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Afrique du Sud: Hommage aux morts de Marikana

Jeudi 23 Août 2012 - 17:41

Afrique du Sud: Hommage aux morts de Marikana
Des milliers de personnes se sont rendues aujourd'hui à une colline de Marikana pour rendre hommage aux 34 mineurs tués à proximité le jeudi 16 août lors de la plus violente opération policière sud-africaine depuis la fin de l'Apartheid. Dix autres personnes, dont deux policiers, ont été tués depuis le début des affrontements autour d'une grève dans une mine de platine. Les 3000 grévistes réclament un triplement de leur salaire, de 400 à 1250 euros. 

Outre la cérémonie de Marikana même, d'autres cérémonies se sont déroulées partout dans le pays, sous une surveillance policière discrète pour éviter que cela soit pris pour une provocation. A Mthata, d'où étaient originaires 28 des victimes, ce sont ainsi 2500 personnes qui ont assisté à la cérémonie. Dans tout le pays, les drapeaux sont en berne depuis lundi. 

Les évènements de Marikana sont en train d'avoir des répercussions inattendues et ont tourné au duel politique entre le président Jacob Zuma et Julius Malema, un ancien membre de l'ANC (congrès national africain) , le parti au pouvoir. Ce dernier accuse Zuma de ne pas se préoccupper des mineurs et de n'avoir pas su prévoir la crise tandis qu'il est lui même accusé de tenter de récupérer à son profit la situation. Dans le même temps, d'autres mines de platine du pays sont entrées en grève, faisant craindre une aggravation du climat social. 
Samuel Bertil
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1.Posté par JD974 le 23/08/2012 20:36

Après plusieurs jours de violents affrontements entre grévistes et non-grévistes ayant fait une vingtaine de morts et des dizaines de blessés, le 17 août, la mine de platine de Marikana à l’ouest de Pretoria a connu de vraies scènes de guerre quand, totalement débordée, la police s’est dégagée en tirant dans la masse des émeutiers armés.
Bilan : une quarantaine de morts, plus d’une centaine de blessés et un demi-millier d’arrestations. Les grèves insurrectionnelles se multipliant à travers le pays, le constat sécuritaire sud-africain est que la police est incapable de faire face à des manifestants déterminés que les syndicats n’arrivent plus à encadrer.
Après cette description des faits, quelle analyse peut-on en faire ?
La voici : le « miracle » sud-africain n’est qu’un mirage car l’échec de l’ANC est total et cela dans tous les domaines :

1) Le chômage touche environ 40% des actifs et le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire, soit plus de 40% des Sud-africains, est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994.

2) Le climat social est empoisonné par les criantes inégalités nourries par les « Black Diamonds », ces nouveaux riches noirs, profiteurs insatiables qui ont fait main basse sur l’économie du pays et qui affichent avec insolence un luxe ostentatoire.

3) Le pays est livré à la loi de la jungle et des crimes sordides y font quotidiennement la « une » des journaux. En moyenne, plus de cinquante meurtres sont commis quotidiennement.

4) L’Affirmative Action ou « Ségrégation Positive », ou « Discrimination à l’envers », a remplacé le mérite et la compétence par la préférence raciale ou communautaire, tant dans les recrutements professionnels que dans l’obtention de contrats publics ou dans les grands choix politiques, administratifs, sociaux, etc.

5) Le pari qui était que la RSA allait décoller en raison de sa main d’œuvre noire à bon marché et de son encadrement blanc de haut niveau a été perdu car, depuis 1994, les Blancs diplômés ont quitté le pays, chassés par l’insécurité, les brimades diverses et la sur fiscalité, ou bien ils se sont repliés dans la région du Cap. Quant aux Noirs, ils ne se satisfont plus de salaires de misère.

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