Faits-divers

"À poil, les voleurs ! Et vite…"

Mercredi 6 Février 2019 - 08:51

"À poil, les voleurs ! Et vite…"
J.S. a été cambriolé 4 fois en 4 ans. Trop c’est trop, a-t-il fini par se dire. Chaque fois, ce sont le billard et le baby-foot fracturés pour de la menue monnaie ; plus des bouteilles et des confiseries qui se font la malle. Les assurances ? Elles savent vous piquer votre blé ; et savent aussi comment ne pas vous le rendre. Alors, à chaque coup, notre J.S. y va de sa poche… qui n’est pas sans fond.
Alors, il en a eu marre est a décidé de tendre un piège à ses visiteurs carnéens.

Même pas la reconnaissance du ventre

J.S. est ce qu’on appelle un gros bosseur, ne ménageant ni son temps ni sa peine pour vivre (modestement) grâce à son petit snack de Bras-Panon. C’est aussi un brave homme : il prend en stage des jeunes du CFA voisin, même quand ils ont une mine pas tibulaire mais presque. En outre, lorsque des jeunes désargentés lui demandent un soda avec des mines à faire pleurer un crocodile, ben il donne. Des sandwiches aussi.

Il n’est pas le seul à être l’objet d’incursions nocturnes des désoeuvrés de tout poil mais se dit que ce n’est pas une raison. Alors, un soir, il monte une embuscade…

À l’heure habituelle, il ferme ses portes et s’en va ostensiblement. Pas la peine de crier sur les toits que son fils est resté planqué dans la boîte. Et ça marche…

À une heure plus qu’avancée, "on" démolit la porte, "on" entre et "on" commence à se servir. Le fiston bondit de sa cachette comme un diable d’une boîte, s’abat sur les endosses des monte-en-l’air ; c’est la castagne. Pour se libérer, les agresseurs le cognent et tentent de fuir. Manque de bol pour eux, le fils est du genre obstiné. Et costaud : Tu me cognes ? Je te cogne ! Paf ! Re-paf ! Ils sont onze dont certains réussissent à se trisser vite fait. Mais il en tient un et lui balance quelques torgnoles en attendant l’arrivée du papa.
Monsieur-la-balance

Papa rendu sur place, reconnaît immédiatement les jeunes coupables. Ce sont de fidèles clients et aussi de fidèles quémandeurs auxquels il donne facilement des bonbons, des sodas, des sandwiches car ils sont chroniquement fauchés.

Mais là, le propriétaire voit rouge, comme dirait Akouëtt. Après une ou deux bonnes baffes bien senties, plus une bonne rouste à base de coups de queue de billard (ça doit suiffer, ce truc-là, non ?) il ordonne à ses captures de se f… à poil illico. Il les prend alors en photos en les menaçant de balancer leurs silhouettes de danseurs de flamenco sur les réseaux sociaux s’ils réitèrent.

Un des voyous finit par donner les noms de toute la bande, un ou deux majeurs et une flopée de mineurs. Armé de cette cascade de dénonciations, il s’en va chez les gendarmes déposer plainte contre tout ce petit monde.

Convoqués par les gendarmes, les apprentis cambrioleurs ne font aucune difficulté pour reconnaître leurs méfaits. Mais…
… mais portent plainte à leur tour contre le bistrotier pour coups et blessures et atteinte grave à leur dignité (hum !). C’est surtout ça, croyons-nous comprendre, la menace de diffusion sur les réseaux que l’on dit sociaux (et qui ne sont que des totocheurs de pognon), qui leur a flanqué la trouille du siècle : leurs précieux bijoux non volés, dévoilés à la face du monde. La honte, vous pensez bien. De quoi faire ricaner leurs copines, un truc pareil !

Ne jamais dévoiler une intimité !

On a failli perdre notre impassibilité quand l’avocat d’un des casseurs a réclamé 500 euros de dédommagement pour une claque. Perso, ça m’a rappelé Maurice Biraud dans "Un taxi pour Tobrouk" : "Nous entrons dans une époque où le moindre bobo deviendra monnayable".

La procureur Hénoux a admis que le travailleur avait pu voir rouge en reconnaissant, au nombre de ses cambrioleurs, des jeunes à qui il rendait service très souvent. "L’ingratitude, la confiance trahie", a-t-elle précisé, ne sont cependant pas des motifs pour les mettre nus.

Le plus tordant, si on peut dire, c’est qu’un mineur, en stage chez ce brave J.S., était celui-là même qui avait renseigné les voleurs sur la meilleure façon de faire. Inutile de dire que son contrat n’a pas été renouvelé.

Total des courses, si on peut dire : des peines de 4 à 6 mois avec sursis pour les trois voleurs comparaissant ce mardi (les autres ont eu droit au tribunal des mineurs) ; 1.000 euros avec sursis pour le fils et 1.500 nets pour le commerçant car, ayant été compromis dans une affaire ancienne, il n’avait plus droit au sursis.

Moralité : faut pas mettre quelqu’un à loilpé ! Il aurait mieux fait de lui tailler les oreilles en pointe, l’obliger à lire 10 pages de BHL, ou encore le contraindre à avaler 10 sandwiches américains bien pimentés coup-sur-coup. C’est moins déshonorant pour la dignité humaine.
Jules Bénard
Lu 7376 fois




1.Posté par Joseph le 06/02/2019 09:46

Et on appelle ça la "justice".

Le mot justice perd son sens, ces juges bobos, savent-ils que leurs émolument découlent de la sueur de ce pauvre travailleur, non des petites racailles qu'ils couvent ?

La prochaine fois, allez-y au chabouk, peut être là ce serait plus éducatif !

2.Posté par Le sud pas sauvage le 06/02/2019 09:57

L'expression « pas tibulaire mais presque » ! C'est-y pas du Coluche ça ?

3.Posté par cmoin le 06/02/2019 10:05

La soi disant justice du côté des voleurs!
Honteux!

4.Posté par Jules Bénard le 06/02/2019 10:15

à posté 2 "le sud pas sauvage" :

Bien sûr, ami. Eh ! je vois qu'on a de la culture, bravo.
Je peux donc en remettre une couche la prochaine fois ?
Cordialement.

5.Posté par justedubonsens le 06/02/2019 11:12

Au moins il n'ont pas été condamnés à verser des dommages aux cagnards !

6.Posté par titi974 le 06/02/2019 11:29

lamentable justice qui fait la part belle aux délinquants quelle honte pour la France d'avoir des jugements pareils .

7.Posté par Lacrampe le 06/02/2019 11:40

ca me rappelle la scene de pulp fiction quand les 2 fugitifs se retrouvent chez M Lacrampe. lol

8.Posté par Jugement Honteux ! le 06/02/2019 12:14 (depuis mobile)

Comme toujours, pour nos juges adeptes du MDC, ce sont les délinquants les victimes, honteux !
Et les parents des mineurs, on en entend jamais parler, pourtant la nuit, ils devraient veiller à ce que leurs enfants dorment sagement à la case, honteux.

9.Posté par Choupette le 06/02/2019 12:22

Expression de Coluche, certes mais " ... patibulaire, mais presque" est la bonne écriture.

Eh ouais.

10.Posté par Mougeon le 06/02/2019 14:10 (depuis mobile)

He bin ca prouve que voleur c''est un tres bon metier
L''inconvenient c''est qu''il faut bosser la nuit et des fois a poil!

11.Posté par kersauson (de) p. le 06/02/2019 11:14

ptaing les fantasmes de benard.. la prochaine sera benard à poil en Thaïlande..

12.Posté par Laurent le 06/02/2019 14:55 (depuis mobile)

Justice merdique ça oui. C'est fou si cet article est avéré

13.Posté par rekin le 06/02/2019 15:32

justice à gerber élus à gerber pays à gerber corrompu jusqu'à la moelle. tous de mèche avec les caniards du haut et du bas de l'échelle.
mon grand père disait : Avant on ne payait pas beaucoup d'impôts et on avait beaucoup de sécurité. Maintenant on paie beaucoup d'impôts et il n y a plus de sécurité.
Cherchez l'erreur

14.Posté par Zarin le 06/02/2019 16:14

Pat Hibulaire (Peg-Leg Pete, Black Pete ou tout simplement Pete en version originale) est un personnage de fiction créé en 1925 par les studios Disney.

Malfaiteur, spécialiste d'entreprises malhonnêtes en tout genre, ce gros chat noir anthropomorphe s'est rapidement imposé comme l'un des méchants les plus redoutables de l'univers de Mickey Mouse, bien que le personnage soit né avant Mickey.

Wikipédia

15.Posté par Jules Bénard le 06/02/2019 18:39

à posté 14 "Zarin" :

Houla ! Mais je vois que je suis entouré de grands connaisseurs de Coluche et de BD.
Faudra que j'fasse gaffe à mes écritures, sinon, vous allez tous m'assassiner.
Ceci posé, cher ami, je suis heureux de votre remarque : le chat patibulaire, je le connais depuis longtemps vu mon âge un (petit) peu canonique.
Continuez, je vous en supplie. Ces échanges sont revigorants.
Au plaisir de vous re-lire bientôt.
Cordialement, Jules.

16.Posté par Jules Bénard le 06/02/2019 19:07

à posté 11 "kersauson" :

Vous devez être maso, l'ami.
Ben oui ! Vous n'aimez rien de ce que j'écris.
Donc, question existentialiste : pourquoi vous échinez-vous à lire "mes merdes" ?
Quand vous apercevez ma signature... zappez, nom de dieu, zappez !
Vous vous épargnerez bien des aigreurs d'estomac et autres ulcères désagréables. Car je ne veux que votre confort, moi, quoi que vous en pensiez.
Cordialement, Julot.

17.Posté par Maduraï le 06/02/2019 19:48 (depuis mobile)

Quand l''esprit humain ne fait plus de différence entre la réalité et le cinéma, c''est ce qui arrive , et c''est dommageable pour l''agresseurr et l''agressé.

18.Posté par Loran le 07/02/2019 09:12 (depuis mobile)

Mr Jules Benard,
Ici c''est de l''information qu''on veut.
Et non d''un roman . . .

19.Posté par Mehdi BOUACHRA le 07/02/2019 12:29

Cagnard land au quotidien.

et justice qui favorise le développement des cagnards

super l’île intense........Mdr

20.Posté par Chenet le 07/02/2019 15:14

J.adore le : pas tibulaires 😂😂😂

21.Posté par Chéliette le 09/02/2019 09:07

texte revigorant! j'ai adoré le ton désinvolte et piquant!
A la revoyure!

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie