Océan Indien

Afrique du Sud: La grève s'étend à deux nouvelles mines

Mercredi 22 Août 2012 - 16:34

Afrique du Sud: La grève s'étend à deux nouvelles mines
La grève dans la mine de platine du groupe Lonmin, qui avait fait plus de 30 morts la semaine passée, commence à s'étendre dans le pays. Deux autres mines appartenant à d'autres groupes sont en effet entrées en grève.

Il y aurait ainsi 600 grévistes (sur 7000 salariés) dans une mine proche de Rustenburg, appartenant à Royal Bafokeng Platinum, qui exploite la plus importante réserve de platine au monde. Une autre compagnie, Anglo American Platinum, doit faire face à une grève dans sa mine de platine de Thembelani où des mineurs demandent un salaire de 1250 euros par mois. 

Pour l'instant ces nouvelles grèves se déroulent dans le calme. 
Samuel Bertil
Lu 1009 fois



1.Posté par JD974 le 24/08/2012 08:56

On pourrait croire que des problèmes sociaux sont à l'origine des incidents.

Les incidents sanglants de Marikana s’inscrivent également dans le contexte de la féroce lutte des clans qui se déroule au sein de l’ANC en vue de la désignation du futur candidat à l’élection présidentielle.

Le même scénario que celui qui avait abouti au renversement de Thabo Mbeki en 2007 se reproduira-t-il lors du congrès de décembre 2012 quand il s’agira d’élire le président de l’ANC, donc le futur chef de l’Etat ?

L’ANC connaît en effet de graves tensions multiformes entre Xhosa et Zulu, entre doctrinaires post marxistes et « gestionnaires » capitalistes, entre africanistes et tenants d’une ligne « multiraciale ».

Un conflit de génération oppose également la vieille garde composée de « black englishmen», aux jeunes loups prônant une libération raciale, comme au Zimbabwe.

Ces derniers ont pour leader Julius Malema, un jeune activiste d’ethnie Pedi qui vient d’apporter son soutien aux mineurs grévistes et qui sait que ses propositions radicales comme la nationalisation des mines ou la saisie des fermes appartenant aux Blancs sont partagées par la grande majorité des Noirs.

Exclu de l’ANC, Julius Malema compte sur la multiplication des grèves insurrectionnelles pour mettre en difficulté le président Zuma qui est soutenu par le NUM, le puissant syndicat des mines très majoritairement zulu.

C’est d’ailleurs pour l’affaiblir qu’a été fondé l’AMCU, cette scission extrémiste du NUM qui a lancé la grève de Marikana. La condition économique et sociale du pays se détériorant avec une inexorable régularité, l’extrémisme noir a de beaux jours devant lui.

Nelson Mandela et ses successeurs ont donc transformé un pays qui fut un temps une excroissance de l’Europe à l’extrémité australe du continent africain, en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violence.

Cette réalité est encore en partie cachée grâce à un secteur ultraperformant mais de plus en plus réduit, dirigé par des Blancs qui n’attendent qu’une occasion pour aller exercer leurs talents en Australie ou au Canada.

Pouvait-il en être autrement avec une idéologie officielle reposant sur ce refus de la réalité qu’est le mythe de « nation arc-en-ciel », « miroir aux alouettes » destiné à la mièvrerie occidentale et qui a longtemps interdit de voir que l’Afrique du Sud ne constitue pas une Nation ?

Il s’agit en effet d’une mosaïque de peuples juxtaposés dont les références culturelles sont étrangères les unes aux autres et dont les intérêts sont contradictoires.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter