômage!!. MDR

3.Posté par klod le 11/12/2017 18:36

post 1 a dit beaucoup ......................... et c'est bien


le rest lé dan le keur .pas besoin "la démonstration la lwa" ....................


i have a dream of a "civilisation créole" ............. a melting pot , en respect des "natifs" et "des autres".

certains l'ont rêvé et dit mieux que moi ; en l'an de grâce 256 628 ? on y croit et on est nombreux en fait ! one by one ! peace and reality !

respect à nou ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, ???????????????????

4.Posté par Moi président le 11/12/2017 21:50

Personnellement, moi indépendantiste, je procèderais dans l'ordre suivant :

1) Fonder un parti autonomiste
2) Me présenter aux élections locales (mairie, puis département ou région) et les remporter
3) Appliquer une gestion exemplaire et en rapport avec les orientations politiques que je propose dans mon projet d'autonomie
4) Fort de ces résultats qui m'auraient valu le respect de la population, je demanderai l'autonomie à l'Etat (et on part du principe qu'elle me l'accorderait)
5) Au bout d'un certain temps, j'arriverais à prouver à la population et à l'Etat que mon territoire est viable, financièrement et économiquement, sans l'aide de l'Etat
6) Alors seulement, je poserais la question à la population : voulez-vous l'indépendance ?

Les infrastructures, les services de l'Etat, etc ... tout ça a été financé par les contribuables français et parfois européens. On leur doit donc des comptes, et en premier lieu la garantie que tout ça ne sera pas cédé pour finir en ruine.
Voilà pourquoi, à mon avis, tout parti qui ne respecterait pas cette procédure de bon sens, ne devrait pas avoir de chance d'arriver à ses fins. Sauf évènement imprévisible.

Un modèle : la Nouvelle-Calédonie.
Par contre, renseignez-vous sur la politique sociale, là-bas. Ca ressemble à de l'ultra-libéralisme.
Là-bas il vaut mieux être en bonne santé et être patron.

5.Posté par Jules Bénard le 12/12/2017 09:32

Je vous connais, M. Oraison, depuis que vous êtes arrivé dans notre Fac de droit (face à la Cathédrale) en 1967 et avez été notre professeur de droit public. Il y avait aussi Félix Guyon (neveu de l'autre), Maurice (économie politique), Gritt (histoire des institutions). J'admets ne pas avoir été votre meilleur étudiant. Pour nous, les potaches d'alors, cela ne nous a jamais posé problème que vous soyez fraîchement débarqué à Gillot, il me semble ? Vous vous êtes très vite mis au diapason de la vie réunionnaise. Je me souviens que nos chemins (pas toujours estudiantins) se sont parfois croisés dans des recoins bien surprenants !!! Très vite, vous avez prouvé votre intérêt pour La Réunion et notre environnement indianocéanique, ne serait-ce qu'avec vos publications, nombreuses et que je lis personnellement avec passion.
Si cela ne suffit pas à faire de vous un Réunionnais, que faut-il alors ? Une transfusion ex-sanguino ? manger du tangue tous les jours ? préférer le charrette au Sidi Brahim ? (moi, j'aime les deux).
Vous êtes aussi Réunionnais que ne l'est mon ami Vaxelaire, ou que ne l'était notre regretté Jean-Pierre Lasselve. Ou que ne l'est Roger Lavergne. Ou Joël Dupont. Ou notre pote Razamoëla.
Laissez les ânes braire.

6.Posté par Monik le 12/12/2017 10:29

Si ou poz aou késtion-la, sé ke ou lé pa sir de ou. Kan ou lé vréman Rényoné ou la pa bezoin rod tousala.
Etre Français ou être Réunionnais ne représente en aucun cas une panacée. Il n'y a rien de glorieux à cela. C'est un fait et les faits sont têtus, même si on s'évertue à les faire mentir.
Est-ce si douloureux d'être un zorèy à la Réunion??? Parfois j'ai l'impression que oui.

7.Posté par Richard Zoreil de sin dni le 12/12/2017 11:00

Pourquoi se justifier M ORAISON, qu'elle est le bute.

Moi je suis bien placé pour en parler de votre sujet car comme vous je suis en zorélie et comme vous je suis arrivé à la Réunion très jeune et comme vous j'y suis encore et comme vous peut être je vais finir ma vie ici.

Personnellement, je ne pourrais jamais me considérer comme un réunionnais et je serais toujours Zoreil, mais cela ne me dérange pas. Dans la Kour on m'appellle zoreil et alors ? c'est vrais.. Pourtant, comme vous je pourrais dire que je suis marié à une réunionnaise j'ai 2 enfants né à la Réunion que je paye mes impôts, que je fais uniquement de la cuisine réunionnaise, que je parle créole que je vis modestement dans un quartier créole que je ne fréquente que des créoles et que je milite pour la préférence régionale et je n'ai pas honte etc... Mais je serais toujours un zoreil pour les réunionnais et alors !

Pour moi la seule chose qui compte :
Est-ce que je vis à la réunion pour la Réunion ou pour me remplir les poches et de repartir le plutôt possible ? Quand on vit pour la Réunion les réunionnais vous le rendent bien et le mot zoreil s'estompe jusqu'à ce qu'un jour quand ils sont avec toi il parle créole et ne se rende même plus compte que tu est toujours un zoreil..

8.Posté par Monik le 12/12/2017 11:57

Bien kozé Richard. Anfin in moun i asim kisa li lé. I fé plézir antann out kozman. Mwin lé vréman kontan zordi.
Si in Rényoné i oz prétan dir li sé in zorèy, kisa va kroir ali ??? Amwink li la kashièt tout son vi dériér létikèt- la. Na demoun i réspék minm pa lidantité lézot. Sa lé grav. E anplisk ke sa d'ot domoun i di zot na rézon. La vol anou inta zafér, si anplis i vol anou nout lidantité, alor kisa nou lé, nou???

9.Posté par L’ardechoise le 12/12/2017 13:31 (depuis mobile)

Et quand bien même l’integration serait maximale, vous serez toujours le zoreil de quelqu’un dès que vous sortirez de votre milieu habituel. Il suffirait à M. Oraison d’aller à un marché où il n’est pas un habitué pour s’en rendre compte.

10.Posté par MICHOU le 12/12/2017 13:58

Tout ça pour ça. Il y a des gens qui vivent en province et qui se sentent chez eux là bas, où ils ont fait leur vie, leur nid, leurs enfants, leurs racines où qu'ils soient nés. Alors pourquoi se fatiguer l'esprit avec tout ça.On est réunionnais quand on pense NOUS, dans le bonheur, le chagrin,les problèmes rencontrés par chacun, quand on pense collectif.
Beaucoup se disent en France, chez eux et au moindre problème" vous, vous , vous," le "nous" disparaît comme par enchantement et on se désolidarise direct pour s'invectiver les uns les autres.

11.Posté par Frédéric Amany le 12/12/2017 16:39

ETRE REUNIONNAIS

Je peux aborder la chose de 2 manières (ne pas oublier le point 3, essentiel) :

1 / Psychologie et philosophie :
Est ce que vous êtes réunionnais ? Non ! Mes arguments, ok, je vous les donne, par pure envie, mais sachez que je n'ai rien à justifier à quiconque de mon appréciation.
Mes critères sont : être de quelque part signifie y être né ou avoir au moins l'un des parents qui y est né. Point !
Ce n'est en aucun cas un jugement de valeur, mais plutôt une caractérisation structurelle, mathématique. Un descriptif.
Cette définition m'est totalement personnelle. Elle m'appartient. D'autres peuvent en avoir la même ou non. Peu m'importe. D'ailleurs, je ne reproche à personne de se sentir réunionnais, de se revendiquer réunionnais. Je dis juste que pour moi est ou n'est pas réunionnais en fonction de ces critères là, les miens. Et c'est valable pour n'importe qui, pour n'importe quel territoire.
Du coup, monsieur, vous ne l'êtes pas, comme tant d'autres ici, pour moi, originaire du continent ou d'ailleurs. Vous êtes d'ailleurs tunisien. Tout simplement.

Dans la vie de tous les jours, à celui qui me dit « je suis réunionnais », comme vous, et qui selon moi et mes critères ne le sont pas, je réponds juste « pour moi, vous n'êtes pas réunionnais ». Et c'est tout. S'ils me demandent des explications, je leurs explique comme ici, ce qu'est pour moi, d'être de quelque part. Je ne demande aucunement leurs adhésions à mon raisonnement.

2 / Réglementaire
En effet, il s'agit ici de faire un parallèle à la définition réglementaire de « qui est français ? », droit du sol et droit du sang. Si chère à notre Etat.  Cela amène plutôt de l'eau à mon moulin.
Si nous appliquons cette réglementation à notre territoire, ce monsieur comme tant d'autres né ailleurs, mais vivant ici, n'est pas réunionnais. Là aussi, le plus simplement du monde.

3 / Précisions importantes, avant toutes choses :

1 / Philosophie et psychologie : Je considère, qu'indépendamment d'être ou ne pas être réunionnais, ne change en rien, la prise en charge et la protection de tout ceux qui appartiennent à la société réunionnaise, sur ce territoire, dans les valeurs qui sont les nôtres : paix, respect, humanité, partage et amour !
2 / Réglementaire : Je précise que je considère, comme le droit français le dit si bien, que tout français à le droit d'être ici, à la Réunion. Que nous sommes tous (ou devrait tous)  être à égalité de droit sur les départements français quels qu'ils soient, la Réunion comme ailleurs dans d'autres départements.

=> Vous concernant, Monsieur, (dont j'ai suivi les écrits publics et avec qui j'ai eu l'occasion de m'entretenir), personnellement, j'apprécie votre travail,  votre participation et contribution à notre société réunionnaise, à laquelle vous appartenez pleinement selon moi.
Votre revendication, comme ceux de nombreux autres, m'interpelle cependant sur le caractère que je pressens (à raison ou à tort) conflictuelle avec vos origines. Où que je soit dans le monde, je suis et serais un Réunionnais et fière de l'être ! Ce qui ne m'a jamais empêché de me sentir bien intégré ailleurs.

4 / Nota bene et perspectives :

Avec la situation sociale qui est la notre, >50 % chômage des moins de 25 ans et 42 % de taux de pauvreté, il me semble impératif de mettre en place des mesures ou dispositifs spécifiques sur le territoire concernant certains domaines :

- La Préférence Régionale (qui n'a pas ma préférence)
- Les CIMM pour le retour des fonctionnaires d'Outremers sur leurs territoire (volontariat)
- La régionalisation des concours nationaux et leurs affectations (qui a ma préférence)

Définir des critères simples, facilement qualifiable, sans aucune subjectivité, permet de mettre en place rapidement et efficacement ces dispositifs, sans aucune controverse possible. Il permet d'identifier avec une simple carte d'identité et un livret de famille, qui peut bénéficier de ces mesures et qui ne peut pas. Cela sans intervention de l'homme (en terme de jugement et d'appréciation).
Néanmoins, il faut bien avoir en tête le principe de réciprocité, ce qui est valable ici, peut être valable ailleurs … mais si l'orientation allait dans ce sens, autant le faire efficacement.
Exemple de la continuité territoriale inversée de la Région Réunion qui reprends 2 de ces critères là même sur 3.

12.Posté par klod le 12/12/2017 22:14

" On choisit pas ses parents
On choisit pas sa famille
On choisit pas non plus
Les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger
Pour apprendre à marcher
Je suis né quelque part
Je suis né quelque part
Laissez-moi ce repère
Ou je perds la mémoire
Nom'inqwando yes qwag iqwahasa (ter)

Est-ce que les gens naissent égaux en droits
À l'endroit où ils naissent
Que les gens naissent pareils ou pas ?"

Maxime le Forestier , merci à lui .

pour moi , souvent , certains artistes résument beaucoup ...............

mwin lé né la Réunion , et mi veut pas oublie ça mais mi respecte ou , mi essaye respect , toute domoun lé "né quelque part" .

13.Posté par klod le 12/12/2017 22:23

je rajouterais , suite à Maxime Le Forestier , que , oui , il y a une différence entre "intégration" et "assimilation" , les mots ont un sens et un vécu derrière eux .

que tous les identitaires à la fn ou wauquiez , ou , aussi , régionaliste sectaire , réfléchissent ............... oui au respect de la culture d'accueil , et oui, aussi, au respect de "ses origines" . Oui à l'intégration et Non à l'assimilation , même si c'est plus complexe et difficile . time will tell. one by one.

La complexité, en la matière, construit la vie .

14.Posté par FREDO974 le 14/12/2017 13:23

On s'en fout ...

15.Posté par VIEUX CREOLE le 14/12/2017 15:40

MONSIEUR ANDRÉ ORAISON ,RASSUREZ-VOUS !! Jules Bénard a raison : "LAISSEZ BRAIRE LES ÂNES "!! Ce sont des Nostalgiques des années 58-59 60 (années où régnait dans l'île UN CLIMAT délétère inquiétant.... "Formatés DANS UNE CERTAINE IDÉOLOGIE , ils y restent "englués" et ne changeront vraisemblablement pas d'avis !!!

- Installé à la Réunion depuis 1964 , vous vous êtes trés bien intégré à la vie économique ,sociale politique ... du Pays !!! Nos Compatriotes ne s'y trompe d'ailleurs pas : ils élisent " Responsables syndicaux , Conseillers municipaux, départementaux ,régionaux des Métropolitains ( des z'oreils " ...Vous êtes autant Réunionnais que les Personnalités citées plus haut et je pourrais facilement y rajouter des dizaines d'autres !!! Cela ne m'empêchera nullement de "moucher" parfois ceux qui à défaut de vouloir s'intégrer, se complaisent dans des attitudes hautaines et condescendantes !!!
- En tout cas , je lis toujours avec attention et intérêt vos articles publiés dans la presse locale et n'hésite pas à vous contredire quand je ne suis pas d'accord avec certaines de vos affirmations ou remarques !!! MAIS CELA ,C'EST LE JEU NORMAL DE LA DÉMOCRATIE !!!

16.Posté par klod le 14/12/2017 18:17

d'accord avec "vieux créoles " les contributions de M. Oraison à plus de compréhension du maelstrom qu'est l'approche institutionnelle du droit des peuples de cette espace indiaocéanique est intéressant . merci à eux (vieux créoles et M. Oraison , lol de relol)

17.Posté par Pierre-Yves Versini le 16/12/2017 00:31 (depuis mobile)

Depuis 1978, personne au sein du conseil international des Jeux des îles de l’océan Indien n’a trouvé une réponse qui satisfasse le plus grand nombre. Quarante ans à tenter de définir ce qu’est un (sportif) Réunionnais !

18.Posté par thierry le 16/12/2017 19:07

Un réunionnais à du sang d'esclave ou d'engagé qui coule dans ses veines. Il se sent donc investi d'être leur digne descendant "marron" aujourd'hui en pointant du doigt le neo-colonialisme ambiant. Point Final. Tout le reste n'est que manipulation psycho-intellectuelle, démagogie, doublée de condescendance et d'un zeste de complexe de supériorité.

19.Posté par Grangaga le 17/12/2017 04:42

Domann' a ou kossa ou la fé po l'ètt'....anvèrr' la popilacyion é l'ile........
Et dann' kèl' l'intéré....sol'man, zordi ou poz' a ou lo kès'tyion.......
......Na in bougu' la di........
"Sé dan lo bézwin, k'on rekoné sé z'ami "..........
Mé oussa ou té y lé kan l'ott' lavé bézwin li.......
Ou kossa ou la fé...koué ou té y pansé..........

Na ènn' ossi.......in kréol' sir'man, dovan in ......bistro.........
Satt' là ou pé .....ou, ou dwa pa tro konètt', y di...........
"Simityièrr' lé pa ....raciss' "......ou konpran...

20.Posté par goyave de Ploudalmézeau le 08/05/2018 19:31

Moi, bien que vivant à la Réunion, je suis Français d'origine bretonne par mon père et normande par ma mère et fier de l'être.
Lorsque des racines commencent à pousser je change de chaussures.

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